La maison d’acier – David Weber

Le cycle Honor Harrington écrit par David Weber s’est enrichi d’un guide de l’univers de la série et d’un court roman. J’avais précédemment eu la version anglaise de ce livre, pour pouvoir consulter les informations techniques et historiques de « l’Honorverse ». Mais je ne m’étais pas attelé à la lecture du roman qui précède ce guide. Erreur que je viens de corriger avec la version française publiée par l’Atalante.

Ce livre est uniquement fait pour les fans du cycle. C’est la référence pour toute personne qui veut connaitre les données techniques des vaisseaux, la personnalité des différents acteurs de ce cycle, la politique menée par les différentes puissances spatiales, les différentes technologies utilisées, etc. En somme, tout ce qui a pu être lu précédemment dans ce cycle est ici résumé et classé. Je ne vais donc pas m’appesantir sur ce qui est censé être connu par les fans du cycle.

La maison d’acier est un roman à ne pas négliger. Il précède le cycle Honor Harrington et se focalise sur le roi Roger Winton III, le père de la reine Elizabeth III. On suit l’héritier du trône depuis qu’il est lieutenant de vaisseau dans la flotte royale manticorienne, jusqu’à ce qu’il prenne la succession de sa mère pour devenir roi, puis jusqu’à son décès. L’histoire s’étale sur plusieurs décennies, pendant lesquels Roger assiste lentement à la montée en puissance de la République populaire de Havre, qui annexe petit à petit les systèmes stellaires voisins et devient une menace de plus en plus grande pour Manticore.

À travers des projets mis en place avec l’aide de sa mère, et de Jonas Hadcock (son meilleur ami et son futur beau-frère), Roger va participer à la création d’une force capable de rivaliser avec la RPH. Cela va prendre des décennies. D’abord en intégrant ArmNav et en travaillant avec Hadcock, ensuite en devenant souverain et en infléchissant la politique défensive de Manticore. C’est là que son vœu de créer une maison d’acier pour Manticore prend tout son sens. Roger devra composer avec les rivalités politiques au sein de son propre système solaire, mais aussi en créant des alliances avec les autres systèmes voisins.

En parallèle à ça, Angélique la sœur de Jonas Hadcock devient l’épouse de Roger et quelques années plus tard mettra au monde une petite fille qui deviendra la reine Elizabeth III. Tout semble se dérouler convenablement, jusqu’à ce qu’un accident mette un terme à l’existence de Roger. On découvrira qu’il ne s’agit pas d’un accident, mais d’un assassinat commandité par Havre.

Elizabeth arrivée à l’âge de régner prend la succession de son père, et ne dévoile pas directement que derrière ce meurtre se cache la République Populaire de Havre. Ce n’est qu’avec l’invasion de l’étoile de Trévor par la RPH, qu’Elizabeth a un prétexte pour entrer dans le conflit qui se dessinait depuis plusieurs décennies.

Pas de combats spatiaux dans ce roman, si ce n’est celui qui se passe à la fin de la guerre entre Havre et Manticore (dont à l’époque d’Honor Harrington) et qui est mené par l’amiral Havre-Blanc pour le compte de la reine Elizabeth.

Une préquelle indispensable au lecteur du cycle Honor Harrington, qui permet de comprendre comment Havre a lentement mais surement envahi d’autres systèmes stellaires et comment Manticore a préparé le choc inévitable avec Havre.

On s’attache au roi Roger dans ce roman, et quand on le perd on est heureux qu’Elizabeth prenne sa succession. Jonas Hadcock est certainement une des personnes les plus importantes sur l’évolution la FRM. On comprend mieux comment Gram a abouti à des développements technologiques importants qui feront basculer l’avantage en faveur de Manticore.

Pas d’Honor Harrington dans ce roman, car elle est l’aboutissement de ce qui va suivre. Par contre, quelle planification subtile écrite par David Weber ! On peut faire les mêmes reproches que les autres livres du cycle. C’est-à-dire des longueurs dans certains débats politiques ou stratégiques. Mais au final on se dit que cela renforce la cohérence du roman et de ses suites.

J’ai aimé ce livre autant que ses personnages, car j’avais envie de retrouver un univers qui m’était familier depuis plusieurs années. La partie guide de l’univers est plus à consulter plus qu’à lire. Celui qui aime ce cycle y trouvera son bonheur. À conseiller aux fans d’Honor Harrington.

