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Plaies d’honneur – David Weber


Trop long, trop de personnages et trop lent. Voilà ce que je reprocherai à ce dixième opus de Honor Harrington. Bien que j’adore ce cycle, je dois constater que David Weber n’a pas pensé à ses lecteurs en écrivant ce livre. Il aurait pu faire 300 pages de moins sans nuire à l’histoire. Non, malheureusement il faut lire plus de 1200 pages pour se rendre compte que c’est reparti pour un tour.

Depuis l’attentat contre le précédent gouvernement Manticorien, cinq ans se sont écoulés et le nouveau gouvernement de Haute-Crète n’a pas cru bon de maintenir les investissements militaires, tout comme il n’a pas signé de traité de paix avec Havre, et par la même occasion il n’a pas restitué les systèmes stellaires conquis. La FRM (flotte royale manticorienne) ne peut pas protéger convenablement tous les systèmes conquis depuis la dernière guerre. Mais pendant ces cinq années de trêve, la république a reconstruit sa flotte.

Honor Harrington et Havre-Blanc sont dans l’opposition et constituent la vraie opposition contre le gouvernement de Haute-Crète. Mais Honor Harrington est envoyée en Silésie pour prendre le commandement de la base de Sidemore. Elle est aux commandes d’une flotte de vaisseaux qui ne sont pas de dernière génération. Heureusement une flotte Graysonienne constituée de bâtiments modernes accompagne sa flotte Manticorienne. On assiste à des échanges diplomatiques entre le gouvernement Manticorien qui est incompétent et le gouvernement Havrien qui veut la paix, mais prépare la guerre si le traité de paix n’est pas signé rapidement. Un vrai paradoxe.

Seul le Protecteur Benjamin Maihew semble rester lucide. Tandis que les relations entre Manticore et Grayson semblent se détériorer à cause de l’incompétence du gouvernement Haute-Crète, Maihew n’a pas hésité à renforcer la flotte de son meilleur officier et à renforcer le détachement Manticorien qui protège le trou de ver de l’étoile de Trévor.

Ce livre est moins guerrier que les précédents. David Weber s’est focalisé sur les différents protagonistes (en trop grand nombre) et nous fait suivre toutes leurs élucubrations et tergiversations jusqu’au point de non-retour. On peut pratiquement dire qu’il ne se passe rien dans le premier des deux tomes, et que l’histoire ne démarre qu’après 200 pages dans le second tome. C’est beaucoup de temps perdu pour le lecteur. Les scènes de bataille sont bien présentes, mais elles sont coupées, comme si David Weber n’avait plus envie de nous les raconter jusqu’à leur dénouement. Souvent c’est au chapitre suivant qu’on apprend que la bataille a été gagnée par un des adversaires.

Après lecture de ce tome 10 beaucoup trop gros, on comprend que Manticore se retrouve à la case départ et que David Weber a placé ses personnages dans une situation qui permettrait d’écrire encore plusieurs livres.

À lire absolument pour les inconditionnels d’Honor Harrington (dont je suis), mais ce n’est pas le meilleur livre du cycle. Tout au plus le plus épais. C’est plus un vrai exercice d’endurance qui met à rude épreuve la patience du lecteur. Je me demande parfois si ce livre n’a pas été écrit tout simplement pour vérifier la fidélité des fans de la série. Oui, je sais, j’en fais partie !

Plaies d’honneur T.1 & 2, David Weber, L’Atalante poche, 2019, 1258 pages, couverture de Genkis

Plaies d'honneur - David Weber

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Le dernier pharaon – Schuiten, Van Dormael, Gunzig, Durieux

Comme beaucoup d’amateurs de bandes dessinées, j’ai attendu avec impatience le Blake et Mortimer réalisé par François Schuiten, Jaco Van Dormael, Thomas Gunzig. Le premier choix cornélien quand je suis arrivé chez mon libraire BD c’est de savoir quel format j’allais prendre. Vu les magnifiques dessins de Schuiten parfois augmentés (ou coupés) suivant le format choisi, j’ai opté pour les deux. Comme le format italien est limité en nombre d’exemplaires, il deviendra collector, et ceux qui ne l’auront pas acheté maintenant le regretteront plus tard. Si le prix est différent, il est justifié par son nombre de pages plus important.

L’histoire commence là où se terminait le mystère de la grande pyramide. Blake et Mortimer sortent de celle-ci avec une amnésie partielle concernant l’aventure qu’ils viennent de vivre. Quelques années ont passé et Mortimer se retrouve à Bruxelles, appelé pour résoudre l’énigme d’un mystérieux rayonnement issu des entrailles du palais de justice. Malheureusement ce rayonnement électromagnétique perturbe tous les engins électriques. La ville est évacuée et le palais de justice entouré d’une cage de Faraday. De retour à Londres, Mortimer est sollicité par son ami Blake pour revenir à Bruxelles et tenter de stopper ce rayonnement qui a repris. Parachuté sur la ville, Mortimer doit d’abord traverser celle-ci avec tous les dangers que cela représente et trouver le moyen de neutraliser ce rayonnement. Voilà la trame générale de cette BD.

