Seigneur de lumière – Roger Zelazny

Prix Hugo en 1968, Seigneur de lumière vient d’être réédité en omnibus chez Denoël Lunes d’encre. Il est accompagné de Royaume d’ombre et de lumière et L’œil du chat.

Plus connu pour son cycle des neufs princes d’Ambre (10 tomes), Zelazny nous propose ici un roman qui fait référence au panthéon hindou. L’histoire se passe dans le futur sur un monde habité par des humains originaires de la Terre. Il y a les dieux qui disposent d’une technologie qui passe pour être de la magie auprès du peuple. Ils se battent entre eux afin d’avoir le pouvoir. Les uns veulent faire
évoluer la civilisation tandis que les autres veulent la maintenir dans l’ignorance. On découvre ainsi que l’invention de la presse à plusieurs fois été effacée de telle manière que la connaissance ne soit pas partagée. Ces soi-disant dieux se nomment Siddhartha, Ratri, Shiva, Vishnou, etc. Leur immortalité tient au fait qu’ils peuvent changer d’enveloppe corporelle et ainsi se réincarner au fil des siècles. Parfois ils ont l’apparence d’homme, parfois l’apparence de femme. Ils
maintiennent le monde dans l’obscurantisme jusqu’à ce que l’un d’entre eux se révolte et décide de changer le cours des évènements. Mais pour cela il doit s’emparer du « ciel », la cité dans laquelle vivent les dieux.

Zelazny ne se perd pas en descriptions technologiques (char volant, baguette enchantée). Il nous narre l’histoire sur un ton vif et tranchant, avec des dialogues acérés. Il ne s’apesantit pas sur le bouddhisme, mais seulement sur les acteurs de la mythologie hindoue. Le livre oscille entre fantasy et science-fiction sans jamais basculer définitivement vers un des deux genres. Les 330 pages de ce roman sont rapidement lues, sans qu’on ne s’en rende vraiment compte.

Je ne connaissais Zelazny qu’à travers le cycle d’Ambre que j’avais lu il y a très longtemps. Si j’ai bien retrouvé le style caractéristique de l’auteur, l’histoire ne m’a pas vraiment emballée. Zelazny a voulu se surpasser en proposant une histoire relativement simple enrobée de mythologie hindoue. Il n’a réussi qu’à rendre plus difficile la mémorisation des noms cités dans le livre. C’est un peu
dommage.

En lisant ce livre on pourrait penser qu’il a été écrit pour les hippies amateurs de science-fiction qui partaient en pèlerinages à Katmandu dans les années 60. Aujourd’hui ce n’est plus le même public et ce livre a très mal vieilli. A choisir, autant lire le cycle d’Ambre qui est de loin supérieur (surtout les cinq premiers
tomes), dans lequel le lecteur retrouvera un univers qui peut encore être développé aujourd’hui (voir la trilogie de John Gregory Betancourt).

Bien que je n’ai pas été convaincu par ce livre, c’est une bonne chose que de l’avoir réédité. Espérons qu’il trouve encore un public à notre époque. J’aurais trouvé plus judicieux de sortir le cycle d’Ambre en Omnibus. Heureusement, l’omnibus comprend aussi Royaume d’ombre et de lumière et L’œil de chat.

Seigneurs de lumière, Roger Zelazny, Denoël Lunes d’encre, 817 pages, Traduit par Claude Saunier, révisé par Thomas Day)

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