Archives de Tag: Honor Harrington

L’ombre de la liberté – David Weber

Troisième tome du cycle Honor Harrington qui se passe dans l’amas de Talbot, L’ombre de la liberté fait suite à L’ombre de Saganami et L’ennemi dans l’ombre.

On est très loin de Manticore dans ce cycle, et pourtant ce qui s’y passe est directement lié aux événements tragiques qui ont lieu dans le système stellaire. C’est Michelle Henke, la meilleure amie d’Honor Harrington, cousine de la reine Elizabeth qui commande les forces manticoriennes dans cette partie de la galaxie.

On pourrait penser que ce troisième tome n’est qu’une suite de péripéties qui s’enchaine à celle des tomes précédents, et que la succession de confrontation qui se passe entre la Ligue Solarienne et l’empire stellaire de Manticore n’est qu’une répétition pour les lecteurs. Il n’en est rien !

On peut pratiquement dire que ce tome se découpe en trois actes différents. Le premier consiste à libérer des ressortissants manticoriens ainsi que leurs vaisseaux, retenus illégalement par des autorités un peu trop zélées qui veulent faire obstacle à la présence manticorienne dans l’amas de Talbot. Mais la technologie de l’empire stellaire est très supérieure à celle que la Sécurité des frontières et la Ligue Solarienne peuvent opposer. Rien ne résiste aux forces manticoriennes.

Le second acte montre qu’une résistance s’organise dans plusieurs systèmes de l’amas de Talbot et dans sa périphérie. Résistance qui serait secrètement soutenue par Manticore. En réalité, il n’en est rien. C’est l’alignement mesan qui fait croire que l’empire stellaire va aider les rebelles. Et lorsque Michelle Henke apprend la nouvelle, elle dépêche des forces pour aider les résistants. Situation qui risque de se reproduite dans d’autres systèmes stellaires de la région, et qui force les manticoriens à agir rapidement.

Le troisième acte consiste à passer à l’offensive, et de ne plus attendre que les Solariens montrent le bout du nez. Michelle Henke planifie la libération du système de Meyers, hors de l’amas de Talbot, dans lequel se trouvent des forces solariennes ainsi que des acteurs de hauts rangs qui ont donné des ordres pour envoyer les flottes de Byng et Crandhall contre celle de la comtesse du Pic d’or. Ici, on entre clairement dans une phase qui est plus proche de celle qu’on a rencontrée avec Honor Harrington, et qui consiste à prendre les devants avant que la ligue solarienne se mette en branle.

Dans un sens, un bon space opera, classique pour les habitués du cycle Honor Harrington. La bonne nouvelle dans ce roman, c’est qu’il tient en un livre, alors qu’on était habitué à en avoir deux pour chaque tome. David Weber aurait-il compris que simplifier ses histoires n’enlevaient rien à leur complexité. On dirait bien que oui, et c’est tant mieux pour le lecteur. Ceci dit, ce roman relate une succession d’événements bien distincts, qui amène à la conclusion que le face à face avec Mesa n’est pas très loin. Et que c’est Michelle Henke, seule, qui prendra cette décision. Mais ça, c’est pour le tome suivant de ce cycle tout aussi passionnant que celui d’Honor Harrington. Il a fallu un certain temps pour que le cycle des ombres/Talbot s’impose. Mais aujourd’hui, il ne fait plus aucun doute que les amateurs du cycle Honor Harrington sont obligés d’inclure dans leur lecture ce cycle qui est étroitement lié.

On a donc avec L’ombre de la liberté un livre uniquement réservé aux amateurs de l’univers d’Honor Harrington. Un livre qui n’apprend rien de neuf au lecteur, mais qui annonce une future confrontation entre Manticore et Mesa. À lire absolument, si comme moi vous êtes passionné par ce cycle.

L’ombre de la liberté, David Weber, L’Atalante, 2014, 542 pages, illustration de Genkis

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House of steel : The honorverse companion – David Weber

Une fois n’est pas coutume, je vais parler d’un livre en anglais qui vient de sortir. Non pas parce que j’ai décidé de lire en anglais, mais simplement pour signaler aux amateurs de Honor Harrington que David Weber a écrit ce que tous attendent avec impatience, c’est-à-dire « The honorverse companion ». La sortie du livre coïncide avec les 20 ans d’existence du cycle Honor Harrington. Pour l’occasion, on a droit à une nouvelle édition de Mission Basilic (On Basilisk station), et le premier des compendiums sur l’univers de Honor Harrington.

