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Salon du livre de Paris 2014

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Salon du livre de Paris, édition 2014

La 34e édition du Salon du livre de Paris se déroulera du 21 au 24 mars (à la Porte de Versailles).

Les Lettres Argentines seront à L’honneur et Shanghai sera la ville invitée.

J’aimerais m’y rendre cette année, et répondre à l’invitation des organisateurs, mais c’est impossible. Néanmoins, je vous propose de gagner cinq entrées pour le salon du livre. Mais pour les obtenir, je vais vous mettre à contribution en répondant correctement à une question:

Concours

Quel est mon livre préféré ? (mon livre de chevet)

Réponse facile à trouver sur mon blog. Vous me retournez la réponse sur la page contact du blog. en n’oubliant pas de me communiquer vos coordonnées (noms et adresses postales) avant le 15 mars (pour que les organisateurs du salon du livre aient le temps d’envoyer l’invitation).

Les 5 invitations sont valables pour 1 personne, pour le jour de leur choix (hormis le lundi 24 mars matin, réservé aux professionnels).

Pour plus d’informations, le lien vers le site du SDL : www.salondulivreparis.com

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Sire Cédric en Belgique

Sire Cédric a achevé sa semaine belge avec l’équipe Phénix. Il a été encadré par Marc Bailly, Frédéric Livyns et Christophe Courthouts/Collins lors de ses déplacements à la bibliothèque de Waremme, la Licorne et Filigranes à Bruxelles. Lors du dernier diner étaient présents Marc Bailly, Adriana Lorusso, Frédéric Livyns, Véronique De Laet, Bruno Peeters et Marc Van Buggenhout.

Sire Cédric et l'équipe Phénix

Moment de détente avant le retour vers la France, passé dans un restaurant indien aux alentours de la gare du midi à Bruxelles. C’était l’occasion une dernière fois de profiter de la venue de Sire Cédric en Belgique. Et ce moment a été très intéressant et très détendu. C’était aussi l’occasion de poser des questions à l’auteur sur ses choix littéraires, sur son actualité future, ou tout simplement sur le monde de l’édition et de l’écriture. Et les réponses ne se sont pas fait attendre, car Sire Cédric aborde les différentes questions de manière calme, avec un certain humour et beaucoup de franchise.

Personnellement, je découvrais l’auteur, car le thriller est plus la spécialité d’autres membres de l’équipe Phénix. Dans le courant de la semaine, j’étais passé chez Filigranes, et j’en avais profité pour acheter un des thrillers de Sire Cédric. N’ayant jamais lu ses livres, je n’ai pas pris le premier tome de son cycle qui met en scène une héroïne. Mais ce détail sera corrigé dans un proche avenir, puisque j’envisage de lire tous ses thrillers.

Sire Cédric n’avait pas envie de quitter la capitale sans découvrir nos gaufres de Bruxelles. On a donc fait une escapade dans un lieu qui en proposait Vraiment très amusant.

Sire Cédric, c’est avec Franck Thilliez et Maxime Chattam la tendance actuelle du thriller et polar. Un auteur à découvrir, une production de livres à découvrir, et surtout un homme à connaitre. Car il ne faut pas se fier aux apparences, Sire Cédric est d’une gentillesse, d’une amabilité, d’une sympathie qui font regretter de devoir le quitter à un certain moment. Il est accessible à tout le monde, et fait preuve d’une grande patience et prend le temps d’écouter ses lecteurs.

A découvrir, ou à approfondir pour ceux qui ont déjà lu un de ses romans. En tout cas, a ne pas oublier.

3 ans !

Je me suis promis que chaque année, à la date anniversaire du blog (24 septembre), je ferais une synthèse de la situation. Trois ans se sont écoulés et le blog continue son petit bonhomme de chemin. Le nombre de visites augmente au fil du temps, bien que ce ne soit pas ce qui m’intéresse le plus, parce que mes articles trouveront dix ou vingt fois plus de lecteurs sur Phénix Mag ou le Suricat. En fait, ce que je visais au départ, c’était une certaine stabilité du blog, et c’est le cas.

L’imaginaire (la science-fiction, la fantasy et le fantastique) reste mon domaine de prédilection. La BD fait de temps en temps son apparition tout comme les films ou séries. Le polar est parfois représenté. Dans tous les cas, c’est une ouverture vers la littérature belge que je propose. Je n’avais pas envie de créer un blog spécifique pour la littérature. J’ai donc décidé d’en parler un peu sur mon blog, avec la contrainte qu’elle doit être belge. Et des Belges, il y en a : Christophe Collins, Véronique Biefnot, Kate Millie, Francis Dannemark, Evelyne Guzy. Je pourrais même ajouter Eric-Emmanuel Schmitt  qui est devenu belge, Amélie Nothomb, Nadine Monfils, Jacqueline Harpman ou Dulle Griet.

J’aborderai l’imaginaire belge qui devrait être publié sous la forme d’une anthologie en deux tomes. Mais je ne voudrais pas m’avancer davantage sans avoir une idée de la date de sortie de cette anthologie. Probablement 2014 et 2015 pour les deux tomes.

Entre temps, une de mes nouvelles « Restez chez vous » s’est retrouvée dans l’anthologie « Destination Mars » dirigée par Marc Bailly et publiée par les éditions du Riez. Une nouvelle et un essai sur la planète Mars. On trouvera d’ailleurs sur mon blog, la partie manquante à l’essai. Ceci dit, c’était une nouvelle amusante à écrire où j’ai fait de l’autodérision, et l’idée d’une suite m’intéresse beaucoup. Une seconde nouvelle « Semences du désert » devrait se retrouver dans l’anthologie consacrée aux légendes africaines qui paraitra chez Voy’el au début 2014. Changement complet de style, car je suis passé de la science-fiction à de l’aventure mêlée de fantastique. J’attends avec impatience la sortie de cette anthologie. D’autres textes devraient aussi se retrouver dans l’anthologie belge.

Petit à petit, mes textes sont libérés et suivent une voie que je n’avais pas prévue. D’autres textes existent et seront proposés au fil du temps. Pour l’instant, je planche sur une nouvelle qui parle de vampire, thème imposé. Et pour une fois, je rame car je sors de mon contexte habituel. Les vampires et moi, on n’a jamais fait bon ménage. Mais j’ai décidé de relever le défi.

