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Ascendant – Jack Campbell

Trois ans se sont écoulés depuis les derniers événements de « Avant-garde ». Rob Geary est toujours à Glenlyon, mais il ne commande plus un vaisseau spatial. Il doit gérer la station spatiale qui orbite autour de la planète principale. Le gouvernement a préféré laisser les forces armées dans les mains de terriens, plus aguerries pour gérer la situation. Mais la destruction d’un transport par les forces de Scatha va tout remettre en question.

C’est un homme capable de prendre des initiatives, quelqu’un qui a déjà connu le feu et qui est capable de former et commander des hommes et des femmes qui défendront Glenlyon. Ça ne semble pas être le cas des terriens qui ont pris la relève.

Pendant ces trois années passées, Rob Geary a eu plus de temps à consacrer à sa femme « Ninja » et à son enfant. Mele Darcy, qui est toujours une amie fidèle, fait aussi partie de sa famille.

Quand on demande à Rob Geary de reprendre du service actif en commandant le destroyer Sabre, il sait que si on fait appel à lui c’est pour protéger Glenlyon et venger la destruction du transporteur. La tâche ne sera pas facile et Rob Geary compte bien sur Mele Darcy pour l’épauler. Elle a pour rôle de former de nouveaux fusiliers qui embarqueront sur le Sabre.

Glenlyon doit aussi se trouver des alliés dans cette région dangereuse de la galaxie. Scatha leur ennemi de toujours s’est allié à deux autres systèmes stellaires et a toujours comme objectif de s’emparer de Glenlyon. Il est nécessaire de renforcer les défenses du système et en parallèle d’envoyer des émissaires vers les systèmes les plus proches.

Lors d’un déplacement du Sabre, Rob Geary à une intuition. Plutôt que de retourner vers Glenlyon, il décide d’envoyer le Sabre dans le système de Kozatka. Ce n’est pas clairement les ordres qu’il a reçus du gouvernement. Mais aider Kozatka permettrait de se faire un allié de plus.

Ce tome 2 est calqué sur le même schéma que le premier tome. C’est-à-dire sur une situation de crise, d’un combat spatial et d’un combat au sol en parallèle, avec l’incertitude de la victoire des deux côtés. Des pertes sont à déplorer, mais les choix de Rob Geary et de Mele Darcy sont finalement les bons. Curieusement, comme gratification Rob Geary se voit écarté du commandement d’un vaisseau dans les deux livres. Il est remercié pour ce qu’il a accompli, car les politiques n’apprécient pas trop ses initiatives qui sont pourtant les bonnes.

Les personnages principaux sont de plus en plus attachants au fil du temps, mais il manque encore quelque chose pour qu’ils aient suffisamment de charisme pour convaincre l’ensemble de la classe politique de Glenlyon. Je pense que Jack Campbell tient à ce que ses personnages doutent toujours de leur avenir, car ralentis dans leur progression par des esprits obtus.

Le cycle de la flotte perdue de Jack Campbell n’atteint pas en intensité celui d’Honor Harrington de David Weber, mais il se démarque par une histoire plus fluide, sans lourdeur, sans description trop technique. Cela donne des romans qui contiennent deux fois moins de pages.

Au final un bon deuxième tome. Mais espérons que le troisième ne soit pas sur le même canevas, car le lecteur aurait l’impression de relire la même chose. J’ai bien aimé ce second tome, mais il m’a moins surpris que le premier. Reste que j’attends le troisième avec impatience.

Peut-être que plus d’intrigues politiques viendraient casser cette image de space opera militaire, ce qui ne serait pas pour déplaire. Mais qui nécessiterait de s’intéresser à d’autres personnages capables de favoriser ou de faire échouer les plans des différents systèmes stellaires.

C’est un space opera de bonne facture chez L’Atalante, en attendant la sortie du prochain Honor Harrington.

Ascendant, Jack Campbell, L’Atalante, 396 pages, 2018, illustration de David Demaret

Ascendant - Jack Campbell

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Les cendres de la victoire – David Weber

Sorti en deux tomes chez L’Atalante poche, cette aventure d’Honor Harrington fait 900 pages. Il s’agit du neuvième livre du cycle écrit par David Weber. Le livre précédent La disparue de l’enfer nous avait appris que Honor Harrington s’était évadée de la planète prison située dans le système Cerbère, au cœur de la république de Havre. Elle s’est échappée, emmenant avec elle plus de quatre cents mille personnes.

Comme elle avait été torturée par les Havriens, elle avait perdu l’usage d’une partie de son visage, d’un œil et d’un bras (qui était déjà des prothèses). On pourrait penser que le dernier livre parle de la longue convalescence de Honor Harrington. Mais le livre ne s’arrête pas là. Le royaume de Manticore comme la république populaire de Havre ont arrêté momentanément leur progression et fourbissent leurs armes en vue d’une prochaine offensive. On suit donc les préparatifs de guerre des deux côtés, tout comme les intrigues politiques qui risquent de déstabiliser les différents gouvernements.