La maison d’acier/Le guide de l’univers, David Weber, L’Atalante, 618 pages, 2013, illustrations de Thomas Marrone, Couverture de Genkis

La maison d'acier - David Weber

Place des ombres, après la brume – Véronique Biefnot et Francis Dannemark

Un nouveau roman de Véronique Biefnot et Francis Dannemark est toujours un événement marquant dans la production littéraire littéraire belge. Qu’ils arrivent à écrire à quatre mains des histoires originales tient de la gageure. Bien sûr, d’autres auteurs s’y sont essayés, mais pas de manière aussi réussie qu’eux deux.

La première question qu’on peut se poser sur ce livre, c’est de savoir s’il s’agit d’un ou deux romans. En fait, c’est bel et bien une seule histoire, dont les deux parties se passent à vingt ans d’écart. La première se situe dans les années 1980, et la seconde en 2000. La première est écrite par Véronique Biefnot, et la seconde est écrite par Francis Dannemark.

On avait précédemment lu des romans écrits à quatre mains par les deux auteurs. Voilà que le duo nous propose un diptyque dont chacun a écrit une partie, au départ d’un scénario élaboré ensemble. Et cela fonctionne toujours. Le tandem est bien rôdé !

C’est d’autant plus difficile de chroniquer chaque partie du livre, car trop en dire sur la première partie donnerait des informations aux lecteurs sur la seconde partie. Je m’abstiendrai donc d’en dire trop sur l’histoire pour permettre au futur lecteur de découvrir le roman.

Place des ombres

Reste qu’avec Place des ombres, on retrouve le style d’écriture plus dramatique, plus sombre de Véronique Biefnot, qu’on avait déjà découvert dans sa trilogie (Comme des larmes sous la pluie, Les murmures de la terre, Là où la lumière se pose). Comme d’habitude, le style est soigné, précis, fluide, et… mystérieux. Avec un sens du détails qui lui est propre.

Si le fantastique a déjà été abordé précédemment dans les romans « Sous les ruines de Villers », ici on a droit à une dimension nouvelle et je pense que Jean Ray, Thomas Owen ou Michel de Ghelderode ne renieraient pas cette histoire. Par ailleurs, Véronique Biefnot peut allier le noir et le rose, passer du drame à la comédie lorsque c’est nécessaire. Probablement parce qu’elle est aussi une comédienne qui a abordé de multiples genres sur les planches de nos théâtres.

Le personnage principal de cette première partie est Lucie, une étudiante à l’université, qui se retrouve dans une ville qu’elle va devoir découvrir. Pas très loin de la place des Ombres, elle va faire la connaissance d’Evariste Jussieux un vieil herboriste qui tient son officine au rez-de-chaussée et de madame Latourelle, la propriétaire de la demeure dans laquelle Lucie va occuper un appartement. Lucie « adoptée » par un grand chien noir aux yeux d’ambre qui ne la quitte pas un instant, va bientôt être confrontée à d’étranges phénomènes en ces lieux et découvrir que ces deux personnes sont liées au sort de la maison. Une histoire révolue ? Peut-être pas : un événement tragique et spectaculaire va se produire, dont Lucie sera la victime… Il y a le danger sournois et invisible, que Lucie ignore alors qu’elle est la victime, et le danger imprévisible d’une demeure qui n’a pas encore livré tous ses sombres secrets.

Ce n’est qu’avec l’arrivée inattendue de son amie Maud que les événements tragiques vont trouver une explication rationnelle… Mais ne faudrait-il pas dire surnaturelle ?

Cette première partie se termine sur une note à la fois triste et rassurante, qui donne évidemment envie de lire la seconde partie de ce roman.

À noter que le fil rouge de cette histoire est un autre livre : Les Fleurs du mal de Charles Baudelaire.

Après la brume

Dans la deuxième partie du roman, on retrouve Maud vingt ans plus tard. Elle a perdu son mari et sa mère, tandis que son fils est hospitalisé. Un nouveau personnage répondant au nom de La Brume fait son apparition. Taciturne, mystérieux, mais toujours aimable et attentif, il est accompagné d’un grand chien noir. Maud se sent rassurée par sa présence et il sera à son côté lorsqu’elle se rendra dans le château de  son père.

La brume semble être un étranger à toute cette histoire, et l’on sait peu de choses de lui. Et pourtant – mais le lecteur ne le découvrira que bien plus tard – des liens inattendus le rattachent aux protagonistes que l’on a appris à connaître depuis le début du diptyque.  Peu à peu, les pièces éparses s’assemblent…

Le ton et le style de Francis Dannemark sont certes légèrement différents de ceux de Véronique Biefnot mais le mystère plane toujours et nous sommes tout autant dans un registre où le fantastique règne en maître, quoique toujours dans un cadre réaliste

Je me demande à quoi aurait ressemblé ce roman si dès le départ il avait été écrit à quatre mains, comme c’était le cas pour les livres précédents des deux auteurs. Ou ce que cela aurait donné si Francis Dannemark avait écrit la première partie et Véronique Biefnot la seconde. Mais ces questions, qui sont de purs jeux de l’esprit (privilège du lecteur !) ne doivent pas nous faire perdre de vue qu’il s’agit d’une histoire qu’ils ont imaginée ensemble et, bien sûr, retravaillée en duo.