Toujours pas de nouvelles concernant mon livre de science-fiction envoyée chez… Bragelonne. Plus d’un an s’est écoulé, et je n’ai pas demandé la moindre réponse, car je sais que l’éditeur donne la préférence à la fantasy, mais aussi parce qu’il a reçu un grand nombre de nouveaux livres. Les premiers chapitres avaient été demandés par L’Atalante, et c’est Alain Kattnig qui avait répondu, en précisant que si l’univers était bien construit, il y avait une propension à l’info-dump. Il m’a aussi rappelé le conseil : Show, don’t tell ! Des remarques très judicieuses que j’ai appliquées au livre. Les cinq chapitres que j’avais envoyés posaient le décor, alors que l’invasion de l’histoire commençait au chapitre six. Pas de chance ! Cela m’a fait sourire car le cycle Honor Harrington éditée par l’Atalante est fortement axé sur l’info-dump ! J’aurais même tendance à dire que les livres de David Weber peuvent se lire amputés d’un quart ou d’un tiers du texte. Les histoires de chat ou de famille n’ont vraiment rien à voir avec le sujet principal. On est plutôt face à : Show and tell many time !

Je pense que c’est davantage la taille de mon livre qui est le problème. 3.3 millions de signes, même coupés en trois parties, cela fait tout de même de très gros romans. Quand on sait que les éditeurs cherchent des textes qui varient entre 500.000 et 800.000 signes, je suis loin au-dessus de ces limites. Impossible de raccourcir ce roman. C’est comme Dune de Frank Herbert ou les guerriers du silence de Pierre Bordage, cela forme un tout.

En écrivant le space opera, j’avais déjà en tête Bragelonne, Laffont Ailleurs & Demains, L’Atalante, et Mnémos. Lors d’un passage de l’équipe Bragelonne à Bruxelles, j’avais promis à Stéphane Marsan qu’il serait le premier éditeur à recevoir le livre, et je m’y suis tenu. Le contact avec L’Atalante s’est fait tout seul, sans que je ne sois l’initiateur. Pour l’instant, Laffont et Mnémos n’ont pas été contactés pour diverses raisons techniques. La taille du livre risque de poser problème chez Mnémos. Et pour Laffont, cela ferait plus de 1500 pages ! Si quelqu’un a une idée, je suis tout ouïe…

Comment se fait-il que ce space opera soit si épais ? Lorsque je l’ai écrit (sur une période de trois ans), j’ai utilisé une découpe de l’histoire similaire à L’aube de la nuit de Peter F. Hamilton, livre qui dépasse les 3000 pages en simple interligne. C’est à dire, plusieurs personnages qui se croisent au fil de l’histoire, et où les différentes fils se rejoignent à la fin. J’ai aussi fait le choix de décrire les scènes et les pensées de mes personnages, pas de faire un livre qui répond à des critères de formats commerciaux. Je n’imagine pas Frank Herbert raboter Dune de 200 pages juste pour faire plaisir à son éditeur. Ceci dit, je pense que la collection qui convient le mieux à ce space opéra, c’est tout simplement Ailleurs et Demain chez Laffont.

Et les autres éditeurs ? Et bien, je ne sais pas si Denoël ou Fleuve Noir seraient intéressés par un space opera. J’aime bien les petits éditeurs comme Riez, Voy’el, Rivière Blanche, Griffe d’encre, ActuSF, etc., mais je n’imagine pas les voir publier des tomes aussi gros. Normalement, je devrais écrire une suite à ce space opera, car la fin ouverte laisse deviner que l’histoire est loin d’être finie. Mais je ne me lancerai pas dans l’aventure tant que le premier livre n’a pas été accepté par un éditeur. Qu’on ne vienne pas se plaindre qu’on est pas capable côté francophone de faire comme les anglo-saxons en matière de space opera. Je propose un space opera dans le style anglo-saxon et écrit par un francophone, mais si la taille fait peur, peut-être faudrait-il le traduire et le proposer directement à un éditeur anglo-saxon (pour que plus tard il soit retraduit en français avant d’être publié).

En attendant, d’autres projets d’écriture m’occupent. Entre autres, un roman qui mélange deux époques, le 17ème siècle et le XXIème siècle. Une porte temporelle entre les deux époques, un couple qui s’aime et se perd, une pièce de théâtre qui ne sera jamais jouée, et comme décor Vaux Le Vicomte en France, quelques semaines avant que Louis XIV n’y passe, et Bruxelles. Je peux donner un détail : le livre n’excédera pas les 600.000 à 800.000 signes. Le synopsis étant déjà écrit, je connais la taille approximative du livre. Plusieurs chapitres sont déjà écrits, mais j’ai quelques difficultés à trouver des informations sur la région de Vaux Le Vicomte au 17ème siècle. N’étant pas en France, mais en Belgique, cela prend un peu plus de temps que prévu pour savoir à quoi ressemblait la région à l’époque. Les chemins, les rivières, etc. Et puis, il y a cette pièce de théâtre dont fait référence l’histoire. Si le synopsis est écrit, je devrais encore écrire certain passages qui apparaitront dans le livre. C’est du marivaudage, comme me la dit mon amie Véronique ! J’en profite donc pour un peu lire du Marivaux, Molière, Beaumarchais, Shakespeare et Feydeau. C’est donc un exercice de style qui, si j’ai le temps, verra aussi l’écriture de la pièce de théâtre!

Ce que je peux dire, c’est que ce roman est inspiré d’une nouvelle que j’avais écrite et qui parlait aussi de la porte temporelle, mais à l’époque napoléonienne (nouvelle qui devrait être publiée en 2014 ou 2015). Si je fais abstraction de cette porte, ce roman serait de la littérature qui mélangerait histoire, théâtre et romance. On pourrait mettre ce roman dans la même catégorie que les derniers Connie Willis et Stephen King qui parlent de voyage dans le temps. Une fois écrit, j’hésiterai certainement entre littérature et genre spécifique pour l’éditeur.

Dans la mesure du possible, j’en profite aussi pour écrire des nouvelles toujours liées à l’imaginaire. Ce n’est pas les idées qui manquent, mais le temps. Par moment je me dis qu’il me faudrait des journées de 36 ou 48 heures. Je pense avoir une vingtaine d’histoire en réserve, plus celles qui s’ajouteront pour les appels à texte. Au fur et à mesure des textes publiés, j’en parlerai à travers une page spécifique du blog, encore à développer.

Pendant l’année écoulée, mes chroniques ont continué d’être mises en ligne sur Phénix. Ce qui est normal, puisque je suis un des chroniqueurs de l’équipe. Mais on pouvait aussi trouver celles-ci sur le Suricate, magazine belge dédié à la culture qui est entièrement gratuit et disponible en ligne. On y trouve des chroniques littéraires, retros, interviews, sur les livres, films, pièces de théâtre, musique, concerts, séries télé, etc. Derrière ce magazine, on retrouve une bande de passionnés, dont Marc Bailly.