Honor Harrington est devenue duchesse de Manticore, et a enfin le grade d’amiral manticorien qu’elle avait déjà dans la flotte graysonienne. Elle dirige l’école militaire de Saganami et donne des conférences sur la tactique et la stratégie.

David Weber ne pouvait pas se contenter de rester focaliser sur son héroïne. Il nous montre les préparatifs de guerre, puis nous emmène dans de nouvelles batailles, qui cette fois-ci représentent un tournant important dans le conflit entre l’alliance manticorienne et la république populaire de Havre. Il ajoute a cela une intrigue secondaire où Honor Harrington doit agir très rapidement, sans quoi l’alliance manticorienne pourrait très bien se trouver décapitée pour de bon.

Un bon livre dans son ensemble, avec certaine longueur qui deviennent  fréquente chez David Weber. Un chapitre entier sur la manière d’apprendre le  langage des signes à Nimitz, le chat de Honor Harrington, c’est le genre de digression auquel on doit toujours s’attendre en lisant ce cycle. Par contre le chapitre 23 qui parle de tactique et stratégie est parfaitement valable pour toutes les armées du monde à notre époque.

Un livre qui s’achève sur un cliffhanger qui donne envie de lire sa suite : Plaies d’honneur. Un livre pour les habitués du cycle, qui ne peut pas se lire sans avoir lu les tomes précédents.

Les cendres de la victoire T.1 & T.2, David Weber, L’Atalante poche, 2019, 900 pages

les cendres de la victoire

Fidèle à ton pas balancé – Sylvie Lainé

J’avais précédemment chroniqué les quatre recueils de nouvelles de Sylvie Lainé, tout comme « Fidèle à ton pas balancé » lorsqu’il était sorti en grand format chez ActuSF. Mais je m’étais aperçu que quatre chroniques m’avaient échappé. C’est chose rectifiée avec cette nouvelle chronique qui englobe toutes les nouvelles du recueil.

Sylvie Lainé, c’est la littérature dans la science-fiction, ou la science-fiction dans la littérature. Elle a une façon d’écrire qui fait d’elle un auteur à part entière, qui navigue entre les deux genres littéraires. Le format « nouvelle » lui convient à merveille. Nouvelles longues ou courtes, Sylvie est dans son élément et nous amène dans des coins de l’univers qui ne semblent pas être ce qu’ils laissent croire. Le dépaysement est toujours au rendez-vous, même pour un lecteur de la première heure. Sylvie Lainé propose un de ses thèmes favoris, la rencontre, le contact avec l’autre, avec l’étranger, avec l’extraterrestre, avec une forme de vie insoupçonnée, où la communication a tout son sens, mais ne s’établit pas dès le départ. Les sentiments des différents personnages viennent enrichir chaque histoire, au point d’en faire des textes uniques.

Pas de grandes envolées intergalactiques, mais voilà une science-fiction proche de notre quotidien, qui pourrait se produire dans un avenir  proche. Ces nouvelles écrites à la première personne nous font mieux comprendre les motivations des personnages principaux. Sylvie Lainé nous prend par la main et nous amène dans ces rencontres insolites parfois virtuelles.

Depuis trois décennies Sylvie Lainé apporte sa pierre à l’édifice imaginaire et science-fiction en particulier. Même si elle n’a pas commis de roman et préfère écrire des nouvelles, elle représente une auteure majeure de la science-fiction francophone. À la différence d’autres auteurs, elle a suscité l’intérêt et la passion à travers des textes courts. Et le temps passant, elle a toujours suivi une voie qui lui était propre, pas influencée par les autres auteurs.

Lire une de ses nouvelles est toujours un vrai bonheur. Et « Fidèle à ton pas balancé » reprend 26 textes qui ont amené les lecteurs dans d’autres contrées de l’univers. On lui doit quatre recueils de nouvelles édités par ActuSF :

  • Le miroir aux éperluettes
  • Espaces insécables
  • Marouflages
  • L’opéra de Shaya

Parmi les nouvelles publiées, plusieurs d’entre elles m’ont marqué. Je pense à : La bulle d’Euze, Un signe de Setty, Carte blanche, Les yeux d’Elsa, L’opéra de Shaya, Un amour de sable. Nouvelles parfois sensibles, parfois surprenantes, parfois amusantes.

Comme d’habitude, dans les textes de Sylvie Lainé on va à l’essentiel des personnages, des lieux ou des situations dans lesquels ceux-ci se retrouvent. La technologie est présente, mais sans ennuyer les lecteurs avec des détails qui n’apporteraient rien de plus à l’histoire. Chaque nouvelle provoque le dépaysement. Une situation simple et évidente peut se transformer en situation complexe et dangereuse. Voilà pour le contexte.

Et si on passait aux 26 nouvelles qui composent ce recueil !

1 — Question de mode — Suffit-il de se raser la tête pour être une autre personne, pour changer de look ? C’est ce que Malia pense et va faire avant de rejoindre un ami qui veut aider des extraterrestres à venir sur Terre.

