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Fantasy

Game of thrones décrypté – Antoine Lucciardi

Parmi une kyrielle de livres, qui est sorti sur Game of thrones, en voici un qui vaut le détour. Écrit par Antoine Lucciardi et édité par Cithy éditions, ce livre nous propose de revisiter les quatre premières saisons du trône de fer, et aussi quelques éléments de la saison cinq. En un peu moins de 280 pages, tous les personnages de la saga sont passés au crible, détaillé, commenter, analysés par l’auteur qui ne se contente pas de nous répéter ce que nous savons déjà.

Ce n’est pas un beau livre comme on pourrait s’y attendre, plutôt un grand format classique. Un ouvrage de référence, qu’on tient sous la main pour ne pas se perdre dans la multitude de personnages de la série. Un chapitre est entièrement consacré aux différents lieux où se situe l’action. Dommage de ne pas voir de cartes dans ce livre.

L’auteur aborde le cycle à travers notre propre histoire, en faisant référence à la guerre des deux roses (fin du XVème siècle), à la guerre de Cent Ans qui ont servi de référence à G.R.R Martin. Une des œuvres les plus connues est « Les rois maudits » de Maurice Druon. Un chapitre traite du pouvoir, des femmes et du sexe. Une large part du livre est consacré aux influences littéraires qui ont conduit G.R.R. Martin à écrire Game of thrones. Le chapitre sur les coulisses de la série m’a moins emballé, sans doute parce que j’aurais préféré qu’on parle des livres plutôt que la série TV. Un résumé des quatre premières saisons est présent dans ce livre, ainsi qu’une série de répliques cultes et un index des personnages.

Ce livre n’est pas parfait. Je retiens deux défauts principaux. L’absence de photos couleur, qui donne l’impression d’avoir dans les mains des copies d’écrans en noir et blanc. Il y a aussi le fait que ce livre est axé sur la série télé, plus que sur les livres de G.R.R. Martin. Cela me donne un sentiment de livre inachevé, incomplet. Le trône de fer, c’est d’abord une suite de romans. Même si la série est excellente, les romans sont la bases de l’histoire. J’ajouterai que j’aurais bien aimé voir des cartes des différentes régions de Westeros.

Un livre abordable, facile à lire, qui contentera ceux veulent approfondir le sujet.

Game of throne décrypté, Antoine Lucciardi, Edition City, 2015, 288 pages

Game of thrones decrypté

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Légendes d’Afrique – Marc Bailly

Voilà une anthologie que j’attendais depuis un certain temps. Dirigée par Marc Bailly, elle aurait dû voir le jour un an plus tôt. Mais certaines péripéties l’ont retardée. Ce qui en soi n’est pas une mauvaise chose, car c’est les éditions Elenya qui ont enfin donné corps à celle-ci.

Avant de parler de chaque nouvelle, je voudrais juste précisé que je fais aussi partie des auteurs qui ont participé à son élaboration. Je ne ferai donc aucune remarque sur mon propre texte, me contentant de résumer l’histoire en quelques lignes.

L’Afrique, un continent qui stimule l’imagination des auteurs, surtout lorsque Marc Bailly demande des textes liés à l’imaginaire, c’est-à-dire au fantastique, à la science-fiction et à la fantasy. Et les nouvelles contenues dans cette anthologie abordent justement les trois genres. J’y ajouterai en fil conducteur l’aventure et le mystère. Les histoires se passent à notre époque, mais aussi dans le futur ou à l’aube de l’humanité, sans parler d’une nouvelle qui nous transporte à une époque où l’Afrique ne portait pas encore ce nom.

Et pour écrire ces histoires, une très belle brochette d’auteurs avec lesquels il est agréable de se retrouver dans la table des matières. Au début de chaque nouvelle, les auteurs expliquent comment ils sont arrivés à écrire leur nouvelle.

