Dune – Frank Herbert

Pour mon 100ème billet, j’ai décidé de présenter mon livre de science-fiction préféré. C’est-à-dire Dune de Frank Herbert. Ce n’est pas évident, car à mes yeux ce livre mérite tous les qualificatifs. C’est LE LIVRE de science-fiction par excellence. L’édition de référence reste celle publiée en Laffont Ailleurs & Demains, choisie par Gérard Klein et traduite par Michel Demuth. Cette édition comprend Dune, le prophète de Dune et le messie de Dune. Une histoire qui se suffit à elle-même.

Dune est un vrai paradoxe. Ce n’est pas de la fantasy contrairement à ce que certaines mauvaises langues disent. Ce n’est pas non plus un vrai space opera, même si des vaisseaux font leur apparition dans le livre. Dune s’apparente à un planet opera dont l’enjeu n’est rien moins que le contrôle de toute la galaxie en 10191. C’est une gageure que Frank Herbert soumet à ses lecteurs. Sur Arrakis, Dune, la planète des sables, tous les regards sont braqués. D’abord administrée par les Harkonnens, la planète passe sous le contrôle des Atréides parce que l’empereur Padishah Shaddam IV l’a décidé. Le duc Leto Atréides doit quitter son fief de Caladan pour exploiter les ressources en épices de la planète Arrakis. Rien d’anormal, si ce n’est que l’épice est la substance la plus précieuse dans l’empire. Elle permet aux pilotes des vaisseaux de la guilde spatiale de naviguer sans l’aide d’ordinateurs, et fait des mentats des ordinateurs vivants. L’épice est extrait d’Arrakis pour le compte de l’empereur et de la guilde des navigateurs. L’épice décuple les capacités psychiques et rend dépendants ses consommateurs.

Mais les choses ne sont pas aussi simples. Si Shaddam IV a envoyé les Atréides sur Dune, c’est aussi pour les contrôler et les affaiblir. Il est aidé dans ses plans secrets par la guilde spatiale qui voit dans les Atréides un nouveau danger, sans parler des Harkonnens qui sont prêts à reprendre Dune et à anéantir les Atréides. Ce serait trop simple si cela se limitait à cela. Mais la CHOM (Combinat des Honnêtes Ober Marchands), le Landsraad (les maisons majeurs et mineurs qui composent l’empire), ainsi que le Bene Gesserit (les révérendes mères qui ont établi un programme génétique) ne jouaient pas un rôle secondaire, mais important derrière les plans de l’empereur.

Personne ne sait d’où vient l’épice. Ou du moins, personne n’a compris comment il se forme, si ce n’est les Fremens qui occupent Arrakis ou l’écologiste impérial Liet Kynes. Mais savoir d’où vient l’épice, c’est être capable de changer l’écologie de la planète. C’est aussi devenir le maître de l’épice pour celui qui peut commander les vers des sables.

Le duc Leto Atréides vient sur Arrakis, accompagné par sa compagne Dame Jessica (une Bene Gesserit) et son fils Paul Atréides (qui est le personnage principal de ce livre). Paul est un incident de parcours dans le programme génétique du Bene Gesserit. Jessica avait eu l’ordre de concevoir une fille, mais elle a préféré donner un fils à son duc. Paul a été correctement formé par ses parents. Son éducation liée à la découverte de l’épice va faire de lui un messie, un prophète, qui va prendre la tête des Fremens. Après des années d’oppression Harkonnen, les Fremens sont prêts à se révolter, sous le commandement de Paul. Une tempête Fremen va changer la face de l’univers connu. Et tout cela va se passer sur Dune, Arrakis.

Paul Atréides va découvrir qu’il est le Kwisatz Haderach, celui qui peut voir ce que les Bene Gesserit sont incapables de voir. Ses visions vont lui faire comprendre qu’il peut détruire la production d’épice, ce qui  fait de lui le maître absolu. C’est aussi ce que craignaient la guilde spatiale et l’empereur Shaddam IV. C’est ce que voulait éviter le Bene Gesserit. Et c’est ce que n’avaient pas prévu les Harkonnens.