2 — Le prix du billet – Le prix du billet raconte une rencontre sur un quai de gare, qui ressemble à une méprise, mais qui finalement va perturber Hera l’héroïne de l’histoire. Hera attend Peter son amoureux, et va finalement rencontrer Yata, une jeune femme qui va lui mentir et lui faire croire qu’elle est venue à la place de Peter. Sylvie Lainé revient ici sur un de ses thèmes favoris, qui sont la rencontre entre deux personnes.

3 — Mélomania — Cette nouvelle aborde le domaine du remplacement d’organe humain. Lorsqu’on a un frère qui est devenu manchot après un accident de voiture, rien de plus facile que de se faire pousser un autre bras sur son propre corps, pour ensuite le faire greffer chez le frère. Le problème c’est que le bras et la main sont devenus des virtuoses du clavier, et que l’idée de s’en séparer est hors de propos.

4 — Sirius m’était compté — Et si votre chien préféré était recréé tous les jours ? Vous payez 30 jours de clonage et on vous fait une promotion de 40 jours. Soit 10 jours de bonus. De plus, vous pouvez étaler ces 40 jours sur une période plus longue. Le seul problème, c’est que ça vous coute la peau des fesses.

5 — Le printemps des papillons — Et si on utilisait des papillons comme moyen de communication, en inscrivant des messages sur leurs ailes ?

6 — Un rêve d’herbe — Nouvelle qui aurait pu s’appeler le cerisier et qui donne des sentiments humains à un arbre. J’ai beaucoup aimé.

7 — Subversion 2.0 — C’est certainement une des nouvelles que je préfère. Que ferait notre clone si on lui apprenait qu’il n’a plus qu’une semaine à vivre ? C’est à la fois cocasse et mélancolique. Ça mériterait un court roman.

8 — Thérapie douce — Répondre à un questionnaire et en discuter au restaurant devrait être amusant pour le personnage principal. Mais le résultat est plutôt frustrant car la suite des événements ne va pas dans le sens espéré.

9 — Le karma du chat — La domotique est très présente dans cette nouvelle, au point que les objets de la maison décident eux-mêmes de ce qu’ils vont faire, jusqu’au chat qui n’est pas tout à fait naturel. La quiétude laisse soudain la place à une sorte de chaos orchestré par des intelligences artificielles, que les propriétaires n’arrivent pas à maitriser. Cette nouvelle est pleine d’humour et devrait faire prendre conscience que la domotique risque à terme de connaître des dérives. Très amusant comme nouvelle.

10 — Un signe de Setty — Dans son p’tit monde (espace virtuel), Léa reconstitue un cadre dans lequel elle va rencontrer une intelligence artificielle extraterrestre découverte par le projet SETI. Elle lui donne la forme d’un homme. Très belle rencontre extraterrestre, même si elle se fait à travers un monde virtuel.

11 — La passe-plaisir — Une nouvelle qui se focalise sur des voyageurs temporels issus d’époques différentes qui décident de partir ensemble vers le futur.

12 — Partenaires — est encore une de ces rencontres où des humains sont confrontés à un ordinateur un peu trop imaginatif. Cela bascule entre hilarant et dramatique.

13 — Petits arrangements intragalactiques — Un vaisseau en panne obligé de se poser sur un monde inconnu, et un pilote qui est pressé de retrouver la civilisation, mais qui doit d’abord penser à trouver de la nourriture. Mais quelle nourriture sur cette planète ? Nouvelle caustique, humoristique, qui fait un peu penser aux histoires de Robert Sheckley.

14 — Petits arrangements intergalactiques (Verso) — Cette nouvelle est le pendant de Petits arrangements intergalactiques. La différence, c’est que l’histoire est racontée du côté Groc plutôt que du côté humain. Si la communication ou l’absence de communication est au cœur de cette nouvelle, elle n’en reste pas moins originale et cocasse.

15 — Carte blanche — La nouvelle m’a particulièrement plu, car la vie à bord d’une grande arche est régie par le hasard et par les cartes. Les habitants de l’arche sont obligés d’avoir d’autres partenaires, ce qui est un prétexte à de nouvelles rencontres, que Sylvie Lainé nous détaille parfaitement.

16 — Le chemin de la rencontre — Un des personnages découvre des méduses qui parlent en dégageant des odeurs.

17 — L’opéra de Shaya — Une des plus belles nouvelles de ce recueil, dans lequel on découvre So-Ann qui recherche une planète idyllique sur laquelle elle peut passer un moment. Lorsqu’elle découvre cette planète, elle est assurée de pouvoir y passer deux ans. Le maitre mot de cette nouvelle, c’est imprégnation. Tout est contact physique, tout est sujet à assimilation des fluides, de l’ADN, ou des organes des autres. Que ce soit les habitants de Shaya, ses animaux ou ses plantes, ils sont tous capables de changer leur apparence en fonction de l’ADN des êtres qu’ils touchent.