Ce livre propose un court roman de 180 pages, « I will build my house of steel », qui se passe avant Honor Harrington et se focalise sur Roger Winton et Edward Janacek, sur l’impact que le jeune roi a eu sur le royaume de Manticore, sur sa politique et sa stratégie. Vu la somme d’informations qui existe sur l’Honorverse, c’est trois livres qui couvriront cet univers : House of steel, House of lies, House of Shadows. Le premier est axé sur Manticore et Grayson, le second devrait se focaliser sur Havre, l’empire Andermien, et Erewhon. On peut supposer que le troisième livre traitera de la ligue terrienne et de Mesa. Mais là, je m’avance un peu trop. Les deux autres livres dépendent du succès du premier livre. Donc, contentons-nous déjà de « House of steel », qui est une bonne nouvelle pour qui sait lire en anglais.

Si comme moi, vous avez acheté les deux fascicules « Jayne’s intelligent review » qui font référence à Manticore et à Haven, vous serez heureux de voir ce premier compendium compléter ceux-ci. Le livre est moins orienté jeu que les deux fascicules, mais il donne beaucoup plus de détails sur l’histoire de Manticore, sur l’astronomie, et surtout sur la flotte qu’à constituer le royaume de Manticore. C’est un vrai catalogue de vaisseaux, comme le sont aujourd’hui les « Jane’s » qui présentent les flottes de navires de toutes les nations.

On y trouve des explications sur les différents trous de vers gérés par Manticore, qui vont vers la confédération Silésienne, Basilic, l’étoile de Trévor, Beowulf, l’amas de Talbot, etc. La famille royale manticorienne est décrite avec des arbres généalogiques. Le gouvernement, le parlement, la politique choisie, le système judiciaire y sont décrits. Une description de tous les personnages principaux est reprise dans ce livre. Le cœur du livre, c’est évidemment la description de tous les types de vaisseaux qu’on rencontre dans le cycle Honor Harrington. Une seconde partie présente les mêmes informations, mais pour Grayson.

Ce livre est donc une bible, l’outil indispensable au lecteur pour mieux comprendre l’univers de Honor Harrington. Le premier d’une série qui devrait en contenir trois. Espérons que l’Atalante se lancera aussi dans l’aventure et traduira ce livre. En attendant, je conseille à tous de ne pas attendre et de déjà s’intéresser à ce premier Honorverse companion.

House of steel : The honorverse companion, David Weber, Baen books, 566 pages, 2013

House of steel

L’orage gronde T. 1 & 2 – David Weber

Le treizième tome du cycle Honor Harrington se présente sous la forme de deux livres. David Weber reste fidèle à lui-même et nous propose de suivre le face à face entre l’empire stellaire et la ligue solarienne. Les solariens ont l’esprit toujours aussi obtus que dans les épisodes précédents, et ne veulent pas admettre qu’un peuple néo-barbare est capable de leur botter le postérieur. Et de l’autre côté, on est bien content de voir Manticore et Havre faire enfin la paix.

Ce nouveau tome reste dans la droite lignée des précédents. Pas de vraies surprises, seulement la confirmation d’événements qu’on devinait dans le tome précédent. On se souvient de l’attaque-surprise des Mésans qui a mis à mal le système manticorien.

Comme d’habitude, on a droit à des longueurs chez David Weber. Il s’agit de chapitres qui n’apportent pas grand-chose à l’histoire. C’est le cas pour les conversations qui traitent de la famille Harrington ou Winton. C’est aussi le cas lorsqu’on se focalise sur les chats sylvestres. Et c’est toujours le cas lorsque des subalternes solariens analysent des situations qui ont déjà été analysées par leurs supérieurs. Je conseille aux lecteurs de lire en diagonale ces paragraphes. Ils n’apportent rien d’important, si ce n’est une perte de temps. Ceci dit, David Weber continue à nous présenter la situation économique et militaire de Manticore sous des angles différents. Et parfois, cela se justifie.

 L'orage gronde 1-500

Reste que ce nouvel opus ne donne pas beaucoup de place à Honor Harrington. Il faut attendre plus de 170 pages pour enfin la voir. Bien que ce ne soit pas vraiment un problème. On est habitué à la voir arriver au moment le plus important de l’histoire, c’est-à-dire avant et pendant une bataille spatiale. Encore une fois, c’est David contre Goliath. Mais lorsqu’on étudie la scène de près dans le système de Manticore, on constate que David dispose étrangement d’une puissance que Goliath n’a pas. Et pour y arriver, l’aide des Havriens est la bienvenue.

