Petit-fils d’Algérie – Joël Alessandra

Voilà une bande dessinée qui n’en est pas vraiment une, mais qui mérite le détour. Joël Alessandra assume le rôle de dessinateur, scénariste et coloriste pour cette histoire qui est publiée chez Casterman. Mais est-ce vraiment une histoire ? C’est davantage la quête d’un homme à la recherche de ses origines.

En tant que Belge, je ne connais pas l’histoire de l’Algérie, pas plus que l’histoire des pieds noirs. Les seules images que j’ai de ces derniers sont celles de personnages de films, ou d’acteurs et chanteurs qui ont représenté cette culture. Je dis cette culture, car je trouve péjoratif de dire colons ou expatriés. Culture, car elle est issue de plusieurs pays méditerranéens.

À travers un livre de 128 pages, Joël Alessandra qui n’a pas connu l’indépendance de l’Algérie décide de nous retracer son propre périple pour retrouver les lieux où a vécu sa famille, c’est-à-dire à Constantine. C’est un voyage dans lequel le lecteur suit l’auteur qui s’est lui-même mis en scène. Et l’idée est originale, car ce dernier se pose la question de savoir si ses ancêtres étaient des gens bien. La réponse lui est donnée au fil de son voyage, grâce à des témoignages de personnes qui ont connu sa famille.

À l’origine, la famille de Joël Alessandra est italienne. Au début du vingtième siècle, pour fuir la misère en Italie, elle a émigré en Algérie, qui était encore une province française. Les Alessandra se sont établis à Constantine et ont participé à bon nombre de constructions qui existent encore aujourd’hui.

L’Algérie a connu sa rébellion contre l’autorité française. Défaites, mais aussi victoires, qui ont vu l’indépendance du pays en 1962 et l’expulsion des pieds noirs vers la France. Parmi ceux-ci, la famille Alessandra. Les colons entretiennent une certaine inimitié face à l’autorité française de l’époque qui ne les a pas soutenus, c’est-à-dire le général de Gaule. En plus de cela, ils ne sont pas vraiment les bienvenus en France.

Les années passent, Joël Alessandra voit le jour, et ce n’est qu’en 2013 qu’il décide de visiter les lieux jadis occupés par sa famille en Algérie. S’y rendre n’est pas aussi simple que cela, car sur place il est accompagné par un ange gardien qui veille sur lui. Mais pourquoi ?

C’est un excellent moment de dépaysement passé avec cette bande dessinée qui tient à la fois du livre d’histoire, d’ethnologie, de géographie et d’autobiographie. On découvre une partie de l’Algérie à travers le regard de personnes attachantes qui restent nostalgiques d’une certaine époque. Les décors dessinés par Joël Alessandra donnent envie de les voir en vrai, de se rendre sur les lieux. Un sentiment de bien-être et de curiosité se dégage de se livre. Le tout agrémenté de photos qui parsèment le livre, qui font découvrir un pays et une culture mal connus des Européens.

Le voyage de Joël Alessandra est une longue promenade qui part de Marseille, passe par Constantine, pour se terminer à Paris. Un beau livre, plein de mélancolie et de souvenir qui nous rappellent que notre existence sur Terre est éphémère, mais que rechercher nos racines nous aide parfois à comprendre qui nous sommes vraiment. Un beau livre qui vaut autant pour ses dessins, que pour l’histoire vécue qu’il nous propose.

Petit-fils d’Algérie, Joël Alessandra, Casterman, 2015, 128 pages

Petit-fils d'Algérie

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