Depuis l’enfance, je lis les aventures de Blake et Mortimer dessinées et écrites par Edgar P. Jacobs, mais aussi par les auteurs et dessinateurs qui ont repris le flambeau. Mais je n’ai pas éprouvé la même chose avec ce dernier pharaon. J’ai eu l’impression que c’était un tome de plus des cités obscures dans lequel Blake et Mortimer apparaissaient.

Je ne suis pas vraiment un fan de l’univers de Schuiten. J’ai néanmoins lu la fièvre d’Urbicande, Brüsel, et la Douce/12 et Bruxelles Itinéraires. Cela reste un univers froid et glauque, dans lequel le lecteur que je suis a difficile à avoir de l’empathie pour les personnages. Je ne reconnais pas Mortimer, qui a l’air d’être en fin de vie, et Blake qui fait de la figuration, sans parler d’Olrik qui est absent de cette histoire. La complicité entre Blake et Mortimer semble d’un autre âge, voire presque inexistante. Ils sont fatigués, et presque des inconnus l’un pour l’autre. C’est comme si la vingtaine d’aventures qu’ils ont vécue ensemble n’avait pas soudé leur amitié. Mortimer qui a toujours eu un esprit positif, curieux et téméraire, se retrouve face à un problème technologique (le rayonnement et le champ électromagnétique qui se dégagent du palais de justice). On y a ajouté une touche de mystère, alors que Jacobs a toujours privilégié la science plutôt que le fantastique.

Cela reste une bonne bande dessinée admirablement bien dessinée par Schuiten, mais avec un scénario plutôt faible par rapport aux « vrais » albums de la série. C’est paradoxal avec trois scénaristes talentueux on n’obtient pas une meilleure histoire. Cette BD est plutôt un prétexte pour montrer Bruxelles dans un futur post-cataclysmique, avec en toile de fond le palais de justice qui s’impose comme le lieu le plus étrange de la capitale belge. Et surtout un prétexte pour l’inclure dans les cités obscures.

Comme Bruxellois c’est un vrai bonheur de voir les magnifiques dessins de Schuiten et la mise en couleur de Durieux dans les deux formats. J’avais aimé « Bruxelles itinéraires » de Schuiten et Coste chez Casterman.

Concernant la grande pyramide, certains des lieux sont plus détaillés chez Schuiten que chez Jacobs.

En revanche, les phylactères sont loin d’être aussi remplis que ceux de Jacobs. Je pensais que la verve de Thomas Gunzig (que j’écoute régulièrement sur la première le matin) aurait permis des dialogues plus étoffés comme on a l’habitude d’en voir dans un Blake et Mortimer. Mais il n’en est rien. Dommage.

Trois scénaristes devraient normalement donner une bande dessinée de meilleure qualité. Ce n’est pas gagné !

Une erreur de taille concerne les dieux égyptiens. Il y a une énorme différence entre Aton le dieu unique de l’Égypte et Amon le dieu de Thèbes. Une lettre dans le nom change tout. Je signale que Wikipédia, ça existe…

Une autre erreur, c’est le SIS Building à Londres, plus connu comme le quartier général du MI5 et MI6, les services secrets anglais. Vous savez, là où James Bond travaille. Si la bande dessinée se passe dans les années 70 ou 80 comme le suggèrent certains véhicules (le vieux bus), ce bâtiment ne peut pas apparaitre dans l’histoire, car il date d’avril 1994 ! Deux décennies plus tard.

Le lien entre le mystère de la grande pyramide et le dernier pharaon est original et l’amnésie de Blake et Mortimer permet ce tour de passe-passe. Par contre, faire apparaitre la fille du cheik Abdel Razek et révéler qui est le dernier pharaon est un peu simpliste. C’est là que le scénario pèche par sa simplicité. Et puis, où est Olrik dans cette bande dessinée ?

Je considère plutôt cet album comme un hors-série par rapport au cycle. Il n’a d’ailleurs pas de numéro contrairement aux autres tomes. Donc, c’est une initiative indépendante, comme c’est par exemple le cas chez Spirou pour lequel il existe des albums qui ne se raccrochent pas au cycle principal. Dans ce cas, cela ouvre la porte à d’autres auteurs et scénaristes qui pourraient transposer Blake et Mortimer dans un univers qui leur est plus personnel. Pourquoi pas ? C’est évidemment trop tôt pour le dire, car il n’y avait pas de librairie qui avait échappé à la vague Blake et Mortimer. Avec le recul du temps, on aura une perception plus objective de cet album. Était-ce un vrai Blake et Mortimer ou un nouveau « cités obscures » ?

Cette l’histoire aurait pu arriver à Bob Morane, pour rester dans les héros franco-belges. D’autres se sont déjà essayés à un Bruxelles post-cataclysmique dans lequel apparait le palais de justice. Je pense par exemple à Denayer et Frank, avec « Le spit du snack » dans le cycle Gord.