La paix entre Manticore et Havre, on y rêvait en tant que lecteur. Elle est en bonne voie et les deux puissances stellaires ont décidé de s’allier face au géant que représente la ligue solarienne. La présence des Mésans s’est faite plus discrète dans ce tome. Mais on sait très bien qu’ils sont à l’origine des misères de l’empire stellaire. Je laisse deviner qui a le dernier mot lorsque Filareta se retrouve avec sa flotte dans le système manticorien. Surprise, surprise…

On reste ébahi devant la mauvaise foi des dirigeants solariens, qui ne veulent pas admettre la vérité. Ils préfèrent masquer la vérité, la transformer de telle manière que les milliards de ressortissants de la ligue solarienne penseront que c’est Manticore qui est la cause de la guerre (non déclarée). Ce sont des abrutis, imbus de leur personne, qui se sont déjà fait botter le cul dans deux tomes précédents. Cette fois-ci, ils y ont mis le paquet et ont envoyé une flotte de plus de 400 supercuirassés dans le système de Manticore, avec à sa tête l’amiral Filareta. Troisième grande confrontation entre les deux nations belligérantes, et son dénouement qui surprendra le lecteur, car il y avait moyen d’éviter d’en arriver là. Je ne vais pas révéler le dénouement de ce moment clé du cycle. Mais encore une fois, on constate que les Solariens sont tout sauf intelligents. Malheureusement pour eux, ils se croient meilleurs que les autres, et lorsqu’ils s’en rendront compte, il sera trop tard.

Ce tome est plus axé sur les problèmes économiques et financier que militaire. Manticore agit en puissance stellaire en ferma les nœuds là où c’est possible, ce qui met à mal la situation financière de la ligue. C’est original, mais est-ce tenable ? Les solariens ne le pensent pas. À terme, ils estiment reprendre le contrôle de la situation.

Enfin, certains analystes comprennent que la situation est critique pour la ligue solarienne. Elle est dépassée techniquement et politiquement par l’empire stellaire. Sa seule riposte, c’est le mensonge et l’envoi d’une flotte de guerre dans le système Manticorien. Si ces analyses sont justes, il reste à convaincre les instances dirigeantes du danger. Et là, rien n’est moins sûr. Ou plutôt, le caractère borné des responsables solariens empêche toute solution.

Un bon Honor Harrington en deux tomes. La suite logique « En mission » et « L’ennemi dans l’ombre ». À ce stade-ci, il est nécessaire de lire en parallèle les deux autres séries focalisées sur Torche et l’amas de Talbot. Encore une fois, c’est réservé aux amateurs du cycle, et uniquement à eux. En space opera militaire, c’est ce qui se fait de mieux. David Weber reste inégalé. Les couvertures de Genkis sont toujours aussi belles, et collent de plus en plus au contenu des livres.

L’orage gronde T. 1 & 2, David Weber, L’Atalante, 620 pages, 2012, illustration de Genkis.

L'orage gronde 2-500

Honor Harrington T. 12 : En mission – David Weber

Voici le douzième tome du cycle Honor Harrington. Celui-ci suit… L’ennemi dans l’ombre ! Et c’est bien dans cet ordre qu’il faut les lire. David Weber nous avait laissés en compagnie de Michelle Henke dans l’amas de Talbot. Voilà que nous la retrouvons toujours face au danger. La ligue solarienne a envoyé l’amiral Byng, qui n’a pas mieux fait que de détruire trois contre-torpilleurs manticoriens en orbite. La riposte de Michelle Henke n’a pas tardé.

Dans ce douzième tome, on retrouve de nouveau des Solariens imbus de leur personne, qui pensent que tous les mondes qui ne font pas partie de la ligue, abritent des néo barbares. Pour eux, Manticore est un royaume qui a les yeux plus grands que son ventre. L’assimilation de l’amas de Talbot, et le royaume qui devient l’empire stellaire, parvient à les convaincre qu’il faut donner une leçon à ses Manties. Cela comment avec l’amiral Byng, puis avec l’amiral Crandall, et prochainement avec l’amiral Filaretta. À chaque fois, les Solariens déploient une force de plus en plus grande. Et à chaque fois, Manticore donne une raclée aux Solariens. Dans le cas de Filaretta, le lecteur n’en sait encore rien parce que la bataille n’aura lieu que dans le tome 13 (qui n’est pas encore paru). Mais on devine que ce nouvel amiral va se faire rétamer de la même manière.

