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Légendes d’Afrique – Marc Bailly

Voilà une anthologie que j’attendais depuis un certain temps. Dirigée par Marc Bailly, elle aurait dû voir le jour un an plus tôt. Mais certaines péripéties l’ont retardée. Ce qui en soi n’est pas une mauvaise chose, car c’est les éditions Elenya qui ont enfin donné corps à celle-ci.

Avant de parler de chaque nouvelle, je voudrais juste précisé que je fais aussi partie des auteurs qui ont participé à son élaboration. Je ne ferai donc aucune remarque sur mon propre texte, me contentant de résumer l’histoire en quelques lignes.

L’Afrique, un continent qui stimule l’imagination des auteurs, surtout lorsque Marc Bailly demande des textes liés à l’imaginaire, c’est-à-dire au fantastique, à la science-fiction et à la fantasy. Et les nouvelles contenues dans cette anthologie abordent justement les trois genres. J’y ajouterai en fil conducteur l’aventure et le mystère. Les histoires se passent à notre époque, mais aussi dans le futur ou à l’aube de l’humanité, sans parler d’une nouvelle qui nous transporte à une époque où l’Afrique ne portait pas encore ce nom.

Et pour écrire ces histoires, une très belle brochette d’auteurs avec lesquels il est agréable de se retrouver dans la table des matières. Au début de chaque nouvelle, les auteurs expliquent comment ils sont arrivés à écrire leur nouvelle.

Gudule commence l’anthologie en donnant le ton général de celle-ci avec « La rose blanche du Caire », qui nous présente une jeune exploratrice qui va se retrouver au musée du Caire à une place qu’elle n’aurait jamais imaginé. C’est mystérieux et original.

Avec « Celle-qui-conte », David Bry nous présente un jeune homme envoyé en Afrique par son père auprès d’un sorcier qui est censé le guérir. La fille du sorcier ne le laisse pas indifférent, mais une fois soigné, lorsqu’il doit regagner la civilisation, il n’y a pas de place pour une compagne.

Boris Darnaudet propose « Gro-Mak-Gra-Che », titre étrange qui correspond au nom des adversaires que son personnage tuera. L’histoire se passe à l’aube de l’humanité.

Avec « Jahia », Céline Guillaume nous parle d’un prince qui n’a pas le droit de voir des femmes et qui se transforme en crocodile le jour où il en rencontre une.

Jacques Mercier propose une nouvelle sombre et mystérieuse « Ankh ». Les personnes qui portent cette croix meurent.

« La résurrection d’Olokun » de Jérôme Felin nous emmène dans une Afrique mystérieuse où certaines personnes se transforment en félin.

« Qui se souvient encore de moi ? » de Emmanuelle Nuncq mélange aventure et science-fiction avec une sorte d’appareil photo surnommé « Victorine » qui permet de prendre des photos à des époques différentes. Original.

« Saxo bird » de Patrick S. Vast est probablement la nouvelle qui s’éloigne le plus du thème de l’Afrique. Elle fait référence à l’âme de Charlie Parker alias Birdie, et l’histoire ne se passe pas en Afrique. Pour fan de Jazz.

« Anima mea » d’Alain Dartevelle mélange des légendes.

« Lettre morte » de Serena Gentilhomme nous propose une nouvelle très sensuelle qui concerne Isis. On découvre comment elle a trompé Osiris avec Seth avant de le tuer. Très envoutant. C’est mieux que cinquante nuances…

« Amazulu est de retour » de Gulzar Joby. Nouvelle de science-fiction qui s’inscrit dans un cadre plus large développé par l’auteur. Un peu déroutant.

« Les éléphants de Sankuru » de Rose Berryl, revient sur une trame plus familière qui mélange conte et nostalgie.

« Sécheresse et chaos » de Kwamé Maherpa. De l’heroïc fantasy. Une longue nouvelle qui tourne autour d’un royaume dans une Afrique imaginaire, et d’une sécheresse provoquée. L’histoire mérite d’être développée pour en faire un vrai roman. Même si cette nouvelle est longue, il y a comme un gout de trop peu. J’espère que l’auteur en fera un roman.

« La robe d’écailles » de Brice Tarvel. Nouvelle qui commence simplement. Le personnage principal a décidé d’avoir une aventure sans lendemain avec Mami Wata. Jusque-là rien d’anormal, sauf qu’elle va se transformer en sirène et que notre héros va être surpris par la suite des événements. Peut-être que la fin mériterait une ou deux pages de plus. Mais Brice Tarvel est comme d’habitude parvenu à capter mon attention !

« Sable » de Christophe Collins. Du classique, mais du bon classique. Dans un futur où les ordinateurs ont disparu, deux soldats sont chargés de récupérer un paquet en Égypte. La mission ne se fera pas sans danger, et le paquet n’est pas ce qu’on pourrait croire. Il y a un petit clin d’œil à un commandant Morane et à Indiana Jones. Belle nouvelle avec une fin originale.

« La fille qui fut promise au dieu-serpent » de Fabien Clavel est un vrai conte, étrange qui mêle des animaux étranges et une jeune femme qui ne parle pas au début. C’est un excellent texte.

« Semences du désert » de Marc Van Buggenhout. J’en arrive à ma propre nouvelle, qui est la plus longue de cette anthologie, et qui parle d’une pyramide noire découverte dans le désert du Ténéré. Les explorateurs découvrent qu’il s’agit d’un octaèdre formé par deux pyramides collées à leurs bases, qu’elle est plus grande à l’intérieur qu’à l’extérieur, et que le temps s’écoule différemment. J’ai fait un clin d’œil à une amie très proche qui est romancière et comédienne. On devinera qui !

« Emela-Ntouka » de Sophie Dabat. Encore un récit étrange où un animal dangereux à un lien direct avec une petite fille. La fin est surprenante, montrant encore une fois que Sophie Dabat sait comment captiver ses lecteurs.

« La voie du dessous » de Jean Millemann nous fait découvrir un homme qui vient voire un sorcier avec l’espoir de guérir son épouse gravement malade. C’est une quête qui l’attend quelque part dans une grotte en plein désert. Belle histoire qui trouve une fin logique mais triste.

L’anthologie se termine par une présentation de chaque auteur. Dans l’ensemble une belle anthologie, bien équilibrée, dans laquelle on ne s’ennuie jamais. Des textes qui mélangent les thèmes de l’imaginaire, et des auteurs qui n’ont pas hésité à proposer des textes originaux. C’est vraiment une belle sélection de textes réunis par Marc Bailly. Le thème n’avait rien d’évident, car tout le monde n’avait pas été en Afrique, et c’est donc l’image du continent de chacun qui a été transposée dans ces nouvelles.

Je ne voudrais pas terminer cette chronique sans mentionner la belle couverture de cette anthologie éditée par Elenya. Le continent africain qui apparait sur le visage est vraiment original.

Belle anthologie qui mérite d’avoir une suite en explorant les autres continents de notre planète. J’ai vraiment passé un très bon moment de lecture, et j’espère en voir d’autres prochainement.

Légendes d’Afrique, anthologie dirigée par Marc Bailly, éditions Elenya, 2015, 404 pages

 Légendes d'Afrique

100.000 visites

Je viens seulement de me rendre compte que le cap des 100.000 visites à été dépassé pendant le mois de février 2014. C’est sympa de l’apprendre, surtout que j’avais créé ce blog pour m’amuser et qu’au fil du temps il a trouvé ses lecteurs (qui sont aussi ceux de Phénix Mag ou de Véronique Biefnot).

Avec la foire du livre de Bruxelles qui vient de s’achever, j’ai un peu oublié d’écrire des chroniques. Par contre, j’ai fait le plein de livres ! Donc, il y aura dans les prochaines semaines des chroniques !

Et puis il y a l’écriture qui est dévoreur de temps. Un roman qui n’avance pas vite car il faut perpétuellement chercher de la documentation. Un space opera toujours chez un grand éditeur (qui n’a pas encore donné sa réponse), et de temps à autre une nouvelle écrite pour m’amuser. Une anthologie dans laquelle je devrais me trouver qui n’est toujours pas sortie, pour des raisons qui m’échappent. Et un essai sur un livre très connu, que je dois encore écrire. Tout ça donne un retard de lecture assez conséquent.

J’ai de temps en temps besoin qu’on me botte le postérieur (psychologiquement s’entend) pour faire avancer les choses. Et le blog, à sa manière est une forme de satisfaction qui me motive à l’étoffer au fil du temps. Mais n’hésitez pas à me le rappeler !

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Le fantastique belge aujourd’hui

Ce mardi 3 décembre 2013, Jean-Baptiste Baronian proposait de faire un état des lieux du fantastique en Belgique, et aussi de nous rappeler l’origine de ce genre littéraire à part entière. Pour l’occasion, la conférence était donnée à l’Académie Royale de Belgique, devant une audience composée d’amateurs avertis mais aussi d’auteurs ou réalisateur.

Je ne propose pas une retranscription de la vision du fantastique Belge expliquée par Baronian. Mais plutôt ce que j’ai compris lors de cette conférence. J’y ai aussi ajouté ce que Jacques Van Herp m’avait dit à une certaine époque.