Et c’est là qu’on voit toute la complexité du roman aux multiples facettes. Frank Herbert mène de front plusieurs histoires qui s’entremêlent avec une telle complexité au niveau des enjeux politiques, économiques, et écologiques, qu’on peut se demander si un jour ce livre sera égalé.

Dune, c’est d’abord l’œuvre d’un auteur, Frank Herbert. Auteur qui aborde plusieurs thèmes à travers ce livre. D’abord celui de l’écologie, celui du pouvoir mêlé à la religion, et celui de la sélection génétique combinée à un plan établi sur des générations et qui fait appel à des visions.

J’aurais presque envie de dire que Frank Herbert a créé Dune pour les vrais amateurs de science-fiction. On me rétorquera que le livre n’est pas accessible à tout le monde, qu’il est tombé des mains de certains lecteurs. Très bien, je veux bien admettre qu’il peut paraitre hermétique pour certains lecteurs. Le livre est long, lent, compliqué, mais c’est un vrai trésor en matière d’intrigues galactiques, de personnages, de descriptions, etc. Tout y est décrit, expliqué, détaillé. Chaque pensée, chaque point de vue est minutieusement analysé et expliqué au lecteur. Aucun aspect n’a été négligé.

Frank Herbert a mis six ans pour écrire Dune. Le livre a d’abord été édité dans le magazine Analog (en 1963 et 1965). Le livre a été rejeté une vingtaine de fois par des maisons d’édition avant de recevoir en 1965 les prix Hugo et Nebula. Cela peut paraitre inquiétant si on se dit qu’autant de directeurs de collection sont passés à côté de la montre en or et n’ont pas reconnu le réel impact de ce livre. Cela peut aussi être rassurant dans le fait que tôt ou tard un tel chef d’œuvre voit le jour chez un éditeur. C’est aussi un exemple pour tous ceux qui veulent un jour proposer leurs propres textes à des éditeurs. Il ne faut pas baisser les bras trop rapidement.

Pour certains lecteurs qui auraient mis la mauvaise paire de lunettes, je signale que Dune n’est pas de la fantasy, mais bel et bien de la science-fiction. Un livre dans lequel il y a des ornitopthères, des vaisseaux long-courrier à générateurs Holtzmann, des navigateurs de la guilde, des cônes de silence, des chasseurs-tueurs, des marteleurs, des moissonneuses, des suspenseurs, des champs de force individuels, des satellites météo, etc. ce n’est pas de la fantasy ! Même si ça se passe dans le désert. Et ce n’est pas parce qu’il y a une personne ou deux qui chevauche un vers, ou qui absorbe de l’épice qu’il faut lui coller une étiquette fantasy. A ma connaissance, il n’y a pas de magicien, de fée, d’elfe, de donjon, de dragon, d’épée enchantée, etc. dans Dune. C’est de la science-fiction.

C’est le livre de science-fiction qui reste inégalé à l’heure actuelle. Même Frank Herbert n’a pas pu faire aussi bien dans ses suites ou dans ses autres livres. Dune est presque inclassable, impossible à résumer tellement il foisonne d’histoires, de personnages, d’intrigues, de thèmes. Mais quelle joie pour le lecteur qui en détient la clé. Lorsque le livre est sorti pour la première fois dans la collection Ailleurs & Demains, je me souviens ne pas être sorti indemne de sa lecture. Le livre m’a profondément marqué au point qu’aujourd’hui il est un des rares livres que j’ai relu, et que je possède en français et en anglais et dans différents formats. Je ne vais pas m’étendre sur les suites du cycle, celle écrite par Frank Herbert ou par son fils Brian Herbert accompagné de Kevin J. Anderson. Ce n’est pas le but de ce billet, et j’invite le visiteur à chercher les chroniques correspondantes sur mon blog, ou de cliquer sur le mot-clé Dune.

J’espère que pour les cinquante ans du livre en 2015 (paru en 1965), une édition de luxe lui sera consacrée (un collector comme certains disent). Il y a eu une multitude de rééditions en grand et petit format, mais aucune n’a mis en valeur ce chef d’œuvre de la science-fiction, car Dune est bel et bien un chef d’œuvre.  Il existe une version de luxe du seigneur des anneaux, agrémentée d’illustrations. Mais rien de comparable pour Dune. Dommage. Il reste un peu moins de 4 ans pour combler cette lacune !