En parallèle à Michelle Henke, on suit Honor Harrington qui se rend dans le système de Havre pour négocier la paix avec la présidente Eloiïse Pritchard. Manticoriens et Havriens commencent à comprendre que depuis des décennies, un troisième larron tire les ficelles et a maintenu un climat de guerre entre les deux puissances stellaires. Heureusement, le bon sens prend le pas sur les autres considérations. En tant que lecteur, on se dit que la guerre entre Manticore et Havre va enfin se terminer, et que dans ce cas Honor Harrington pourra bientôt prendre sa retraite. Mais c’est sans compter sur l’esprit tortueux de David Weber, qui a décidé de complexifier le cycle. Ce n’est plus un adversaire que doit affronter Manticore, mais trois. Havre qui est sur le point de signer la paix depuis qu’elle a été battue lors de la bataille de Manticore, la ligue solarienne qui croit pouvoir donner des leçons à n’importe quelle civilisation dans la galaxie, et Manpower qui avec l’alliance mesane trame dans l’ombre depuis des décennies. C’est ce dernier ennemi qui tire toutes les ficelles. Ce tome nous révèle enfin quels sont les vrais projets de Manpower. La destruction technologique et financière de Manticore n’est que le début d’un plan beaucoup plus machiavélique, qui voit Havre comme seconde cible à abattre. Mais le vrai but, c’est de renverser la ligue solarienne et d’en prendre totalement le contrôle. Mais pour arriver à cela, il faut créer de nouveaux vaisseaux furtifs et déployer un arsenal qui ne peut être détecté, même par les Manticoriens. On le voit, l’intrigue qui s’amenuisait au fil des tomes commence par s’épaissir à nouveau.

Manticore va être la victime du projet « baie des huitres » organisé par Manpower. Ce sera la plus sévère défaite technologique et humaine que connaitra la galaxie. Ce n’est pas à proprement une défaite puisqu’il n’y a pas eu de bataille. Tout au plus un piège, un traquenard, une mission élaborée très longtemps à l’avance, avec un groupe de vaisseaux furtifs et de missiles du même genre qui frapperont au cœur du système de Manticore.

En mission n’est pas sans défauts. Le premier, c’est que les événements de la Pinède et Congo sont souvent relatés, mais que le lecteur que je suis n’a pas encore lu les livres qui relatent ces événements (et qui ne sont pas encore édités en français). Il faut donc se contenter des différentes conversations chez les Manticoriens et les amiraux solariens. De temps en temps, les agents secrets Zilwicki et Cachat font leur apparition et sont interrogés sur les événements de la Pinède, mais surtout sur les découvertes qu’ils ont faites concernant l’implication de Manpower et de Mesa dans tous les malheurs de l’empire manticorien.

Un autre défaut, c’est la répétition des débats qui tournent autour de l’avantage technologique de Manticore en ce qui concerne les missiles embarqués à bord des vaisseaux de guerre. On suit ses débats à tous les niveaux de commandement du côté solarien. En tant que lecteur, on suppose que David Weber les a écrits pour montrer l’arrogance et l’imbécilité de l’amirauté solarienne, ainsi que l’hypocrisie de leur gouvernement. Les Solariens ne veulent pas admettre la supériorité technologique de Manticore. Une flotte comprenant des vaisseaux du mur, c’est-à-dire des supercuirassés, battue par des croiseurs et croiseurs lourds, c’est impossible dans leurs petites têtes. Donc, on assiste à des réflexions et des débats qui montrent l’incompétence des Solariens. Cela fait par moment des longueurs dans le livre. Mais bon, on est habitué avec David Weber.

Est-ce un bon Honor Harrington ? Eh bien oui ! Pas le meilleur, mais plaisant à lire. Il termine sur un conflit tout proche entre Manticore et la ligue solarienne. Et les plans de Manpower commencent à se mettre en place depuis qu’ils sont parvenus à détruire tout le complexe industriel de Manticore. Intéressant. Reste que maintenant il faut attendre le prochain livre, en ce début 2012, qui concerne aussi un cycle parallèle.

Donc, En mission est un livre pour les habitués du cycle Honor Harrington. C’est bien la suite du tome 11 (ce qui est normal), mais c’est surtout la suite de L’ennemi dans l’ombre. En tout cas, L’Atalante a bien fait de mobiliser deux traducteurs pour l’ensemble de ce cycle. Florence Bury se chargeant directement d’Honor Harrington, tandis que Michel Pagel se charge de l’univers d’Honor Harrington, c’est-à-dire de tous les cycles parallèles. Fameux boulot de traduction, très bien réalisé par ce duo.