Mais qu’est-ce le fantastique ? Roger Caillois l’a défini comme : « L’intrusion de l’étrange dans le quotidien ».

L’émergence du fantastique Belge date de la fin du 19ème siècle (vers 1880). On retrouve à cette époque Émile Verhaeren, un des plus grands poètes qu’a compté la Belgique. C’est le symbolisme à travers l’utilisation du surnaturel, et un certain réalisme qui va donner naissance à une forme de fantastique propre à la Belgique. Les histoires se passent dans notre monde de tous les jours, mais font intervenir des portes, des êtres, des événements issus d’une réalité parallèle qui interfère avec la nôtre. Ce fantastique qui fait intervenir de la magie dans la réalité va se retrouver dans la peinture, et plus tard dans le cinéma belge. C’est l’envie de déranger, de bousculer les conventions qui va animer ce fantastique qu’on peut considérer comme surréaliste. C’est un fantastique de réaction qui fait face aux courants littéraires traditionnels. Il se distingue de celui des Anglo-saxons, et soutient la comparaison face à celui d’auteurs tels que Howard Philip Lovecraft, Edgar Allan Poe ou Louis Borges. On peut dire que Franz Hellens et Jean Ray y sont pour beaucoup.

Curieusement, les premiers auteurs sont tous flamands, mais écrivent en français. On compte parmi eux Jean Ray ou Michel de Ghelderode. Le premier a écrit des centaines de contes et est probablement l’auteur belge fantastique le plus connu (Malpertuis), et le second a consacré une bonne partie de son existence au théâtre.

Une particularité des auteurs belges, c’est qu’ils sont venus naturellement au fantastique. C’est presque une seconde nature chez eux, comme si c’était enregistré dans leurs gènes. Le fantastique est présent dès le début, et y faire référence n’a rien d’anormal. C’est d’ailleurs ce qui distingue les auteurs belges des Français. Par contre, ils ne se connaissent pas nécessairement. A quelques exceptions près, chacun écrit sans connaitre les autres.

25 histoires noires et fantastiques

Marabout

Il suffit de lire les mémoires d’Henri Verne (père de Bob Morane) pour se rendre compte qu’il a été un des initiateurs du retour du fantastique en Belgique. C’est grâce à lui qu’on a pu redécouvrir l’œuvre de Jean Ray, dont le titre le plus connu est évidemment Malpertuis, mais à qui on doit une grande partie des Harry Dickson. L’œuvre de Jean Ray s’articule autour de centaines de contes et nouvelles, qui ont été publiées sous plusieurs pseudo, entre autres celui de John Flanders. Encore aujourd’hui, Jean Ray reste un auteur de référence, au même titre qu’un Lovecraft chez les Anglo-saxons.

Marabout dans les années 60-70, c’est l’éditeur de référence en matière de fantastique. À l’époque, il n’y avait que quatre ou cinq éditeurs qui proposaient de l’imaginaire et du fantastique en particulier. Pour Marabout, c’était l’âge d’or, celui de la découverte de nouveaux auteurs, ou la redécouverte d’auteurs oubliés, et évidemment la publication de grands titres (Dracula de Bram Stoker, Frankenstein de Mary Shelley). Mais c’était surtout l’occasion de lire des auteurs belges comme Marcel Thiry, Thomas Owen, Jean Ray, Michel de Ghelderode, Gérard Prévot. On doit cette alternance à Baronian, qui en tant que directeur de collection chez Marabout, tenait à faire découvrir ces nouveaux auteurs.

Pour en revenir à Jean Ray, c’est le livre « Les 25 meilleures histoires noires et fantastiques » paru en 1961, qui a permis de redécouvrir l’auteur, alors presque en fin de vie. Parmi les nouvelles présentes, on trouve « La ruelle ténébreuse » ou « Le grand nocturne ».

Je conseillerais à tout amateur de lire la biographie écrite par Henri Verne, qui explique plus en détail cette période du fantastique Belge. Dans la foulée, je me pose la question suivante : peut-on dire que Henri Verne écrivait aussi du fantastique ? Son héros Bob Morane touchant à presque tous les genres, je me dis que le cycle « Les portes d’Ananké » n’est pas seulement de l’aventure, mais aussi du fantastique.

Dans les années 70, Baronian a surnommé cette vague fantastique : l’école belge de l’étrange. Aujourd’hui, on la retrouve à travers des auteurs comme Michel Rozenberg, Alain Dartevelle, Christopher Gérard ou Bernard Quirigny. C’est en tous cas les quatre principaux proposés par Baronian. D’autres auteurs anciens ou contemporains touchent au fantastique. On peut citer : Marcel Thiry, Jean Munoz, Nadine Monfils, Anne Richter, Jacques Sternberg, Alain Le Bussy, pour n’en citer que quelques-uns.

À l’heure actuelle, les auteurs qui écrivent du fantastique se limitent plutôt au format de la nouvelle. Un texte pas trop long, où l’idée principale peut être développée sans provoquer de longueur. Et pourtant il y a des auteurs qui s’essaient au roman fantastique. C’est par exemple le cas de Jean Ray avec Malpertuis. C’est aussi le cas chez des auteurs anglo-saxons, avec Stephen King qui propose régulièrement des pavés de 500-600 pages de fantastique. On espère évidemment retrouver des textes plus longs écrits par les auteurs contemporains belges.

Il existe très peu de magazines dédiés au fantastique belge. Phénix, qui au départ était en format papier, continue à parler de fantastique à travers le domaine plus large de l’imaginaire, mais c’est uniquement sur le Web.

Je pense qu’un essai plus complet sur le fantastique Belge aujourd’hui serait le bienvenu. J’espère que Jean-Baptiste Baronian pensera à l’écrire, car le dernier qu’il a rédigé remonte loin dans le temps.

En écrivant cet article, mon but n’était pas de faire un essai sur le fantastique belge, mais plutôt de résumer où il se situe aujourd’hui.

Marc

Destination Mars – Marc Bailly

Pour Destination Mars, Marc Bailly avait contacté plusieurs auteurs. Comme il avait déjà lu plusieurs de mes nouvelles, il m’a proposé d’en écrire une, qui plus tard a été retenue. Par la suite, Marc Bailly m’a demandé d’écrire un essai sur Mars dans la littérature imaginaire, avec une contrainte sur le nombre de signes. J’aurais certainement voulu écrire un essai beaucoup plus long et exhaustif, mais les impératifs de l’édition ne le permettaient pas. J’ai dû faire des choix. Curieusement, une partie du texte s’est perdu dans les méandres du Web. Partie qu’on retrouvera si les éditions du Riez rééditent le livre. En attendant, je propose la partie manquante à la fin de cet article (avec la bénédiction de Marc Bailly et des éditions du Riez).

Pour cette anthologie, Marc Bailly a fait appel à des auteurs connus comme à des nouveaux, gardant ainsi un juste équilibre dans le choix des textes. Tous sont francophones. Il a sélectionné 12 nouvelles qui vont du thriller en passant par la politique, l’écologie ou la hard science. C’est très diversifié.

Les douze nouvelles sont accompagnées de deux essais qui permettront aux lecteurs d’approfondir leur connaissance littéraire ou filmographique sur Mars. Ils ne sont pas exhaustifs, mais suffisamment documentés pour que le lecteur y trouve de quoi continuer son exploration de la planète rouge.

Une chose que j’aime bien dans les anthologies de Marc Bailly, c’est qu’avant chaque nouvelle il présente chaque auteur. Présentation suivie d’un court chapitre sur les raisons qui ont poussé l’auteur à écrire le texte qui suit (je peux affirmer qu’il n’avait pas un phaser sur la tempe pour écrire).

Les nouvelles

Brice Tarvel Le Syndrome martien – Des terriens découvrent les martiens, sorte de grandes cocottes roses, qui les forceront à se jeter dans la lave. Étrange nouvelle, dont l’écriture fait penser aux chroniques martiennes de Ray Bradbury. Brice Tarvel continue à m’étonner en passant indifféremment d’un genre à un autre.

Jean-Louis TrudelLes sculpteurs de Mars – Sauvetage sur Mars et sculpture martienne.

Dominique DouayCelui qui attend – Exploration qui commence à quatre et qui finit à un. Les pensées d’un rescapé.

Jean-Pierre AndrevonLe caillou de Mars – À la fois triste et ironique, cette nouvelle parle de l’épidémie mortelle qui décima la population sur Terre après la première expédition martienne.

Gulzar JobyMars l’ancienne – Nouvelle qui nous parle d’un projet d’envoyer des personnes sur Mars, mais sans possibilité de retour. C’est bien écrit, un peu trop long, et cela met en scène deux vieux couples qui vont se rendre sur la planète rouge, ce qui servira les politiques restés sur Terre.

Jonas LennLe Gaucho de Mars – Un artéfact découvert, et un personnage principal contaminé par une entité extraterrestre. Premier contact, mais sur la planète rouge.

Hugo Van Gaert118 heures avant la fin – Très courte nouvelle qui propose un dialogue entre un capitaine de vaisseau et son ordinateur de bord. N’est pas capitaine celui qui croit l’être. Fort éloigné du sujet martien.

