Vestiges – Laurence Suhner

C’est drôle, dans ma bibliothèque j’ai la trilogie Quantika de Laurence Suhner parue chez L’Atalante, et je n’ai commencée à la lire que lorsque le premier tome « Vestiges » est sorti en format de poche chez Folio SF. Je découvre l’auteur avec ce premier livre, et le moins que je puisse dire c’est que c’est original. J’avais l’impression de lire un auteur anglo-saxon traduit.

J’avais des préjugés sur ce premier tome. Le fait que c’est un planet opera (et pas un space opera comme le laisse supposer la couverture du livre chez L’Atalante) sur un monde de glace, me refroidissait déjà avant d’ouvrir la première page. Mais comme souvent, je laisse mes préjugés au vestiaire pour découvrir un nouvel auteur. Dès les premières pages, j’étais rassuré par le style de Laurence Sunher et après les vingt premières pages je savais que je lirais le livre jusqu’au bout. Bien sûr il y a eu des doutes lors de la lecture, car les 200 premières pages ne sont qu’une mise en place des personnages et servent à planter le décor. Mais le style de l’auteur donne envie de persévérer et entrer dans l’exploration des vestiges de la planète Gemma.

Gemma est un monde de glace situé à 6,5 années-lumière de la Terre. Depuis 170 ans une colonie humaine s’y est installée et exploite ses ressources. Autour de cette planète, tourne en orbite un gigantesque artéfact que les humains ne sont pas encore arrivés à explorer. Il semblerait que la civilisation qui a créé l’artéfact a visité Gemma il y a 12 000 ans. Des vestiges ont été trouvés sous les glaces et sont en cours d’exploration par des équipes scientifiques. En parallèle à cela, beaucoup d’engins connaissent une panne qui est due à une altération spatio-temporelle.

D’un côté, on suit les recherches que mène l’équipe de Ambre Pasquier, et de l’autre l’équipe de scientifique du professeur Stanislas. Et entre ses deux, Haziel Delaurier tente de réconcilier les choses, sans trop dévoiler ses propres intentions.

Il y a un côté mystique à ce livre avec un extraterrestre sorti d’hibernation. Plusieurs chapitres dévoilent dans le passé cette civilisation extraterrestre surnommée les bâtisseurs.

Il y a des longueurs dans ce livre, des passages où l’auteur nous fait un cours de biologie, de physique ou de théologie. Des répétitions font que ce livre de plus de 700 pages aurait pu en faire 500. Je prends comme exemple les évènements que certains personnages vont vivre, puis qu’ils vont répéter à d’autres personnes. Les débats qui s’ensuivent ont tout leur sens, mais il aurait été plus facile de simplement dire qu’ils relataient les évènements passés. C’est un détail qui m’a parfois fait lire une page en diagonale plutôt que de relire la même scène.

Il y a aussi une pléthore de personnages secondaires dans ce livre, ce qui rend parfois la lecture difficile. Au fil des pages, le lecteur se focalise sur Ambre Pasquier, Haziel Delaurier et Kya.

Haziel Delaurier est certainement le personnage le plus attachant de cette histoire, et dès le départ on se rend compte qu’il a un rôle plus important qu’il n’en a l’air. Il a beau faire son possible pour approcher et aider Ambre Pasquier, mais elle ne voit en lui qu’un sous-fifre pour lequel elle n’a pas beaucoup de reconnaissance. C’est à croire qu’il a comme leitmotiv « endurer pour durer ». À plusieurs reprises, il sort la scientifique d’un mauvais pas.

Ambre Pasquier l’exobiologiste est une belle femme intelligente et froide, voire condescendante et imbue de sa personne qu’on a envie de détester. On lui a donné la direction d’une équipe de scientifiques et d’explorateurs et elle entend maintenir le cap qu’elle s’est fixé, sans tenir compte de l’avis des autres parfois plus compétents qu’elle. C’est un personnage ambigu que j’espère voir évoluer favorablement dans les deux autres tomes de la trilogie.

Quant à Kya qui a 18 ans et est la fille du professeur Stanislas, on perçoit chez elle beaucoup de potentiel. Indépendantiste et rebelle, elle est sous-estimée par son propre père.

Après lecture de ce premier tome de Quantika, je dois reconnaitre que ce n’est pas mal du tout et que ça me donne envie de lire la suite de cette trilogie. Soit, je continue avec la trilogie parue chez L’Atalante qui est dans ma bibliothèque (tout comme « Le terminateur »), soit j’attends la suite en format de poche. Dans tous les cas, c’est une belle surprise qui m’incite à suivre de près Laurence Suhner, car c’est très bien écrit.

Mais c’est justement parce que je reste sur ma faim avec le final de ce livre que je préfèrerais donner plus tard un avis général sur l’ensemble de la trilogie. Les quelques remarques que j’ai faites dans cette chronique n’enlèvent rien au fait que c’est un bon livre comme on aimerait en avoir plus souvent.

Vestiges, Laurence Suhner, Folio SF, 2017, 713 page, illustration de Manchu

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