Est-ce un album à conseiller ? Oh que oui, même si les canons de la série n’ont pas tous été respectés ! Et puis artistiquement parlant, c’est du grand art ! La ville qui sert de toile de fond, Bruxelles, je l’adore et j’y vis depuis toujours. Donc, j’admire d’autant plus le boulot qui a été fait pour réaliser cette bande dessinée. Et si Blake et Mortimer ont décidé d’y passer quelque temps, pourquoi pas !

Le dernier pharaon, Schuiten, Van Dormael, Gunzig et Durieux, éditions Blake et Mortimer, 2019, 92 ou 176 pages (suivant le format choisi).

 

 

 

L’âge de cristal – Nolan & Johnson

L’âge de cristal, un roman écrit dans les années 60 par William F. Nolan et George Clayton, qui a passé l’épreuve du temps et qui ressort dans la collection Nouveaux Millénaires de J’ai lu. Le livre se lit très bien aujourd’hui sans que le lecteur se rende compte qu’il a été écrit il y a un demi-siècle. Sorti en 1969 dans la collection Présence du futur de Denoël, avec comme sous-titre « Quand ton cristal mourra », le roman donne lieu à plusieurs suites dans sa version anglaise. En français il faut attendre une dizaine d’années pour voir le tome 2 « Retour à l’âge de cristal ».

Au 22e siècle, la démographie est contrôlée et la durée de vie des êtres humains est limitée à 21 ans. Dès leur naissance, un cristal est greffé dans la paume des bébés. La couleur de celui-ci indique l’âge et change tous les 7 ans. À 21 ans, le cristal devient rouge et clignote la veille du dernier jour. Le lendemain, le cristal devient noir et signale que la durée de vie « légale » est terminée. Ce cristal implanté permet aussi aux limiers de retrouver la trace de leur propriétaire.

À 21 ans, les humains sont censés se diriger vers des maisons de sommeil où on met fin à leurs jours. Ceux qui ne respectent pas cette loi deviennent automatiquement des fugitifs et les limiers les pourchassent pour les tuer. Ce monde n’a vraiment rien de très réjouissant.

Il existe un lieu nommé « Sanctuaire » où les fugitifs peuvent se soustraire aux limiers. Ballard, un homme de 42 ans est à l’origine de ce sanctuaire. Son cristal était défectueux et lui a permis de vivre plus longtemps sans qu’il soit menacé par la limite d’âge. Bien que fugitif, Logan veut détruire le sanctuaire et tuer Ballard, mais après lui-même avoir été traqué il est obligé de fuir avec Jessica. On découvre que le sanctuaire est en fait une station spatiale qui orbite autour de la planète Mars. C’est un peu éloigné et très loin des préoccupations des fugitifs. Cette société, qui n’a pas la moindre empathie pour ses citoyens, est régie par des ordinateurs, dont le plus important s’appelle le penseur. Des robots se chargent des tâches les plus importantes et permettent aux humains de se soustraire à tout travail.

Il ne faut pas confondre le roman avec le film de 1976 ni avec la série télé de 1977 qui en découle. Le livre montre une civilisation « ouverte » qui ne connait pas la cité des dômes. Le carrousel n’existe pas, pas plus que la séance qui mène à la renaissance. Le livre se rapproche davantage d’une course poursuite dans laquelle Logan passe du rôle de chasseur à celui de proie, accompagné par Jessica. Son but c’est découvrir le sanctuaire et le détruire, et par la même occasion tuer Ballard. Mais comme lui-même arrive au terme de ses 21 ans, il est lui-même pourchassé.

Le film corrige certains défauts du livre. Les personnes meurent à 30 ans alors que dans le livre c’est à 21 ans, ce qui permet d’avoir des personnages u peu plus mûrs. La cité des dômes qui apparait dans le film permet au spectateur de mieux appréhender les distances, alors que le livre donne l’impression que les personnages principaux traversent les États-Unis.

Retour à l’âge de cristal (sorti en 1979 chez Denoël), voit Logan et Jessica revenir sur Terre, accompagnés de leur fils Jaq. Ils redeviennent des fugitifs dans une civilisation qui se morcèle, qui s’effrite, mais dans laquelle il y a encore des limiers. Ce second roman devait à l’origine être le scénario du deuxième film, mais il n’en a rien été. Il a laissé la place à une série de 13 épisodes. Je ne m’appesantirai pas sur la série télé qui part d’une bonne idée, mais qui a mal été exploitée, car les scénaristes de l’époque ne connaissaient pas grand-chose à la science-fiction.

Il y a une question que je me suis toujours posée, surtout lorsque j’ai vu le film à l’époque de sa sortie (mais qui est valable pour le livre aussi). Comment font les personnes pour prendre des objets de la main gauche alors qu’ils ont un cristal dans la paume ? Je me suis dit que les auteurs auraient été mieux inspirés de placer le cristal au dos de la main ou sur l’avant-bras. C’est un détail.

Un livre sans temps mort, dans lequel les deux personnages principaux, Logan et Jessica, fuient une civilisation dirigée par des ordinateurs. Le terme IA n’était pas encore utilisé à l’époque. Une science-fiction peut-être un peu trop classique par rapport à ce qui se produit aujourd’hui. Cela reste agréable à lire, et réédité dans la collection J’ai Lu Nouveaux Millénaires, accompagné de sa suite « Retour à l’âge de cristal ». Dommage que l’éditeur n’ait pas décidé de traduire tous les romans et nouvelles du cycle pour en faite une intégrale. A lire et à comparer au film du même nom.