Marc Van BuggenhoutRestez chez vous – Et si Mars était une station balnéaire dans une grande confédération galactique ? Les images que nous recevons sur Terre sont falsifiées de telle sorte que nous ne cherchons pas à nous y rendre. Le problème c’est qu’au 21ème siècle, deux missions européennes et asiatiques font route vers Mars, et dès qu’elles poseront un pied, tout ce qui a été construit appartiendra aux terriens.

Jean-Jacques GirardotLes chants de Mars – Les chants de Mars mélange plusieurs genres : le steampunk et le space opera, mais étalé sur des milliards d’années. On dirait qu’Olaf Stapledon est passé par là, mais avec une connaissance culturelle plus approfondie, car on y parle aussi de Mozart et de Chris Rea.

Thierry Di RolloAube dernière – Mars fantasmé par Di Rollo, prétexte pour nous parler de la mort d’une mère.

Frank RogerCiel rouge, sable rouge – Entre politique et terrorisme, cette nouvelle nous relate des événements sur Mars qui ressemblent étrangement à ceux que la Terre a déjà connus. Les colons répèteraient-ils les erreurs du passé faites sur Terre. Sur Mars, un président du Conseil et sa fille qui milite pour retrouver une planète Mars d’avant la colonisation. Pas mal !

Daniel WaltherOlympus Mons – L’ascension du mont Olympe par John Carter. Oui, mais fallait-il qu’il meure d’une crise cardiaque à la fin ? À moins que ce ne soit pas le vrai John Carter.

Essais

Marc Van BuggenhoutMars dans la littérature – Cet essai reprend les livres ou cycles les plus représentatifs concernant la planète Mars. Cela va du 19ème siècle à notre époque. Les livres sont regroupés par thème (expéditions, invasions, les martiens).

Jean-Pierre AndrevonMars au cinéma – C’est une visite guidée que nous propose Jean-Pierre Andrevon. D’abord avec un historique des adaptations cinématographiques concernant Mars, ensuite avec une filmographie très détaillée.

J’ai bien aimé cette anthologie (pas parce que je suis dedans). La planète Mars a toujours été une des destinations favorites des auteurs de science-fiction. La planète rouge fait rêver. Marc Bailly et les éditions du Riez ont eu la bonne idée de faire une anthologie sur ce qui sera le prochain défi technologique et humain de ce siècle.

Une seule critique à formuler sur cette anthologie, l’absence de numéros de page dans le sommaire. Ce n’est pas grand-chose, mais cela simplifierait la vie aux lecteurs qui ne veulent pas lire les textes dans l’ordre qu’a choisi Marc Bailly.

Belle couverture de Pierre le Pivain qui colle parfaitement à l’anthologie.

Destination Mars est une bonne anthologie, très variée. Inégale à plus d’un titre, avec une brochette d’auteurs qui avaient un point commun : nous présenter leur vision de la planète Mars. J’espère que d’autres anthologies du même genre verront le jour.

Destination Mars, anthologie de Marc Bailly, Éditions du Riez, 2013, illustration de Pierre Le Pivain, 339 pages

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Voici la partie manquant dans l’anthologie de l’essai  Mars dans la littérature :

Le gouffre financier que représente une mission martienne à l’heure où bon nombre de pays subissent la crise économique fait reculer l’événement qui devrait être le plus important du siècle. Le premier pas de l’homme sur Mars est sans cesse postposé, faute d’argent et de volonté politique. Le défi est à la fois technologique et psychologique. Technologique, car il faut construire un vaisseau capable de faire l’aller-retour entre la Terre et Mars. Il devra accueillir un équipage qui devra y vivre six mois à l’aller et au retour. Psychologique, car la promiscuité des membres d’équipage ne doit pas engendrer de dissensions, mais une collaboration étroite. Quant au vaisseau, il devra contenir un module d’atterrissage et probablement l’un ou l’autre satellite qui permettra une meilleure communication et géolocalisation sur la planète rouge. Et puis, il faudra déployer assez de matériel pour construire une base pour les astronautes. On ne sait pas encore combien de temps ils passeront, ni combien ils seront sur la planète rouge, mais ce sera sans commune mesure avec ce qu’on a vu lors des missions Apollo. La mission d’exploration sur le sol de la planète rouge durera certainement plusieurs semaines, voire quelques mois. Il faut rentabiliser le coût d’un tel projet. Les astronautes qui un jour fouleront le sol rouge ne pourront pas se contenter de faire quelques pas et quelques expériences. On peut supposer que l’investissement intellectuel et financier aura des retombées économiques et technologiques importantes pour l’humanité.

Si les différentes agences spatiales étudient la question, ce sont surtout les auteurs de science-fiction qui développent le mieux les idées fondamentales pour un projet qui consiste à amener un homme sur Mars. On doit à plusieurs auteurs de hard-science une vision réaliste de ce que sera cette mission. On compte parmi ces auteurs, Arthur C. Clarke, Kim Stanley Robinson, Ben Bova et Stephen Baxter.

Arthur C. Clarke, dans son livre Les sables de Mars nous montre une des premières colonies installées. Sur Mars. Un journaliste est envoyé pour y relater le quotidien des explorateurs. Il découvre une colonie martienne où l’amabilité n’est que façade. En fait, il est l’intrus et est toléré par les colons. Lors d’une exploration, il va découvrir l’existence de martiens, sorte de petits kangourous à l’intelligence similaire. L’un d’entre eux va devenir son ami, ce qui rendra le journaliste plus populaire au sein de la colonie. Tandis qu’il participe au travail quotidien de la colonie, on va lui révéler qu’une des lunes est en train d’être adaptée pour devenir soleil artificiel autour de la planète rouge. La colonie veut son indépendance par rapport à la Terre. Le livre Les sables de Mars est le premier du genre. C’est une approche pas trop naïve de la colonisation de Mars, qui date tout de même de 1951.

On retrouve la planète rouge chez Arthur C. Clarke dans Maelstrom, le tome 2 de son cycle Base Vénus. Cycle qui est en fait une concaténation de plusieurs nouvelles de Clarke, adaptées par Paul Preuss. Dans ce livre, après la découverte d’un morceau de métal, vieux de plus d’un milliard d’années, dans les sables de Mars, on retrouve son héroïne Sparta, à la poursuite d’un ami d’enfance. Mars n’est ici qu’un décor parmi d’autres. Car avec ce cycle, Clarke nous fait visiter tout le système solaire.

Kim Stanley Robinson va plus loin que Arthur C. Clarke. Il nous propose une trilogie sur Mars (Mars la rouge, la verte, la bleue), qui va de la colonisation de la planète rouge à sa terraformation. Un quatrième tome Les martiens est un recueil de nouvelles qui complète la trilogie.

La trilogie montre un futur où l’homme a déjà posé son pied sur la planète rouge. L’Arès, un grand vaisseau emmène cent colons vers Mars, et à son bord se trouve l’homme qui a marché sur Mars. Le voyage durera un an et il sera à sens unique. Ils ne reviendront pas et il leur faudra s’adapter à la planète Mars, ou adapter la planète Mars à eux. Mais cette dernière solution ne plait pas à tout le monde et engendre des conflits. Commence alors un long travail de construction, poussé par l’exode d’autres colons qui fuient une Terre surpeuplée. Cette colonisation aiguise évidemment l’intérêt des multinationales terriennes, qui y voient une manne financière importante.

Tandis que Mars se terraforme et cherche son indépendance, la Terre connait la surpopulation et des catastrophes naturelles. Une chaine de volcans en éruption a fait monter le niveau des eaux.

Cette trilogie est longue et aborde tous les aspects, que ce soit humain, technologique, politique, écologique. Elle est suivie d’un recueil de nouvelles qui se passe dans les blancs laissés libres de la trilogie. Un cycle de référence.

Avec Mars, Ben Bova propose une science-fiction plus classique, plus hard science. Il présente la première expédition humaine vers la planète Mars. Ce qu’elle devrait être encore ce siècle-ci. L’histoire est parsemée de flashbacks qui concernent la sélection des membres d’équipage. En dehors de son aspect technique, ce livre se focalise davantage sur l’aspect psychologique ou humain d’une telle expédition. Ce livre est sorti avant la trilogie de Kim Stanley Robinson, mais a été publiée en français bien après celle-ci.

Ben Bova écrira une suite Retour sur Mars qui se passera six ans plus tard. L’histoire est davantage calquée sur le projet Mars Direct présenté à la NASA par Robert Zubrin en 1981.

Voyage de Stephen Baxter est une uchronie qui se passe dans les années 70 et 80. Kennedy n’a pas été abattu à Dallas, et la NASA ne se contente pas de mettre un pied sur la Lune. Plutôt que d’explorer le système solaire avec des sondes, l’humanité se focalise sur Mars. La prochaine étape spatiale sera la planète rouge et l’année de cet événement sera 1986.

Baxter nous conte une mission spatiale dans ces moindres détails, depuis la conception de la mission, en passant par le choix des technologies, l’incertitude de la mission, l’inquiétude du lancement, l’ennui du voyage, l’exaltation de l’objectif enfin atteint, et le retour sur Terre. C’est un roman de hard science comme Baxter sait le faire. Le livre, assez épais, reste très cohérent avec la technologie de l’époque. Il n’est pas certain qu’à notre époque on s’y prendrait de la même manière. En tout cas, Baxter reste en phase avec les programmes spatiaux de l’époque. Une référence, un livre à comparer avec celui de Ben Bova.