So-Ann pense être sur une planète qui tient du paradis, car loin de la technologie et du stress de la civilisation. Elle va découvrir une étrange culture qui évolue en fonction de ses propres visiteurs. C’est une histoire très étrange, admirablement bien écrite. Mais derrière cette image de beauté et de plénitude se cache un secret beaucoup plus terrible. Lorsque So-Ann découvre celui-ci, elle met un terme à son séjour et se fixe comme objectif de retrouver la personne qui a imprégné son compagnon sur Shaya. C’est à la fois beau et cruel.

18 — Définissez priorités — Une nouvelle qui parle de télépathie et de mission spatiale en préparation pour un autre système solaire.

19 — Grenade au bord du ciel — Et si tous les cauchemars, les vilaines pensées, les doutes, les envies qui traversaient notre esprit étaient stockés sur un astéroïde et oubliés du commun des mortels. Jusqu’au jour où une mission spatiale retrouve celui-ci et découvre son contenu. Ces souvenirs et ses pensées deviennent tout d’un coup une marchandise, une drogue, qui va faire le bonheur des humains. Étrange nouvelle. C’est un peu la boite de Pandore.

20 — Un amour de sable — Nouvelle très originale, dans laquelle les humains découvrent un monde de sable. Ils prélèvent des échantillons (de grands échantillons) de différentes couleurs. Mais ils n’imaginent pas que ce sable est vivant, pense, et aime être en contact avec les humains. Une histoire où les sentiments ont un grand rôle à jouer, mais seulement pour une des deux parties de cette étrange rencontre.

21 — Temps, bulle et patchouli — Sous une bulle représentant un modèle réduit d’espace et de temps, on assiste à la création de l’univers.

22 — La Mirotte — Plusieurs candidats acceptent de se faire greffer la Mirotte, qui leur donnera une autre vision du monde. Mais l’expérience n’apporte pas les mêmes sensations visuelles chez tous les candidats.

23 — Toi que j’ai bue en quatre fois — Se faire le « grand flash eroticomane », c’est tout un programme ! Quatre éprouvettes contenant des liquides de différentes couleurs vont permettre de faire un trip érotique qui va s’étaler sur deux heures. En fait, chaque couleur à une signification particulière. Pas mal comme nouvelle. On aurait presque envie que les quatre fluides existent.

24 — Les yeux d’Elsa — Longue nouvelle qui nous compte les relations que peuvent avoir un homme et un dauphin femelle qui a été génétiquement modifié. La femelle possède des mains au bout de ses nageoires et à une IA implantée dans le cerveau, ce qui la rend beaucoup intelligente, avec pas mal de personnalité. On assiste ici à une relation professionnelle qui va donner lieu à une brève aventure entre un homme et un dauphin. C’est léger, c’est délicat, c’est sensible. Elsa la dauphine aurait pu s’apparenter à n’importe quelle femme. Elle vit les mêmes désirs, les mêmes doutes.

25 — La bulle d’Euze – Une des plus belles nouvelles de ce recueil, qui met en scène une femme une femme qui a perdu l’être aimé et qui espère le retrouver dans un cocktail appelé nébuleuse. L’homme qui raconte l’histoire va la voir arriver à sa table et parviendra à lui montrer dans une bulle l’être aimé. Mélancolique, mystérieux, sensible, triste, mais beau.

26 — Fidèle à ton pas balancé — L’histoire d’un homme frustré par l’absence de sa petite amie Lou. Il va la tromper et va devenir aide-soigneur pour les éléphants d’un zoo.

La prose de Sylvie Lainé ne m’a jamais laissé indifférent, au contraire. J’ai aimé la lire tout au long de ces années et si j’ai pris gout à lire des nouvelles c’est grâce à elle. Comme je l’ai dit précédemment, Sylvie Lainé apporte une note de littérature à la science-fiction, rendant le genre encore plus ouvert à des lecteurs qui osent sortir des sentiers battus de la littérature.

Le titre du recueil correspond à la dernière nouvelle du livre. Des rencontres, on en fait à chaque nouvelle. C’est même le moteur essentiel de chaque nouvelle. Que ce soit des rencontres entre humains ou extraterrestres, elles sont toujours au cœur de chaque texte. Parfois elles nous surprennent, parfois elles nous font sourire. Dans tous les cas, elles sont empreintes d’une certaine sensibilité qui se ressent au fil des pages.

On pourrait me reprocher ma subjectivité pour cette chronique. Si c’est le cas, je l’accepte volontiers, car Sylvie Lainé est vraiment une auteure majeure de la science-fiction, qui mérite que je lui apporte une attention particulière. Comme je l’ai d’ailleurs cité sur un autre média, lire « Fidèle à ton pas balancé », c’est un peu comme boire un grand vin. On prend son temps pour le déguster et pour apprécier tout son arôme.