Pour en revenir au blog (qui n’est plus vraiment un blog depuis qu’il a plusieurs pages, mais plutôt un site), je rappelle qu’il a un petit frère consacré à Véronique Biefnot, comédienne, romancière, metteur en scène et amie. C’est son blog officiel, qui lui est entièrement consacré, sur lequel elle intervient quand elle le souhaite. J’aime bien ce blog, et j’espère qu’il se développera davantage en fonction de l’actualité de Véronique. Dans tous les cas, il touche la littérature, et le théâtre, mais peut aussi inclure d’autres domaines artistiques.

Pour terminer ce billet, je dirai que je continuerai mon exploration de l’imaginaire anglo-saxon et francophone, que la littérature belge et l’écriture y seront plus présentes. Je signal que je ne chronique pas les livres sous forme numérique, mais uniquement les livres papier. C’est un choix personnel.

Voilà, c’était un petit récapitulatif de l’année écoulée.

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Véronique Biefnot : Meet & Greet avec Marc Bailly

Dans le cadre du « Meet & Greet » proposé par Marc Bailly (Phénix Mag, le prix Masterton, le prix Bob Morane, Les imagineurs belges) dans l’auditorium de l’ONSS, Véronique Biefnot était son invitée le 19 juin 2012. Elle venait présenter son dernier livre Les murmures de la terre. Livre qui précède deux autres livres fantastiques qui paraitront encore en 2012. Cette rencontre avec Marc Bailly et les lecteurs présents ne se résumait pas seulement à l’événement littéraire du moment, mais aussi à une présentation plus personnelle de la carrière de la romancière, qui est également comédienne, metteur en scène, animatrice et chroniqueuse à la RTBF et ARTE et peintre. Au théâtre elle s’occupe aussi des décors et des costumes. C’est donc une femme aux multiples talents, à la carrière bien remplie, qui est venue se dévoiler un peu plus au public. Et en matière de révélation, ce moment a été particulièrement touchant lorsque Véronique Biefnot a offert la lecture d’une de ces nouvelles (Le fauteuil) qui faisait référence à son enfance et à sa grand-mère. Lecture pendant laquelle elle n’a pas pu s’empêcher de laisser s’exprimer ses émotions à deux reprises. Derrière un beau sourire, des yeux pétillants, un esprit vif et un don certain pour la communication, se cache aussi une femme sensible, émotive, et très attachante.

A 16 ans, Véronique Biefnot était déjà à l’université. Avec une agrégation à l’ULB en philo et lettres en poche, elle y ajoute le conservatoire en art dramatique et les beaux-arts en peinture. C’est donc une jeune femme très éclectique, qui a ajouté depuis 2011 une nouvelle facette à son profil en devenant également romancière. Et en matière de roman, elle n’a pas choisi la facilité. Son premier livre Comme des larmes sous la pluie à des allures de roman sentimental, mais en le lisant on se rend vite compte qu’il tient davantage du thriller et du drame.

Lorsque Marc Bailly lui demande quel est le rôle qui l’a le plus marqué dans sa carrière, Véronique Biefnot répond en faisant référence à Scandaleuse de Jean-Marie Piemme. Puis, de son rôle de Susanneke dans Le Mariage de mademoiselle Beulemans. Un classique du théâtre belge dans lequel elle avait le premier rôle féminin au côté de Jacques Lippe. Non contente d’être sur les planches, elle est aussi metteur en scène. On lui doit les adaptations de Garbo n’a plus le sourire ou Les combustibles d’Amélie Nothomb. Elle a joué et foulé la plupart des scènes de théâtre belges. On l’a vue dans Le dieu du carnage, Tartuffe, La guerre de Troie, Beaucoup de bruit pour rien, Les Troyennes. Pour de plus amples informations sur sa biographie, je suggère de visiter son blog dont voici le lien.

Véronique écrivait des nouvelles, des poèmes, des aphorismes, des adaptations théâtrales, jusqu’au jour où un metteur en scène lui a fait remarquer qu’elle écrivait très bien. À la question « Pourquoi n’écrirais-tu pas un roman ? », en parallèle à son métier de comédienne, elle s’est lancée dans l’écriture sans avoir d’idée sur la façon de se faire éditée. Les pages s’accumulaient et formaient petit à petit un roman, qu’elle fit lire par le metteur en scène avec qui elle travaillait. Il a aimé le roman, et pour être certaine que ce n’était pas un avis subjectif, Véronique l’a fait lire à des spectateurs du théâtre qui ne savaient pas qu’elle en était l’auteur. La suite, c’est une copie du livre remise chez Filigranes par un des lecteurs, puis la rencontre avec Héloïse d’Ormesson. Et ce qui était un rêve s’est soudain concrétisé en livre. Livre écrit dans un style personnel, qui oscille entre Guillaume Musso et Jean-Christophe Grangier, comme le souligne Marc Bailly.

Au cœur de ce premier livre, on trouve deux personnages principaux. Naëlle, jeune femme perturbée, avec une enfance compliquée et une amnésie pour les douze premières années de sa vie. Et Simon Bersic, romancier qui connait le succès, mais qui n’est pas heureux depuis qu’il a perdu sa femme. Il vit un deuil en compagnie de son fils. Comme des larmes sous la pluie, raconte la rencontre improbable de ces deux personnages. À travers ce livre, Véronique Biefnot voulait montrer comment surmonter les problèmes lorsqu’on n’a pas de chance dans la vie. Le contexte rappelle certaines affaires qui ont ébranler la Belgique. Le roman contient des coup de tonnerre qui perturbent les lecteurs.

Le deuxième roman Les murmures de la terre  fait suite à Comme des larmes sous la pluie, mais il peut se livre de manière indépendante. On retrouve les mêmes personnages. Il s’agit davantage d’un parcours initiatique en Bolivie, où Naëlle disparait et est censée recouvrir sa mémoire à travers des pratiques chamaniques. Simon Bersic part à sa recherche, sans savoir ce qui l’attendra. Le livre tient de l’aventure et du fantastique à travers les voyages spirituels de Naëlle et le paysage amazonien.

Véronique a lu plusieurs extraits des deux livres. Et lorsque Marc Bailly a fait référence aux rituels chamaniques, on a eu droit à une description détaillée de la part de la romancière. Elle a découvert ceux-ci dans des circonstances personnelles et tragiques. Le texte est fluide et s’écoute autant qu’il se lit. Un des secrets de cette fluidité, c’est justement qu’elle se relit à haute voix lors de l’écriture.