Références littéraires

Plutôt que de donner une liste de livres de science-fiction sur la planète Mars, je donne ici quelques références que le lecteur pourra approfondir.

  • Mars & SF (http://gotomars.free.fr/marsintro.html)
    Ce site est une vraie mine d’informations consacrée à la planète rouge et à la science-fiction. Les références que je pourrais donner sont pratiquement toutes sur ce site. Donc, commencez par-là votre exploration de la planète rouge.
  • Guerre des mondes ! de Jean-Pierre Andrevon (Les moutons électriques)
    Essai consacré au livre de H.G. Wells et à toutes ses adaptations littéraires, illustrées et cinématographiques. Cet essai est vraiment exhaustif sur la guerre des mondes.
  • Destination Mars de Alain Dupas (Solar)
    Livre de vulgarisation scientifique entièrement consacré à Mars. Cela va de la mythologie jusqu’aux futures missions d’explorations spatiales.
  • L’homme sur mars de Charles Frankel (Dunod)
    Un livre consacré à la préparation et à la réalisation d’une mission humaine sur Mars. Une mission, comme si on y était.

Il était impossible d’être exhaustif en écrivant cet article. J’ai donc dû me résoudre à parler des auteurs qui ont écrit des livres et pas des nouvelles sur Mars. J’ai par exemple éliminé Les sables de Mars d’Isaac Asimov, Total recall de Philip K. Dick. J’ai également fait l’impasse sur des livres comme Les conquérants de l’univers de Richard Bessiere, Roi de l’espace de Captain W.E. Johns, Ilium et Olympos de Dan Simmons, L’envol de Mars de Greg Bear ou Le grand livre de Mars de Leigh Brackett. On le voit, ce n’est pas les livres de science-fiction qui manquent sur Mars.

Mars reste pour l’instant un rêve inaccessible pour l’homme, mais pas pour l’humanité. Les sondes et les robots sont les seuls à pouvoir s’y rendre. Le premier homme, et pourquoi pas la première femme, devra encore attendre quelques décennies avant de pouvoir poser le pied sur Mars. En attendant, la science-fiction représente le seul moyen pour chacun de se rendre sur la planète rouge.

Marc Van Buggenhout

Deux ans !

Le 27 septembre, mon blog fête sa deuxième année d’existence. Lentement mais sûrement, le nombre de visites s’accroit, et pourtant je chronique certainement moins que d’autres blogueurs, et pas nécessairement au moment où les livres sortent. On devrait approcher les 50.000 visites en deux ans. Pour l’occasion, j’ai ajouté une page contact au blog.

Mes chroniques sont aussi disponibles sur le site de Phénix Mag qui reçoit certainement de 10 à 20 fois plus de visiteurs que mon blog. Je poste les articles en même temps des deux côtés. Exceptionnellement, une chronique échappe au blog ou à Phénix. Bien que faisant partie de la blogosphère, je ne me suis pas inscrit sur les sites agrégateurs en imaginaires. Non pas que je ne le veux pas, mais simplement par déontologie (oui, ça existe). Étant membre de l’équipe Phénix, c’est le magazine qui bénéficie de mes chroniques. Il y a aussi un éditeur qui bénéficie de cette priorité, mais pour lequel je ne lis qu’un ou deux livre par an.

Pour les deux ans d’existence du blog, j’ai décidé de faire une nouvelle bannière. J’aime bien l’ancienne faite par Paul Barbieux (et j’espère qu’il m’en fera d’autres), mais j’ai besoin de changer légèrement le look du blog.

Quels sont les sujets qui ont le mieux marché ? On trouve ma page sur l’écriture et l’édition, la liste des librairies et bouquineries à Bruxelles, et ma liste de livres à lire. Concernant les articles, Dune fait toujours le plein quel que soit le livre chroniqué, alors que la qualité des suites se dégrade de plus en plus. Comme des larmes sous la pluie reste une valeur sûre en littérature. On trouve aussi le film Iron Sky qui a intrigué beaucoup de personnes parce qu’il a tardé à sortir. Et enfin Le trône de fer (Game of thrones) dont j’avais chroniqué la saison un (et la deux dès que le coffret DVD est disponible), qui représente le meilleur de la fantasy à l’heure actuelle. Il y a toujours Honor Harrington, dont je suis un inconditionnel, ou les anthologies de Marc Bailly consacrées à Masterton avec des textes d’auteurs français. Je reste orienté auteurs classiques avec Clifford D. Simak, Jean Ray, Edgar Rice Burroughs, Arthur C. Clarke, Robert Heinlein ou Jules Vernes.

L’année passée, j’avais comme projet de faire une section imaginaire belge et une section littérature générale, mais je ne l’ai pas fait faute de temps. Par contre, j’ai créé le blog de Véronique Biefnot. C’est une amie et qui intervient de temps en temps sur mon propre blog. Ses livres seront toujours chroniqués et accompagnés de photos, vidéo et interviews. Véronique alimente régulièrement le blog que je lui ai créé en m’envoyant des infos à mettre en ligne. Et elle répond personnellement aux lecteurs et visiteurs qui souhaitent la contacter. Je me charge du côté documentation et informatique. Avant l’existence de ce blog, je postais régulièrement sur sa page Facebook. Aujourd’hui, les billets sont d’abord mis sur le blog,  puis les liens sont repris sur son mur. Les sujets sont ainsi visibles par tout le monde. Ce blog est toujours dans sa période de rodage et va se développer en fonction de l’actualité de Véronique.

Mais revenons à la science-fiction, la fantasy et le fantastique. Question lecture, j’ai fait le pas vers le livre électronique en faisant l’acquisition d’une liseuse et j’en ai profiter pour acheter une douzaine de livres de science-fiction et de fantasy (chez Bragelonne et ActuSF). Je viens de convertir mes propres textes sur ce support. Je pense que l’utilisation de la liseuse restera anecdotique, car je préfère de loin le livre papier. J’avais précédemment essayé de lire sur ma tablette et j’avais trouvé cela pénible. La liseuse ne sera vraiment utilisée que si je n’ai pas le choix du support, ou si je pars en vacances sans vouloir prendre une pile de livres papier.

Depuis la création du blog, il y a eu une évolution. La science-fiction reste prioritaire, mais le fantastique et la fantasy ont refait leur apparition. J’ai aussi ajouté une page concernant l’écriture, qui contient des références à bons nombres de livres qui peuvent aider à l’élaboration d’un livre, une nouvelle, un conte, un scénario, etc. Je confirme que ceux qui sont mentionnés sont bel et bien dans ma bibliothèque. Je ne parle pas de livre que je n’ai pas. Il m’arrive de temps en temps d’y jeter un coup d’œil pour un sujet bien particulier. J’aimerais développer cette page  en fonction du feedback des visiteurs. J’aimerais aussi que les éditeurs concernés me tiennent au courant de leurs sorties. Le paradoxe, c’est qu’il y a peut de commentaires, mais que cette page a un grand nombre de visiteurs.

Avant, je n’étais pas trop orienté sur les recueils de nouvelles. Aujourd’hui, j’ai corrigé le tir et j’aime entrecouper la lecture de romans par des recueils de nouvelles. Parfois, ce sont les auteurs de ces nouvelles qui se manifestent sur le blog et qui sont encouragés à renouveler leurs textes. C’est le côté sympa de la chose. Bien que parlant aussi anglais, je ne lis jamais de roman dans cette langue (sauf dans le cadre du boulot). Je reste profondément attaché au français et j’attends toujours que les livres soient traduits dans la langue de Molière avant de les lire. Il y a assez de livres en français que pour ne pas devoir les acheter dans leur version originale. Cela me fait toujours rire quand j’entends certains lecteurs qui ne savent pas attendre la traduction d’un livre. Oui, bon !

Dans mes choix de lecture, je reste profondément ancré vers la science-fiction et le space opera en particulier. J’aime bien de temps en temps revisité un auteur classique ou une œuvre qui date. La fantasy recommence à me plaire (grâce au trône de fer), le fantastique reste mineur chez moi, mais j’aime de temps en temps en lire. Le thriller est parfois présent avec Christophe Courthouts. La littérature me prend de plus en plus de temps, mais je ne veux pas encore me lancer dans des chroniques. En dehors de Véronique Biefnot, j’aimerais chroniqué Haruki Murakami, Yasmina Reza, Delphine de Vigan, Sofi Oksanen, Mo Hayder, Alessandro Barrico, Anna Gavalda, Eric-Emmanuel Schmitt, Katerine Pancol, Marc Levy, Guillaume Musso, Yoko Ogawa, Véronique Olmi, Jonathan Safran Foer, etc. Et oui, je sors aussi du cadre de la science-fiction, de la fantasy et du fantastique. La littérature, tout comme la philosophie, la vulgarisation scientifique et l’histoire (époque napoléonienne), est présente dans ce que j’aime. Et puis, je ne dois pas oublié la bande dessinée, qui est aussi une de mes passions.

Mes prochaines chroniques correspondent aux livres qui sont sur ma PAL. Je trouve que cette liste s’allonge dangereusement !