Gudule commence l’anthologie en donnant le ton général de celle-ci avec « La rose blanche du Caire », qui nous présente une jeune exploratrice qui va se retrouver au musée du Caire à une place qu’elle n’aurait jamais imaginé. C’est mystérieux et original.

Avec « Celle-qui-conte », David Bry nous présente un jeune homme envoyé en Afrique par son père auprès d’un sorcier qui est censé le guérir. La fille du sorcier ne le laisse pas indifférent, mais une fois soigné, lorsqu’il doit regagner la civilisation, il n’y a pas de place pour une compagne.

Boris Darnaudet propose « Gro-Mak-Gra-Che », titre étrange qui correspond au nom des adversaires que son personnage tuera. L’histoire se passe à l’aube de l’humanité.

Avec « Jahia », Céline Guillaume nous parle d’un prince qui n’a pas le droit de voir des femmes et qui se transforme en crocodile le jour où il en rencontre une.

Jacques Mercier propose une nouvelle sombre et mystérieuse « Ankh ». Les personnes qui portent cette croix meurent.

« La résurrection d’Olokun » de Jérôme Felin nous emmène dans une Afrique mystérieuse où certaines personnes se transforment en félin.

« Qui se souvient encore de moi ? » de Emmanuelle Nuncq mélange aventure et science-fiction avec une sorte d’appareil photo surnommé « Victorine » qui permet de prendre des photos à des époques différentes. Original.

« Saxo bird » de Patrick S. Vast est probablement la nouvelle qui s’éloigne le plus du thème de l’Afrique. Elle fait référence à l’âme de Charlie Parker alias Birdie, et l’histoire ne se passe pas en Afrique. Pour fan de Jazz.

« Anima mea » d’Alain Dartevelle mélange des légendes.

« Lettre morte » de Serena Gentilhomme nous propose une nouvelle très sensuelle qui concerne Isis. On découvre comment elle a trompé Osiris avec Seth avant de le tuer. Très envoutant. C’est mieux que cinquante nuances…

« Amazulu est de retour » de Gulzar Joby. Nouvelle de science-fiction qui s’inscrit dans un cadre plus large développé par l’auteur. Un peu déroutant.

« Les éléphants de Sankuru » de Rose Berryl, revient sur une trame plus familière qui mélange conte et nostalgie.

« Sécheresse et chaos » de Kwamé Maherpa. De l’heroïc fantasy. Une longue nouvelle qui tourne autour d’un royaume dans une Afrique imaginaire, et d’une sécheresse provoquée. L’histoire mérite d’être développée pour en faire un vrai roman. Même si cette nouvelle est longue, il y a comme un gout de trop peu. J’espère que l’auteur en fera un roman.

« La robe d’écailles » de Brice Tarvel. Nouvelle qui commence simplement. Le personnage principal a décidé d’avoir une aventure sans lendemain avec Mami Wata. Jusque-là rien d’anormal, sauf qu’elle va se transformer en sirène et que notre héros va être surpris par la suite des événements. Peut-être que la fin mériterait une ou deux pages de plus. Mais Brice Tarvel est comme d’habitude parvenu à capter mon attention !

« Sable » de Christophe Collins. Du classique, mais du bon classique. Dans un futur où les ordinateurs ont disparu, deux soldats sont chargés de récupérer un paquet en Égypte. La mission ne se fera pas sans danger, et le paquet n’est pas ce qu’on pourrait croire. Il y a un petit clin d’œil à un commandant Morane et à Indiana Jones. Belle nouvelle avec une fin originale.

« La fille qui fut promise au dieu-serpent » de Fabien Clavel est un vrai conte, étrange qui mêle des animaux étranges et une jeune femme qui ne parle pas au début. C’est un excellent texte.

« Semences du désert » de Marc Van Buggenhout. J’en arrive à ma propre nouvelle, qui est la plus longue de cette anthologie, et qui parle d’une pyramide noire découverte dans le désert du Ténéré. Les explorateurs découvrent qu’il s’agit d’un octaèdre formé par deux pyramides collées à leurs bases, qu’elle est plus grande à l’intérieur qu’à l’extérieur, et que le temps s’écoule différemment. J’ai fait un clin d’œil à une amie très proche qui est romancière et comédienne. On devinera qui !