Lorsqu’on aborde le sujet du blog, Véronique explique que c’est un moyen pour elle d’être en contact avec ses lecteurs. Il y avait déjà sa page Facebook, mais il faut être inscrit sur le réseau social pour pouvoir la suivre. De son côté, le blog permet à n’importe qui de la suivre et de la contacter. Je voudrais signaler que Véronique intervient aussi sur mon propre blog (Le blog science-fiction de Marc). Elle maintient un contact étroit avec ses lecteurs.

En plus du troisième tome de sa trilogie qu’elle est en train d’écrire, elle a aussi d’autres livres en cours. Le premier est un conte fantastique dont le titre est Animalter. Le second livre Sous les ruines de Villers se passe à Villers la ville et contient également une part de fantastique. Les deux livres s’adressent à des publics différents et sont publiés en 2012.

Pendant la rencontre, Marc Bailly a imposé une liste de noms plus saugrenus les uns que les autres, que Véronique Biefnot a dû glisser dans ses réponses. Cela a parfois donné lieu à des crises de fou rire. La rencontre s’est terminée par une séance de dédicaces et un contact plus rapproché avec ses lecteurs.

Rencontre enrichissante, où on découvre Véronique Biefnot en tant que romancière. Elle est talentueuse et nous réserve dans l’avenir encore de belles pages de lecture.

Le blog de Véronique Biefnot.

Alain Walsh (librairie Malpertuis) – L’interview

Phénix Mag n’a pas voulu clore le chapitre Malpertuis sans une dernière fois interviewer Alain Walsh dans son rôle de libraire. Marc Bailly et moi-même avons concocté un questionnaire auquel Alain Walsh a bien voulu se soumettre. Certaines questions sont impertinentes, d’autres feront sourire. Un peu plus d’une heure d’interview a été résumée dans la transcription qui suit. L’interview s’est faite un samedi matin chez Malpertuis, qui était ouvert aux clients. Connaissant le personnage depuis plusieurs années, Marc et moi avons mis Alain Walsh sur le gril, dans une ambiance bon enfant, parfois agrémentée d’éclats de rire. Je ne cache pas que je n’aimerais pas répondre à ce questionnaire. Parfois, cela fait du bien de ne pas être la victime ! En tout cas, nous espérons que cette interview vous donnera une idée du personnage qu’est Alain Walsh.

En plus de cette interview, on trouvera ci-dessous deux témoignages d’habitués de longue date de la librairie Malpertuis. Paul Barbieux, informaticien et musicien, et Philippe Vanhauwermeiren également connu sous le nom de Daidin qui tient un blog consacré à la science-fiction, mais plus axé sur l’uchronie.

Paul Barbieux.

Nous sommes en 1981, j’ai 14 ans et découvre la littérature SF au hasard des belles couvertures de Chris Foss sur les livres J’ai Lu… et des fascicules « Inexpliqué » ! Car à ce moment-là les éditions Atlas publient une nouvelle encyclopédie consacrée au « monde de l’étrange, de l’insolite et du mystère ». Et la dernière page de chaque fascicule est consacrée à un auteur incontournable de la littérature de l’imaginaire : je découvre ainsi Tolkien, Poe, Lovecraft… et Jean Ray ! Il était écrit qu’il fallait absolument lire « Malpertuis », alors me voilà en route pour un petit magasin au centre-ville qui, je ne sais plus quel copain de classe me l’a dit, ne vend que cette sorte de littérature.

Me voilà dans cette librairie à la devanture peinte en bleu, vraie caverne d’Alibaba ! Précisons que j’y entre sans voir le nom du magasin – et c’est là un détail important, qui nous vaut cette anecdote. J’y suis donc pour acheter « Malpertuis »… et enchaîne plusieurs bêtises qui ne perturbent pas monsieur Walsh, gardant son flegme britannique ! D’abord,je lui demande s’il connait ce livre, « Malpertuis », écrit par un célèbre écrivain belge. Oui, il connait (…), et il me montre le livre, en J’ai Lu. Je l’ai en main et je lui demande…si c’est vraiment bien ?!… Sic !

Mon premier livre de chez Malpertuis fut donc « Malpertuis », acheté suite à une conversation un peu décalée, pour ne pas dire de la 4ème dimension : peut-être que monsieur Walsh a oublié cet adolescent maladroit, mais moi j’y repense souvent en me disant que, heureusement, avec l’âge on mesure mieux ses paroles…

Daidin (Philippe Vanhauwermeiren)

Quand mon ami Marc m’a demandé d’écrire un mot sur la seule librairie spécialisée en SF, Fantasy, Fantastique, Esotérique… de Bruxelles à l’occasion de la fermeture de cette institution, je n’ai pas hésité.

Client de Malpertuis depuis des temps immémoriaux (à une époque où toutes les maisons d’édition réunies publiaient à peu près autant de bouquins que les seules éditions Bragelonne aujourd’hui), j’ai beaucoup fréquenté la librairie à une époque où je forgeais ma collection de bouquins de SF. Par la suite, mes passages se sont un peu espacés parce que je fréquentais beaucoup moins le quartier et que plusieurs concurrents sérieux ont vu le jour (pour les nouveautés uniquement) : la Fnac, Filigranes… qui présentaient l’avantage de proposer aussi d’autres médias (jeux, CD, DVD…), mais pendant toutes ces années, Malpertuis est restée la référence lorsqu’on cherchait une information ou un livre épuisé.

Malpertuis, c’était une petite (au sens propre, elle devait faire une douzaine de mètres carrés) librairie sise non loin de la grand place de Bruxelles. Ne payant pas de mine de prime abord, on pouvait cependant y trouver l’essentiel de la littérature SF-Fantasy… dans un cadre somme toute prestigieux. La maison où était situé le magasin aurait elle-même pu se retrouver dans une anthologie fantastique ou dans un dessin de Smit-le-Bénédicte.

Malpertuis, c’était l’endroit où l’on pouvait trouver toutes les nouveautés bien sûr, mais aussi tomber sur le bouquin épuisé que l’on cherchait depuis des années (vous savez, ce Philip K. Dick paru chez « Le Masque » sous deux couvertures différentes…, vous n’auriez pas celui avec la deuxième couverture ?!?).

Malpertuis, c’était surtout Alain Walsh, un personnage en soi. Plein d’enthousiasme et incollable sur les bouquins parus en Français (La vraie langue comme il dit, ne lui parlez surtout pas de l’autre…), Alain pouvait être bourru par moment, avec des idées bien ancrées sur certains sujets et les défendant parfois avec vigueur. On pouvait cependant compter sur lui pour essayer de vous procurer ce bouquin paru chez un petit éditeur obscur du fin fond de la Bretagne.