L’âge de cristal, William F. Nolan & George C. Johnson, J’ai lu Nouveaux Millénaires, 2019, 350 pages, illustration de Johann Goutard

L'âge de cristal - Nolan & Johnson

Ascendant – Jack Campbell

Trois ans se sont écoulés depuis les derniers événements de « Avant-garde ». Rob Geary est toujours à Glenlyon, mais il ne commande plus un vaisseau spatial. Il doit gérer la station spatiale qui orbite autour de la planète principale. Le gouvernement a préféré laisser les forces armées dans les mains de terriens, plus aguerries pour gérer la situation. Mais la destruction d’un transport par les forces de Scatha va tout remettre en question.

C’est un homme capable de prendre des initiatives, quelqu’un qui a déjà connu le feu et qui est capable de former et commander des hommes et des femmes qui défendront Glenlyon. Ça ne semble pas être le cas des terriens qui ont pris la relève.

Pendant ces trois années passées, Rob Geary a eu plus de temps à consacrer à sa femme « Ninja » et à son enfant. Mele Darcy, qui est toujours une amie fidèle, fait aussi partie de sa famille.

Quand on demande à Rob Geary de reprendre du service actif en commandant le destroyer Sabre, il sait que si on fait appel à lui c’est pour protéger Glenlyon et venger la destruction du transporteur. La tâche ne sera pas facile et Rob Geary compte bien sur Mele Darcy pour l’épauler. Elle a pour rôle de former de nouveaux fusiliers qui embarqueront sur le Sabre.

Glenlyon doit aussi se trouver des alliés dans cette région dangereuse de la galaxie. Scatha leur ennemi de toujours s’est allié à deux autres systèmes stellaires et a toujours comme objectif de s’emparer de Glenlyon. Il est nécessaire de renforcer les défenses du système et en parallèle d’envoyer des émissaires vers les systèmes les plus proches.

Lors d’un déplacement du Sabre, Rob Geary à une intuition. Plutôt que de retourner vers Glenlyon, il décide d’envoyer le Sabre dans le système de Kozatka. Ce n’est pas clairement les ordres qu’il a reçus du gouvernement. Mais aider Kozatka permettrait de se faire un allié de plus.

Ce tome 2 est calqué sur le même schéma que le premier tome. C’est-à-dire sur une situation de crise, d’un combat spatial et d’un combat au sol en parallèle, avec l’incertitude de la victoire des deux côtés. Des pertes sont à déplorer, mais les choix de Rob Geary et de Mele Darcy sont finalement les bons. Curieusement, comme gratification Rob Geary se voit écarté du commandement d’un vaisseau dans les deux livres. Il est remercié pour ce qu’il a accompli, car les politiques n’apprécient pas trop ses initiatives qui sont pourtant les bonnes.

Les personnages principaux sont de plus en plus attachants au fil du temps, mais il manque encore quelque chose pour qu’ils aient suffisamment de charisme pour convaincre l’ensemble de la classe politique de Glenlyon. Je pense que Jack Campbell tient à ce que ses personnages doutent toujours de leur avenir, car ralentis dans leur progression par des esprits obtus.

Le cycle de la flotte perdue de Jack Campbell n’atteint pas en intensité celui d’Honor Harrington de David Weber, mais il se démarque par une histoire plus fluide, sans lourdeur, sans description trop technique. Cela donne des romans qui contiennent deux fois moins de pages.

Au final un bon deuxième tome. Mais espérons que le troisième ne soit pas sur le même canevas, car le lecteur aurait l’impression de relire la même chose. J’ai bien aimé ce second tome, mais il m’a moins surpris que le premier. Reste que j’attends le troisième avec impatience.

Peut-être que plus d’intrigues politiques viendraient casser cette image de space opera militaire, ce qui ne serait pas pour déplaire. Mais qui nécessiterait de s’intéresser à d’autres personnages capables de favoriser ou de faire échouer les plans des différents systèmes stellaires.

C’est un space opera de bonne facture chez L’Atalante, en attendant la sortie du prochain Honor Harrington.

Ascendant, Jack Campbell, L’Atalante, 396 pages, 2018, illustration de David Demaret

Ascendant - Jack Campbell

Les cendres de la victoire – David Weber

Sorti en deux tomes chez L’Atalante poche, cette aventure d’Honor Harrington fait 900 pages. Il s’agit du neuvième livre du cycle écrit par David Weber. Le livre précédent La disparue de l’enfer nous avait appris que Honor Harrington s’était évadée de la planète prison située dans le système Cerbère, au cœur de la république de Havre. Elle s’est échappée, emmenant avec elle plus de quatre cents mille personnes.