Depuis un an, j’aurais aimé parler de ce que j’écris. Mais j’attends pour cela que l’un ou l’autre éditeur qui a reçu mes textes m’indique si oui ou non ils sont retenus. À l’heure actuelle, il y a cinq ou six nouvelles qui sont en attente chez plusieurs éditeurs. Mon space opera est également chez un éditeur. Mais vu le nombre de livres que ce dernier reçoit, je ne m’attends pas à une réponse rapide. Et puis, la taille du livre (3.3 millions de signes), fait peur aux éditeurs. Cela me rappelle un certain Pierre Bordage qui n’avait pas non plus trouver d’éditeur pour Les guerriers du silence. J’ai donc découpé mon livre arbitrairement en trois parties égales de 1.1 millions de signes. Attention, je n’ai pas changer une ligne de texte pour y arriver. Ce n’est qu’une seule histoire, un peu comme l’était L’aube de la nuit de Peter F. Hamilton ou Hyperion de Dan Simmons. L’allusion à ces deux livres n’est d’ailleurs pas fortuite.

Donc, pour l’instant, je me concentre sur d’autres histoires à développer. Et des histoires  il y en a plusieurs. Voici quelques idées que je dois développer :

  • Un roman de science-fiction qui parle de voyage dans le passé (le 17ème siècle de Louis XIV). La manière de traiter le sujet sera soit SF, soit littéraire avec un soupçon de SF. C’est pour l’instant ma préoccupation principale. Le roman fait suite à une nouvelle que j’ai écrite en 2004, qui traitait de la période napoléonienne. C’est davantage un travail de recherche documentaire sur le 17ème siècle qui m’empêche de me lancer pleinement dans son écriture. Par contre, le script est totalement bouclé. L’auteur qui s’en rapproche le plus, c’est Connie Willis.
  • Un space opera qui s’appelle momentanément « les deux lunes » (car je n’ai pas encore trouvé le titre définitif). Roman qui se passerait dans trois siècles, où la Terre serait confrontée à une faction dangereuse d’un empire galactique. Dans sa construction, le deuxième chapitre du livre pourrait se lire comme une nouvelle et tromperait à coup sûr les lecteurs.
  • Un livre de fantasy qui parle d’une quête à travers un monde artificiel. J’en ai écrit 180 pages, mais j’ai momentanément mis le texte de côté. La fantasy a fortement évolué ces dernières années, et je devrai certainement revoir mon approche de l’histoire le jour où je m’y remettrai.
  • Il y a aussi plusieurs nouvelles de science-fiction encore à écrire, qui parlent de clones perdus sur une planète étrangères, de voyageur galactique égaré sur Terre, de cités maritimes. Les idées sont notées, mais pas encore développées.
  • Un essai sur un cycle de science-fiction connu. Le début de l’écriture devrait se situé en 2013. C’est probablement ma plus grande crainte, car je ne suis pas du tout dans mon élément. Cela dépend aussi de mon emploi du temps. Je pense qu’il faudra une année pour le réaliser, et certainement l’aide d’autres personnes.
  • Un article sur un thème de la science-fiction. C’est déjà fait, ainsi qu’une nouvelle qui se passe dans le même contexte. Reste à savoir quand ce sera publié.
  • Dans mon space opera , j’ai laissé beaucoup de questions en suspens. Je pense donner les réponses dans une suite. Mais je ne me lancerai dans l’écriture de celle-ci que si le roman actuel est accepté. Le synopsis n’est pas encore écrit, par contre les idées s’accumulent dans un carnet. Je m’attends à écrire une histoire aussi volumineuse. Donc, deux à trois ans d’écriture seront nécessaires.
  • Reste aussi une nouvelle qui est un clin d’œil à un ami déjà cité. Elle est en cours d’écriture, et pourrait trouver une suite auprès d’autres chroniqueurs et écrivains. J’ai encore du temps avant d’en dire plus à ce sujet.

Je présenterai les textes au fur et à mesure qu’ils sont acceptés. Peut-être dans une page spécifique du blog. J’ai toujours aimé les préfaces à chaque nouvelle dans les recueils.

Voilà les grandes lignes. Le blog science-fiction de Marc va donc continuer sur sa lancée, ainsi que celui de Véronique Biefnot.

 Marc

Alain Walsh (librairie Malpertuis) – L’interview

Phénix Mag n’a pas voulu clore le chapitre Malpertuis sans une dernière fois interviewer Alain Walsh dans son rôle de libraire. Marc Bailly et moi-même avons concocté un questionnaire auquel Alain Walsh a bien voulu se soumettre. Certaines questions sont impertinentes, d’autres feront sourire. Un peu plus d’une heure d’interview a été résumée dans la transcription qui suit. L’interview s’est faite un samedi matin chez Malpertuis, qui était ouvert aux clients. Connaissant le personnage depuis plusieurs années, Marc et moi avons mis Alain Walsh sur le gril, dans une ambiance bon enfant, parfois agrémentée d’éclats de rire. Je ne cache pas que je n’aimerais pas répondre à ce questionnaire. Parfois, cela fait du bien de ne pas être la victime ! En tout cas, nous espérons que cette interview vous donnera une idée du personnage qu’est Alain Walsh.

En plus de cette interview, on trouvera ci-dessous deux témoignages d’habitués de longue date de la librairie Malpertuis. Paul Barbieux, informaticien et musicien, et Philippe Vanhauwermeiren également connu sous le nom de Daidin qui tient un blog consacré à la science-fiction, mais plus axé sur l’uchronie.

Paul Barbieux.

Nous sommes en 1981, j’ai 14 ans et découvre la littérature SF au hasard des belles couvertures de Chris Foss sur les livres J’ai Lu… et des fascicules « Inexpliqué » ! Car à ce moment-là les éditions Atlas publient une nouvelle encyclopédie consacrée au « monde de l’étrange, de l’insolite et du mystère ». Et la dernière page de chaque fascicule est consacrée à un auteur incontournable de la littérature de l’imaginaire : je découvre ainsi Tolkien, Poe, Lovecraft… et Jean Ray ! Il était écrit qu’il fallait absolument lire « Malpertuis », alors me voilà en route pour un petit magasin au centre-ville qui, je ne sais plus quel copain de classe me l’a dit, ne vend que cette sorte de littérature.

Me voilà dans cette librairie à la devanture peinte en bleu, vraie caverne d’Alibaba ! Précisons que j’y entre sans voir le nom du magasin – et c’est là un détail important, qui nous vaut cette anecdote. J’y suis donc pour acheter « Malpertuis »… et enchaîne plusieurs bêtises qui ne perturbent pas monsieur Walsh, gardant son flegme britannique ! D’abord,je lui demande s’il connait ce livre, « Malpertuis », écrit par un célèbre écrivain belge. Oui, il connait (…), et il me montre le livre, en J’ai Lu. Je l’ai en main et je lui demande…si c’est vraiment bien ?!… Sic !

Mon premier livre de chez Malpertuis fut donc « Malpertuis », acheté suite à une conversation un peu décalée, pour ne pas dire de la 4ème dimension : peut-être que monsieur Walsh a oublié cet adolescent maladroit, mais moi j’y repense souvent en me disant que, heureusement, avec l’âge on mesure mieux ses paroles…

Daidin (Philippe Vanhauwermeiren)

Quand mon ami Marc m’a demandé d’écrire un mot sur la seule librairie spécialisée en SF, Fantasy, Fantastique, Esotérique… de Bruxelles à l’occasion de la fermeture de cette institution, je n’ai pas hésité.

Client de Malpertuis depuis des temps immémoriaux (à une époque où toutes les maisons d’édition réunies publiaient à peu près autant de bouquins que les seules éditions Bragelonne aujourd’hui), j’ai beaucoup fréquenté la librairie à une époque où je forgeais ma collection de bouquins de SF. Par la suite, mes passages se sont un peu espacés parce que je fréquentais beaucoup moins le quartier et que plusieurs concurrents sérieux ont vu le jour (pour les nouveautés uniquement) : la Fnac, Filigranes… qui présentaient l’avantage de proposer aussi d’autres médias (jeux, CD, DVD…), mais pendant toutes ces années, Malpertuis est restée la référence lorsqu’on cherchait une information ou un livre épuisé.

Malpertuis, c’était une petite (au sens propre, elle devait faire une douzaine de mètres carrés) librairie sise non loin de la grand place de Bruxelles. Ne payant pas de mine de prime abord, on pouvait cependant y trouver l’essentiel de la littérature SF-Fantasy… dans un cadre somme toute prestigieux. La maison où était situé le magasin aurait elle-même pu se retrouver dans une anthologie fantastique ou dans un dessin de Smit-le-Bénédicte.

Malpertuis, c’était l’endroit où l’on pouvait trouver toutes les nouveautés bien sûr, mais aussi tomber sur le bouquin épuisé que l’on cherchait depuis des années (vous savez, ce Philip K. Dick paru chez « Le Masque » sous deux couvertures différentes…, vous n’auriez pas celui avec la deuxième couverture ?!?).