Je dirai donc aux lecteurs qui veulent connaître l’œuvre de Sylvie Lainé, ou les amateurs avertis qui veulent approfondir son univers, de lire ce recueil de nouvelles qui reprend trois décennies d’écriture. C’est une perle qu’il faut avoir dans sa bibliothèque. A noter que c’est à nouveau Gilles Francescano qui illustre ce livre (comme les précédents).

Avec cette réédition en format de Poche chez Hélios (ActuSF), l’amateur de science-fiction n’a plus d’excuse pour découvrir ou relire les textes de la plus brillante nouvelliste de la SF francophone.

Fidèle à ton pas balancé, Sylvie Lainé, Hélios, 2018,  480 pages, illustration de Gilles Francescano

Fidèle à ton pas balancé - Sylvie Lainé

La physique quantique pour les nuls – Blandine Pluchet

Niels Bohr avait dit : « Quiconque n’est pas choqué par la théorie quantique ne l’a pas comprise ».

Et bien aborder ce domaine même en tant que simple lecteur, reste une gageure. Mais heureusement, avec une physicienne qui écrit aussi des livres pour enfants, cela devient tout d’un coup beaucoup plus simple à appréhender. On est émerveillé par cette science qui a vu le jour au début du XXe siècle. L’émerveillement était déjà là lors de la lecture du Big Bang chez le même éditeur.

Troisième livre de Blandine Pluchet aux éditions First dans la collection pour les nuls. Après le Big Bang, puis l’astronomie, voici la physique quantique. Comme pour les deux livres précédents, j’ai aimé sa manière de présenter des sujets complexes, de vulgariser une science qui déroute bon nombre de personnes.

Malgré son étrangeté (et le mot est faible), la physique quantique fait partie de notre quotidien. Pas de smartphone, d’ordinateur, ou d’électronique sans passer par elle. Elle a un plus grand impact sur notre quotidien que la relativité d’Albert Einstein, même si ce dernier y a aussi contribué.

Reste que cette science n’a pas encore révélé tous ses secrets et nous promet de beaux jours sur le plan de la découverte. La prochaine étape, c’est l’ordinateur quantique. Non, vous n’êtes pas dans Star Trek !

La lumière est-elle ondulatoire ou corpusculaire ? Est-elle les deux ?

En s’intéressant au problème du corps noir, en 1900, Max Planck en déduit les quanta d’énergie et par la même occasion pose les bases de la physique quantique. À l’époque, on parlait de théorie des quanta. Planck définit la constante qui permet de quantifier l’énergie. Un peu plus tard, le photon est défini comme un quantum de lumière qui se déplace comme une onde, mais à un caractère corpusculaire.

1905, c’est l’année où Einstein décrit l’effet photoélectrique qui est au cœur de la physique quantique, c’est aussi l’année où il montre que l’énergie égale la masse au carré de la lumière (E=Mc²). Mais il devra attendre l’année 1921 pour avoir le prix Nobel pour l’effet photoélectrique.

Niels Bohr va ensuite définir un modèle d’atome quantique, un peu comparable à un système solaire, dont les électrons sautent d’orbite en orbite, en fonction qu’ils émettent ou absorbent de la lumière.

Sans rentrer dans les détails du livre de Blandine Pluchet, les événements qui ont jalonné la physique quantique depuis plus d’un siècle sont expliqués de manière concise. Le lecteur peut se laisser guider par les explications de l’auteure sans être confronté à un mur d’incompréhension.

Comme pour les livres précédents, je n’ai pas de critiques particulières à formuler si ce n’est l’absence de schéma ou de diagramme qui aurait aidé le lecteur à visualiser certains concepts. Je pense par exemple aux fentes de Young où deux faisceaux lumineux interfèrent, ou tout simplement le chat de Schrödinger qui peut avoir deux états différents. Je pense que les contraintes liées au format du livre expliquent l’absence de graphisme. C’est un détail et cela n’enlève rien à la qualité du texte de Blandine Pluchet.

Le dernier livre que j’avais lu sur la physique quantique c’était « Le cantique des quantiques » de Ortoli & Pharabod. Il alliait une présentation orientée vers un large public et un prix très démocratique. Le livre de Blandine Pluchet va dans le même sens en présentant la physique quantique à travers 50 mots clés. En fait, on peut faire abstraction du nombre de mots clés et lire les différents thèmes de manière continue. L’avantage c’est qu’en fin de chapitre, on nous rappelle les idées principales qui ont constitué celui-ci. Il ne faut pas plus de cinq secondes pour lire chaque idée. C’est original comme rappel.

En 264 pages, Blandine Pluchet aborde une science passionnante sans jamais ennuyer le lecteur. Que ce soit l’infiniment grand avec le Big Bang ou l’astronomie, ou l’infiniment petit avec la physique quantique, elle arrive à nous captiver. J’apprécie ses livres de vulgarisation scientifique et c’est certain que je continuerai à la suivre. Donc, un livre à conseiller à qui veut explorer l’infiniment petit, qui nous permet aujourd’hui d’utiliser des technologies dont on n’avait même pas idée il y a à peine un siècle.