« Emela-Ntouka » de Sophie Dabat. Encore un récit étrange où un animal dangereux à un lien direct avec une petite fille. La fin est surprenante, montrant encore une fois que Sophie Dabat sait comment captiver ses lecteurs.

« La voie du dessous » de Jean Millemann nous fait découvrir un homme qui vient voire un sorcier avec l’espoir de guérir son épouse gravement malade. C’est une quête qui l’attend quelque part dans une grotte en plein désert. Belle histoire qui trouve une fin logique mais triste.

L’anthologie se termine par une présentation de chaque auteur. Dans l’ensemble une belle anthologie, bien équilibrée, dans laquelle on ne s’ennuie jamais. Des textes qui mélangent les thèmes de l’imaginaire, et des auteurs qui n’ont pas hésité à proposer des textes originaux. C’est vraiment une belle sélection de textes réunis par Marc Bailly. Le thème n’avait rien d’évident, car tout le monde n’avait pas été en Afrique, et c’est donc l’image du continent de chacun qui a été transposée dans ces nouvelles.

Je ne voudrais pas terminer cette chronique sans mentionner la belle couverture de cette anthologie éditée par Elenya. Le continent africain qui apparait sur le visage est vraiment original.

Belle anthologie qui mérite d’avoir une suite en explorant les autres continents de notre planète. J’ai vraiment passé un très bon moment de lecture, et j’espère en voir d’autres prochainement.

Légendes d’Afrique, anthologie dirigée par Marc Bailly, éditions Elenya, 2015, 404 pages

 Légendes d'Afrique

Le hobbit 3 : la bataille des cinq armées

Dernière partie de la trilogie sur Bilbon Sacquet le Hobbit, La bataille des cinq armées se laisse voir sans déplaisir. Les 2 h 24 que dure le film passent très vite dans cette histoire qui n’a pas de temps mort. Il y a une trentaine d’années, j’avais lu le livre de J.R.R. Tolkien, et j’avais apprécié celui-ci. J’ai voulu enchainer avec Le seigneur des anneaux, mais je ne suis jamais arrivé à dépasser la moitié de ce roman. J’ai donc attendu l’adaptation cinéma de Peter Jackson pour voir enfin la fin de l’histoire. Pour le Hobbit, j’en garde encore un bon souvenir. L’adaptation cinéma dépasse le cadre du livre et est réussie.

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La désolation de Smaug se terminait par un cliffhanger. Le dragon avait été réveillé par les nains, et LacVille était en danger. Je me souviens que j’avais été frustré à l’idée de ne pas voir la suite. C’est donc avec un grand intérêt que je voulais voir la fin de la trilogie, sans chercher à la comparer au livre de J.R.R. Tolkien.

Le dragon une fois tué par Bard, les Nains retournent dans la montagne pour prendre possession du trésor et de l’Arkenstone. Mais la pierre précieuse échappe à Thorin. C’est Bilbon qui la possède, et compte l’offrir aux Elfes. Elle servira de monnaie d’échange avec les pierres blanches elfiques que les nains détiennent. Cette partie du film peut faire passer les Elfes pour des êtres intéressés et sans cœur. Le plus intelligent dans l’histoire, c’est Bilbon. S’il a bien accepté de jouer le voleur pour le compte des nains, il a aussi la présence d’esprit de vouloir désamorcer le conflit qui risque de se produire entre Nains et Elfes. Surtout que des armées d’Orc ne sont pas loin et visent aussi les trésors laissés à l’abandon par le dragon Smaug

S’il y a d’énormes différences entre le Hobbit et le seigneur des anneaux. Le Hobbit est beaucoup plus linéaire. On suit le même groupe de personnes du début à la fin. Seuls les habitants de LacVille viennent créer un fil secondaire. Par contre, dans le seigneur des anneaux, dès que la compagnie de l’anneau se sépare en petits groupes, on assiste à des histoires différentes qui mettent du temps avant de former un fil commun.