Pour l’instant je dois me contenter de la version en deux tomes, parue dans la collection suisse Les chefs-d’œuvre de la science-fiction, dirigée à l’époque par Pierre Versins. Deux tomes noir et or parus en 1975. Et puis il y a la version anglaise, parue chez Gollancz, dans la collection SF Masterworks. Curieusement ce volume cartonné coute à peine la moitié d’un Laffont A&D. Cela devrait donner des idées aux éditeurs francophones. Enfin, je l’espère !

Voilà, je voulais que ce 100ème billet soit une exception sur mon blog. On a tous un livre qui nous a plus marqué que les autres. Dans mon cas c’est Dune, et j’en suis bien content.

Dune, Frank Herbert, Laffont Ailleurs & Demains, 750 pages.

P.S. Le 200ème article du blog sera aussi consacré à Dune et sera en quelque sorte la suite.

45 réponses à “Dune – Frank Herbert

  1. Bonjour Marc. Nous avons cette faiblesse en commun. Aucune autre oeuvre n’est parvenue jusqu’à présent à me renverser de cette manière. Unique et diablement jubilatoire.

  2. C’est vraiment ça. Dune est un tel monument qu’il en devient difficile à chroniquer, il fait partie des livres les plus forts de la SF, ces monuments que l’on peut lire et relire à l’infini… Magnifique.

  3. Justement, j’évoquais ce livre dans une chronique récente : si on mesure l’impact d’un ouvrage au nombre d’œuvres qu’il a influencé, alors je crois que Dune compte bel et bien parmi les plus grands récits de SF.

    Il faudra vraiment que je me décide à lire la suite un jour… mais seulement après avoir relu le premier volume ^^

  4. Dune, c’est ma madeleine de Proust à moi🙂
    Ma première lecture commune avant l’heure. Nous l’avons lu et relu avec mes parents. J’ai rarement plongé corps et âme dans un tel univers depuis.

  5. Ce livre m’a accompagné toute ma vie, comme aucun autre. L’âge et la culture aidant, j’ai pu mettre des étiquettes, trouver des raisons, plus ou moins convaincantes, à cette passion sans équivalent.
    Je ne me cherche plus des explications ou des excuses depuis longtemps. J’assume mon côté fan-atique. Je crois que Dune sait me parler de plusieurs façons, éveiller en moi un intérêt jamais démenti, jouer sur plusieurs dordes, de l’épique du héros à la réflexion éthique ou la philosophie du temps…. Beaucoup d’idées, beaucoup d’images. Les 2 hémisphères sont pareillement contentés. Que dire d’autre ? Il faut toujours relire Dune !

    PS: il existe des versions de luxe … en anglais ! Je doute que le 50°apporte quoi que ce soit. Par contre, j’ai des amis qui ont fabriqué leurs propres reliures, d’autres travaillent sur une édition « polyglossa » (anglais-arabe-hébreu-persan). Pour ma part, avec quelques amis, nous travaillons sur une bilingue que nous espérons digne de l’esprit de FH.

    • On est très nombreux à avoir été marqué par Dune. Si une version de luxe en français voit le jour, je suis preneur !

      • Depuis l’échec de la bibliothèque d’A&D en 2003, je ne suis plus trop sûr qu’un éditeur prenne encore le risque. On en avait parlé sur le Cafard avec Greg. C’est pas demain la veille qu’on nous concoctera un « pleiade » de SF. Mais bon, question reliure, on dispose encore de l’édition suisse de 1975 préfacée par Versins. Y’en a pour pas cher sur eBay.

      • Sur le forum j’avais dit à Klein que j’avais Dune, Hypérion et Le monde du Fleuve en Bibliothèque A&D. C’est pas vraiment une version de luxe. Simplement une compilation de livres. Je les garde en attendant mieux.