Je suis passé chez Malpertuis il y a quelques jours et pour la première fois depuis des années, j’ai vu des rayons incomplets, une table des nouveautés qui ne présentait plus de nouveautés… Triste spectacle !

Au moment où j’écris ces lignes, Malpertuis est sans doute fermée, aucun repreneur sérieux ne s’étant manifesté à ma connaissance. J’espère qu’une autre librairie spécialisée renaîtra à Bruxelles pour reprendre le flambeau et représenter les littératures de l’imaginaire.

Lors de notre discussion ce jour-là, Alain m’a confié qu’il avait de nombreux projets (dont certains concernaient la science-fiction) et notamment des voyages. Alors So Long Alain, bon voyage sur des routes qui ne sont pas toutes imaginaires et qui sait, on se reverra peut-être au bar du coin des temps !

Interview Alain Walsh le 12 novembre 2011

L’aventure Malpertuis touche gentiment à sa fin. Quel bilan fais-tu de ces 35 ans d’activités ?

Beaucoup de plaisir. C’est le bilan numéro un. Sans compter, plein de gens intéressants. J’ai vécu de la manière dont je voulais. Si c’était à refaire, je recommencerais. On peut dire que c’est positif !

Comment est née l’idée d’ouvrir une librairie de science-fiction, fantasy et fantastique à Bruxelles(sans oublier l’ésotérisme et la bande dessinée) ?

Et bien je suis passé dans la rue, j’ai vu que la maison était vide, remplie de brol. Je me suis dit depuis quelque temps que j’avais envie d’ouvrir une librairie. Ça me semblait un bon endroit. J’ai trouvé le propriétaire, on s’est mis d’accord, et j’ai ouvert. C’est aussi simple que ça.

Pourquoi as-tu envie d’ouvrir une librairie ? Qu’est-ce qui t’attirait là-dedans ?

J’aimais la science-fiction, j’aimais le livre. Je me suis dit : pourquoi pas ?

Directement la science-fiction ?

Science-fiction, fantastique, fantasy, c’est le même type de pensée. L’ésotérisme, car cela complétait le fantastique au point de vue documentaire. La BD est venue six mois plus tard. Au départ, je ne pensais pas faire la BD, mais on m’a demandé. Comme en BD il y a beaucoup de science-fiction, fantasy et fantastique… J’ai fait un peu de BD aussi.

Est-ce que le nom Malpertuis est un hommage au livre de Jean Ray ? Ou y a-t-il une autre explication au nom de la librairie ?

J’aimais bien l’œuvre de Jean Ray. Et comme la maison du magasin semblait vaguement bizarre. À l’époque tout était encombré de manière pas possible, je me suis dit que « Malpertuis » cela allait bien.

Mais comme tu préfères la science-fiction, tu aurais pu prendre un nom lié à la science-fiction ?

J’aurais pu, mais je ne l’ai pas fait !

Pourquoi ? Qu’est-ce qui t’intéressait dans l’œuvre de Jean Ray ?

Je trouvais que c’était d’abord un auteur belge. Je l’ai toujours trouvé très intéressant. J’ai lu tous les Marabouts à l’époque. Toute son œuvre était éditée par Marabout, y compris les Harry Dickson. Et je trouvais que dans le fantastique, avec Thomas Owen, il était le plus marquant de l’époque.

Et maintenant, 40 ans après ?

Il est toujours aussi bon. On a maintenant le plaisir de lire quelque chose qui se passe à une époque un peu révolue. C’est un autre type de plaisir, mais les ressorts fantastiques y sont. Le fantastique est souvent axé sur le passé. C’est la raison pour laquelle je trouve que c’est un bon auteur.

Ouvrir une librairie spécialisée dans l’imaginaire, était-ce un risque calculé ? Ou bien le désir l’a emporté sur la raison, et tu t’es lancé dans cette aventure sans trop réfléchir ?

Je me suis lancé rapidement. Je n’ai jamais envisagé que cela ne marche pas. Je me suis dit que si le chiffre d’affaires progressait, j’étais dans le bon. Cela a commencé très doucement, avec peu de bouquins. J’ai eu de plus en plus de clients. Je me suis fait connaitre, et de fil en aiguille Malpertuis est devenu ce que vous connaissez. De manière assez naturelle.

C’était en 1976 ?

C’était en 1976.

Et tu lisais déjà à l’époque ?

J’ai toujours lu. Je ne me souviens pas d’une période où je n’ai pas lu. La science-fiction a toujours été ce que j’aimais.

Malpertuis est situé derrière la Grand Place de Bruxelles. As-tu un jour pensé à déménager la librairie pour un endroit plus grand ou plus facile d’accès ?

J’y ai parfois pensé, mais je me suis dit que si Malpertuis s’agrandissait, je devrais prendre du personnel et je ne m’en sortirais pas tout seul. Donc, je ne serais plus libraire, mais gestionnaire. Cela ne m’intéresserait pas du tout !

Malpertuis, ce n’est pas simplement des lecteurs. C’est aussi de belles rencontres avec des acteurs du domaine (auteurs, éditeurs, etc.). Y en a-t-il qui t’ont marqué plus que d’autres ?

Je dirai Jacques Van Herp, qui était quelqu’un d’extrêmement cultivé dans le domaine et qui avait son franc-parler.

Y en a-t-il que tu aurais aimé recevoir chez Malpertuis ? (indifféremment de la langue qu’il parle)

Il y en a beaucoup que j’aime. Si on commence maintenant la liste, on peut la terminer demain.

Bon nombre de clients de Malpertuis venaient aussi pour être conseillés. En tant que libraire tu t’es beaucoup plus investi que bon nombre de confrères. Était-ce un choix délibéré ? Penses-tu que cela fait partie du rôle d’un libraire ?

Je pense que c’est rigoureusement indispensable. Le travail du libraire est de conseiller son client. Également conseiller dans ce qu’on estime qu’il ne doit pas acheter, car cela ne lui plaira pas. C’est très important. Il y a à conseiller les livres qu’il va apprécier, mais il y a également à déconseiller. Bien entendu, il s’agit de faire cela avec des clients qu’on connait bien. La personne qui rentre, qu’on n’a jamais vu, c’est assez difficile.

Est-ce que la découverte de nouveaux auteurs, telle que Adriana Lorusso, s’inscrit dans la même démarche ?

Oui, parce qu’un libraire est sensé lire énormément, et lire les nouveaux auteurs en priorité. Et dans le cas d’un manuscrit, pourquoi pas, bien que ce ne soit pas le travail du libraire. Si l’occasion se présente, il n’y a pas de raison.