La physique quantique pour les nuls, Blandine Pluchet, édition First, 2018, 264 pages

La physique quantique pour les nuls

Conquêtes : Islandia

Avec Islandia, Jean-Luc Istin, Zivorad Radivojevic, Eber Evangelista nous proposent une bande dessinée de science-fiction qui oscille entre space opera et planet opera.

En voyant cette BD sur les présentoirs d’une grande librairie, j’avais envie de découvrir cette nouveauté. Islandia est le premier tome du cycle « Conquêtes », cycle de 5 histoires qui représentent chacune une des colonies qui a quitté la Terre. On aura donc : Islandia, Deluvenn, Decornum, Uranie et Adonaï. Ce seront d’autres scénariste et dessinateurs qui réaliseront les autres tomes.

La couverture laisse deviner qu’on a dans les mains un space opera militaire. C’est bien le cas, mais l’exploration y a toute sa place. Les premières planches sont un clin d’œil à 2001 l’odyssée de l’espace avec son monolithe noir. Mais ça ne va pas plus loin. Je pensais lire un clone d’avatar, mais ce n’était pas le cas.

En termes d’exploration spatiale, ma référence BD est plutôt Leo avec ses cycles Aldebaran, Betelgeuse ou Antares, qui donnent une grande part à l’exploration et la découverte d’autres civilisations. J’avais été déçu par la lecture de « Colonisation » de Filippi et Cucca, où je trouvais que le scénario était faible et ne donnait pas envie de lire la suite. Heureusement, avec Islandia Jean-Luc Istin propose un scénario intéressant à plus d’un titre. D’abord ses personnages sont bien campés, surtout Kirsten Konig qui est l’héroïne de cette histoire de science-fiction. Ensuite l’intrigue sur les mystérieuses explosions est bien amenée.

C’est très bien dessiné. La qualité du dessin de Zivorad Radivojevic m’incite à lire ses autres bandes dessinées. Reste que les détails, les expressions des personnages, les paysages et lieux sont originaux et collent parfaitement à la science-fiction actuelle. Sans oublier la colorisation faite par Eber Evangelista qui dramatise chaque scène et apporte une palette de couleurs qui détermine l’ambiance générale. BD vraiment excellente sur le plan artistique.

Je me pose la question de savoir si Kirsten Konig n’aurait pas dû avoir un grade plus élevé dans cette histoire. Un lieutenant qui s’adresse directement à un amiral et qui dirige une mission d’exploration ou un assaut contre des extraterrestres, c’est plutôt du ressort d’un capitaine ou d’un major, et les responsabilités sont plutôt celles d’un colonel. Un autre détail qui m’avait intrigué, une fois la BD lue entièrement, c’était le fait que les 50 cobayes auraient pu exploser dès leur sortie du cryo-sommeil. Curieusement, ce n’est pas le cas.

Reste une histoire dans laquelle on suit une des cinq flottes d’exploration qui ont quitté la Terre pour coloniser d’autres mondes. Islandia semble être un monde viable pour l’humanité, avec comme principal inconvénient d’être plutôt froide. Mais ce climat polaire n’empêchera pas la colonisation et la découverte d’autochtones de formes humanoïdes. Il y a tellement d’intérêts en jeu dans cette colonisation que certains n’ont pas hésité à faire sortir de leur cryo-sommeil une partie des futurs colons. L’empressement à s’établir sur Islandia est tel que le sort des autochtones n’a pas beaucoup d’importance pour une flotte de vaisseaux qui dispose de toute la technologie nécessaire pour rayer de la carte toute forme de vie extraterrestre. C’est là que le lieutenant Kirsten Konig est pris entre deux feux, et doit d’un côté établir le contact avec les autochtones et de l’autre éliminer la menace qu’ils représentent, suite à une explosion. Car les autochtones sont évidemment les premiers coupables pour un amiral sans scrupule. Si l’histoire parait simple à ce stade, elle l’est moins lorsqu’on découvre que les autochtones ont des pouvoirs, et que parmi les colons cinquante personnes ont subi une mutation génétique lorsqu’ils étaient encore en cryo-sommeil. Et une de ces personnes n’est autre que le lieutenant Kirsten Konig.

Et là, le scénariste s’en donne à cœur joie en distillant les informations au lecteur, et fait alterner les scènes entre la planète et la colonie de vaisseaux. C’est une vraie intrigue policière qui s’ensuit et une course poursuite qui a pour enjeu l’extinction des autochtones.

Je n’ai vraiment aucune critique à formuler, si ce n’est que j’aurais aimé des vignettes plus grandes sur certaines pages. Mais alors la BD aurait fait 90 ou 100 planches au lieu de 76 déjà proposées. C’est déjà très gentil de la part des auteurs d’être sorti des 48 pages habituelles.

Ce premier tome est réussi et j’attends avec curiosité les autres tomes de ce cycle, en espérant qu’ils ne sont pas trop militaires, mais plus tourner vers l’exploration et la découverte. Reste une BD qui m’a beaucoup plu. J’espère que les autres scénaristes et dessinateurs de ce cycle feront aussi bien. On mélange BD et science-fiction, avec un scénario bien ficelé et un excellent dessin.