Comme elle avait été torturée par les Havriens, elle avait perdu l’usage d’une partie de son visage, d’un œil et d’un bras (qui était déjà des prothèses). On pourrait penser que le dernier livre parle de la longue convalescence de Honor Harrington. Mais le livre ne s’arrête pas là. Le royaume de Manticore comme la république populaire de Havre ont arrêté momentanément leur progression et fourbissent leurs armes en vue d’une prochaine offensive. On suit donc les préparatifs de guerre des deux côtés, tout comme les intrigues politiques qui risquent de déstabiliser les différents gouvernements.

Honor Harrington est devenue duchesse de Manticore, et a enfin le grade d’amiral manticorien qu’elle avait déjà dans la flotte graysonienne. Elle dirige l’école militaire de Saganami et donne des conférences sur la tactique et la stratégie.

David Weber ne pouvait pas se contenter de rester focaliser sur son héroïne. Il nous montre les préparatifs de guerre, puis nous emmène dans de nouvelles batailles, qui cette fois-ci représentent un tournant important dans le conflit entre l’alliance manticorienne et la république populaire de Havre. Il ajoute a cela une intrigue secondaire où Honor Harrington doit agir très rapidement, sans quoi l’alliance manticorienne pourrait très bien se trouver décapitée pour de bon.

Un bon livre dans son ensemble, avec certaine longueur qui deviennent  fréquente chez David Weber. Un chapitre entier sur la manière d’apprendre le  langage des signes à Nimitz, le chat de Honor Harrington, c’est le genre de digression auquel on doit toujours s’attendre en lisant ce cycle. Par contre le chapitre 23 qui parle de tactique et stratégie est parfaitement valable pour toutes les armées du monde à notre époque.

Un livre qui s’achève sur un cliffhanger qui donne envie de lire sa suite : Plaies d’honneur. Un livre pour les habitués du cycle, qui ne peut pas se lire sans avoir lu les tomes précédents.

Les cendres de la victoire T.1 & T.2, David Weber, L’Atalante poche, 2019, 900 pages

les cendres de la victoire

Fidèle à ton pas balancé – Sylvie Lainé

J’avais précédemment chroniqué les quatre recueils de nouvelles de Sylvie Lainé, tout comme « Fidèle à ton pas balancé » lorsqu’il était sorti en grand format chez ActuSF. Mais je m’étais aperçu que quatre chroniques m’avaient échappé. C’est chose rectifiée avec cette nouvelle chronique qui englobe toutes les nouvelles du recueil.

Sylvie Lainé, c’est la littérature dans la science-fiction, ou la science-fiction dans la littérature. Elle a une façon d’écrire qui fait d’elle un auteur à part entière, qui navigue entre les deux genres littéraires. Le format « nouvelle » lui convient à merveille. Nouvelles longues ou courtes, Sylvie est dans son élément et nous amène dans des coins de l’univers qui ne semblent pas être ce qu’ils laissent croire. Le dépaysement est toujours au rendez-vous, même pour un lecteur de la première heure. Sylvie Lainé propose un de ses thèmes favoris, la rencontre, le contact avec l’autre, avec l’étranger, avec l’extraterrestre, avec une forme de vie insoupçonnée, où la communication a tout son sens, mais ne s’établit pas dès le départ. Les sentiments des différents personnages viennent enrichir chaque histoire, au point d’en faire des textes uniques.

Pas de grandes envolées intergalactiques, mais voilà une science-fiction proche de notre quotidien, qui pourrait se produire dans un avenir  proche. Ces nouvelles écrites à la première personne nous font mieux comprendre les motivations des personnages principaux. Sylvie Lainé nous prend par la main et nous amène dans ces rencontres insolites parfois virtuelles.

Depuis trois décennies Sylvie Lainé apporte sa pierre à l’édifice imaginaire et science-fiction en particulier. Même si elle n’a pas commis de roman et préfère écrire des nouvelles, elle représente une auteure majeure de la science-fiction francophone. À la différence d’autres auteurs, elle a suscité l’intérêt et la passion à travers des textes courts. Et le temps passant, elle a toujours suivi une voie qui lui était propre, pas influencée par les autres auteurs.

Lire une de ses nouvelles est toujours un vrai bonheur. Et « Fidèle à ton pas balancé » reprend 26 textes qui ont amené les lecteurs dans d’autres contrées de l’univers. On lui doit quatre recueils de nouvelles édités par ActuSF :

  • Le miroir aux éperluettes
  • Espaces insécables
  • Marouflages
  • L’opéra de Shaya

Parmi les nouvelles publiées, plusieurs d’entre elles m’ont marqué. Je pense à : La bulle d’Euze, Un signe de Setty, Carte blanche, Les yeux d’Elsa, L’opéra de Shaya, Un amour de sable. Nouvelles parfois sensibles, parfois surprenantes, parfois amusantes.

Comme d’habitude, dans les textes de Sylvie Lainé on va à l’essentiel des personnages, des lieux ou des situations dans lesquels ceux-ci se retrouvent. La technologie est présente, mais sans ennuyer les lecteurs avec des détails qui n’apporteraient rien de plus à l’histoire. Chaque nouvelle provoque le dépaysement. Une situation simple et évidente peut se transformer en situation complexe et dangereuse. Voilà pour le contexte.