  6. Pareil ici. Dune, c’est LE Livre. Un monument de la littérature tout court.

  7. Il n’y a pas photo, si je ne devais conserver qu’un seul livre, ce serait celui-là.

    Mon premier bouquin de SF, il m’a rendu accro.

  8. Eh bien je dois avouer que j’ai peu de souvenir marquant de ma lecture de Dune, qui doit remonter à plus de 20 ans.
    Mais il est probable que je n’ai pas su l’apprécier à l’époque, et que je devrais le relire : je l’ai encore en Press Pocket (2 volumes), traduit par Michel Demuth donc je suppose que c’est valable.
    Mais je n’ai jamais lu la suite : est-ce que « Le prphète… » et « Le Messie… » valent la peine ?…
    Bon, en tout cas je remis ce roman dans la file d’attente des lectures…

    • En fait Paul, tu aurais plus facile de lire le Laffont plutôt que les livres de poche, car Dune, Le prophète de Dune et le Messie de Dune ne font qu’un seul livre.

  9. Merci Marc pour cette 100ème dédicacée à ce chef d’oeuvre, inégalé depuis pour moi aussi. Dune m’a fait plonger dans un univers exceptionnel il y a plus de 20 ans et je ne suis pas sûre d’être remontée depuis !

  10. Pingback: Bonjour « Le Blog uchronique de Daidin

  11. Dune, ça ressemble plus à de la fantasy…

  12. Provocateur qui aime s’attirer les foudres des autres.

    Mais bon, je peux me tromper, le net n’est qu’un théâtre d’ombres …

    Dans le cas où j’aurais tort de voir dans ta phrase une trollerie (note que c’est ton affirmation que je qualifie ainsi, non ta personne), je t’invite alors, si tu ne l’a déjà fait, à prendre connaissance des préfaces de GK sur le site de XLII . On verra alors si tu persistes encore à soutenir une pareille énormité.

  13. Pfff Dune c’est bidon….

    Blague à part, un film aurait été parfait pour le 50e… c’est mal barré !

  14. Cela fait vingt-deux ans que j’ai découvert le monde fantastique de DUNE et depuis aucune autre oeuvre ne m’a autant marqué. C’est tout un univers dans la tête d’un seul homme. Même les citations que Frank Herbert met en exergue de ses chapitres  »tirées » de livres ou attribuées à des personnages de ce même monde, tel que le Kitab El Ibar écrit par Leto II

  15. C’est par ce livre que j’ai découvert la SF lorsque j’avais 14 ans, je l’avais emprunté à mon père pour avoir quelque chose à lire pendant mes vacances de pâques. Je me souviens avoir eu des difficultés au tout début pour réussir à m’immerger dans cet univers, j’ai du relire le 1er chapitre. Mais après je l’ai lu quasi d’une traite tellement il m’a fasciné. Et après j’ai immédiatement lu les tomes suivants tellement je ne voulais pas quitter ce monde. Grâce à ce livre je suis définitivement devenue accro à la SF et ça dure depuis 23 ans😉
    Donc pour moi aussi c’est un chef d’oeuvre absolu, un des rares que j’aie relus plusieurs fois (FR et VO). Quand on me demande conseil en matière de SF, je réponds DUNE, et j’ajoute que ce livre est en fait un vrai livre de philosophie, où l’on voit un adolescent comprendre les rouages du monde et toutes ses subtilités, qui ne sont pas si différentes des notres en fait.
    Donc oui, j’adorerais avoir une version collector de ce livre.
    Sinon, je me demande comment on peut ne serait-ce que penser que DUNE est un livre de fantasy, ça me parait juste aberrant!!

    • Bonjour Marie-Laure. Une accro de plus, et bien tant mieux ! Je constate qu’on est nombreux à avoir été fascinés par ce livre. Comme « Dune » est sorti en 1965, il serait normal que pour ses 50 ans en 2015 une version collector lui soit consacrée. J’espère que Laffont Ailleurs et Demains (et Gérard Klein en particulier) le fera.

      Quand certains disent que Dune est de la fantasy, c’est de la simple provocation à laquelle cela ne vaut même pas la peine de répondre. Ça n’en vaut pas la peine.

