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Les chroniques de la science-fiction – Guy Haley

Cela fait déjà un moment qu’une encyclopédie consacrée à la science-fiction n’avait plus vu le jour. Si le projet était à l’étude chez certains éditeurs, sa réalisation n’a toujours pas vu le jour. C’est bien dommage pour ceux qui espèrent une nouvelle version du science-fictionnaire qui date de 1994.

Le « pavé » que nous propose Guy Haley est censé combler en partie cette lacune. Stephen Baxter n’a écrit que l’avant-propos du livre. Le livre commence en 1818 et se termine en 2009. Inutile de chercher des séries comme millénium Sanctuary ou Supergirl. C’est trop récent.

Pas d’Harry Potter dans ce livre, mais une page dédiée à H.P. Lovecraft. Sous le terme science-fiction, on trouve tout de même un peu de fantastique, mais pas de fantasy.

Par exemple, Arthur C. Clarke, Isaac Asimov et Robert Heinlein sont mentionnés comme les trois grands de la science-fiction pour les années 40. Une page leur est consacrée. Si le lecteur veut en savoir plus sur chacun d’eux, il les trouvera sur des pages dédiées à leurs cycles et livres. Reste plus au lecteur qu’à situer la décennie dans laquelle le livre a été écrit pour faire une recherche visuelle. Sinon, il y a ce bon vieil index à la fin du livre qui renvoie vers l’information recherchée.

Par exemple, le cycle Dune (pages 232 à 237) reprend la chronologie dans un tableau où les couleurs indiquent si c’est un livre, un jeu, un film, une série TV. Un autre tableau détaille les événements importants du cycle et les personnages qui y sont associés. Et comme c’est aussi un film, on a droit à une double page de photos. Visuellement, ce livre est très pratique.

C’est davantage un guide visuel de la science-fiction, axé sur les supports cinéma et TV. Bien sûr, les livres ont la part belle dans ce guide. Les vues synthétiques par auteur ou par cycle sont un plus non négligeable à la lecture.

Mais ce livre est loin d’être exhaustif. Il est épais et lourd. Bonjour les poignets pendant la lecture. Donc, pas facile à manipuler. Son principal défaut en dehors du poids, c’est le choix des polices de caractères trop petites. Chaque article est écrit dans une police qui paraitra normale sur l’écran d’un smartphone, mais qui est trop petite pour un livre papier. Les légendes des photos nécessitent une loupe.

Le livre fait la part belle à la production anglo-saxonne. Inutile de chercher Bordage, Genefort ou Dunyach. Par contre, on y trouve Valerian et Laureline de Christin et Mézières, mais pas Blake et Mortimer ou Les naufragés du temps de Forest et Gillon ! Un lecteur anglo-saxon se contentera de ce livre alors qu’un lecteur européen en attendra davantage.

Les 35 euros du livre peuvent en dissuader plus d’un, surtout par rapport à la version anglaise qui coute 25 dollars. Mais ce genre de livre est trop rare que pour le laisser passer. Donc, l’amateur de science-fiction que je suis le conseil, en espérant que du côté francophone on pense à faire quelque chose de similaire.

Les chroniques de la science-fiction, Gut Haley, édition Muttpop, 576 pages, 2015, traduction de par Marie Renier et Inès Lecigne, couverture de Gualtiero Boffi/Alamy.

Les chroniques de la science-fiction

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Guide des éditeurs de l’imaginaire – Cocyclics

On l’avait rêvé, Cocyclics l’a réalisé. Le guide des éditeurs de l’imaginaire, alias Le grimoire galactique des grenouilles (GGG) a été publié aux éditions Tremplins de l’imaginaire. Cette seconde édition du petit guide est disponible au prix très démocratique de 5 euros. Guide qu’il faut absolument acquérir si on veut envoyer son manuscrit auprès d’un éditeur.

En un peu plus de 120 pages, le guide fournit tout ce qui est nécessaire aux auteurs. Il commence avec un excellent article de Jean-Claude Dunyach qui explique comment présenter son manuscrit chez un éditeur. Cindy Van Wilder nous rappelle quels sont les genres qui composent l’imaginaire (steampunk, uchronie, cyberpunk, new weird, anticipation, dystopie, fantasy mythologique, fantastique, space opera). J’aurais aimé trouvé la hard science dans cette liste, bien que ce genre peut être associé à un autre. La chaine du livre est également présentée. Les différentes étapes par lesquelles l’idée devient livre sont décrites. À cela vient s’ajouter un petit lexique du jargon utilisé dans l’édition.

Le plat principal de ce guide est évidemment la liste des éditeurs de l’imaginaire. Pour chaque éditeur, une fiche technique indique quel type de texte il accepte, quelle taille doit avoir le texte, les critères de soumission, les coordonnées et les délais d’attente pour obtenir une réponse. C’est la partie la plus importante de ce guide, qui motivera tout un chacun à l’acquérir. Le livre se termine par des témoignages de jeunes auteurs et aussi par une présentation de Cocyclics qui a un rôle certain à jouer dans le paysage imaginaire.

Le guide n’est pas dénué d’erreurs. Par exemple, Bragelonne est indiqué comme ne faisant pas de science-fiction. Étrange, surtout qu’il y a une collection Bragelonne SF, dans laquelle on retrouve Peter F. Hamilton, Kevin J. Anderson, Richard Morgan, Connie Willis, David Weber, Iain M. Banks.

Il y a aussi les bizarreries de l’index des éditeurs. On trouvera les éditions Laffont en cherchant sur le prénom et pas le nom (c’est à dire à Robert Laffont). Le pré au clerc se trouve à la lettre « L » alors que Le seuil jeunesse se trouve à la lettre « S ». Comprendra qui veut. Heureusement que ce guide est facile à parcourir.

On y trouve un éditeur canadien. Je me demande dans quelle mesure la prochaine version de ce guide ne devrait pas aussi reprendre les éditeurs francophones situés en Belgique, Suisse et Canada qui sont distribués dans l’hexagone.

L’initiative faite par Cocyclics est excellente. Ce genre de guide manquait vraiment. On trouve les coordonnées d’éditeurs dans des livres consacrés à l’écriture, mais rien de spécifique pour l’imaginaire. Ici c’est proposé pour un prix plus que démocratique. Cocyclics comble un vrai vide avec ce petit guide.

Je suis très content que ce genre d’initiative existe. Le guide est proposé dans un format très pratique, facile à manipuler, avec une présentation exemplaire. En tous cas, il aidera bon nombre de nouveaux auteurs à trouver l’éditeur qui convient le mieux à leurs textes. À conseiller à tous, car ce genre de guide est tellement rare qu’il serait impardonnable de ne pas l’avoir.

Guide des éditeurs de l’imaginaire, Cocyclics, édition Tremplins de l’imaginaire, 152 pages, 2012, illustration de Guillaume Ducos