Malpertuis, c’était surtout Alain Walsh, un personnage en soi. Plein d’enthousiasme et incollable sur les bouquins parus en Français (La vraie langue comme il dit, ne lui parlez surtout pas de l’autre…), Alain pouvait être bourru par moment, avec des idées bien ancrées sur certains sujets et les défendant parfois avec vigueur. On pouvait cependant compter sur lui pour essayer de vous procurer ce bouquin paru chez un petit éditeur obscur du fin fond de la Bretagne.

Je suis passé chez Malpertuis il y a quelques jours et pour la première fois depuis des années, j’ai vu des rayons incomplets, une table des nouveautés qui ne présentait plus de nouveautés… Triste spectacle !

Au moment où j’écris ces lignes, Malpertuis est sans doute fermée, aucun repreneur sérieux ne s’étant manifesté à ma connaissance. J’espère qu’une autre librairie spécialisée renaîtra à Bruxelles pour reprendre le flambeau et représenter les littératures de l’imaginaire.

Lors de notre discussion ce jour-là, Alain m’a confié qu’il avait de nombreux projets (dont certains concernaient la science-fiction) et notamment des voyages. Alors So Long Alain, bon voyage sur des routes qui ne sont pas toutes imaginaires et qui sait, on se reverra peut-être au bar du coin des temps !

Interview Alain Walsh le 12 novembre 2011

L’aventure Malpertuis touche gentiment à sa fin. Quel bilan fais-tu de ces 35 ans d’activités ?

Beaucoup de plaisir. C’est le bilan numéro un. Sans compter, plein de gens intéressants. J’ai vécu de la manière dont je voulais. Si c’était à refaire, je recommencerais. On peut dire que c’est positif !

Comment est née l’idée d’ouvrir une librairie de science-fiction, fantasy et fantastique à Bruxelles(sans oublier l’ésotérisme et la bande dessinée) ?

Et bien je suis passé dans la rue, j’ai vu que la maison était vide, remplie de brol. Je me suis dit depuis quelque temps que j’avais envie d’ouvrir une librairie. Ça me semblait un bon endroit. J’ai trouvé le propriétaire, on s’est mis d’accord, et j’ai ouvert. C’est aussi simple que ça.

Pourquoi as-tu envie d’ouvrir une librairie ? Qu’est-ce qui t’attirait là-dedans ?

J’aimais la science-fiction, j’aimais le livre. Je me suis dit : pourquoi pas ?

Directement la science-fiction ?

Science-fiction, fantastique, fantasy, c’est le même type de pensée. L’ésotérisme, car cela complétait le fantastique au point de vue documentaire. La BD est venue six mois plus tard. Au départ, je ne pensais pas faire la BD, mais on m’a demandé. Comme en BD il y a beaucoup de science-fiction, fantasy et fantastique… J’ai fait un peu de BD aussi.

Est-ce que le nom Malpertuis est un hommage au livre de Jean Ray ? Ou y a-t-il une autre explication au nom de la librairie ?

J’aimais bien l’œuvre de Jean Ray. Et comme la maison du magasin semblait vaguement bizarre. À l’époque tout était encombré de manière pas possible, je me suis dit que « Malpertuis » cela allait bien.

Mais comme tu préfères la science-fiction, tu aurais pu prendre un nom lié à la science-fiction ?

J’aurais pu, mais je ne l’ai pas fait !

Pourquoi ? Qu’est-ce qui t’intéressait dans l’œuvre de Jean Ray ?

Je trouvais que c’était d’abord un auteur belge. Je l’ai toujours trouvé très intéressant. J’ai lu tous les Marabouts à l’époque. Toute son œuvre était éditée par Marabout, y compris les Harry Dickson. Et je trouvais que dans le fantastique, avec Thomas Owen, il était le plus marquant de l’époque.

Et maintenant, 40 ans après ?

Il est toujours aussi bon. On a maintenant le plaisir de lire quelque chose qui se passe à une époque un peu révolue. C’est un autre type de plaisir, mais les ressorts fantastiques y sont. Le fantastique est souvent axé sur le passé. C’est la raison pour laquelle je trouve que c’est un bon auteur.

Ouvrir une librairie spécialisée dans l’imaginaire, était-ce un risque calculé ? Ou bien le désir l’a emporté sur la raison, et tu t’es lancé dans cette aventure sans trop réfléchir ?

Je me suis lancé rapidement. Je n’ai jamais envisagé que cela ne marche pas. Je me suis dit que si le chiffre d’affaires progressait, j’étais dans le bon. Cela a commencé très doucement, avec peu de bouquins. J’ai eu de plus en plus de clients. Je me suis fait connaitre, et de fil en aiguille Malpertuis est devenu ce que vous connaissez. De manière assez naturelle.

C’était en 1976 ?

C’était en 1976.

Et tu lisais déjà à l’époque ?

J’ai toujours lu. Je ne me souviens pas d’une période où je n’ai pas lu. La science-fiction a toujours été ce que j’aimais.

Malpertuis est situé derrière la Grand Place de Bruxelles. As-tu un jour pensé à déménager la librairie pour un endroit plus grand ou plus facile d’accès ?

J’y ai parfois pensé, mais je me suis dit que si Malpertuis s’agrandissait, je devrais prendre du personnel et je ne m’en sortirais pas tout seul. Donc, je ne serais plus libraire, mais gestionnaire. Cela ne m’intéresserait pas du tout !

Malpertuis, ce n’est pas simplement des lecteurs. C’est aussi de belles rencontres avec des acteurs du domaine (auteurs, éditeurs, etc.). Y en a-t-il qui t’ont marqué plus que d’autres ?

Je dirai Jacques Van Herp, qui était quelqu’un d’extrêmement cultivé dans le domaine et qui avait son franc-parler.

Y en a-t-il que tu aurais aimé recevoir chez Malpertuis ? (indifféremment de la langue qu’il parle)

Il y en a beaucoup que j’aime. Si on commence maintenant la liste, on peut la terminer demain.

Bon nombre de clients de Malpertuis venaient aussi pour être conseillés. En tant que libraire tu t’es beaucoup plus investi que bon nombre de confrères. Était-ce un choix délibéré ? Penses-tu que cela fait partie du rôle d’un libraire ?

Je pense que c’est rigoureusement indispensable. Le travail du libraire est de conseiller son client. Également conseiller dans ce qu’on estime qu’il ne doit pas acheter, car cela ne lui plaira pas. C’est très important. Il y a à conseiller les livres qu’il va apprécier, mais il y a également à déconseiller. Bien entendu, il s’agit de faire cela avec des clients qu’on connait bien. La personne qui rentre, qu’on n’a jamais vu, c’est assez difficile.

Est-ce que la découverte de nouveaux auteurs, telle que Adriana Lorusso, s’inscrit dans la même démarche ?

Oui, parce qu’un libraire est sensé lire énormément, et lire les nouveaux auteurs en priorité. Et dans le cas d’un manuscrit, pourquoi pas, bien que ce ne soit pas le travail du libraire. Si l’occasion se présente, il n’y a pas de raison.

Et tu en as eu d’autres comme cela ?

Publié ? Non. J’ai lu, j’ai conseillé. Cela suit son petit bonhomme de chemin.

Que penses-tu du niveau actuel en imaginaire ? Est-ce mieux qu’il y a 35 ans ? Ou bien les livres se sont simplement épaissis au fil du temps ?

Il y a toujours d’excellents bouquins qui sortent, mais il y a une pléthore de sorties, qui fait qu’on n’a plus l’occasion de tout connaitre. Et évidemment, cela amène les éditeurs à sortir des textes un peu plus faciles. Mais, étant donné qu’il sort beaucoup, il y a toujours d’excellents textes qui sortent. On parle de manière récurrente de crise dans tel ou tel domaine de l’imaginaire. Je ne l’ai jamais ressenti. J’ai toujours trouvé qu’il y avait pas mal de textes qui sortaient. Je lis encore des nouveautés qui sont réellement intéressantes, qui sont originales, surtout en science-fiction. La science-fiction, c’est le domaine numéro un de l’imaginaire. La fantasy et le fantastique sont basés sur des archétypes plus connus. Donc, pour se renouveler, ce n’est pas toujours évident.

Malpertuis, c’est aussi un grand nombre de discussions, de débats, qui se créaient spontanément et qui débordaient parfois du domaine de l’imaginaire. Y a-t-il une explication à ce phénomène ?

Je crois que pas mal de gens se sentaient bien à Malpertuis. Lorsqu’on se sent bien quelque part et qu’on rencontre des gens qu’on trouve sympathiques, on parle avec eux. Pas plus compliqué que cela.

Est-ce qu’Alain Walsh est un grand psychologue ?

Je n’en sais fichtre rien !

Quels sont les livres qui t’ont marqué dans le genre qui nous intéresse ?

Il y en a tellement… Certains classiques : Les Fondation d’Asimov, Dune de Frank Herbert. Au fil du temps on découvre d’autres auteurs. David Weber avec la série Honor Harrington qui est de la bonne science-fiction. D’un côté traditionnelle, mais bien renouvelée. C’est la question épouvantable ! Il y a Peter Hamilton également.

Y a-t-il des livres qui a tes yeux sont incontournables ? Et pourquoi ?