      Pour l’instant je termine la lecture des « chasseurs de Dune », dans lequel on assiste à la création des gholas de presque tous les personnages du premier livre. Apparemment Herbert (fils) et Anderson essaient de boucler la boucle. C’est loin du chef d’œuvre de Frank Herbert, mais c’est bel et bien la suite de « La maison des mères ». La chronique va bientôt suivre.

  16.  » mais c’est bel et bien la suite de « La maison des mères »… » , d’accord avec toi Marc, mais ça dépend du sens que tu donnes à « suite » ….
    Si tu veux dire par là qu’il s’agit d’une « suite » inscrite dans la continuité chronologique du dernier tome OK . C’est après tout ce que font beaucoup de fanfictions qui essayent d’imaginer Harry Potter ayant de l’arthrite, Buffy promenant ses petits enfants ou la vie familiale de Jésus et Marie-Madeleine ….
    Par contre, si tu penses que par legs testamentaire, filiation bilologique, notes imaginaires ou je ne sais quel argument du même tonneau, ces « faux Dune » (comme dit GK) constitueraient une lecture « officielle », indispensable, canonique (comme les derniers passages du Requiem de Mozart écrits par son disciple, ou les notes de Tolkien éditées et remaniées par son fils) …alors permets-moi de ne pas te suivre.

    Je ne pense pas que ce soit là ton opinion, mais il faut veiller à préciser à chaque fois à tous ceux qui lisent Kevin J. Anderson (car Brian Herbert n’a rien écrit, c’est juste un prête-nom qui touche son chèque et relit les manuscrits) : les FAUX DUNE NE SONT PAS DUNE. Considérez-les, à la rigueur, comme des fanfictions approuvées par les ayant-droits de FH. Mais littérairement parlant, il n’y a aucune continuité, d’aucun ordre. Sauf à considérer qu’un moule en plâtre (mal dégrossi) est le strict équivalent du marbre qu’il tente péniblement de dupliquer😀

    • Effectivement Joseph, tu as raison, c’est une suite ! Mais pas nécessairement la suite que Frank Herbert avait envisagée.
      Ça se lit, sans déplaisir, mais ce n’est pas impérissable. Disons que ça entretient le cycle sans atteindre le niveau de Frank Herbert.

      Pour moi, Dune ça se limite au Laffont d’origine (Dune, le messie de Dune, le prophète de Dune). Les enfants de Dune passe encore, et le dieu-empereur de Dune est le dernier encore lisible. Mais au delà, ça n’a plus vraiment d’intérêt. Par contre, je me suis toujours demandé quel était la contribution du fils d’Herbert dans ces suites. A-t-il simplement apporté les notes de Frank? A-t-il écrit dans ces suites? Les « faux Dune », comme dit Gérard Klein, sont en effet dispensables.🙂

  17. Le fils Herbert dit avoir compilé une énorme « Concordance » qui aurait été le socle, avec les « Notes miraculeuses » la base de la douzaine d’apocryphes qui ont suivi…. Je le vois bien en documentaliste, vu qu’il s’occupait avec « maman Herbert » des papiers de papa… Il n’a pas son pareil pour faire des intros, sortir des anecdotes, faire des biblios (et il se débrouille bien je trouve). Mais pour le reste sa participation fait super polémique. Ses interviews communes avec KJA laissent songeur. Aucune preuve irréfutable, mais son rôle est contesté. On aura plus de certitude quand on passera KJA au logiciel lexicométrique. Je pense qu’il nous confirmera statistiques en main ce que beaucoup de lecteurs croient deviner…

