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Robert E. McGinnis – Crime & Séduction

Difficile d’échapper en cette fin d’année au livre consacré à Robert E. McGinnis. Un beau livre qui traite de la production graphique d’un grand illustrateur et peintre américain. Il est présenté par Art Scott et édité chez Urban Books. C’est la version française de « The art of Robert E. McGinnis » publiée en 2014 chez Titan Books.

Avant l’apparition de ce livre, je m’intéressais déjà à des illustrateurs de livres ou de pulps tels que Robert McGuire, Robert Abbett, Barye Philips, Charles Copeland, Mike Ludlow ou Jon Whitcomb pour n’en citer que quelques-uns. Mais le plus doué d’entre eux et aussi le plus prolifique, c’est Robert McGinnis. C’est sans aucun doute l’illustrateur que je préfère.

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La carrière de McGinnis s’étale sur presque huit décennies, de 1947 à 2014. À près de 90 ans (il est né en 1926), il continue de peindre !

Ce beau livre de 176 pages lui est entièrement consacré et retrace toute sa carrière. Il est révélateur du talent de ce grand illustrateur. McGinnis a principalement dessiné pour des commandes d’éditeurs, des couvertures de livres ou de magazines, des affiches, des publicités, etc. On lui doit par exemple les affiches de cpas mal de films comme les James Bond (Opération Tonnerre, Casino royale, On ne vit que deux fois, Au service secret de sa majesté, Vivre et laisser mourir, L’homme au pistolet d’or), Barbarella, Brannigan, Gator, Diamants sur canapé, etc.

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Mais parlé des films que McGinnis a illustrés serait très réducteur de ma part. Dans le domaine littéraire, il a dessiné pour le polar, l’espionnage, mais aussi la romance ou le livre historique. Il a également fait des illustrations un peu plus coquines, mais heureusement il n’a pas signé avec Playboy (qui espérait le recruter). Il a aussi collaboré avec le National Geographic. Ses peintures reflètent très bien la vie quotidienne ou de très beaux paysages qui existent vraiment. L’Ouest américain a une part importante dans son œuvre, tout comme les nus.

On lui doit douze cents couvertures de livres, dont plusieurs centaines dédiées au format de poche, rien que pour le polar. Je pense par exemple aux couvertures qu’il a faites pour Carter Brown ou Perry Mason. On devine aisément que chaque scène d’un livre qu’il transposait en couverture attirait davantage de lecteurs. Et ce fut le cas.

Les femmes sont à l’honneur dans les illustrations de McGinnis. Habillées ou déshabillées, elles sont toujours très glamour, très sensuel, très classe, avec un soin du détail concernant les vêtements, toujours bien coiffées et maquillées. Elles se fondent dans des scènes extraites de chaque livre. Aguicheuse, vénéneuse, amoureuse ou en danger, elles attirent le regard et on ne peut pas s’empêcher de penser qu’on aimerait bien les connaitre.

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On dirait presque que chaque livre a été écrit pour sa couverture. On retrouve cette même finesse du dessin dans les affiches de films que McGinnis a faites. Elles sont sobres, et se concentrent sur les scènes qui ont le plus d’impact visuel. Les personnages sont parfois des acteurs et actrices connus. L’art de la composition, le jeu des couleurs, les poses des personnages sont particulièrement révélatrices de ce don inné qu’à McGinnis pour restituer une scène. Parfois il se contente de faire une illustration simple, parfois il produit une peinture qui nous transpose au moyen-âge ou à l’autre bout du monde, quelque part entre dans la jungle à proximité d’un temple.

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Ce livre est un vrai régal pour les yeux. C’est un beau livre dans tous les sens du terme, qui laisse le lecteur béat d’admiration presque à chaque page. Cette édition contient beaucoup d’illustrations en pleine page, ce qui ravira d’autant les amateurs d’art. On touche ici l’art dans toute sa splendeur, que ce soit à travers les peintures ou les illustrations. Je dois avouer que je suis un inconditionnel de Robert McGinnis et que je suis heureux de faire une chronique pour ce livre que j’attendais depuis longtemps.

Sans aucun doute, un livre qui a toute sa place dans une bibliothèque.

Robert E. McGinnis crime & séduction, Art Scott, 176 pages, 2015, Urban Books

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Manchu Sketchbook

Livre de croquis, d’esquisses, ce sketchbook sorti en 2008 nous présente l’art de Manchu. Après les deux livres Science [fiction] et Starship[s}, je trouvais normal de revenir sur ce livre de croquis qui a moins attiré l’attention de l’amateur de science-fiction. En 48 pages, on a un aperçu très complet de ce qui se fait actuellement de mieux en matière d’illustrations futuristes. Les dessins de Manchu vont de la simple esquisse, à une version plus élaborée proche de la bande dessinée, passe par des perspectives. Et tout cela se retrouve sur nos couvertures de livre avec une qualité de détails sans pareil.