Et si on passait aux 26 nouvelles qui composent ce recueil !

1 — Question de mode — Suffit-il de se raser la tête pour être une autre personne, pour changer de look ? C’est ce que Malia pense et va faire avant de rejoindre un ami qui veut aider des extraterrestres à venir sur Terre.

2 — Le prix du billet – Le prix du billet raconte une rencontre sur un quai de gare, qui ressemble à une méprise, mais qui finalement va perturber Hera l’héroïne de l’histoire. Hera attend Peter son amoureux, et va finalement rencontrer Yata, une jeune femme qui va lui mentir et lui faire croire qu’elle est venue à la place de Peter. Sylvie Lainé revient ici sur un de ses thèmes favoris, qui sont la rencontre entre deux personnes.

3 — Mélomania — Cette nouvelle aborde le domaine du remplacement d’organe humain. Lorsqu’on a un frère qui est devenu manchot après un accident de voiture, rien de plus facile que de se faire pousser un autre bras sur son propre corps, pour ensuite le faire greffer chez le frère. Le problème c’est que le bras et la main sont devenus des virtuoses du clavier, et que l’idée de s’en séparer est hors de propos.

4 — Sirius m’était compté — Et si votre chien préféré était recréé tous les jours ? Vous payez 30 jours de clonage et on vous fait une promotion de 40 jours. Soit 10 jours de bonus. De plus, vous pouvez étaler ces 40 jours sur une période plus longue. Le seul problème, c’est que ça vous coute la peau des fesses.

5 — Le printemps des papillons — Et si on utilisait des papillons comme moyen de communication, en inscrivant des messages sur leurs ailes ?

6 — Un rêve d’herbe — Nouvelle qui aurait pu s’appeler le cerisier et qui donne des sentiments humains à un arbre. J’ai beaucoup aimé.

7 — Subversion 2.0 — C’est certainement une des nouvelles que je préfère. Que ferait notre clone si on lui apprenait qu’il n’a plus qu’une semaine à vivre ? C’est à la fois cocasse et mélancolique. Ça mériterait un court roman.

8 — Thérapie douce — Répondre à un questionnaire et en discuter au restaurant devrait être amusant pour le personnage principal. Mais le résultat est plutôt frustrant car la suite des événements ne va pas dans le sens espéré.

9 — Le karma du chat — La domotique est très présente dans cette nouvelle, au point que les objets de la maison décident eux-mêmes de ce qu’ils vont faire, jusqu’au chat qui n’est pas tout à fait naturel. La quiétude laisse soudain la place à une sorte de chaos orchestré par des intelligences artificielles, que les propriétaires n’arrivent pas à maitriser. Cette nouvelle est pleine d’humour et devrait faire prendre conscience que la domotique risque à terme de connaître des dérives. Très amusant comme nouvelle.

10 — Un signe de Setty — Dans son p’tit monde (espace virtuel), Léa reconstitue un cadre dans lequel elle va rencontrer une intelligence artificielle extraterrestre découverte par le projet SETI. Elle lui donne la forme d’un homme. Très belle rencontre extraterrestre, même si elle se fait à travers un monde virtuel.

11 — La passe-plaisir — Une nouvelle qui se focalise sur des voyageurs temporels issus d’époques différentes qui décident de partir ensemble vers le futur.

12 — Partenaires — est encore une de ces rencontres où des humains sont confrontés à un ordinateur un peu trop imaginatif. Cela bascule entre hilarant et dramatique.

13 — Petits arrangements intragalactiques — Un vaisseau en panne obligé de se poser sur un monde inconnu, et un pilote qui est pressé de retrouver la civilisation, mais qui doit d’abord penser à trouver de la nourriture. Mais quelle nourriture sur cette planète ? Nouvelle caustique, humoristique, qui fait un peu penser aux histoires de Robert Sheckley.

14 — Petits arrangements intergalactiques (Verso) — Cette nouvelle est le pendant de Petits arrangements intergalactiques. La différence, c’est que l’histoire est racontée du côté Groc plutôt que du côté humain. Si la communication ou l’absence de communication est au cœur de cette nouvelle, elle n’en reste pas moins originale et cocasse.

15 — Carte blanche — La nouvelle m’a particulièrement plu, car la vie à bord d’une grande arche est régie par le hasard et par les cartes. Les habitants de l’arche sont obligés d’avoir d’autres partenaires, ce qui est un prétexte à de nouvelles rencontres, que Sylvie Lainé nous détaille parfaitement.

16 — Le chemin de la rencontre — Un des personnages découvre des méduses qui parlent en dégageant des odeurs.

17 — L’opéra de Shaya — Une des plus belles nouvelles de ce recueil, dans lequel on découvre So-Ann qui recherche une planète idyllique sur laquelle elle peut passer un moment. Lorsqu’elle découvre cette planète, elle est assurée de pouvoir y passer deux ans. Le maitre mot de cette nouvelle, c’est imprégnation. Tout est contact physique, tout est sujet à assimilation des fluides, de l’ADN, ou des organes des autres. Que ce soit les habitants de Shaya, ses animaux ou ses plantes, ils sont tous capables de changer leur apparence en fonction de l’ADN des êtres qu’ils touchent.