En dehors du fait qu’il y a toujours trop de personnages, et que David Weber répète un peu trop les mêmes questions dans des cercles différents, cela reste un Honor Harrington de bon niveau. Espérons que la suite ne se fera pas trop attendre.

Genkis fait un travail formidable en tant qu’illustrateur actuel. Ces couvertures sont de loin plus belles que celles d’origine.

En mission T. 1 & 2, David Weber, L’Atalante 2011, 815 pages, Traduit par Florence Bury, Couverture de Genkis.

L’ennemi dans l’ombre – David Weber

L’univers d’Honor Harrington continue de s’étoffer avec ce cycle parallèle qui s’inscrit parfaitement dans la trame dessinée par David Weber. Après L’ombre de Saganami qui nous avait fait découvrir l’amas de Talbot, voici L’ennemi dans l’ombre, sa suite qui ne manque pas d’intrigues et de suspens. Ce deuxième tome, toujours édité chez l’Atalante, est proposé en deux volumes. C’est épais, c’est dense, c’est parfois déroutant par le grand nombre de personnages rencontrés, mais cela reste excellent.

Au lieu de suivre le capitaine de vaisseau Aivar Terekhov, c’est cette fois-ci Michelle Henke, la meilleure amie d’Honor Harrington et cousine de la reine Élisabeth. Je rassure les lecteurs, Honor Harrington y apparait à plusieurs reprises, ainsi que Aivar Terekhov.

Ce deuxième double tome commence lors d’une bataille qui se trouve dans Plaie d’honneur, où Michelle Henke est capturée par les Havriens. Je dirai que les 100 premières pages couvrent Plaie d’honneur et Coute que coute, ce qui va permettre au lecteur de se retrouver dans la trame centrale d’Honor Harrington.

L’intrigue liée à Manpower prend une nouvelle dimension. Les Mesans continuent l’élaboration de leur plan machiavélique contre Manticore. Après avoir essuyé une lourde défaite dans le système de Monica, ils ont imaginé un nouveau piège qui va amener des escadres de la ligue solarienne dans l’amas de Talbot. Cela commence avec de petits incidents lors d’inspections de vaisseaux marchands dans le système de Nouvelle Toscane, puis ce sont des évènements plus graves, qui font perdre la vie à des dizaines de milliers de Toscans. C’est le déclencheur d’un conflit entre l’escadre de Byng, un amiral borné de la ligue solarienne, et les forces spatiales de Manticore représentées par Michelle Henke. L’histoire, bien que complexe est plus proche des premiers Honor Harrington, où les combats spatiaux se faisaient entre croiseurs et torpilleurs, et où les opposants avaient davantage des escadres ou des petites flottes. Le grade d’Honor Harrington ne lui permet plus d’agir où bon lui semble. Il a bien fallu trouver des remplaçants à Honor Harrington. Qui mieux que la meilleure amie pouvait jouer ce rôle. Dans le premier tome, c’était le capitaine Aivar Terekhov (devenu commodore après ses exploits)

David Weber a eu la très bonne idée de confronter Manticore à la ligue solarienne. C’est David contre Goliath. La différence quantitative ne permet pas au royaume de Manticore de combattre dans la même catégorie, mais l’avantage technologique certain de Manticore compense partiellement ce problème. Le royaume stellaire subit une situation qu’il n’a pas demandé. D’un côté, Havre l’ennemi depuis 20 ans qu’il faut mettre définitivement à genoux après la bataille de Manticore. De l’autre côté, Manpower qui tire les ficelles et manipule la Ligue solarienne pour affronter Manticore. Le royaume stellaire est tout simplement entre le fer et l’enclume, dans un inextricable réseau d’intrigues et d’intérêts divergents. C’est excellent. Une fois n’est pas coutume, le livre se termine sur un cliffhanger.

On peut reprocher que les Solariens sont stupides et imbus de leur supériorité numérique, pensant qu’ils possèdent aussi une avance technologique. Mais lorsque certains d’entre eux comprennent que c’est Manticore qui a l’armement le plus sophistiqué, bons nombres de rouages politiques et militaires font tout pour ignorer ces analyses techniques. On se retrouve donc avec des Solariens bornés, orgueilleux et incompétents, à la gâchette trop sensible. Cela donne une situation explosive à tout point de vue.