Dans le hobbit, on ne se pose pas de question sur les fils de l’histoire. Pas de lourdeurs, de lenteurs, de séquences inutiles. Tout est bien structuré pour que le spectateur reste captivé par l’histoire. Le hobbit aborde également les sentiments entre Elfe et Nain. On découvre que Tauriel une Elfe est amoureuse d’un nain, alors que dans l’autre trilogie on se contente d’amitié entre humain et Elfe (il y a bien Aragorn amoureux d’Arwen). La mort est aussi présente dans le Hobbit. Le roi des Nains succombe après un héroïque combat contre le chef des Orcs. D’autres nains connaissent le même sort.

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Une comparaison entre Bilbon et Frodon est intéressante. Frodon est perturbé par la présence de l’anneau qu’il hésite à utiliser. Alors que Bilbon, une fois qu’il a découvert les propriétés de l’anneau, s’en sert à bon escient pour aider ses amis Nains. Autant Frodon était pénible, autant Bilbon est amusant et censé. Thorin qui sombre dans la folie, dès qu’il fait main basse sur le trésor. Et l’absence de l’Arkenstone semble amplifier cette folie.

Peter Jackson a eu une bonne idée de produire une trilogie pour le Hobbit, plutôt qu’un film unique. Lorsqu’on voit le résultat, on constate que c’est vraiment réussi. Il a développé un univers qui sera difficile d’égaler. Je pense qu’il est le mieux placé pour adapter l’œuvre de J.R.R. Tolkien. J’avais rencontré le réalisateur lorsqu’il était venu au BIFFF pour la seconde fois.

Le hobbit 3 : la bataille des cinq armées clôture en beauté une trilogie qui va encore une fois donner des idées aux auteurs de fantasy. On peut s’attendre à une nouvelle vague d’auteurs inspirés par les deux trilogies de Peter Jackson. Lire Tolkien est une chose, mais voir l’adaptation de ses romans en est une autre. Et Peter Jackson excelle dans ce rôle de traducteur, d’adaptateur de l’œuvre. Un très bon moment de cinéma. Si vous avez aimer le seigneur des anneaux, alors vous allez aimer le Hobbit qui se passe 60 ans plus tôt.

Le hobbit 3 : La bataille des cinq armées, réalisé par Peter Jackson, 2014, durée : 144 minutes

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Légende – David Gemmell

Pour les trente ans du livre, les éditions Bragelonne sortent une version collector de « Légende » de David Gemmell. Version qui devrait ravir les fans qui ont raté le collector précédent paru il y a dix ans.

Cette nouvelle version est beaucoup plus étoffée que la précédente. L’éditeur a fait un travail remarquable qui fait de ce livre une vraie pièce de collection. Un DVD est inclus dans ce livre. Le lecteur a droit à un chapitre inédit, et chaque chapitre est agrémenté d’illustrations faites par Stéphane Collignon et Didier Graffet. Une couverture qui rappelle le cuir et un papier bouffant comme Bragelonne l’a proposé pour d’autres livres de sa collection.

Un beau livre comme on aimerait en voir plus souvent. Son seul défaut, c’est son prix : 50 euros. Mais quand on aime, on ne compte pas. Plus sérieusement, le livre vaut son prix. Et il prendra de la valeur au fil du temps parce qu’il a été tiré à 2000 exemplaires seulement.

J’ai encore le premier collector sorti il y a dix ans. Le nouveau lui est de loin supérieur. Mais au delà de sa valeur, ce livre est aussi un classique de la fantasy. Ce n’est pas le seigneur des anneaux ou le trône de fer, mais c’est une fantasy classique plus proche d’un Conan le barbare, qui vaut le détour. C’est aussi le premier livre édité par Bragelonne. Il est donc normal que l’éditeur qui a toujours fait confiance à David Gemmell propose aux lecteurs le livre qui l’a lancé.