  18. Voilà, j’ai fait une petite mise à jour du billet concernant Dune. Et ce ne sera certainement pas la dernière !🙂

  19. Eh bien voilà, j’ai relu Dune : je l’avais lu étant ado, et je n’avais plus de souvenirs…
    Mais quel roman bizarre ! Chaque chapitre est une scène, un moment clé, comme une pièce de théâtre, et l’action est plus dans les paroles, voire les citations en début de chapitre, que dans les descriptions.
    Le futur est déjà annoncé au lecteur par les citations, les personnages ne cachent rien car nous lisons, littéralement, leurs pensées. Quand vient l’instant de la révolution, action qui prendrait une demi heure dans un film hollywoodien, c’est terminé en quelques pages.
    Le roman est donc d’une facture hors norme, mais c’est sans doute pour cela qu’il n’a pas perdu de sa modernité. Car lire un roman SF des années 60 est rarement jouissif – du moins en ce qui me concerne.
    Mais le fait de ne pas s’être attardé sur des descriptions technologiques, d’avoir donné la part belle au mystique, à la profondeur des personnages, à un univers avec ces codes, et, cerise sur le gâteau, à l’écologie, font que ce roman traverse les modes, et n’est pas prêt d’attraper des rides…
    Suis-je fan ? Pas autant que certains. Mais je reconnais la qualité de l’oeuvre…

    • Ah, je vois que tu as apprécié de le relire. Effectivement, Dune résiste au temps parce que Frank Herbert a fait abstraction de la technologie. A presque cinquante ans (première parution dans le numéro de décembre 1963 dans la revue Analog), le roman reste une référence absolue.

      Je ne sais pas si un jour je ne vais pas me lancer dans l’aventure. Faire une page complète consacrée à Dune. Cela trotte dans ma tête. Dans l’immédiat j’essaye d’abord de trouvé le premier numéro d’Analog qui me manque. Cette semaine j’ai laissé passer une occasion que je n’aurais pas dû. Reste à attendre qu’elle se reproduise sur le Web.

  20. @Marc: c’est pas facile de trouver un numéro en particulier, généralement c’est toujours noyé dans des lots invraisemblables ; néanmoins, je conseille toujours de ne pas se laisser arnaquer par les petits malins qui vendent des numéros à l’unité (notamment les couv de Schoenherr) en les présentant comme des pièces de collection … aucune couv ne mérite qu’on débourse 50$…
    sinon, on a fait un pdf de la sérialisation de Messiah ; celui de Dune est en cours de numérisation

    • Pour l’instant j’en ai cinq sur les huit qui forment Dune. Il me manque évidement le premier de Schoenherr, et aussi les deux derniers. Mais avec un peu de chance, je devrais avoir ces deux-la dans les jours qui viennent. Je viens de contacter un vendeur américain qui passe par amazon. Malheureusement il vient de me signaler qu’il ne vend pas en dehors de son pays à cause des frais de transport. Tant pis ! J’attendrai que ce numéro d’Analog fasse son apparition sur eBay. Il s’agit bien du No 397 du magasine, sorti en décembre 1963.

      En dehors de cela, j’attends la première édition de Dune aux USA. Je pense que c’est aussi un dessin de Schoenherr.

      Concernant les prix, je suis entièrement d’accord avec toi. Il ne faut pas se faire pigeonné. Une simple couverture ne vaut pas 40 euros. A l’intérieur des Analog il y a aussi des dessins en noirs qui agrémentent le texte de Frank Herbert.

  21. Pour ce qui est de la première édition de Dune, publiée par Chilton en Août 1965 sous format relié avec jacquette (illustration de Schoenherr), il faut faire attention au tirage en question. Il y en a eu 7 étalés juqu’en 1972. Le prix s’en ressent, bien évidemment, puisqu’une édition princeps monte parfois au-dessus de 10.000$ alors que les ultimes tirages se trouvent pour quelques billets. Là encore (comme pour la Dune Encyclopedia de McNelly) j’ai vu des potes débourser des sommes surréalistes. Un de mes modos sur T(A)U, Kwisatz, est un bon connaisseur de ces choses, il en parle ici :
    http://www.jacurutu.com/viewtopic.php?f=21&t=417&start=45

    • Je viens de recevoir une version poche de 1965, Ace book. Couverture de Schoenherr. En somme, c’est la première version en format de poche. Il ne va donc me manquer que le premier Analog consacré à Dune, que je viens de commander à un vendeur américain via Amazon.

      En théorie, avant la fin de l’année, je devrais avoir tous les ANALOG et la première version en poche.