Et tu en as eu d’autres comme cela ?

Publié ? Non. J’ai lu, j’ai conseillé. Cela suit son petit bonhomme de chemin.

Que penses-tu du niveau actuel en imaginaire ? Est-ce mieux qu’il y a 35 ans ? Ou bien les livres se sont simplement épaissis au fil du temps ?

Il y a toujours d’excellents bouquins qui sortent, mais il y a une pléthore de sorties, qui fait qu’on n’a plus l’occasion de tout connaitre. Et évidemment, cela amène les éditeurs à sortir des textes un peu plus faciles. Mais, étant donné qu’il sort beaucoup, il y a toujours d’excellents textes qui sortent. On parle de manière récurrente de crise dans tel ou tel domaine de l’imaginaire. Je ne l’ai jamais ressenti. J’ai toujours trouvé qu’il y avait pas mal de textes qui sortaient. Je lis encore des nouveautés qui sont réellement intéressantes, qui sont originales, surtout en science-fiction. La science-fiction, c’est le domaine numéro un de l’imaginaire. La fantasy et le fantastique sont basés sur des archétypes plus connus. Donc, pour se renouveler, ce n’est pas toujours évident.

Malpertuis, c’est aussi un grand nombre de discussions, de débats, qui se créaient spontanément et qui débordaient parfois du domaine de l’imaginaire. Y a-t-il une explication à ce phénomène ?

Je crois que pas mal de gens se sentaient bien à Malpertuis. Lorsqu’on se sent bien quelque part et qu’on rencontre des gens qu’on trouve sympathiques, on parle avec eux. Pas plus compliqué que cela.

Est-ce qu’Alain Walsh est un grand psychologue ?

Je n’en sais fichtre rien !

Quels sont les livres qui t’ont marqué dans le genre qui nous intéresse ?

Il y en a tellement… Certains classiques : Les Fondation d’Asimov, Dune de Frank Herbert. Au fil du temps on découvre d’autres auteurs. David Weber avec la série Honor Harrington qui est de la bonne science-fiction. D’un côté traditionnelle, mais bien renouvelée. C’est la question épouvantable ! Il y a Peter Hamilton également.

Y a-t-il des livres qui a tes yeux sont incontournables ? Et pourquoi ?

Il y a des livres incontournables, mais ils ne sont pas incontournables pour tout le monde. C’est une question de gout. Il est tout à fait légitime de ne pas aimer Hypérion de Dan Simmons qui est l’œuvre que j’adore. Donc, on ne peut jamais dire qu’une œuvre est incontournable. C’est un peu comme si on imposait la lecture à quelqu’un. Ce n’est pas logique. On peut sortir une bibliothèque d’une centaine de volumes dans lesquels un amateur trouvera toujours d’excellents auteurs qu’il va apprécier, mais il y a peu de chance qu’il aime les cent auteurs en question, qui sont considérés chacun comme extrêmement importants par beaucoup de gens.

Mais comment peut-on dire qu’un auteur est devenu un classique ? Ses chiffres de ventes ?

Oui, en quelque sorte.

Mais quels ont été les meilleurs chiffres de vente chez toi ?

Étant donné que je n’ai jamais tenu de statistiques de ce genre, c’est très difficile à dire. Cela varie un peu au fil du temps. Par exemple John Scalzi a sorti son premier bouquin (Le vieil homme et la guerre), c’était la découverte. J’ai fait énormément de vente de Scalzi.

Il y en a eu d’autres comme ça ?

Oui. Il est incontestable que la publicité d’éditeur ou de critique joue. Dans la publicité d’éditeur, il y a parfois à boire et à manger.

Y a-t-il des livres qui n’ont pas eu le succès escompté, mais qui méritaient un plus grand intérêt de la part des lecteurs ?

C’est purement personnel. Chacun va estimer cela. Tout amateur va dire : « Tiens, j’ai adoré ce bouquin et on n’en parle pas ».

Et l’inverse ? Les éditeurs annoncent qu’un livre va cartonner et finalement cela a été un flop ?

Oui, c’est arrivé, mais je n’ai pas mémorisé.

Un bouquin dont tu attendais beaucoup ? Même toi en le lisant tu te disais « ou là là ».

Lorsque je suis déçu, je ne m’appesantis pas sur le livre et j’oublie. Ce n’est pas tellement important. Tant pis, on a perdu un peu de temps et c’est tout.

La science-fiction, la fantasy et le fantastique ont évolué et les lecteurs aussi. Quel regard as-tu sur le domaine de l’imaginaire depuis que tu as créé Malpertuis jusqu’à aujourd’hui ? Et quelle sera l’évolution du genre ?

L’évolution du genre est difficile à déterminer étant donné qu’un auteur de science-fiction se base à la fois sur les nouvelles découvertes technologiques et également sur ce qui se passe dans la société en général, et d’éventuelles prospectives ou non, où il extrapole par rapport à un phénomène particulier. Et donc, c’est en perpétuelle évolution. Mais depuis le début, ça se passe comme cela. Donc, au total la science-fiction va continuer à évoluer, mais en suivant ce même type de schéma : essayé d’être toujours en avance et imaginative.

Y a-t-il encore une grande différence entre ce que les auteurs anglo-saxons et francophones produisent en imaginaire ? Va-t-il un jour y avoir une convergence dans la manière d’écrire ou de présenter des sujets ?

Étant donné, que les auteurs francophones lisent beaucoup d’auteurs anglo-saxons, il est évident qu’ils sont malgré tout imprégnés par la science-fiction anglo-saxonne en général. Et donc, oui, il y a une certaine convergence. Mais les types d’écriture, de sujet, de préoccupation sont assez différents en règle générale.

Et comment tu expliques ça ?

C’est culturel. Si on prend un européen, Eschbach par exemple, qui est un excellent auteur, il est différent des auteurs anglo-saxons et francophones. Il y a une différence culturelle et c’est fort heureux. C’est ce qui fait la richesse évidemment.

Y a-t-il des choses que tu aurais aimé faire dans le cadre de ton activité, mais que tu n’as pas pu concrétiser ?

J’aurais aimé faire un peu plus de tout. Mais étant donné qu’il n’y a que 24 heures dans une journée… Disons que pour être un libraire correct, il faut que la librairie soit ouverte. Et cela nécessite une plage horaire très importante. Donc, aller à des conventions, oui, une fois de temps en temps. Je ne peux pas me le permettre tout le temps parce qu’il faut fermer le magasin. Rencontrer des auteurs, oui le soir. Mais ce serait plus gai de la rencontrer pendant la journée. J’aurais aimé rencontrer plus d’auteurs, parler plus longuement avec certains auteurs. J’aurais aimé lire encore plus !

