L’ennemi dans l’ombre – David Weber

L’univers d’Honor Harrington continue de s’étoffer avec ce cycle parallèle qui s’inscrit parfaitement dans la trame dessinée par David Weber. Après L’ombre de Saganami qui nous avait fait découvrir l’amas de Talbot, voici L’ennemi dans l’ombre, sa suite qui ne manque pas d’intrigues et de suspens. Ce deuxième tome, toujours édité chez l’Atalante, est proposé en deux volumes. C’est épais, c’est dense, c’est parfois déroutant par le grand nombre de personnages rencontrés, mais cela reste excellent.

Au lieu de suivre le capitaine de vaisseau Aivar Terekhov, c’est cette fois-ci Michelle Henke, la meilleure amie d’Honor Harrington et cousine de la reine Élisabeth. Je rassure les lecteurs, Honor Harrington y apparait à plusieurs reprises, ainsi que Aivar Terekhov.

Ce deuxième double tome commence lors d’une bataille qui se trouve dans Plaie d’honneur, où Michelle Henke est capturée par les Havriens. Je dirai que les 100 premières pages couvrent Plaie d’honneur et Coute que coute, ce qui va permettre au lecteur de se retrouver dans la trame centrale d’Honor Harrington.

L’intrigue liée à Manpower prend une nouvelle dimension. Les Mesans continuent l’élaboration de leur plan machiavélique contre Manticore. Après avoir essuyé une lourde défaite dans le système de Monica, ils ont imaginé un nouveau piège qui va amener des escadres de la ligue solarienne dans l’amas de Talbot. Cela commence avec de petits incidents lors d’inspections de vaisseaux marchands dans le système de Nouvelle Toscane, puis ce sont des évènements plus graves, qui font perdre la vie à des dizaines de milliers de Toscans. C’est le déclencheur d’un conflit entre l’escadre de Byng, un amiral borné de la ligue solarienne, et les forces spatiales de Manticore représentées par Michelle Henke. L’histoire, bien que complexe est plus proche des premiers Honor Harrington, où les combats spatiaux se faisaient entre croiseurs et torpilleurs, et où les opposants avaient davantage des escadres ou des petites flottes. Le grade d’Honor Harrington ne lui permet plus d’agir où bon lui semble. Il a bien fallu trouver des remplaçants à Honor Harrington. Qui mieux que la meilleure amie pouvait jouer ce rôle. Dans le premier tome, c’était le capitaine Aivar Terekhov (devenu commodore après ses exploits)

David Weber a eu la très bonne idée de confronter Manticore à la ligue solarienne. C’est David contre Goliath. La différence quantitative ne permet pas au royaume de Manticore de combattre dans la même catégorie, mais l’avantage technologique certain de Manticore compense partiellement ce problème. Le royaume stellaire subit une situation qu’il n’a pas demandé. D’un côté, Havre l’ennemi depuis 20 ans qu’il faut mettre définitivement à genoux après la bataille de Manticore. De l’autre côté, Manpower qui tire les ficelles et manipule la Ligue solarienne pour affronter Manticore. Le royaume stellaire est tout simplement entre le fer et l’enclume, dans un inextricable réseau d’intrigues et d’intérêts divergents. C’est excellent. Une fois n’est pas coutume, le livre se termine sur un cliffhanger.

On peut reprocher que les Solariens sont stupides et imbus de leur supériorité numérique, pensant qu’ils possèdent aussi une avance technologique. Mais lorsque certains d’entre eux comprennent que c’est Manticore qui a l’armement le plus sophistiqué, bons nombres de rouages politiques et militaires font tout pour ignorer ces analyses techniques. On se retrouve donc avec des Solariens bornés, orgueilleux et incompétents, à la gâchette trop sensible. Cela donne une situation explosive à tout point de vue.

Les Mesans, et Manpower en particulier, utilisent tous les moyens à leur disposition pour empêcher que la paix ne règne entre Manticore et Havre (qui est déjà décrit dans le cycle principal). Ils ont l’art de ne pas se mouiller, et d’avoir des alliés qui vont faire les sales besognes à leur place. La présence de vaisseaux de la ligue solarienne dans l’amas de Talbot n’est pas fortuite. Manpower a des agents infiltrés dans tous les niveaux de pouvoir.

Le seul point négatif de ce livre c’est le nombre de personnages et certaines scènes qui ne sont pas indispensables. Mais cette critique peut s’appliquer aux livres précédents du cycle Honor Harrington. Donc, ce n’est plus vraiment un point négatif. Tout au plus une caractéristique du style de David Weber.

Par contre, je soulève une remarque concernant la traduction faite par Michel Pagel, excellente au demeurant, mais qui me déroute depuis le premier volume de cette série. Michel Pagel a décidé d’écrire en Manticore, en Havre, en Fuseau alors que Florence Bury qui traduit le cycle principal écrit : à Manticore, à Havre, etc. Sur le fond, Pagel à raison s’il compare des systèmes stellaires à des pays, et sa traduction vaut celle de Bury. Mais j’aurais trouvé normal que Pagel traduise de la même manière que Bury pour rester dans la continuité.

L’ennemi dans l’ombre s’adresse évidemment aux lecteurs qui ont d’abord lu L’ombre de Saganami. La lecture de la ligne principale n’est pas nécessaire, mais est souhaitée pour la bonne compréhension des différents fils de lhistoire. Autant j’avais aimé Coute que coute, autant j’ai aimé L’ennemi dans l’ombre. C’est du très bon David Weber. J’espère qu’il ne faudra pas attendre trop longtemps pour avoir la suite de ce cycle parallèle (qui n’est pas si parallèle que ça en fait).

À consommer sans modération par tout bon amateur de space opera.

L’ennemi dans l’ombre T.1 & 2,  L’Atalante, 2011, 954 page, traduit par Michel Pagel, Illustration de Genkis

2 réponses à “L’ennemi dans l’ombre – David Weber

  1. Moi, j’ai définitivement abandonner Honor Harrington. Même pas d’extraterrestres, quand même !

    • Par contre, moi j’adore ce cycle qui est de plus en plus complexe. Concernant les extraterrestres, ça n’a pas vraiment d’importance. Si tu prends des livres comme Fondation d’Isaac Asimov, Dune de Frank Herbert, Hypérion de Dan Simmons, tu es dans des fédérations/empires gouvernés par des humains. Il n’y a pas de place pour des extraterrestres. Donc, c’est plutôt un détail. Ce qui compte vraiment, c’est l’histoire.

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