Les Mesans, et Manpower en particulier, utilisent tous les moyens à leur disposition pour empêcher que la paix ne règne entre Manticore et Havre (qui est déjà décrit dans le cycle principal). Ils ont l’art de ne pas se mouiller, et d’avoir des alliés qui vont faire les sales besognes à leur place. La présence de vaisseaux de la ligue solarienne dans l’amas de Talbot n’est pas fortuite. Manpower a des agents infiltrés dans tous les niveaux de pouvoir.

Le seul point négatif de ce livre c’est le nombre de personnages et certaines scènes qui ne sont pas indispensables. Mais cette critique peut s’appliquer aux livres précédents du cycle Honor Harrington. Donc, ce n’est plus vraiment un point négatif. Tout au plus une caractéristique du style de David Weber.

Par contre, je soulève une remarque concernant la traduction faite par Michel Pagel, excellente au demeurant, mais qui me déroute depuis le premier volume de cette série. Michel Pagel a décidé d’écrire en Manticore, en Havre, en Fuseau alors que Florence Bury qui traduit le cycle principal écrit : à Manticore, à Havre, etc. Sur le fond, Pagel à raison s’il compare des systèmes stellaires à des pays, et sa traduction vaut celle de Bury. Mais j’aurais trouvé normal que Pagel traduise de la même manière que Bury pour rester dans la continuité.

L’ennemi dans l’ombre s’adresse évidemment aux lecteurs qui ont d’abord lu L’ombre de Saganami. La lecture de la ligne principale n’est pas nécessaire, mais est souhaitée pour la bonne compréhension des différents fils de lhistoire. Autant j’avais aimé Coute que coute, autant j’ai aimé L’ennemi dans l’ombre. C’est du très bon David Weber. J’espère qu’il ne faudra pas attendre trop longtemps pour avoir la suite de ce cycle parallèle (qui n’est pas si parallèle que ça en fait).

À consommer sans modération par tout bon amateur de space opera.

L’ennemi dans l’ombre T.1 & 2,  L’Atalante, 2011, 954 page, traduit par Michel Pagel, Illustration de Genkis

L’ombre de Saganami – David Weber

Non ce n’est pas un Honor Harrington. Oui cela se passe dans le même univers qu’Honor Harrington.  Et oui, elle apparait dans le livre. L’ombre de Saganami, de David Weber, se passe en même temps que « Coute que coute ».

L’ombre de Saganami fait un peu penser à Mission Basilic, lorsque Honor Harrington commandait encore L’intrépide, un croiseur manticorien. La grande différence c’est que Aivars Terekhov, aux commandes de l’Hexapuma un croiseur lourd de classe Saganami-C,  doit se déplacer dans tout l’amas de Talbot, alors qu’Honor Harrington restait dans le système de Basilic. Si sa tâche est plus difficile, elle est aussi moins captivante. C’est en tout cas l’impression qu’on a au départ. Mais rapidement on se rendra compte que autrement plus compliqué.

Après un référendum, les habitants des différents systèmes stellaires de l’amas de Talbot ont décidé d’intégrer le royaume de Manticore. Mais si la majorité l’a souhaité, bon nombre de personnes ont des avis divergents et sont prêts à saboter ces accords. Et cela en s’alliant avec des entreprises qui ont des intérêts économiques dans la ligue solarienne toute proche. Si la mission de Therekov est avant tout diplomatique, elle s’avère être plus compliquée que prévue face à toutes les sensibilités des différents partis de chaque système stellaires. Accompagné d’un diplomate locale, il va représenter les intérêts de Manticore.

Tandis que les habitants de l’amas doivent confirmer leur rattachement au royaume stellaire de Manticore, L’Hexapuma (qui fait partie d’un groupe local de vaisseaux de guerre) joue les gendarmes et doit faire face à des pirates et trafiquants d’esclaves. Sans parler du complot qui se trame et qui va mener à une grande bataille spatiale (comme on en l’habitude dans le cycle Honor Harrington).

Aivars Terekhov à moins de charisme qu’Honor Harrington, mais au fil du temps on s’y attache, lui et ses subalternes, comme Hélène Zilwicki par exemple. Terekhov a d’abord une revanche à prendre par rapport à ce qui lui est arrivé dans le passé, lorsqu’il a perdu son précédent vaisseau. Ensuite, il doit à la fois jouer les gendarmes et les diplomates. Et enfin, il doit prendre des initiatives avant que la situation ne soit en défaveur de Manticore. On reconnait chez lui des qualités qu’on trouvait précédemment chez Honor Harrington. Et c’est ce qui fait le bonheur de ce livre.