Il y a des livres incontournables, mais ils ne sont pas incontournables pour tout le monde. C’est une question de gout. Il est tout à fait légitime de ne pas aimer Hypérion de Dan Simmons qui est l’œuvre que j’adore. Donc, on ne peut jamais dire qu’une œuvre est incontournable. C’est un peu comme si on imposait la lecture à quelqu’un. Ce n’est pas logique. On peut sortir une bibliothèque d’une centaine de volumes dans lesquels un amateur trouvera toujours d’excellents auteurs qu’il va apprécier, mais il y a peu de chance qu’il aime les cent auteurs en question, qui sont considérés chacun comme extrêmement importants par beaucoup de gens.

Mais comment peut-on dire qu’un auteur est devenu un classique ? Ses chiffres de ventes ?

Oui, en quelque sorte.

Mais quels ont été les meilleurs chiffres de vente chez toi ?

Étant donné que je n’ai jamais tenu de statistiques de ce genre, c’est très difficile à dire. Cela varie un peu au fil du temps. Par exemple John Scalzi a sorti son premier bouquin (Le vieil homme et la guerre), c’était la découverte. J’ai fait énormément de vente de Scalzi.

Il y en a eu d’autres comme ça ?

Oui. Il est incontestable que la publicité d’éditeur ou de critique joue. Dans la publicité d’éditeur, il y a parfois à boire et à manger.

Y a-t-il des livres qui n’ont pas eu le succès escompté, mais qui méritaient un plus grand intérêt de la part des lecteurs ?

C’est purement personnel. Chacun va estimer cela. Tout amateur va dire : « Tiens, j’ai adoré ce bouquin et on n’en parle pas ».

Et l’inverse ? Les éditeurs annoncent qu’un livre va cartonner et finalement cela a été un flop ?

Oui, c’est arrivé, mais je n’ai pas mémorisé.

Un bouquin dont tu attendais beaucoup ? Même toi en le lisant tu te disais « ou là là ».

Lorsque je suis déçu, je ne m’appesantis pas sur le livre et j’oublie. Ce n’est pas tellement important. Tant pis, on a perdu un peu de temps et c’est tout.

La science-fiction, la fantasy et le fantastique ont évolué et les lecteurs aussi. Quel regard as-tu sur le domaine de l’imaginaire depuis que tu as créé Malpertuis jusqu’à aujourd’hui ? Et quelle sera l’évolution du genre ?

L’évolution du genre est difficile à déterminer étant donné qu’un auteur de science-fiction se base à la fois sur les nouvelles découvertes technologiques et également sur ce qui se passe dans la société en général, et d’éventuelles prospectives ou non, où il extrapole par rapport à un phénomène particulier. Et donc, c’est en perpétuelle évolution. Mais depuis le début, ça se passe comme cela. Donc, au total la science-fiction va continuer à évoluer, mais en suivant ce même type de schéma : essayé d’être toujours en avance et imaginative.

Y a-t-il encore une grande différence entre ce que les auteurs anglo-saxons et francophones produisent en imaginaire ? Va-t-il un jour y avoir une convergence dans la manière d’écrire ou de présenter des sujets ?

Étant donné, que les auteurs francophones lisent beaucoup d’auteurs anglo-saxons, il est évident qu’ils sont malgré tout imprégnés par la science-fiction anglo-saxonne en général. Et donc, oui, il y a une certaine convergence. Mais les types d’écriture, de sujet, de préoccupation sont assez différents en règle générale.

Et comment tu expliques ça ?

C’est culturel. Si on prend un européen, Eschbach par exemple, qui est un excellent auteur, il est différent des auteurs anglo-saxons et francophones. Il y a une différence culturelle et c’est fort heureux. C’est ce qui fait la richesse évidemment.

Y a-t-il des choses que tu aurais aimé faire dans le cadre de ton activité, mais que tu n’as pas pu concrétiser ?

J’aurais aimé faire un peu plus de tout. Mais étant donné qu’il n’y a que 24 heures dans une journée… Disons que pour être un libraire correct, il faut que la librairie soit ouverte. Et cela nécessite une plage horaire très importante. Donc, aller à des conventions, oui, une fois de temps en temps. Je ne peux pas me le permettre tout le temps parce qu’il faut fermer le magasin. Rencontrer des auteurs, oui le soir. Mais ce serait plus gai de la rencontrer pendant la journée. J’aurais aimé rencontrer plus d’auteurs, parler plus longuement avec certains auteurs. J’aurais aimé lire encore plus !

Peux-tu nous dévoiler un coin du voile sur ton propre avenir, car on peut supposer que l’imaginaire restera une de tes préoccupations principales ?

Je vais avoir le temps de lire. C’est merveilleux ! Je vais peut-être essayer d’écrire quelque chose, et je verrai bien si ça vaut le coup après l’écriture du premier chapitre. Il est vraisemblable que j’écrirai quelques chroniques. Je parlerai à l’occasion de quelques bouquins que j’aime bien.

As-tu un genre de prédilection ?

Vraisemblablement la science-fiction.

Peut-on s’attendre à avoir de tes nouvelles sur le Web ou à travers un autre média ?

C’est possible !

Quel est ton auteur de littérature général préféré ?

Je n’en ai pas. J’en lis de temps en temps, mais franchement je n’ai pas d’auteur particulier. J’achète plutôt les bouquins sur un sujet donné. Je préfère lire de la science-fiction et du fantastique. Il n’y a pas d’auteur qui m’enthousiasme. Pas au point de délaisser la science-fiction et le fantastique.

Quel est ton film préféré dans le domaine imaginaire ?

Alien.

Pourquoi Alien ?

Parce que j’ai trouvé le film intéressant à l’époque où il est sorti. C’était la première fois qu’on voyait une technologie utilisée. Ce n’est pas des vaisseaux rutilants qui sortaient d’usine. C’est la première fois qu’on voyait de vieux vaisseaux, qui n’étaient pas des prototypes, pas clinquants. J’ai trouvé que le scénario était excellent et que c’était une bonne idée.

Et les suites ?

Les suites sont des suites !

Quels sont les derniers livres que tu as lus et que tu recommanderais ?

La trilogie du vide de Peter F. Hamilton.

Quel est ton principal trait de caractère ?

Ce n’est pas une question facile. Je crois que j’aime le contact avec les autres. La communication.

Qu’est-ce qui t’énerve ?

L’imbécile.

Quel est le don que tu regrettes de ne pas avoir ?

Être plus doué en langue pour apprendre l’Espagnol. Cela permet de voyager en Amérique du Sud, ce qui m’intéresse. J’aurais bien aimé connaitre la physique quantique. Tout ce que l’on ne connait pas est intéressant. Le dessin, peut-être. Le dessin permet une certaine représentation. On doit magnifier ce que l’on sait bien faire plutôt que se lamenter sur ce qu’on ne fait pas bien.

Quel est ton rêve de bonheur ?

C’est avoir du temps pour faire tout ce dont j’ai envie. Je crois que le bonheur c’est de faire ce dont l’on a envie. Pouvoir le faire longtemps. Et plus on vit, plus on connait de choses. Plus on connait de choses, plus on a envie de faire des choses.

Par quoi es-tu fasciné ?

Par l’imagination, lorsqu’un auteur a une nouvelle idée.

Cela devient difficile aujourd’hui de trouver des nouvelles idées ?

Je crois que cela a toujours été difficile. Mais les nouvelles idées sont toujours la suite d’autres. Dans les connaissances humaines, toutes les découvertes sont les suites d’autres découvertes. Et l’imagination même dans le domaine littéraire s’appuie sur ce qui a déjà été fait.

Et la première pensée de l’être humain s’appuie sur quoi ?

L’être humain a eu envie de quelque chose. Manger, attraper un animal, se chauffer. Et il a commencé à réfléchir comment l’avoir.

Tes héros dans la vie réelle ?

Bill Gates. Il a réellement une pensée sur l’informatique, qu’il a mise en application. Et c’est également quelqu’un qui a décidé, et qu’il le fait, de donner 95 pour cent de sa fortune, les 5 pour cent restants allant à ses enfants. Il donne plus que les états pour la recherche médicale sur le SIDA. Pour ce que j’en sais, c’est un excellent patron.

Si tu rencontrais le génie dans la lampe, quels seraient tes trois vœux ?

1. Que nous puissions tous être immortels, 2. En excellente santé, 3. Que l’on puisse facilement atteindre les autres planètes du système solaire, car sinon cela nous poserait un sérieux problème de surpopulation !

Tu penses qu’on pourrait être immortel ? Est-ce que tu crois que c’est une bonne chose ?

Pour l’être humain, oui. Pour la race humaine, non, car elle ne se développerait plus. Mais avec les thérapies géniques, nous pourrions nous améliorer.

Ne dit-on pas que l’être humain peut avancer, peut innover justement parce qu’il est mortel ?

C’est peut-être le vieillissement qui empêche les gens d’être aussi productifs et imaginatifs dans le développement de la pensée. Un scientifique qui a émis des idées novatrices pourrait peut-être continuer à en avoir tout le temps. Mais c’est relativement rare.

Si tu avais la possibilité d’utiliser la machine à remonter le temps, à quelle époque irais-tu ?

