Destination Univers – Debats et Dunyach

Anthologie de science-fiction consacrée aux grands espaces. Elle est proposée par Jeanne-A. Debats et Jean-Claude Dunyach et est éditée par Griffe d’encre. Les huit textes vont sensiblement dans le même sens. Après lecture, j’ai trouvé cette anthologie bien équilibrée mais pas sans défaut. Dommage que les deux anthologistes aussi auteurs de science-fiction ne proposent pas un de leurs propres textes.

Les TigesThomas Geha

Les Tiges et les Ailairdarlis se font la guerre, et au milieu de ce conflit se trouvent les humains. Lors de la lecture, j’avais l’impression qu’il s’agissait d’un texte expurgé d’un roman. Certains idées n’étaient pas claires., Cette nouvelle se raccrochait au livre La guerre des Chiffoneurs édité par Rivière Blanche, que je n’ai pas lu. Je n’ai pas accroché probablement parce que je n’ai pas lu le roman.

Évaporation et sublimationAnthony Boulanger

Voilà la nouvelle qu’il faut retenir de cette anthologie. Elle nous parle des oiseaux de feu, qui surgissent des étoiles. On y découvre entre autres l’oiseau-lumière, l’oiseau-ténèbres et d’autres qui vont se détacher du corps du premier ou le réintégrer. Cette nouvelle démarre comme une légende, et on est subjugué en tant que lecteur tellement c’est bien raconté. On découvre que sur leur passage, ces oiseaux de feu détruisent inconsciemment des civilisations. Jusqu’au jour où les humains découvrent qu’en créant des vortex spatio-temporels dans les étoiles, ils peuvent immobiliser les oiseaux de feu et les détruire. Cela se passe sur des décennies, des siècles. Cette nouvelle est plutôt une narration du face à face entre les oiseaux de feu et la civilisation humaine. Cette nouvelle est vraiment originale, au point qu’Anthony Boulanger devrait plutôt en faire un roman avec des personnages humains à développer et des conflits sur la manière de faire face aux oiseaux de feu. C’est une simple suggestion de ma part. Si je ne dois retenir qu’une nouvelle dans cette anthologie, c’est bien celle-ci.

Le bal des méduses – Célia Deiana

Étrange nouvelle que celle de cet enfant prisonnier sur un vaisseau, qui va vivre l’attaque du vaisseau sur lequel il se trouve. Puis il va rencontrer un vogueur et prendre sa place. Voyage initiatique, plutôt poétique, qui est très bien écrit.

Sleeping beautyAnne Fakhouri

On suit Olbomce, un spécialiste en cybernétique, qui en compagnie de son fils navigue sur son vaisseau le Sleeping beauty. L’homme fuit la civilisation, jusqu’au jour où il rejoint une station spatiale où il retrouve son ex-femme. Le conjoint de clle-ci n’est autre que celui qui dirige la station spatiale. On demande à Olbomce de réparer un androïde femelle, sous peine de se voir emprisonner définitivement. Histoire très intéressante, qui manque d’ampleur et de détails. C’est un roman qu’il fallait écrire, et pas simplement une nouvelle qui laisse un gout de trop peu chez le lecteur.

Le gambit de HungerOlivier Gechter

Encore un space opera dans cette anthologie, avec Amy une chasseuse de prime. Elle capture un pirate très recherché et le remet aux autorités locales d’une planète reculée dans la galaxie. Cette capture devrait la mettre définitivement à l’abri sur le plan financier pour le reste de son existence. Malheureusement pour elle, le pirate en question (Hunger) va lui subtiliser son vaisseau et fuir. Tout est à refaire. Une bonne nouvelle, plutôt pessimiste, mais qui se laisse lire.

Le Marathon des trois lunesAurélie Ligier

Encore une histoire sombre, dans laquelle on suit des colons qui font face à un ennemi local, ou plutôt a un virus qui décime la population. Le capitaine d’un vaisseau semble avoir fait une grosse erreur qui a couté la vie à des milliers de passagers. Plutôt qu’aller en prison (bien qu’il ne soit pas le seul à avoir fait des bourdes), il doit participer à un Marathon où seul le vainqueur retrouvera une vie normale. Les autres seront enrôlés de force dans l’armée. Nouvelle sombre qui fait penser à Marche ou crève de Stephen King.