Peux-tu nous dévoiler un coin du voile sur ton propre avenir, car on peut supposer que l’imaginaire restera une de tes préoccupations principales ?

Je vais avoir le temps de lire. C’est merveilleux ! Je vais peut-être essayer d’écrire quelque chose, et je verrai bien si ça vaut le coup après l’écriture du premier chapitre. Il est vraisemblable que j’écrirai quelques chroniques. Je parlerai à l’occasion de quelques bouquins que j’aime bien.

As-tu un genre de prédilection ?

Vraisemblablement la science-fiction.

Peut-on s’attendre à avoir de tes nouvelles sur le Web ou à travers un autre média ?

C’est possible !

Quel est ton auteur de littérature général préféré ?

Je n’en ai pas. J’en lis de temps en temps, mais franchement je n’ai pas d’auteur particulier. J’achète plutôt les bouquins sur un sujet donné. Je préfère lire de la science-fiction et du fantastique. Il n’y a pas d’auteur qui m’enthousiasme. Pas au point de délaisser la science-fiction et le fantastique.

Quel est ton film préféré dans le domaine imaginaire ?

Alien.

Pourquoi Alien ?

Parce que j’ai trouvé le film intéressant à l’époque où il est sorti. C’était la première fois qu’on voyait une technologie utilisée. Ce n’est pas des vaisseaux rutilants qui sortaient d’usine. C’est la première fois qu’on voyait de vieux vaisseaux, qui n’étaient pas des prototypes, pas clinquants. J’ai trouvé que le scénario était excellent et que c’était une bonne idée.

Et les suites ?

Les suites sont des suites !

Quels sont les derniers livres que tu as lus et que tu recommanderais ?

La trilogie du vide de Peter F. Hamilton.

Quel est ton principal trait de caractère ?

Ce n’est pas une question facile. Je crois que j’aime le contact avec les autres. La communication.

Qu’est-ce qui t’énerve ?

L’imbécile.

Quel est le don que tu regrettes de ne pas avoir ?

Être plus doué en langue pour apprendre l’Espagnol. Cela permet de voyager en Amérique du Sud, ce qui m’intéresse. J’aurais bien aimé connaitre la physique quantique. Tout ce que l’on ne connait pas est intéressant. Le dessin, peut-être. Le dessin permet une certaine représentation. On doit magnifier ce que l’on sait bien faire plutôt que se lamenter sur ce qu’on ne fait pas bien.

Quel est ton rêve de bonheur ?

C’est avoir du temps pour faire tout ce dont j’ai envie. Je crois que le bonheur c’est de faire ce dont l’on a envie. Pouvoir le faire longtemps. Et plus on vit, plus on connait de choses. Plus on connait de choses, plus on a envie de faire des choses.

Par quoi es-tu fasciné ?

Par l’imagination, lorsqu’un auteur a une nouvelle idée.

Cela devient difficile aujourd’hui de trouver des nouvelles idées ?

Je crois que cela a toujours été difficile. Mais les nouvelles idées sont toujours la suite d’autres. Dans les connaissances humaines, toutes les découvertes sont les suites d’autres découvertes. Et l’imagination même dans le domaine littéraire s’appuie sur ce qui a déjà été fait.

Et la première pensée de l’être humain s’appuie sur quoi ?

L’être humain a eu envie de quelque chose. Manger, attraper un animal, se chauffer. Et il a commencé à réfléchir comment l’avoir.

Tes héros dans la vie réelle ?

Bill Gates. Il a réellement une pensée sur l’informatique, qu’il a mise en application. Et c’est également quelqu’un qui a décidé, et qu’il le fait, de donner 95 pour cent de sa fortune, les 5 pour cent restants allant à ses enfants. Il donne plus que les états pour la recherche médicale sur le SIDA. Pour ce que j’en sais, c’est un excellent patron.

Si tu rencontrais le génie dans la lampe, quels seraient tes trois vœux ?

1. Que nous puissions tous être immortels, 2. En excellente santé, 3. Que l’on puisse facilement atteindre les autres planètes du système solaire, car sinon cela nous poserait un sérieux problème de surpopulation !

Tu penses qu’on pourrait être immortel ? Est-ce que tu crois que c’est une bonne chose ?

Pour l’être humain, oui. Pour la race humaine, non, car elle ne se développerait plus. Mais avec les thérapies géniques, nous pourrions nous améliorer.

Ne dit-on pas que l’être humain peut avancer, peut innover justement parce qu’il est mortel ?

C’est peut-être le vieillissement qui empêche les gens d’être aussi productifs et imaginatifs dans le développement de la pensée. Un scientifique qui a émis des idées novatrices pourrait peut-être continuer à en avoir tout le temps. Mais c’est relativement rare.

Si tu avais la possibilité d’utiliser la machine à remonter le temps, à quelle époque irais-tu ?

D’abord je vérifierais de pouvoir revenir ! Il est certainement intéressant de vivre à l’époque victorienne, à condition d’être dans les classes supérieures de la société, et de ne pas devoir passer chez le dentiste ! Je pense que j’irais voir l’époque de la république ou de l’Empire romain. C’est une période historique qui m’a toujours intéressé. J’irais également, volontiers, à l’époque napoléonienne. Allez en Chine à l’époque des sept royaumes, ça doit être fascinant.

Si tu pouvais revenir en 1976, qu’est-ce que tu dirais au jeune Alain Walsh qui passe dans la rue ?

Vas-y !

Est-ce que ta vie est à l’image que tu espérais ?

Il y a évidemment des choses que l’on changerait. J’ai commis des erreurs, j’ai souvent fait un mauvais choix. Bien sûr, il y a des choses que je ne ferais plus. Mais globalement, je ferais la même chose, parfois autrement.

Pourrais-tu citer cinq choses qui te plaisent ?

La randonnée, voyager, la lecture, les jeux (mais pas d’argent), être en compagnie d’amis

Pourrais-tu citer cinq choses qui te déplaisent ?

Les gens qui croient tout savoir et qui hélas savent peu, les gens méprisant vis-à-vis des gens censés être inférieurs à eux, les abats, je n’aime pas que les Anglais occupent toujours l’Irlande, les gens bruyants qui dérangent les autres.

Le premier livre que tu as aimé ?

Je ne me rappelle absolument pas mes premiers livres d’enfants. Je me souviens d’un livre d’illustrations qui représentait le futur.

Quelle illustration t’a marqué ?