D’abord je vérifierais de pouvoir revenir ! Il est certainement intéressant de vivre à l’époque victorienne, à condition d’être dans les classes supérieures de la société, et de ne pas devoir passer chez le dentiste ! Je pense que j’irais voir l’époque de la république ou de l’Empire romain. C’est une période historique qui m’a toujours intéressé. J’irais également, volontiers, à l’époque napoléonienne. Allez en Chine à l’époque des sept royaumes, ça doit être fascinant.

Si tu pouvais revenir en 1976, qu’est-ce que tu dirais au jeune Alain Walsh qui passe dans la rue ?

Vas-y !

Est-ce que ta vie est à l’image que tu espérais ?

Il y a évidemment des choses que l’on changerait. J’ai commis des erreurs, j’ai souvent fait un mauvais choix. Bien sûr, il y a des choses que je ne ferais plus. Mais globalement, je ferais la même chose, parfois autrement.

Pourrais-tu citer cinq choses qui te plaisent ?

La randonnée, voyager, la lecture, les jeux (mais pas d’argent), être en compagnie d’amis

Pourrais-tu citer cinq choses qui te déplaisent ?

Les gens qui croient tout savoir et qui hélas savent peu, les gens méprisant vis-à-vis des gens censés être inférieurs à eux, les abats, je n’aime pas que les Anglais occupent toujours l’Irlande, les gens bruyants qui dérangent les autres.

Le premier livre que tu as aimé ?

Je ne me rappelle absolument pas mes premiers livres d’enfants. Je me souviens d’un livre d’illustrations qui représentait le futur.

Quelle illustration t’a marqué ?

Des illustrations de Christopher Foss, des vaisseaux spatiaux

Une lecture que tes parents t’ont interdit ?

Mon père ne m’interdisait pas, mais plutôt me dirigeait vers des livres. C’était : regarde ce qui te plait, et prends-le !

Une vision ou illustration effrayante que tu n’as jamais oubliée ?

J’étais enfant, et c’était un film avec une momie. La momie m’a totalement terrorisé. À l’époque, c’était à l’école dans la salle de gymnastique.

Un livre dont tu aimerais écrire la suite ?

Il n’y en a pas ! La question ne se pose pas.

Ton personnage de fiction préféré ?

Honor Harrington.

Es-tu présent dans le livre d’un autre ?

C’est une bonne question ! Dans une nouvelle de Jacques Van Herp, je pense. Je sais que Baronian a parlé de la librairie.

Quelle œuvre classique n’as-tu pas aimée ?

Émile Zola. Peut-être relirais-je Zola, germinal par exemple. Mais d’un point de vue historique.

Quel est le dernier livre que tu as offert ?

Une histoire qui se passe à une époque victorienne, dans une réalité alternative : Sans âme.

Que ne lis-tu jamais ?

Des précis de philosophie bantous !

Le texte absolu à tes yeux, et pourquoi ?

Il n’y a pas de texte absolu.

Le principal trait de ton caractère ?

Le contact

Celui dont tu es le moins fier ?

Je peux m’énerver, m’agacer.

Que changerais-tu chez toi si tu le pouvais ?

J’essayerais d’être plus patient.

Ton remède contre le stress ?

Un bon bouquin.

Qu’as-tu le mieux réussi dans ta vie ?

Au vu des réactions que je vois maintenant, je n’ai pas été un mauvais libraire. Vu le nombre de gens qui ont l’air malheureux, je pense que j’ai dû atteindre le but qui était le mien, qui était de donner du plaisir de lecture aux gens qui sont rentrés chez Malpertuis. J’ai toujours essayé que la personne qui sort d’ici reparte avec des livres qu’elle va lire avec agrément.

Un souvenir d’enfance ?

Quand j’ai été avec mon père au planétarium.

Que sont devenus tes rêves ?

Les rêves, soit ils se réalisent, soit ils se modifient, soit on les envisage pour un peu plus tard. Comme je ne suis pas encore mort, j’espère qu’il y a encore pas mal de choses, qui j’espère, vont se réaliser.

Le meilleur souvenir professionnel ?

J’en ai beaucoup. Lorsque Van Vogt est venu ici, via la convention. En 1971. C’était un grand de la science-fiction.

Le casting d’un diner idéal chez toi ?

Avec des amis.

Ton livre de chevet ?

Il change tout le temps ! Je relis souvent du Lovecraft.

Pourquoi du Lovecraft ?

Je trouve merveilleux qu’il soit arrivé à construire au fil de nouvelles tout un univers. Le monde de Cthulhu avec ses dieux. C’est assez exceptionnel.

Acteurs et actrices préférés ?

Je regarde des films pour me divertir. Je n’ai pas d’acteur ou d’actrice préféré. Je ne vais jamais regarder un film pour un acteur ou une actrice donné.

Qu’est-ce que tu aimes qu’on dise de toi ?

Il est sympa.

Que préfères-tu dans ce métier ?

Chaque fois qu’il y a des nouveautés et que j’ouvre les caisses, c’est comme si je recevais des cadeaux. C’est la découverte.

Ta madeleine de Proust ?

J’aimerais bien me retrouver avec des amis chez mon oncle Pat.

Un an !

Un an d’existence ! Aujourd’hui, le blog a exactement un an. Il a été créé le 27 septembre 2010 avec WordPress. Un blog qui a accueilli plus de 21 000 visites (spams décomptés). Je pense que si on m’avait dit cela il y a un an, j’aurais signé les yeux fermés, surtout que la vocation principale du blog c’est de présenter des livres de science-fiction, de fantasy, de fantastique, mais aussi des BD (et dans une moindre mesure des films ou des séries).

L’écriture est pour l’instant le domaine le plus en retrait, car tant que ce que j’ai écrit n’a pas été entièrement révisé et proposé à un éditeur, je ne veux pas trop aborder le sujet. Ça m’apprendra à écrire des pavés qui doivent être découpés en trilogie ! Je dirai qu’il en est de même pour les nouvelles. Tant que rien n’est publié, je n’en parle pas. Mais j’espère que cela va changer prochainement.

Le blog s’est ouvert à un ou deux livres écrits par des auteurs belges (Christophe Courthouts, Véronique Biefnot), et pas nécessairement dans le domaine qui nous intéresse le plus. J’envisage même de chroniquer Éric-Emmanuel Schmitt avec une uchronie.

Au niveau des statistiques, il y a eu plusieurs pics concernant le recueil de nouvelles consacré à Jimmy Guieu. Mais surtout autour du centième billet qui était consacré à Dune (le livre original). C’est même la chronique qui bat tous les records. En deuxième position, c’est le livre de Véronique Biefnot, comme des larmes sous la pluie qui recueille le plus de visites (dont ma chronique est sur Amazon), mais avec moins d’interventions de la part des visiteurs. C’est un choix personnel d’avoir présenté un livre de littérature, écrit par quelqu’un que je connais personnellement et que j’apprécie beaucoup. En dehors de cela, les pages les plus consultées sont : Ma pile de livres, Ma science-fiction idéale, Librairies et bouquineries à Bruxelles. Évidemment il y a aussi la liste de liens mis à la disposition des visiteurs. J’en ai oublié beaucoup, mais la liste actuelle est déjà pas mal pour ceux qui veulent découvrir l’imaginaire.

Le blog va continuer sur sa lancée. On retrouvera comme d’habitude mes chroniques sur le site Phénix Mag. Je ne veux rien promettre sans certitude, mais il est possible qu’un ami proche, connaissant bien la science-fiction, la fantasy et le fantastique, fasse de temps en temps son apparition sur le blog. Mais à l’heure actuelle, rien n’est moins sûr. En tout cas, la porte reste grande ouverte pour l’accueillir s’il souhaite se manifester. Il en est de même pour Véronique Biefnot, qui peut se manifester à tout moment si elle le souhaite.

J’apprécie beaucoup les interventions des différents visiteurs, que je laisse librement s’exprimer. Évidemment, ce n’est pas un forum. Certaines interventions mériteraient des développements plus poussés.

En d’autres termes, je suis content du résultat. C’est inespéré, surtout que l’idée de départ a toujours été de proposer des chroniques de manière personnalisée (pas formatées comme dans les journaux), subjective (ce que j’aime vraiment ou pas), positive (en indiquant au visiteur pourquoi il m’a plu, et si ce n’est pas le cas c’est que ce n’était pas ma tasse de thé). Je constate que bon nombre de visiteurs ont décidé de franchir le pas en lisant les livres chroniqués. J’espère leur avoir donné l’envie de pousser plus loin la découverte d’un auteur, d’un livre ou d’un genre. Je reste d’ailleurs ouvert à toute suggestion de la part des visiteurs.

Des projets ? Continuer les chroniques et faire partager mes coups de cœur. Continuer à écrire, mais d’abord avancer dans le parcours du combattant, et proposer mon livre de science-fiction à un éditeur capable de le publier (il est actuellement scindé en trois parties de 1.1 million de signes). Mais ne vendons pas la peau de l’ours avant de l’avoir tué…

Je voudrais remercier tous ceux qui ont décidé de venir me rendre visite, d’intervenir sur le blog, ainsi que ceux qui ont écrit et édité les livres que je chronique. C’est un réel plaisir, un hobby, et pas une profession.

Marc