  22. Je viens de découvrir votre blogue et je ne peux que vous féliciter…
    J’ai été moi même « boulversé » à la lecture de Dune… J’ai la conviction que F H est aussi un visionnaire. Notre monde est devenu « fou » et court inexorablement à sa perte… Que ce soit écologiquement où humainement parlant…
    FH, a travers les Fremens nous suggère une approche et un respect de la vie qui me semble fondamental et que notre société bafoue.
    C’est en quelque sorte, à travers ses têtes de chapitres une bible moderne dans lesquels on peut puiser l’inspiration de son propre chemin de vie.

    • Bonjour Jacques. Nous sommes effectivement nombreux à avoir été « bouleversé » par Dune. C’est vrai que les têtes de chapitre du livre forme en quelque sorte une bible moderne, un livre de philosophie, un traiter sur la diplomatie, un livre sur l’écologie, etc. Une vraie référence. A travers les fremens, Frank Herbert nous donne un cours sur les valeurs humaines, morales, écologiques. La première fois que j’ai lu le livre, ces têtes de chapitre m’avaient déjà frappées. Encore aujourd’hui, elles ont du sens.

  23. Bonjour,, à tous,
    J’aimerai avoir vos avis sur ce qu’est exactement cette fameuse épice de Dune : des excréments de vers des sables, ce qu’il reste de leur corps à leur mort …
    Merci de m’éclairer à ce sujet

  24. Je viens de tomber sur votre billet, et je suis complètement d’accord avec vous.
    J’ai juste envie d’aller plus loin en disant que, tout styles littéraires confondus, c’est LA SÉRIE qu’il faut avoir lit dans ça vie ! Vous avez raison, Dune parle de politique, d’économie et d’écologie, mais Herbert va beaucoup plus loin, il nous offre un guide du comportement humain et de son irréversible comportement conquerant et autodestructeur. D’où la tyrannie de Leto II qui voit au travers de son « sentier d’or », le seul moyen de sauver l’humanité d’elle même. Herbert nous ouvre les yeux (le dormeur doit se réveiller) sur notre bêtise, et cela donne à réfléchir. Bref, un chef œuvre !

  25. Chef d’oeuvre pour moi, ayant lu et relu toute la série… Et en plus, je travaille le premier tome avec mes élèves de seconde Bac Pro dans le cadre du chapitre : Parcours de personnage, auquel je peux donner une dimension plurielle.
    J’ajouterai qu’en plus, je rend hommage à mon beau-père, qui en plus d’être un grand écrivain, a su rendre le souffle à cette œuvre majeure.

    • Bonjour Christine.

      Merci de rendre hommage à votre beau-père, à qui on doit tous beaucoup dans le domaine de la science-fiction, et en particulier dans la traduction de Dune. Pour moi aussi, Dune est un chef d’œuvre et reste mon livre de chevet depuis les années 70, le jour où il est sorti dans la collection Ailleurs & Demains de Laffont. Je me dis souvent qu’il ne faut pas oublier les personnes qui traduisent les livres que nous avons l’habitude de lire, sans nous soucier de l’origine linguistique.
      Mon projet reste de faire un essai sur Dune, car il n’existe rien de tel en français. Dune va bientôt avoir 50 ans. Malheureusement, l’écriture d’un roman, et le fait de devoir lire d’autres livres dans la langue de Shakespeare ne m’enchante pas beaucoup. Ah, si je pouvais avoir Michel Demuth à proximité pour lui demander de me traduire tout ce qui concerne Dune et Frank Herbert !

      La traduction de Dune est parfaite et effectivement on retrouve le souffle de l’œuvre majeure de Frank Herbert. Je pense que ce serait bien qu’on rende hommage, à l’œuvre, à son auteur, et à son traducteur, qui est aussi un excellent auteur de science-fiction. Merci Christine.

  26. Pingback: Dune – Frank Herbert (collector 50ème anniversaire) | Le Blog science-fiction de Marc

  27. Je relis dune régulièrement et par respect je m’ isole. Je suis toujours surpris d’ y découvrir des choses nouvelles et comme ça a été dit, c’ est dans le verbe que s’ exprime le mystère de cette oeuvre hors du commun.

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