On a l’habitude de voir les illustrations de Manchu sur les livres de science-fiction. Difficile de ne pas être tombé sur une de ses couvertures. Avec ce sketchbook, on a l’occasion de voir celles-ci dans l’étape de début. C’est à dire la recherche et la créativité. À noter que certains de ces dessins datent de l’époque où Manchu participait à l’élaboration de l’encyclopédie galactique de François Nedelec. Une ligne toujours fluide, un coup de crayon reconnaissable entre tous. Manchu, c’est le Ralph McQuarrie du 21èle siècle. Difficile de faire mieux à l’heure actuelle. Que ce soit un sujet imposé (comme thème d’un livre) ou de la vulgarisation scientifique (mission Mars), c’est toujours très réaliste, proche de ce que pourrait être le futur que nous dessine Manchu. J’adore. Cette année-ci, j’en ai d’ailleurs profité pour voir la petite exposition Manchu à la cité des sciences.

Ce petit sketchbook est un complément graphique idéal. Pour ceux qui veulent aller plus loin, les deux livres cités plus haut sont les références. Il reste toujours la possibilité d’aller sur le site de Manchu (alias Philippe Bouchet) : http://www.manchu-sf.com/

Manchu sketchbook, Comix Buro, 48 pages, 2008.

Starship(s) – Manchu

S’il y a bien un illustrateur qui se démarque des autres en science-fiction, c’est bien Manchu. Après l’excellent Science (fiction) sorti en 2002 chez Delcourt, voici venir Starship(s) toujours chez le même éditeur. Un livre qui est tout simplement la continuation du précédent, et qui nous montre tout le talent de Manchu.

En le feuilletant, on constate que la plupart des couvertures marquantes de ces dernières années sont de Manchu. La qualité du dessin, le chatoiement de couleurs et l’imagination de l’illustrateur sont difficilement égalables, tellement la perfection est grande. Et Manchu ne fait pas que de la science-fiction. Il est aussi à l’aise dans le vol d’un dragon, en dessinant un dieu égyptien, ou une scène historique tirée d’une Terre parallèle.

Mais Manchu ce n’est pas un simple illustrateur. On découvre avec ce livre sa participation à la bande dessinée, ou ses illustrations représentant l’exploration de Mars par des sondes robots et par les prochaines missions avec équipage humain.

En dehors de sa technique irréprochable, il a le don de résumer un livre en une seule illustration. Il dessine parfaitement une scène clé du livre et restitue l’ambiance que l’auteur voulait décrire. Cette qualité fait qu’on peut souvent se contenter de l’illustration de couverture et du quatrième de couverture pour se décider à acheter un livre de science-fiction.

Ce livre est un vrai régal. Non seulement parce qu’il reprend toutes les illustrations qui ont fait le bonheur de bons nombre de livres de science-fiction, mais en plus parce qu’il permet aux auteurs, aux lecteurs ou aux joueurs d’imaginer plus facilement de nouveaux mondes et technologies rien qu’en jetant un coup d’œil à ce livre.

Comme certains lecteurs, il m’est parfois arrivé d’acheter un livre pour sa couverture. Souvent je recherche la couverture sur le Web, en espérant retrouver une illustration plus détaillées, plus larges, pas découpée à cause des contraintes de l’édition.  Et parfois il m’arrive de trouver le site de l’auteur ou de fans qui n’hésitent pas à mettre en ligne des illustrations qui font rêver. Ici, nul besoin de tout cela, en un seul livre de la taille d’une bande dessinée Delcourt nous propose tout l’art de Manchu. Un vrai trésor qui en est à son second tome.

Si vous avez acquis Science (fiction), alors Starship(s) a toutes les raisons de se retrouver à ses côtés. Si vous aimer les belles couvertures de science-fiction, là encore ce livre ne peut pas vous échapper.

Pour ceux qui veulent en savoir plus sur l’illustrateur, je signale que dans mes liens ils trouveront son site.

Starship(s), Manchu, Delcourt, 2010, 96 pages

Science fiction illustrations – Jean-Pierre Normand

Récemment en commandant un Rivière Blanche, j’ai été attiré par la couverture du Science fictions illustrations. Sans reconnaitre la couverture, je m’étais dit que ce dessinateur ne m’était pas inconnu. Et pour cause, j’ai effectivement plusieurs livres ou magasines dont la couverture porte son coup de patte. J’en ai donc profité pour commander également ce recueil d’illustration.

Édité par Rivière Blanche, ce recueil d’illustrations consacré à Jean-Pierre Normand est un vrai régal pour les yeux. Il n’y a rien à lire. Il suffit simplement de regarder et se laisser emporter à travers la cinquantaine d’illustrations qui y sont rassemblées. La majorité d’entre elles se situent dans l’espace ou montrent un élément technologiquement trop évolué pour le contexte dans lequel il se retrouve. Des océans planétaires, en passant par les océans spatiaux pour finir aux confins des galaxies, ce recueil est vraiment original.

Jean-Pierre Normand est connu depuis une trentaine d’années pour ses  illustrations qui se retrouvent fréquemment en couverture de livre de science- fiction. On lui doit des couvertures pour les magasines Galaxies, Solaris ou Analog. Plusieurs couvertures de Rivière Blanche sont dessinées par Jean-Pierre Normand (Aberration cosmique d’Hugues Douriaux, Enigma de Piet Legay ou La grande migration de P.J. Herault). Un recueil sympa, dans un format qui est ni trop grand ni trop petit, qui mériterait d’être suivi par d’autres recueils  consacrés à d’autres illustrateurs.

Jean-Pierre Normand, Science fiction illustrations, Rivière Blanche / Black Coat  press Book, 60 pages, 2009