Donc, à conseiller évidemment.

Conquêtes : Islandia, Jean-Luc Istin, Zivorad Radivojevic, Eber Evangelista, Soleil, 2018, 76 pages

Islandia

Kaboul – Michael Moorcock

Denoël nous publie dans la collection Graphic un livre de Michael Moorcock, Kaboul et autres souvenirs de la troisième guerre mondiale, livre illustré par Miles Hyman. Il s’agit d’une suite de nouvelles qui ont comme trait commun un agent secret.

La couverture de ce livre m’avait frappé non pas par la combattante armée qui se trouve devant l’explosion d’une bombe atomique, mais par le style du dessinateur qui me semblait familier. Et c’est bien le cas. Pour une fois, je vais commencer par l’illustrateur plutôt que l’auteur. Le livre contient une quinzaine d’illustrations qui représentent les différentes scènes rencontrées lors de la lecture de ces nouvelles. Elles sont fidèles à l’histoire et mériteraient d’être plus nombreuses.

En fait, Miles Hyman, je l’ai retrouvé dans ma bibliothèque entre deux bandes dessinées. Il avait fait précédemment l’adaptation BD du dahlia noir, tiré du roman de James Ellroy, et adapté par Matz/David Fincher (édition Rivage, Casterman, Noir).

Miles Hyman n’est pas un inconnu. C’est en grand illustrateur qui vit entre la France et les États-Unis. Ses dessins se retrouvent dans les grands quotidiens. Ses dessins sont très réalistes et son œuvre mérite toute notre attention.

Comme le personnage principal de ce livre voyage à travers une bonne partie de la planète, les illustrations représentent souvent des lieux où la guerre sévit et elles collent parfaitement à l’ambiance que veut donner l’auteur à ses nouvelles.

Michael Moorcock, je connais très bien pour avoir lu tout son cycle sur le champion éternel (Elric, Corum, Erekosé, Hawkmoon), et pour l’avoir rencontré il y a quelques années. L’auteur est une référence en fantasy, et est aussi connu pour ses uchronies. Je pense à Le nomade du temps, Gloriana ou la reine inassouvie. Kaboul s’inscrit aussi dans une uchronie, où la troisième guerre mondiale tient lieu de fonds à cette anthologie. Il ne s’agit pas d’un roman, mais d’une suite de nouvelles qui mettent en scène Tom Dubrowski, un agent secret ukrainien qui se fait passer pour un antiquaire. Chaque nouvelle représente une étape dans la vie de ce personnage, qui se balade aux quatre coins du monde, parfois comme simple agent de renseignements, parfois comme tortionnaire ou combattant. Sa vie est parsemée de rencontres politiques, militaires, voire sentimentales.

Je pense que Michael Moorcock nous a donné depuis longtemps le meilleur de son œuvre avec son cycle du champion éternel, et que ce livre ne vient pas la renforcer, mais se détache un peu plus du tronc commun plus orienté fantasy.

Reste que Michael Moorcock est un bon auteur qui se laisse lire, dont les textes décrivent parfaitement les situations dramatiques lors d’une troisième guerre mondiale, mais aussi les craintes de chacun face au chaos qui se présente à l’ensemble de l’humanité. Tom Dubrowski n’est pas particulièrement un personnage attachant, mais le fait qu’il soit le narrateur de ce livre donne un intérêt particulier. Sa vie sentimentale est également au cœur de ce livre, ainsi que ses diverses missions. C’est un agent secret, mondain par certains côtés, et un soldat qui se retrouve au milieu d’un conflit planétaire, qui décrit les travers de notre société.

Ce que j’ai apprécié, c’est que Michael Moorcock reste vague dans le conflit qui existe entre l’occident et l’orient. Il se contente de le décrire en toile de fond, sans prendre parti pour l’un ou l’autre côté. À travers les yeux de son personnage, on voit lentement évoluer ce conflit, voire à mettre en danger Dubrowski en étant trop proche de l’explosion d’une bombe nucléaire. Le livre se termine sur un retour aux sources et des problèmes de santé, mais l’histoire reste sur une fin ouverte.

Je n’ai qu’une critique à faire aux éditeurs, c’est de n’avoir pas pensé à ordonner les nouvelles sur une ligne de temps. Par exemple Kaboul doit faire suite à Danse à Rome, et Escale au Canada n’est pas suite de cette dernière ! C’est un détail, mais il n’est nulle part fait mention de flashback dans ce livre, donc les nouvelles auraient pu être ordonnées.

Reste une lecture originale d’une troisième guerre sur une Terre fort proche de celle que nous connaissons. Ces nouvelles ne sont pas très longues et agréablement étoffées par les illustrations de Miles Hyman.