Et l’histoire ? La forteresse de Dros Delnoch est le dernier rempart face aux Nadirs. Elle est sous-équipée pour subir un long siège. Les soldats qu’elle aurait besoin ne sont pas encore près, et le général qui dirige la forteresse est un incompétent qui doit son poste à ses liens familiaux avec Abalayn le dirigeant Drenaï. Personne ne croit vraiment que Dros Delnoch peut arrêter l’invasion Nadir. Jusqu’à ce que deux hommes font leur apparition. Le premier, Druss, un vieil homme accompagné d’une hache. La légende, c’est lui. A plusieurs reprises il a défié la mort. Et dans le cas présent, il va organiser la défense de la forteresse avec les moyens dont il dispose. Le second se nomme Regnak, un Bersek. Avec le dernier régiment d’élite et des prêtres, ils vont organiser la défense de la forteresse. Il faut tenir trois mois, le temps que les renforts arrivent. C’est de la fantasy épique qui ne s’encombre pas d’élucubrations inutiles.

C’est une bonne histoire. Scénario linéaire pour ce livre, qui a des points communs avec la bataille de Thermopyles qui s’est passé en 480 avant Jésus-Christ. On peut pratiquement dire que le défi des Drenaï est le même : contenir les Nadirs. Intéressant.

Si vous êtes fans de David Gemmell et de « Légende » en particulier, alors vous ne pouvez pas rater cette édition. Si c’est le cas, vous vous en mordrez les doigts car il y a déjà beaucoup de spéculation autour de ce livre. Et l’acheter trois ou quatre fois sont prix est une hérésie. Il existe encore des collectors chez les libraires.
Si vous aimez la fantasy et que vous avez envie de découvrir « Légende », optez pour la version grand format chez le même éditeur, qui réduira fortement le prix. Ou optez pour la version poche chez Milady qui coute 5 fois moins cher. Dans tous les cas, jetez un coup d’œil à ce livre avant de vous décider. C’est un très beau livre !

Légende, David Gemmell, Bragelonne, 2014, 480 pages. Illustration de Stéphane Collignon et Didier Graffet.

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Conan, sur les traces du barbare – Paul M. Sammon

Sept années se sont écoulées entre la version anglaise et la version française de ce livre de référence sur le plus connu des Cimmériens issu de l’œuvre de Robert Howard. Le livre de Paul M. Sammon était originalement sorti en 2007 chez les Anglo-saxons. Et il a fallu attendre 2014 pour que Huginn & Huginn se décident à le publier en français.

Beau livre, qui passe en revue les différentes manifestations de Conan le barbare. Cela va des premiers pulps dans lesquels il apparaissait, en passant par la bande dessinée, et le cinéma. Paul M. Sammon livre ici un livre de référence sur Conan.

Dès l’ouverture, on a droit à un avant-propos écrit par Michael Moorcok, ce qui en soi, indique la qualité du livre qu’on tient entre les mains.

Paul M. Sammon aborde le héros en nous parlant de sa propre découverte du personnage, et des 45 ans qu’il a passé en Cimmérie avec lui. La vie et l’œuvre de Robert Howard y sont présentées à travers des textes, des photos, et un nombre impressionnant de pulps dans lesquels il était présent. Howard était un auteur très prolifique. On comprend mieux comment le personnage de Conan est né et comment il a pu inspirer beaucoup d’autres auteurs après le décès de son créateur. Il doit son succès aux fans qui voulaient absolument que Robert Howard écrive d’autres histoires.

L’aspect graphique n’a pas été oublié. Frank Frazetta et John Buscema sont à l’honneur dans ce beau livre. Sans parler d’Arnold Schwartzenegger qui a parfaitement incarné le héros sur grand écran.

Vous l’aurez compris, ce livre est incontournable pour le fan du Cimmérien. Beau livre, richement illustré et livre de référence, qui complète parfaitement l’intégrale de Robert Howard publiée chez Bragelonne.