Les dieux bruyantsLaurent Genefort

Les humains qui ne pensent qu’à coloniser d’autres mondes, rencontrent les Pilas, des autochtones aux allures de pieuvres. Le contact entre humains et Pilas n’est pas des plus francs, et un incident dramatique va accroitre le fossé qui les sépare. On retrouve un thème classique de la science-fiction, le contact avec d’autres races, le choc des cultures. On retrouve également le cycle des portes de Vangk de Laurent Genefort. Encore une fois, un texte trop court qui mériterait d’être plus développé.

Le Khan MergenOlivier Paquet

Histoire de ville mongole qui se déplace sur des pattes mécaniques. Ses habitants son réfractaires à la technologie, conditionnés devrais-je dire contre toute forme de progrès technologiques. Contrairement aux autres, Kushi , qui retourne dans sa ville natale, sait que le monde ne se résume pas aux cités. Il vient du Melkine, un vaisseau scientifique d’exploration. Sujet original, qui mériterait aussi un développement plus approfondi. Le texte ne coule pas de source, mais l’idée est intéressante.

L’impression générale que j’ai à propos de cette anthologie, c’est que chaque texte est un résumé de quelque chose de plus grand, ou appartient à un roman ou un cycle. C’est le cas pour Thomas Geha et Laurent Genefort avec les chiffoneurs et les portes de Vangk. Dans l’ensemble, les textes sont plutôt pessimistes. Ce que n’attend pas nécessairement e lecteur qui aime le space opera en particulier. Il y a des textes de qualités dans cette anthologie. L’idée que j’en retiens, c’est qu’ils sont trop courts et trop sombres. Néanmoins, cette anthologie est intéressante. Elle montre que la science-fiction à encore de beaux jours devant elle. A lire.

Destination Univers, Jeanne-A Debats & Jean-Claude Dunyach, Griffe d’encre, 242 pages, 2012, illustration de Alexandre Dainche.

3 réponses à “Destination Univers – Debats et Dunyach

  1. A l’époque, je m’étais un peu enflammé autour de ce livre mais, après révision de mes impressions, je me suis rendu compte que s’il était bon, le recueil n’était pas non plus extraordinaire.

    – Les Tiges : Je n’ai « pas lu le roman » mais j’ai beaucoup aimé quand même. Un des meilleurs textes.

    – Evaporation et sublimation : Très joli, très poétique. Marquant mise à part que les militaires sont un peu « cliché » et qu’on ne sait pas grand-chose de l’humanité dans le texte.

    – Le bal des méduses : La brièveté de la nouvelle ne m’a pas aidé à rentrer complètement dans le texte mais il était fluide, rythmé et un brin stylé.

    – Sleeping Beauty : Plus long mais trop classique. Le coté « sentiment » m’a un peu plus marqué. Mais dans l’ensemble : bof.

    – Le gambit de Hunger : Aussi classique que le précédent. La fin est plus intéressante. C’est un peu mieux.

    – Le Marathon des Trois Lunes : Un coté « horreur » qui donne au texte un peu plus d’impact. Mais pas plus convaincu que les deux nouvelles précédentes.

    – Les dieux bruyants : Dans l’incontournable univers de la Panstructure. Bien mieux écrit, avec un bon enchaînement de péripéties. Beaucoup mieux.

    – Le Khan Mergen : On pense à Le monde Inverti, pour les villes mouvantes. L’action est plus lente, normal pour le sujet « culturel » du texte. Mais pas séduit.

    4 plutôt bonne nouvelles et 4 plutôt décevantes nouvelles, c’est moyen. Mais en considérant que le thème est le space opera francophone, c’est déjà pas mal et ça montre que les auteurs locaux ont au moins un certain potentiel qu’il serait vraiment triste de ne pas exploiter plus en profondeur.

  2. désolée, mais ni JC ni moi ne nous auto-éditons.
    des bises
    Jeanne

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s