Kaboul et autres souvenirs de la troisième guerre mondiale, Michael Moorcock, 2018, 224 pages, illustrations de Miles Hyman

Kaboul - Moorcock

Avant-garde — Jack Campbell

Avec cette préquelle de la flotte perdue, Jack Campbell raconte la genèse de celle-ci et les débuts de Robert « Rob » Geary. C’est toujours l’Atalante qui édite le cycle.

Il y a quelques années, j’avais lu « Indomptable » le premier tome de ce space opera. Il m’avait plu sans plus. C’est probablement parce que dans le genre je préférais le cycle Honor Harrington de David Weber. Cela ne m’a pas empêché d’avoir tous les livres de la flotte. Je m’étais simplement dit que je les lirais plus tard, une fois que Honor Harrington serait terminé. Ce n’est pas encore le cas. Tant pis, je passe tout de même à la flotte perdue !

Avec cette préquelle j’avais envie de donner une seconde chance à Jack Campbell. Et ce premier tome « Avant-garde » m’a effectivement captivé. Peut-être parce que commencer par le début, c’est-à-dire présenter le personnage principal avant qu’il ne devienne un héros était la bonne solution.

En fait, ce n’est pas uniquement Rob Geary qui est présenté dans ce livre. C’est aussi Mele Darcy un fusilier hors pair, Lyn Metzger surnommée Ninja qui est une informaticienne de génie, Carmen Ochoa une spécialiste dans la résolution de conflit et Lochan Nakamura un ancien politicien qui veut aider les autres. Ces cinq personnages vont parfois se rencontrer et formeront la toile de fond de ce space opera de bonne facture. Dans leur domaine respectif Geary et Darcy sont ceux qui vont au bout des choses, ceux qui n’abandonnent jamais, quitte à y laisser leur vie. Ils sont altruistes, guidés par un incommensurable besoin d’aider leur prochain. Pour des officiers au début de leur carrière, ils possèdent une maturité, un raisonnement et une logique que beaucoup leur envieraient.

C’est aussi là que Jack Campbell apporte un plus dans la description de ses personnages. Ils ont une âme, ils aspirent à une meilleure vie comme chacun de nous, mais bon nombre d’obstacles se dressent devant eux pour y parvenir. Ils sont attachants, ont des doutes, mais ne renoncent pas facilement. On a donc droit à un space opera qui se passe en partie sur Glenlyon, et en partie dans l’espace.

Geary est un jeune lieutenant qui a quitté les forces spatiales d’Alfar. Il n’a pas une très longue expérience, mais lorsque les colons de Glenlyon lui demandent leur aide contre les pirates venus de Scatha, il n’hésite pas à un seul instant. Il forme un commando pour s’emparer de leur vaisseau de guerre, un cotre armé qui permettra de défendre la colonie contre un adversaire de taille similaire. Le problème, c’est que Scatha envoie d’autres vaisseaux, dont un chargé de colons, de soldats et d’équipements militaires. Et ce vaisseau se pose quelque part sur la planète pour créer une base militaire et à terme faire fuir les colons ou les soumettre.

Le conseil de Glenlyon envoie donc Geary chercher de l’aide à Kosatka, une autre colonie. Et pendant son absence, c’est Mele Darcy qui doit contenir l’envahisseur sur le sol. Geary n’obtiendra pas ce qu’il est venu chercher, mais avec son vaisseau il aide Kosatka contre d’autres pirates. Il sera mis en relation avec des connaissances à Mele Darcy, Carmen Ochoa et Lochan Nakamura. À son retour dans le système de Glenlyon, il devra faire face à une nouvelle incursion de Scatha. C’est donc Mele Darcy qui affrontera l’envahisseur au sol, tandis que Geary l’affrontera dans l’espace. Et pour y arriver, l’aide de Ninja est la bienvenue.

Si le roman parait classique pour du space opera, il offre toute de même une bonne histoire et un bon moment de lecture à passer. Jack Campbell ne tombe pas dans les travers de David Weber avec une pléthore de personnages et de discussions inutiles. Ici il va à l’essentiel en se focalisant sur les personnages et l’action. En 365 pages, il nous présente un futur pas nécessairement optimiste, où la civilisation a essaimé dans une partie du bras spiralée dans lequel se trouve notre système solaire. Au plus éloignées sont les colonies au plus elles sont en danger et risquent de rencontrer des pirates et des trafiquants d’esclaves. Et ce danger permanent qui va être le fil conducteur de ce premier tome.

Ce que je peux dire, c’est que j’attends avec impatience le tome 2 de cette genèse de la flotte. En attendant, je lirai le prochain Honor Harrington que L’Atalante doit bientôt éditer. Reste l’histoire est classique et qu’elle tient en halène le lecteur jusqu’au bout. La fin de ce premier tome n’est pas aussi heureuse qu’on l’espérait et c’est une excellente initiative de Jack Campbell pour nous donner envie de lire la suite. Dès que la suite sortira je la lirai, car cette fois-ci j’ai accroché au cycle !

Avant-Garde (la genèse de la flotte), Jack Campbell, L’Atalante, 2018, 366 pages, illustration de David Demaret.

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