Conan, le sur les traces du barbare, Pal M. Sammon, 176 pages, Huginn & Huginn, 2014

Conan sur les traces du barbares

Le Hobbit (La désolation de Smaug)

Pour cette fin d’année 2013, Peter Jackson nous a concocté un deuxième opus de la trilogie du Hobbit. On pourrait se demander comment Jackson a pu faire pour autant allonger l’adaptation d’un livre qui n’est pas si épais que ça. Mais le résultat est là, et à la hauteur de nos espérances. Qui mieux que lui pouvait adapter le livre qui précède le seigneur des anneaux ?

Avant de voir la désolation de Smaug, je m’étais dit que ce film ne serait qu’une succession de courses poursuites et de batailles. Eh bien, oui et non. Les 161 minutes que dure le film sont passées tellement vite que je ne m’en suis pas rendu compte, tellement j’étais scotché à l’histoire.

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Comme dans la précédente trilogie, on a droit à un flashback en début de film. Flashback qui se situe un an avant le premier épisode, dans lequel on voit Gandalf aborder Thorin, et le convaincre de reprendre son royaume d’Erebor en commençant par récupérer l’Arkenstone, une pierre brillante. Pierre qui devra être dérobée au dragon Smaug.

La troupe des nains est capturée par des araignées géantes, puis libérée par Bilbon devenu invisible grâce à l’anneau unique. On voit ici un Bilbon plus entreprenant que ne l’était Frodon dans le seigneur des anneaux. Si Bilbon hésite un moment avant d’utiliser cet anneau, par la suite il en fera un plus grand usage. Bilbon ne s’apitoie pas sur le fardeau que représente l’anneau. Et c’est tant mieux pour l’histoire.

Il était inévitable de retrouver les elfes dans ce second film. Ceux-ci capturent les nains, mais pas Bilbon. Et le roi Thranduil propose d’aider Thorin dans sa quête à condition de partager les trésors d’Erebor. Proposition refusée par Thorin. À ce stade, on retrouve Legolas qui manie aussi bien l’épée que l’arc. Il est secondé par Tauriel une elfe qui tue les créatures qui s’aventurent dans le pays des elfes. Legolas est toujours joué par Orlando Bloom, et c’est Evangeline Lilly (Lost, Smalville) qui joue Tauriel. Personnage ambigu, qui laisse planer le doute sur l’affection qu’elle a. Aime-t-elle Legolas, ou est-elle amoureuse de Kili, le nain ?

Les nains, et surtout Bilbon, sont assez roublards pour s’échapper des elfes, en empruntant des tonneaux qui leur serviront de transport sur un cours d’eau en furie. Ils ont aux trousses d’un côté les elfes et de l’autre les orques, qui s’affronteront. On arrive à une scène où les combats se succèdent les uns après les autres. D’une certaine manière, on sature visuellement, attendant avec impatience de retrouver la quiétude dans ce film.

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Lacville fait penser à une sorte de Venise sur un lac. Encore un de ces lieux originaux imaginés par l’équipe du film. Pour le spectateur, c’est le dépaysement complet, c’est l’enchantement de contrées imagniées par J.R.R. Tolkien. L’image de synthèse n’a jamais fait aussi merveille que dans le cycle du seigneur des anneaux et maintenant dans celui de Bilbon.

La suite du film correspond à un nouvel acte de bravoure de Bilbon qui au cœur de la montagne doit dérober l’Arkenstone au dragon Smaug. Pierre qu’il verra mais n’emportera pas, car le dragon perçoit sa présence malgré l’invisibilité que lui procure l’anneau unique.

Dans la version anglaise du film, c’est Benedict Cumberbatch qui donne sa voix et ses expressions au dragon Smaug. Décidément l’acteur non content de jouer un Sherlock Holmes moderne, et un Khan machiavélique dans le dernier Star Trek, se retrouve dans cette trilogie de fantasy où encore une fois il s’impose par son jeu d’acteur sous les traits du dragon Smaug.

