Interview de Christophe Collins

Dans le cadre de la sortie du nouveau livre de Christophe Collins, L’équerre et la croix, je lui ai demandé de répondre à quelques questions. Voici l’interview.

La sortie de « L’équerre et la croix » propose au lecteur de retrouver Sam Chappelle dans une seconde aventure. Après « L’étoile de l’Est », comment a été accueilli le personnage par le public ?

Dans l’ensemble, les lecteurs que j’ai pu croiser se sont beaucoup amusés. Et je pense qu’il apprécie Sam Chappelle. Certains, qui me connaissent, y trouvent une expression de ma propre personnalité. D’autres y voient plutôt un « concentré » de quelques personnages classiques du cinéma et de la littérature de genre. Mais, tous s’accordent pour penser que Sam à une « voix » et c’est cela le plus important à mes yeux !

Comment t’est venue l’idée de créer Sam Chappelle ? Est-ce une simple émanation de toi ? Ou bien est-il ce que tu aurais voulu être ?

Au départ, Sam est né d’une demande du webmaster du premier site Internet du Télémoustique. Il voulait un personnage récurrent pour un feuilleton… Ensuite, Sam s’est réincarné lorsque Max Rensonnet, l’éditeur aux commandes de 3Cinq7, m’a demandé de songer à un personnage de polar. Mais c’est vrai que Sam concentre pas mal de mes traits de caractère… Et de ma vision de la vie…

As-tu hésité un moment avant de proposer un policier franc-maçon au public ? Est-ce que cela a soulevé de la curiosité de la part des lecteurs ?

Hésitez non, puisque l’idée était là dès le départ… Je pense que le public balance entre curiosité et… indifférence. Certes, son parcours d’initié a de l’importance dans sa manière d’aborder la vie et ses enquêtes… Mais je ne voulais pas non plus que sa « maçonnerie » bâtisse un mur entre lui et les lecteurs « non-initiés ». Il faut que tout le monde y trouve son compte… Mais si les aventures de Sam poussent certaines personnes à s’informer sur la franc-maçonnerie, tant mieux. Contrairement à ce que l’on pense, la curiosité n’est pas un vilain défaut.

La dernière dizaine de Bob Morane ont été écrits sous ta plume. Y a-t-il un lien secret entre Bob Morane et Sam Chappelle (en dehors du fait que tu les écris) ? Ou bien les deux personnages n’ont rien en commun ?

Il y a surtout une énorme différence… Bob Morane est un mythe… Sam Chappelle un petit gars qui débute dans le métier ! Je dois dire que mon écriture est très différente de l’un à l’autre. Bob Morane demande de la discipline, de la structure, une certaine rigueur… Bob Morane possède des milliers de lecteurs qui attendent quelques choses des aventures de leur héros. Avec Sam, c’est davantage moi qui mène la danse. Et je peux agir à ma guise… Ce sont des plaisirs différents, mais tout aussi intenses.

Est-ce un choix personnel d’écrire des romans qui ne sont pas des « pavés », comme beaucoup d’auteurs le font actuellement ? Te sens-tu plus à l’aise avec des romans courts ?

En fait… Je ne pense pas que je décide de la longueur des romans que j’écris. L’Étoile de l’Est était relativement court… L’Équerre et la Croix est un peu plus long… En fait, l’écriture en « je », avec le style que j’adopte pour les Sam Chappelle, je crains que sur un magnum opus de 1000 pages cela devienne un peu pénible non ? Sans faire de comparaison hasardeuse avec un dieu de la littérature populaire, Frédéric Dard n’allongeait jamais trop la sauce de ses San Antonio. Vu que l’humour est un élément essentiel de la « dynamique » de Sam Chappelle, je me dis toujours que les blagues les plus courtes sont les meilleures. Mais qui sait, un jour, Sam prendra peut-être un peu de bouteille et je pourrais me lancer dans la version maçonnique du Trône de Fer !

Quels sont tes projets d’écriture ? D’autres Bob Morane ? D’autres Sam Chappelle ? Des nouvelles ?

Dans un avenir assez proche, c’est Bob Morane qui prendra le devant de la scène. D’une part avec Piège infernal : « Contre-Attaque », qui sera en vente en janvier, et puis « La Malédiction de Michel-Ange » qui sera publié en mars. Là, il sera sans doute temps de revenir vers Sam Chappelle… Pour une aventure un peu moins polardesque et peut-être un peu plus historique… Mais je n’en dis pas plus… Liège a un passé d’une telle richesse…

Comptes-tu revenir au fantastique prochainement ?

J’y songe. J’ai même entamé l’écriture de quelques chapitres… D’une histoire qui prend clairement son inspiration du côté de Graham Masterton. Mais nous verrons, à chaque jour suffit sa peine !

Y a-t-il un livre ou un projet d’écriture dans lequel tu as hésité à te lancer, et sur lequel tu reviendrais plus tard ?

J’ai un péché mignon. Ce sont les comédies romantiques à l’anglaise. J’avoue, je suis un excellent client. Et je rêve, depuis plusieurs années, d’en écrire une. Un roman qui se trouvera à la croisée des chemins entre espionnage, humour et sentiment. J’ai même un bon pitch. Le souci ? Le dosage… Comment ne pas être trop ceci, ou trop cela ? Et surtout, ne pas basculer dans une mer de cynisme… D’humour qui griffe… Je me dis que j’y arriverai peut-être un jour…

Pourrais-tu dire un mot sur les imaginaires belges ? L’idée n’a pas été jusqu’au bout en 2012. Mais ressortira-t-elle dans un avenir proche ?

Je ne sais si j’y reviendrais… J’avais espéré, peut-être un peu naïvement, que l’idée de réunir des auteurs belges sous une sorte de « chapeau » pour que l’on partage des expériences, des rencontres, des projets, serait une bonne idée. J’ai juste oublié que l’écriture est un travail solitaire. Qui prend du temps. Et l’écrivain n’est peut-être pas aussi sociable que je l’imaginais. Et puis… Je pense que pour un projet pareil, il faut une vraie locomotive. Et là, mea culpa, je n’ai pas le temps de l’être cette loco…

Mais où son passé les Sam Chappelle Girls ? Les verra-t-on dans le prochain opus du policier ?

Il y a toujours de nouvelles girls dans les aventures de Sam. Même si, dans l’Équerre et la Croix, il semble se calmer un peu… Mais ce type est incorrigible… Dès qu’une créature callipyge pointe le bout d’une rondeur, il se met à l’arrêt, façon chien de chasse. Parfois, franchement, il me fait honte…

Que peut-on te souhaiter sur le plan littéraire en 2013 ?

J’espère qu’avec Bob et Sam, nous allons rencontrer un nombre croissant de lecteurs, tant via les sorties, que via des salons, des émissions, des rencontres… C’est la partie du boulot que je préfère. La rencontre. J’en profite pour lancer un appel aux organisateurs qui liraient cette interview. Appelez-moi ! Je ne suis pas cher du tout !

Christophe Collins

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