Il y a à mon sens trop d’intervenants dans cette histoire, trop de politiques, trop de terroristes. Cela nuit un peu à l’histoire. Avec Honor Harrington on avait Manticore contre Havre. Ici on a une multitude de systèmes stellaires de l’amas de Talbot, plus des comploteurs Mesans, face à quelques forces de Manticore. Comme lecteur on a difficile à distinguer autant de personnages, surtout en se demandant qui est utile et qui ne l’est pas.

Par contre le complot dirigé par la firme Jessik & Co, ainsi que la fourniture des vaisseaux de guerre d’origine solarienne est vraiment dans la droite ligne de ce qu’on attend de ce cycle. Du pur space opera, avec son lot de batailles spatiales comme on les aime.

En dehors du même défaut récurrent chez David Weber (trop long, trop de personnages), L’ombre de Saganami se lit sans déplaisir, car l’écriture de David Weber reste fluide et dans la plus pure tradition de l’Honoverse. Un livre pour amateur du cycle, qui veut savoir à quoi Manticore est confronté pendant qu’Honor Harrington combat les Havriens avec la huitième force.

Chapeau à Michel Pagel qui fait presque aussi bien que Florence Buri pour la traduction. Je dis presque, car alors que dans tout le cycle on écrit : à Manticore, à Grayson, à Faille, Michel Pagel a décidé d’écrire en Manticore, en Grayson, en Faille. Ce qui est parfois agaçant pour l’inconditionnel d’Honor Harrington que je suis. En dehors de ce petit détail insignifiant, c’est parfait.

Après avoir lu plus de 1000 pages, j’en suis ressorti très content. Me disant que la suite « L’ennemi dans l’ombre » serait une de mes prochaines lectures. Ces deux tomes s’adressent évidemment aux amateurs du cycle principal. Bien qu’il soit possible de le lire indépendamment. Mais un nouveau lecteur qui se lancerait dans l’aventure serait tôt ou tard obligé de revenir vers le cycle principal pour mieux comprendre les tenants et aboutissants. En tout cas, c’est un bon David Weber, qui laisse évidemment planer des doutes quant au dénouement de l’histoire dans l’amas de Talbot. Ceux qui ont lu « coute que coute » savent très bien que le royaume de Manticore devra faire face à la menace créée par la ligue solarienne. C’est en quelque sorte annoncer la bataille entre David et Goliath. Je me demande comment tout cela va se terminer. Mais ça, c’est une autre histoire.

Dois-je encore dire que c’est mon cycle de space opera préféré, et que tout amateur du genre y trouvera son bonheur.

L’ombre de Saganami T.1 & 2, David Weber, L’Atalante, 2009, 1040 pages, couverture de Genkis.

Coûte que coûte (Honor Harrington T.11) – David Weber

Onzième tome du cycle Honor Harrington, Coute que coute se présente sous la forme de deux pavés 574 et 554 pages, édités par L’Atalante. Évidemment ce  livre s’adresse aux inconditionnels du cycle Honor Harrington. Et pour la petite histoire il faut savoir que ce livre trouve sont pendant dans L’ombre de Saganami également édité par l’Atalante. J’y reviendrai un peu plus loin.Dans Plaies d’honneur, les havriens avaient repris les hostilités alors que Manticore avait battu Havre. Les hautes instances de la république avaient préparé la reprise des hostilités en construisant une nouvelle flotte dans un refuge tenu secret. On aurait pu penser que le royaume de Manticore allait être définitivement assommé par Havre, qui dispose d’une plus grande capacité de production. Mais le génie et la qualité produite par Manticore compensent partiellement la quantité que peut fournir Havre. C’est le débat qui existe depuis le premier tome du cycle Honor Harrington. La qualité contre la quantité. David Weber rivalise d’astuces pour nous proposer des évolutions constantes des technologies mises au point par les différents protagonistes de ce cycle. Dans ce sens, Honor Harrington, est la mieux placée pour exploiter ces nouvelles technologies.

 

Avec Coûte que coûte, on assiste à une nouvelle escalade du conflit entre Manticore et Havre. Le royaume n’est plus capable d’affronter la république dans un grand face à face. Alors ce dernier se concentre sur des actions plus ponctuelles, qui causeront des dégâts à des systèmes solaires moins bien protégés qui se trouvent au sein de la république de Havre. Et c’est Honor Harrington, à la tête de la huitième force, qui est chargée de planifier et d’exécuter ces raids. Si elle a bien reçu des vaisseaux de dernière génération, elle ne dispose pas d’une flotte aussi importante que la première ou la troisième. Elle doit donc composer avec ce problème de sous effectif.