Je ne vais pas dévoiler la fin de ce second film, mais je signale qu’il se termine sur un cliffhanger et qu’au cœur de l’action on se retrouve tout d’un coup avec le générique de fin. Le spectateur qui a les yeux rivés sur l’écran se sent soudain dépouillé de la fin de l’histoire. Il faudra attendre un an avant d’avoir la conclusion de celle-ci. C’est un coup de maître de la part de Peter Jackson, qui a savamment étalé cette histoire sur trois films.

Personnellement, je préfère l’histoire du Hobbit plutôt que celle du seigneur des anneaux. Sans doute parce que l’histoire n’est pas parsemée de grands champs de bataille. L’action ne manque pas. Le seul reproche que je fais à l’histoire, mais pas au film, c’est que Gandalf a un rôle mineur. Encore une fois, il quitte les personnages principaux pour se lancer dans une autre quête. On avait déjà eu une situation similaire dans la compagnie de l’anneau. Dommage. Par contre, Bilbon est à la hauteur de ce qu’on attend de lui. C’est-à-dire un Hobbit qui se dévoue pour le groupe de nains. Ce rôle convient à merveille à Martin Freeman.

Un bon moment de cinéma pour ceux qui aiment la fantasy, un très long moment de cinéma qui passe très vite. À voir, et à revoir lorsque la trilogie sera complète. Vraiment excellent.

La chronique du premier film (Le Hobbit : un voyage inattendu) est également disponible sur le blog.

Le hobbit (la désolation de Smaug), réalisé par Peter Jackson, 2013, 161 minutes.

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Michael Moorcock chez Filigranes et Elric en BD

Ce vendredi 24 mai, Michael Moorcock était présent à Bruxelles chez Filigranes pour la sortie de la bande dessinée Elric, tirée de son cycle sur le champion éternel. C’était l’occasion pour l’auteur anglais de rencontrer son public francophone lors de la sortie de la BD et de la réédition d’Elric en intégrale chez Pocket. Entouré par les quatre auteurs de la version BD (Julien Blondel, Didier Poli, Robin Recht, Jean Bastide), Michael Moorcock s’est gentiment prêté à une séance de dédicace pendant laquelle chacun pouvait directement lui poser des questions.

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Je n’ai pas pour habitude de rechercher les dédicaces, mais depuis au moins 30 ans, Michael Moorcock m’a marqué profondément à travers les cycles de son champion éternel et de son épée buveuse de sang et de vie. Je garde un excellent souvenir de chacun de ses livres. Le dernier en date était « Les buveurs d’âmes » en collaboration avec Fabrice Colin. Un livre dont j’aurais aimé voir une suite.

C’était l’occasion de demander à Michael Moorcock si une suite verrait le jour. La réponse a été négative, car son grand âge ne lui permet plus d’écrire au même rythme qu’avant. Par contre, lorsque j’ai abordé la réédition du cycle Elric chez Pocket, il m’a confirmé que celle-ci suivait l’ordre chronologique et non pas l’ordre de parution précédemment suivi par Pocket. Pour ce premier tome, on a donc droit à : Elric des dragons, La forteresse de la perle, Les navigateurs sur les mers du destin. Évidemment, certains lecteurs auraient aimé voir Stormbringer comme deuxième titre.

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C’était un moment trop court. Mais le vieil homme m’a ému par sa simplicité et sa gentillesse. Son grand âge ne lui permettait pas de se déplacer facilement. Par contre, il répondait aux questions dans la langue de Shakespeare avec beaucoup de sagesse et de gentillesse, encadré par des traducteurs de chez Filigranes. Pendant la dédicace, j’étais heureux de discuter avec Michael Moorcock, qui a vraiment conditionné l’image que j’ai de la fantasy (tout comme Roger Zelazny avec le cycle des princes d’ambres). Un grand monsieur de la fantasy, qui mérite qu’on le mette à l’honneur avec des rééditions ou des adaptations de ses livres. À coup sûr un moment que je ne pouvais pas rater.

