Noire jonction – Kate Milie

À travers un polar, Kate Milie nous propose de découvrir la jonction Nord-Midi à Bruxelles, un tronçon ferroviaire qui traverse la ville de part en part et l’a défiguré.

J’ai eu la chance de rencontrer Kate Milie lors de la pré-fête nationale organisée par la librairie Club de la place Flagey. C’était l’occasion de découvrir l’engouement, l’intérêt, la passion que l’auteure a pour la capitale de L’Europe.

D’abord intrigué par l’auteure, mais surtout par les lieux où se passe l’histoire de Noire Jonction, je me devais de lire ce livre. Étant bruxellois, et ayant passé les dix-huit premières années de mon existence devant une des cinq gares de cette jonction Nord-Midi (la Chapelle), je voulais en savoir davantage sur ces lieux que j’ai côtoyé pendant des années sans me poser de question sur leurs origines. Et Kate Milie y répond parfaitement, en décrivant minutieusement page après page une partie de l’histoire de Bruxelles du début du vingtième siècle jusqu’à nos jours.

Comme je n’ai pas lu le précédent livre de Kate Milie, L’assassin aime l’art déco, je n’ai pas fait le lien lorsque Marie le personnage principal apparait dans ce livre. En effet, on suit Marie, une guide, photographe à ces heures perdues, qui va faire découvrir la jonction Nord-Midi à un groupe de personnes très hétéroclite. Il y a un écrivain suédois qui veut situer son prochain polar à Bruxelles, deux jeunes artistes qui apportent la joie et la bonne humeur, une jeune slameuse, et une très vieille dame « Moeder Révolution ».

Derrière un projet de bar à textes, qui fait partie du programme Art/Jonction, les différents témoins, lecteurs, visiteurs sont invités à écrire quelques mots. L’événement culturel se répétera et lors d’un dernier bal populaire et feu d’artifice, les textes seront visibles à tous.

Mais voilà, des poupées gonflables sont retrouvées ensanglantées. Puis, une participante aux activités du collectif Art/Jonction est assassinée. Un point commun ? L’ange de la couverture !

À noter, le changement de style qu’impose Kate Milie lorsqu’elle nous révèle les pensées de Tony, que je laisserai découvrir par le lecteur. Cela fait froid dans le dos. C’est écrit dans un style vif, énergique et moderne. On y trouve aussi une correspondance électronique.

Bien que Noire jonction soit un polar, on pourrait presque en faire un guide touristique sur la partie ferroviaire de Bruxelles. Il y manque évidemment les photos qui en feraient un vrai guide. Mais on ne sait plus vraiment si on a affaire à un roman touristique ou un guide romancé. En tout cas, le but est atteint en présentant un aspect de la capitale qui est très mal connu par ses propres habitants. Je ne cache pas que j’y ai appris beaucoup, et qu’en lisant le polar, je jetais fréquemment un coup d’œil dans le dictionnaire historique des rues de Bruxelles de Jean d’Osta. Et dans le polar, j’ai découvert pas mal d’anecdotes historiques qui m’étaient totalement inconnues. Il y a un sérieux travail de recherche dans ce livre. Même s’il tient en deux cents pages, il faut remarquer qu’il s’est fait grâce à un long travail de recherche.

Si je peux faire une suggestion à l’éditeur, c’est de proposer Noire Jonction avec un marque-page représentant la jonction Nord-Midi. Ce sera plus facile pour le lecteur. Un petit détail qui m’a perturbé, c’est une réflexion faite par Tony à la page 13 : « C’est une fille comme moi, qui aime passer son temps dans les trains et les gares ». En tant que lecteur, on croit que cette personne est une femme, alors qu’on découvre plus tard qu’il s’agit d’un homme qui se nomme Tony.

En dehors de cela, j’ai passé un agréablement moment de lecture, trop vite passé, qui incite à lire d’autres livres de Kate Milie. Pour rester dans la veine, je conseille au lecteur qui ont aimé cette escapade bruxelloise et le style rythmé de Kate Milie, à enchainer avec L’assassin aime l’art déco.

Noire Jonction, Kate Milie, 180° éditions, 2013, 208 pages

Noire jonction

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2 réponses à “Noire jonction – Kate Milie

  1. J’ai beaucoup aimé le premier livre de Kate Milie… et celui-ci me tente. J’ai vécu longtemps à Bruxelles, connais un peu Kate en personne, aime son style et apprendre les secrets architecturaux de la ville… Que me faut-il de plus?

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