Si deux vagues de raids sont un vrai succès, la troisième vague va voir la riposte des havriens. Et Honor Harrington connaitra une vraie défaite. Mais pendant tout ce temps, on découvre que les origines du conflit viennent d’un troisième larron resté dans l’ombre. Si Havre en a la certitude, Manticore en doute encore, ce qui ne va pas relancer les pourparlers de paix entre les deux systèmes.

De plus, Manticore est pris dans un sac de nœuds inextricables du côté de l’amas de Talbot. La ligue solarienne est en conflit avec Manticore. Si ces événements sont révélés de manière succincte, ils trouveront leur explication dans L’ombre de Saganami également en deux tomes chez L’Atalante. Les forces manticoriennes plus évoluées technologiquement que les solariens, ont remporté la victoire mais à quel prix ? Cette victoire révèle un danger encore plus grand de voir venir une flotte solarienne. Et dans un tel face à face, Manticore n’aurait aucune chance. Devoir faire face à Havre et en même temps à la ligue solarienne est un vrai dilemme pour Manticore. La solution consiste à d’abord se débarrasser du problème havrien, et de convaincre la ligue solarienne qu’elle n’a aucune chance sur le plan technologique. De son côté, Havre est prêt à faire la paix, et propose une réunion entre la reine Élisabeth et la présidente Pritchart. Mais cette solution de bon sens sera minée par un acteur caché dans l’ombre.

Ce onzième tome d’Honor Harrington propose décidément des situations plus complexes auxquelles notre héroïne doit faire face. Les batailles spatiales ne manquent pas, tout comme la vie privée d’Honor Harrington est révélée au grand jour par la presse. On découvre qu’elle est enceinte, qu’elle va se marier avec le premier Lord de la spatiale, mais aussi avec son épouse. David Weber nous met face à une situation rocambolesque, dans laquelle, en temps que lecteur, on n’y crois pas vraiment.

Après une victoire importante d’Honor Harrington, on se rend compte que le face à face finale va se produire, et qu’il se fera dans le royaume de Manticore. On assiste donc à la plus grande bataille du cycle, dans laquelle des centaines de vaisseaux sont engagés de part et d’autres. En la lisant, on se dit que Honor Harrington risque d’y perdre la vie, comme tous les autres protagonistes. L’enjeu dépasse les motivations de chacun. C’est la survie de Manticore qui est en jeu et la crédibilité de la république de Havre.

Oui, c’est du bon David Weber, comme on est habitué avec le cycle Honor Harrington. Mais en temps que fan du cycle on n’est pas surpris de la tournure des événements. Ce bouquet final s’achève un peu prématurément, sans qu’on ne sache ce que les deux parties feront par la suite. Il manque un épilogue à cette histoire. Sans doute David Weber a-t-il cru bon de ne pas encore rallonger un livre déjà fort épais. C’est la seule critique que je formulerai concernant celui-ci.

Coûte que coûte reste un moment très agréable de lecture. Un peu long au début. Mais qui après un bon tiers démarre vraiment, pour être soutenu jusqu’à la fin. Comme il y a un parallèle avec les événements de Talbot, il est évidemment conseillé de lire aussi ces deux tomes, sortis juste après.

On pourrait s’attendre à une suite, car en temps que lecteur on reste sur sa faim. Et puis la ligue solarienne n’a pas été assez développée dans les tomes précédents du cycle.  Le prochain Honor Harrington en anglais sortira au mois de juin sous le titre Mission of Honor, c’est-à-dire pas avant 2011 ou 2012 en français. C’est la suite de ce onzième tome. Nous ne sommes donc pas encore au dénouement finale pour Honor Harrington.

A noter que les couvertures sont faites par Genkis. Ce qui est également le cas pour L’ombre de Saganami. Les autres livres du cycle ressortiront avec de nouvelles couvertures faites par Genkis. Ce qui est une bonne chose.

Si comme moi vous êtes un inconditionnel d’Honor Harrington alors ce livre est pour vous. Et dans la foulée n’oubliez pas de lire L’ombre de Saganami qui est parallèle à Coûte que coûte. Décidément ce cycle survole de loin tous les autres cycle de space opera.

Coûte que coûte T.1 & 2, David Weber, L’Atalante, 2010, Couverture : Genkis