So-Ann pense être sur une planète qui tient du paradis, car loin de la technologie et du stress de la civilisation. Elle va découvrir une étrange culture qui évolue en fonction de ses propres visiteurs. C’est une histoire très étrange, admirablement bien écrite. Mais derrière cette image de beauté et de plénitude se cache un secret beaucoup plus terrible. Lorsque So-Ann découvre celui-ci, elle met un terme à son séjour et se fixe comme objectif de retrouver la personne qui a imprégné son compagnon sur Shaya. C’est à la fois beau et cruel.

18 — Définissez priorités — Une nouvelle qui parle de télépathie et de mission spatiale en préparation pour un autre système solaire.

19 — Grenade au bord du ciel — Et si tous les cauchemars, les vilaines pensées, les doutes, les envies qui traversaient notre esprit étaient stockés sur un astéroïde et oubliés du commun des mortels. Jusqu’au jour où une mission spatiale retrouve celui-ci et découvre son contenu. Ces souvenirs et ses pensées deviennent tout d’un coup une marchandise, une drogue, qui va faire le bonheur des humains. Étrange nouvelle. C’est un peu la boite de Pandore.

20 — Un amour de sable — Nouvelle très originale, dans laquelle les humains découvrent un monde de sable. Ils prélèvent des échantillons (de grands échantillons) de différentes couleurs. Mais ils n’imaginent pas que ce sable est vivant, pense, et aime être en contact avec les humains. Une histoire où les sentiments ont un grand rôle à jouer, mais seulement pour une des deux parties de cette étrange rencontre.

21 — Temps, bulle et patchouli — Sous une bulle représentant un modèle réduit d’espace et de temps, on assiste à la création de l’univers.

22 — La Mirotte — Plusieurs candidats acceptent de se faire greffer la Mirotte, qui leur donnera une autre vision du monde. Mais l’expérience n’apporte pas les mêmes sensations visuelles chez tous les candidats.

23 — Toi que j’ai bue en quatre fois — Se faire le « grand flash eroticomane », c’est tout un programme ! Quatre éprouvettes contenant des liquides de différentes couleurs vont permettre de faire un trip érotique qui va s’étaler sur deux heures. En fait, chaque couleur à une signification particulière. Pas mal comme nouvelle. On aurait presque envie que les quatre fluides existent.

24 — Les yeux d’Elsa — Longue nouvelle qui nous compte les relations que peuvent avoir un homme et un dauphin femelle qui a été génétiquement modifié. La femelle possède des mains au bout de ses nageoires et à une IA implantée dans le cerveau, ce qui la rend beaucoup intelligente, avec pas mal de personnalité. On assiste ici à une relation professionnelle qui va donner lieu à une brève aventure entre un homme et un dauphin. C’est léger, c’est délicat, c’est sensible. Elsa la dauphine aurait pu s’apparenter à n’importe quelle femme. Elle vit les mêmes désirs, les mêmes doutes.

25 — La bulle d’Euze – Une des plus belles nouvelles de ce recueil, qui met en scène une femme une femme qui a perdu l’être aimé et qui espère le retrouver dans un cocktail appelé nébuleuse. L’homme qui raconte l’histoire va la voir arriver à sa table et parviendra à lui montrer dans une bulle l’être aimé. Mélancolique, mystérieux, sensible, triste, mais beau.

26 — Fidèle à ton pas balancé — L’histoire d’un homme frustré par l’absence de sa petite amie Lou. Il va la tromper et va devenir aide-soigneur pour les éléphants d’un zoo.

La prose de Sylvie Lainé ne m’a jamais laissé indifférent, au contraire. J’ai aimé la lire tout au long de ces années et si j’ai pris gout à lire des nouvelles c’est grâce à elle. Comme je l’ai dit précédemment, Sylvie Lainé apporte une note de littérature à la science-fiction, rendant le genre encore plus ouvert à des lecteurs qui osent sortir des sentiers battus de la littérature.

Le titre du recueil correspond à la dernière nouvelle du livre. Des rencontres, on en fait à chaque nouvelle. C’est même le moteur essentiel de chaque nouvelle. Que ce soit des rencontres entre humains ou extraterrestres, elles sont toujours au cœur de chaque texte. Parfois elles nous surprennent, parfois elles nous font sourire. Dans tous les cas, elles sont empreintes d’une certaine sensibilité qui se ressent au fil des pages.

On pourrait me reprocher ma subjectivité pour cette chronique. Si c’est le cas, je l’accepte volontiers, car Sylvie Lainé est vraiment une auteure majeure de la science-fiction, qui mérite que je lui apporte une attention particulière. Comme je l’ai d’ailleurs cité sur un autre média, lire « Fidèle à ton pas balancé », c’est un peu comme boire un grand vin. On prend son temps pour le déguster et pour apprécier tout son arôme.

