La guerre secrète de l’espace : 1961 Gagarine – Hautière, Cuvelier, Pinchon

Voici le deuxième tome de ce cycle consacré à la conquête spatiale. Hautière, Cuvelier et Pinchon nous proposent l’envoi du premier homme dans l’espace en 1961, c’est-à-dire Youri Gagarine. Dans le premier tome qui se passait en 1957, on avait eu droit à la course que mènent Américains et Russes pour être les premiers dans l’espace. Ce sont les Russes qui ont été les plus rapides avec la mise en orbite du Spoutnik.

Après cette victoire sur l’occident, les Russes décident d’envoyer une chienne dans l’espace. Ce sera Laïka. Ce vol prépare l’envoi du premier homme dans l’espace.

Cette suite toujours aussi bien construite que la première partie, mélange espionnage et conquête spatiale. Les Russes sont toujours aussi suspicieux sur le personnel qui travaille à Baïkonour. Le passé de chaque membre est soigneusement passé au crible. On suit toujours un scientifique du programme soviétique, qui est en fait un agent américain infiltré.

Lors d’une soirée arrosée pour fêter le vol spatial de Youri Gagarine, les choses tournent mal pour la petite amie du scientifique. En voulant la défendre, il se retrouve dépassé par quelqu’un de plus fort que lui, qui est ivre. Et la petite amie n’a qu’une solution, tuer l’homme qui veut étrangler le scientifique. Ils n’ont plus qu’une solution : fuir ! S’engage alors un long voyage à travers l’Union soviétique, qui n’a qu’un but, les exfiltrer via un réseau mis en place par les Américains. Mais leur fuite occasionne aussi des arrestations de membres du réseau. Ce n’est que passé la frontière iranienne, qu’on découvre qui est la personne qui est responsable du démantèlement d’une partie du réseau.

Moins de technique, dans cette BD, mais plus d’espionnage. On découvre les mensonges véhiculés par l’appareil soviétique de l’époque pour cacher les accidents qui se produisent sur les sites dédiés à la conquête spatiale. C’est par exemple le cas pour le maréchal Nedeline, décédé après que le deuxième étage d’une fusée R-16 explose à Baïkonour. 92 personnes perdent directement ou indirectement la vie. Dans le cas de Nedeline, c’est sa proximité avec la fusée R-16 qui est la cause de son décès. Il supervisait les travaux à une vingtaine de mètres de la fusée, alors que l’explosion avait un diamètre de 120 mètres. Les Soviétiques ont indiqué que le maréchal était décédé dans le crash d’un avion. Ce n’est que 30 ans plus tard que la vérité a été dévoilée. En fait, on apprend que bon nombre d’échecs soviétiques ont purement et simplement été cachés au public.

Un deuxième tome qui se déroule donc en 1961, où on voit les Russes encore marquer des points par rapport aux Américains. À trois reprises, ils ont été les premiers (Spoutnik, Laïka et Gagarine). La réaction américaine se fait attendre, et ce n’est qu’à la fin de ce deuxième tome qu’on voit le président américain demander des subsides pour un projet encore plus grandiose : aller sur la Lune et revenir. On imagine très bien que les Américains se sont inspirés d’une fable de La Fontaine, le lièvre et la tortue, et que pour aller au bout de leur objectif, ils vont devoir y mettre le prix.

Comme pour le premier tome, l’album se termine par quelques pages de documentation, qui présentent les différents astronautes et cosmonautes qui ont joué un rôle à cette époque (1961-1964). C’est-à-dire Youri  Gagarine et Guerman Titov du côté soviétique, Alan Shepard et John Glen du côté américain. On a également droit à une explication sur les programmes Vostok et Mercury.

BD très bien réalisée par Hautière, Cuvelier et Pinchon. Espérons qu’il ne faudra pas encore attendre deux ans pour avoir le tome suivant. En complément à cette BD, je conseillerai de voir le film « L’étoffe des héros » qui montre le côté américain. Ou l’excellente série de docufictions sur la conquête spatiale passée sur Arte. À noter que la couverture de ce tome 2 a été réalisée par Manchu.

Le premier tome avait précédemment été chroniqué. Le lien est ici.

La guerre secrète de l’espace T.2 : 1*61 – Gagarine, Hautière, Cuvelier et Pinchon, Delcourt, 2012, Couverture de Manchu, 56 pages.

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