Des illustrations de Christopher Foss, des vaisseaux spatiaux

Une lecture que tes parents t’ont interdit ?

Mon père ne m’interdisait pas, mais plutôt me dirigeait vers des livres. C’était : regarde ce qui te plait, et prends-le !

Une vision ou illustration effrayante que tu n’as jamais oubliée ?

J’étais enfant, et c’était un film avec une momie. La momie m’a totalement terrorisé. À l’époque, c’était à l’école dans la salle de gymnastique.

Un livre dont tu aimerais écrire la suite ?

Il n’y en a pas ! La question ne se pose pas.

Ton personnage de fiction préféré ?

Honor Harrington.

Es-tu présent dans le livre d’un autre ?

C’est une bonne question ! Dans une nouvelle de Jacques Van Herp, je pense. Je sais que Baronian a parlé de la librairie.

Quelle œuvre classique n’as-tu pas aimée ?

Émile Zola. Peut-être relirais-je Zola, germinal par exemple. Mais d’un point de vue historique.

Quel est le dernier livre que tu as offert ?

Une histoire qui se passe à une époque victorienne, dans une réalité alternative : Sans âme.

Que ne lis-tu jamais ?

Des précis de philosophie bantous !

Le texte absolu à tes yeux, et pourquoi ?

Il n’y a pas de texte absolu.

Le principal trait de ton caractère ?

Le contact

Celui dont tu es le moins fier ?

Je peux m’énerver, m’agacer.

Que changerais-tu chez toi si tu le pouvais ?

J’essayerais d’être plus patient.

Ton remède contre le stress ?

Un bon bouquin.

Qu’as-tu le mieux réussi dans ta vie ?

Au vu des réactions que je vois maintenant, je n’ai pas été un mauvais libraire. Vu le nombre de gens qui ont l’air malheureux, je pense que j’ai dû atteindre le but qui était le mien, qui était de donner du plaisir de lecture aux gens qui sont rentrés chez Malpertuis. J’ai toujours essayé que la personne qui sort d’ici reparte avec des livres qu’elle va lire avec agrément.

Un souvenir d’enfance ?

Quand j’ai été avec mon père au planétarium.

Que sont devenus tes rêves ?

Les rêves, soit ils se réalisent, soit ils se modifient, soit on les envisage pour un peu plus tard. Comme je ne suis pas encore mort, j’espère qu’il y a encore pas mal de choses, qui j’espère, vont se réaliser.

Le meilleur souvenir professionnel ?

J’en ai beaucoup. Lorsque Van Vogt est venu ici, via la convention. En 1971. C’était un grand de la science-fiction.

Le casting d’un diner idéal chez toi ?

Avec des amis.

Ton livre de chevet ?

Il change tout le temps ! Je relis souvent du Lovecraft.

Pourquoi du Lovecraft ?

Je trouve merveilleux qu’il soit arrivé à construire au fil de nouvelles tout un univers. Le monde de Cthulhu avec ses dieux. C’est assez exceptionnel.

Acteurs et actrices préférés ?

Je regarde des films pour me divertir. Je n’ai pas d’acteur ou d’actrice préféré. Je ne vais jamais regarder un film pour un acteur ou une actrice donné.

Qu’est-ce que tu aimes qu’on dise de toi ?

Il est sympa.

Que préfères-tu dans ce métier ?

Chaque fois qu’il y a des nouveautés et que j’ouvre les caisses, c’est comme si je recevais des cadeaux. C’est la découverte.

Ta madeleine de Proust ?

J’aimerais bien me retrouver avec des amis chez mon oncle Pat.

Expo découverte Science (et) Fiction

Petit passage à Paris en compagnie de mon ami Daidin. Avec une visite de l’exposition sur la science-fiction à la cité des sciences. Visite qui a pris une petite heure, pendant laquelle les classiques du cinéma et de la télé sont revus dans les grandes lignes. On commence par les premiers voyages sur la Lune, les premiers films en noir et blanc qui nous ont marqués lorsque nous étions enfants (le jour où la Terre s’arrêta, par exemple), pour continuer avec Planète interdite, Star Trek, Star wars, Galactica (les deux séries). En prime, on a droit à voir un Viper grandeur nature. Sans parler de la maquette d’un vaisseau de l’univers Star Trek, ou celle encore plus grande tout droit sortie de Starship trooper.

Les livres ne sont pas oubliés. La plupart des classiques de la science-fiction sont repris dans cette exposition. Disons que de ce côté-là, l’exposition peut être améliorée. Par exemple, Dune a presque été oubliée. On trouve une petite alcôve qui présente les jeux. Dune, c’est un peu plus que des jeux, surtout pour le livre de référence de la science-fiction. Mais ce manque de développement ne doit pas gâcher la visite, qui reste très agréable.

Au tournant, on rencontre R2D2 ou C3PO, sans parler de Robby le robot. On a même droit à un robot qui parle et bouge. Des alcôves parsèment la visite, et propose des séquences de films. Des vidéos interactive viennent agrémenté cette visite, et on se retrouve soudain en compagnie de Barbarella ou dans une salle pleine de bestiole invisibles.

Dans l’ensemble, une visite qui nous rappelle toute la science-fiction qu’on aime. Quand arrive la fin de la visite, c’est dommage de devoir sortir de cet univers. Mais une pancarte nous apprend que deux étages plus bas, une exposition des œuvres de Manchu existe. Elle est gratuite. Il suffit de se diriger vers la bibliothèque. Et sur deux étages, on peut admirer les dessins du meilleur illustrateur actuel.

Finalement, cette exposition est une bonne chose, un agréable moment de détente. À conseiller, avant que cette exposition ne se déplace.

Trolls et Légendes (22-23-24 avril à Mons)

Du 22 au 24 avril se tient le festival Trolls et Légendes, à Mons. C’est l’occasion pour beaucoup de rencontrer des auteurs de fantasy, de fantastique, de science-fiction, de bande dessinée, mais aussi des illustrateurs. Un festival où les petits comme les grands sont les bienvenus. Déguisés, maquillés, en guerrier, en prince, en elfe, en sorcière, en fée, en saltimbanque, en monstre. La faune qui côtoie ces lieux est bon enfant et nous plonge dans l’imaginaire et le féérique.

Trolls et Légendes, c’est l’occasion de rencontrer : Robin Hobb, invitée d’honneur, Richard Morgan, Ayerdhal, Charlotte Bousquet, Sandrine Gestin, André-François Ruaud, Brice Tarvel, etc.

J’y passerai toute la journée de samedi.

Voir le programme complet sur le site  Trolls et Légendes