Je dirai donc aux lecteurs qui veulent connaître l’œuvre de Sylvie Lainé, ou les amateurs avertis qui veulent approfondir son univers, de lire ce recueil de nouvelles qui reprend trois décennies d’écriture. C’est une perle qu’il faut avoir dans sa bibliothèque. A noter que c’est à nouveau Gilles Francescano qui illustre ce livre (comme les précédents).

Avec cette réédition en format de Poche chez Hélios (ActuSF), l’amateur de science-fiction n’a plus d’excuse pour découvrir ou relire les textes de la plus brillante nouvelliste de la SF francophone.

Fidèle à ton pas balancé, Sylvie Lainé, Hélios, 2018,  480 pages, illustration de Gilles Francescano

Fidèle à ton pas balancé - Sylvie Lainé

La physique quantique pour les nuls – Blandine Pluchet

Niels Bohr avait dit : « Quiconque n’est pas choqué par la théorie quantique ne l’a pas comprise ».

Et bien aborder ce domaine même en tant que simple lecteur, reste une gageure. Mais heureusement, avec une physicienne qui écrit aussi des livres pour enfants, cela devient tout d’un coup beaucoup plus simple à appréhender. On est émerveillé par cette science qui a vu le jour au début du XXe siècle. L’émerveillement était déjà là lors de la lecture du Big Bang chez le même éditeur.

Troisième livre de Blandine Pluchet aux éditions First dans la collection pour les nuls. Après le Big Bang, puis l’astronomie, voici la physique quantique. Comme pour les deux livres précédents, j’ai aimé sa manière de présenter des sujets complexes, de vulgariser une science qui déroute bon nombre de personnes.

Malgré son étrangeté (et le mot est faible), la physique quantique fait partie de notre quotidien. Pas de smartphone, d’ordinateur, ou d’électronique sans passer par elle. Elle a un plus grand impact sur notre quotidien que la relativité d’Albert Einstein, même si ce dernier y a aussi contribué.

Reste que cette science n’a pas encore révélé tous ses secrets et nous promet de beaux jours sur le plan de la découverte. La prochaine étape, c’est l’ordinateur quantique. Non, vous n’êtes pas dans Star Trek !

La lumière est-elle ondulatoire ou corpusculaire ? Est-elle les deux ?

En s’intéressant au problème du corps noir, en 1900, Max Planck en déduit les quanta d’énergie et par la même occasion pose les bases de la physique quantique. À l’époque, on parlait de théorie des quanta. Planck définit la constante qui permet de quantifier l’énergie. Un peu plus tard, le photon est défini comme un quantum de lumière qui se déplace comme une onde, mais à un caractère corpusculaire.

1905, c’est l’année où Einstein décrit l’effet photoélectrique qui est au cœur de la physique quantique, c’est aussi l’année où il montre que l’énergie égale la masse au carré de la lumière (E=Mc²). Mais il devra attendre l’année 1921 pour avoir le prix Nobel pour l’effet photoélectrique.

Niels Bohr va ensuite définir un modèle d’atome quantique, un peu comparable à un système solaire, dont les électrons sautent d’orbite en orbite, en fonction qu’ils émettent ou absorbent de la lumière.

Sans rentrer dans les détails du livre de Blandine Pluchet, les événements qui ont jalonné la physique quantique depuis plus d’un siècle sont expliqués de manière concise. Le lecteur peut se laisser guider par les explications de l’auteure sans être confronté à un mur d’incompréhension.

Comme pour les livres précédents, je n’ai pas de critiques particulières à formuler si ce n’est l’absence de schéma ou de diagramme qui aurait aidé le lecteur à visualiser certains concepts. Je pense par exemple aux fentes de Young où deux faisceaux lumineux interfèrent, ou tout simplement le chat de Schrödinger qui peut avoir deux états différents. Je pense que les contraintes liées au format du livre expliquent l’absence de graphisme. C’est un détail et cela n’enlève rien à la qualité du texte de Blandine Pluchet.

Le dernier livre que j’avais lu sur la physique quantique c’était « Le cantique des quantiques » de Ortoli & Pharabod. Il alliait une présentation orientée vers un large public et un prix très démocratique. Le livre de Blandine Pluchet va dans le même sens en présentant la physique quantique à travers 50 mots clés. En fait, on peut faire abstraction du nombre de mots clés et lire les différents thèmes de manière continue. L’avantage c’est qu’en fin de chapitre, on nous rappelle les idées principales qui ont constitué celui-ci. Il ne faut pas plus de cinq secondes pour lire chaque idée. C’est original comme rappel.

En 264 pages, Blandine Pluchet aborde une science passionnante sans jamais ennuyer le lecteur. Que ce soit l’infiniment grand avec le Big Bang ou l’astronomie, ou l’infiniment petit avec la physique quantique, elle arrive à nous captiver. J’apprécie ses livres de vulgarisation scientifique et c’est certain que je continuerai à la suivre. Donc, un livre à conseiller à qui veut explorer l’infiniment petit, qui nous permet aujourd’hui d’utiliser des technologies dont on n’avait même pas idée il y a à peine un siècle.

La physique quantique pour les nuls, Blandine Pluchet, édition First, 2018, 264 pages

La physique quantique pour les nuls