Michael Moorcock nous a expliqué qu’à 18 ans il a créé Elric, et qu’à 21 ans il l’avait tué. Quand il s’est rendu compte de l’importance que son personnage avait, il a décidé d’écrire les aventures de l’albinos entre le moment où il quitte Melniboné et le moment où il meurt. C’est la chute de » empire romain, qui lui a donné envie d’imaginer Melniboné. En fait, c’est la fin d’un empire qui est le point commun entre notre histoire et celle d’Elric.

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Le seul reproche que je fais au cycle, c’est que cela manque de personnage féminin. J’aurais aimé voir une Cymoril plus présente. Par contre, la découverte d’Arioch, un des dieux du chaos, va vraiment conditionner le futur du champion éternel et rendre ce cycle incontournable en fantasy.

Alors qu’il existe déjà des adaptations d’Elric en bande dessinée (Druillet entre autres), voilà qu’une équipe composée de Julien Blondel, Didier Poli, Robin Recht et Jean Bastide, se lance dans l’aventure. Un scénariste, deux dessinateurs et un coloriste. Quatre inconscients, dira-t-on, qui n’ont pas nécessairement des styles qui se complètent, vont s’attaquer à l’adaptation du premier livre du champion éternel, c’est-à-dire « Elric des dragons ». Ce premier tome s’appelle « Le trône de rubis ». À travers un dessin, sombre, et des décors dignes d’un lointain passé, ils donnent une seconde vie à Elric. Pas de fioritures dans cette BD qui colle parfaitement au livre de Michael Moorcock. Il y a bien quelques libertés qui ont été prises, mais la BD respecte l’état d’esprit que l’auteur a créé. Lire cette BD lorsqu’on a déjà lu le cycle, c’est enfin voir Elric de Melniboné. Ils n’ont pas fait du flamboyant, mais du grandiose, ce qui est encore mieux. On aurait aimé voir Stormbringer, mais pour cela il faudra attendre le deuxième tome de ce qui devrait être un cycle en BD.

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Les quatre auteurs ont fait un excellent travail de recherche pour restituer l’ambiance des romans de Michael Moorcock. Ils se sont inspirés de notre histoire pour recréer Melniboné. C’est un coup d’essai qui est en réalité un coup de maitre, et sans aucun doute la meilleure adaptation du champion éternel. Ce premier tome est accompagné de 16 pages d’illustrations qui montrent la genèse d’Elric en BD. Un détail intéressant : différentes versions de Stormbringer y sont dessinées, et annoncent un tome deux tout aussi passionnant. C’est une excellente adaptation d’Elric.

Un petit mot sur la réédition du cycle Elric chez Pocket. Réédition qui coïncide avec la BD, qui reprend quelques pages de cette dernière en fin d’ouvrage. En 600 pages, Pocket nous propose les trois premiers livres du cycle. Cette réédition devrait comprendre trois tomes reprenant les neuf livres qui composent le cycle d’Elric.

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Michael Moorcock a écrit quelques-unes des plus belles pages de fantasy avec son héros Elric, ainsi qu’avec ses incarnations dans le multivers, que sont Hawkmoon, Corum et Erekosë. On lui doit entre autres « Gloriana ou la reine inassouvie », qui à mon humble avis est son meilleur livre. Mais c’est son champion éternel et son épée qui marqueront à jamais le lecteur. C’est une fantasy sombre, mais d’une efficacité redoutable. Cette sortie BD donne envie de relire l’entièreté du cycle. À conseiller, à consommer, à visualiser chaque fois que c’est possible. C’est excellent.

Elric, 1. Le trone de rubis, Blondel & Poli & Recht & Bastide, Glénat, 2013, 64 pages
Elric, intégrale, Michael Moorcock, 602 pages, Pocket, 2013

Elric - Glénat