Dans cette « Place des Ombres, après la brume », on ne retrouve pas la charmante douceur de La route des coquelicots, ou la tendre nostalgie de Kyrielle Blues. Au cœur de ce diptyque, c’est un drame qui pose sa marque, et le mystère plane en permanence sur cette histoire, qui n’est pas moins agréable à lire, mais plus dense, plus tendue. C’est une nouvelle dimension dans le travail de ce duo ! Qui annonce d’autres collaborations dans l’avenir. À lire sans aucun doute !

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Marilyn X – Philip Le Roy

Et si Marilyn Monroe n’était pas décédée en 1962 ? C’est sur cette idée (pas si) farfelue que Philip Le Roy a écrit Marilyn X un livre qui tient du polar et du documentaire.

On pourrait se dire qu’il existe des centaines de livres sur Marilyn Monroe et qu’on a écrit tout ou presque sur elle. Elle a été l’objet d’innombrables fantasmes de beaucoup de personnes qui ont un jour aimé un de ces films, qui ont lu les livres qui lui sont consacrés. Je ne fais pas exception à la règle. Je pense qu’un jour elle fera sa réapparition sous forme de personnage de synthèse et le public ne devinera jamais qu’elle n’est pas réelle. On approche à grands pas de ce genre de technologie.

L’idée de savoir Marilyn Monroe vivante au-delà de la date de sa mort est évidemment une idée qui peut donner lieu à plusieurs histoires distinctes. Dans le cas présent, Philip Le Roy retrace la vie de Marilyn Monroe à l’époque des Kennedy, c’est-à-dire à l’époque où elle a une aventure avec le président des États-Unis et avec le ministre de la Justice qui n’est autre que le frère du président. Si on ajoute à cela quelques acteurs et chanteurs bien connus, et de vrais mafieux capables d’influencer le président de la nation la plus puissante du monde, on obtient un livre qui jette un regard neuf sur le mystère du décès de Marilyn Monroe.

Lors d’un périple au Nouveau-Mexique, un couple français est témoin d’un incendie. L’homme est écrivain et est accompagné par sa femme. Si rien ne les prédestine à faire une découverte incroyable, ils vont cependant se retrouver en possession de carnets en partie brulés. Ces carnets sont écrits par un narrateur qui a connu de très près Marilyn Monroe. Il n’en faut pas plus à nos deux voyageurs pour imaginer une histoire rocambolesque tirée de ces bribes. En réalité, il n’en est rien, car ces carnets font référence à Marilyn Monroe. Une lecture plus attentive révèle que ces textes ne sont pas issus de l’imagination d’un écrivain, mais qu’il s’agit bien de souvenirs transposés dans des carnets.

La manière dont les informations sont distillées aux lecteurs va les forcer à progresser plus vite dans la lecture de ce roman déjà très fluide et très bien écrit. Et les vraies informations donnent froid dans le dos, surtout lorsqu’on découvre que Robert et John Kennedy étaient dépendants de la mafia. Marilyn Monroe détenait certaines informations compromettantes, dont celle des carnets qui sont révélés, qui mettraient en danger le président des États-Unis.

Pour éviter d’être assassinée, Marilyn Monroe va donc mettre en scène sa propre mort avec la complicité des Kennedy. Cela veut aussi dire qu’elle renonce à sa carrière et opte pour une vie tranquille et discrète. Quoi de mieux qu’une réserve d’Indiens pour y passer le reste de son existence.

J’avoue que le carnet concernant l’hôtel de Frank Sinatra m’interpelle plus particulièrement. Si les faits sont réels, il y avait vraiment nécessité pour Marilyn Monroe de fuir et se cacher. Le plan qu’elle a échafaudé va justement la soustraire au danger qui plane sur elle. C’est assez original.

Il y a beaucoup de romans, de films, ou BD où la belle blonde occupe un rôle parfois joué par une actrice. C’est un mythe et cela le restera encore longtemps. Si vous ne l’avez pas deviné, je suis un peu fan de Marilyn Monroe. Elle représente le sommet du glamour à l’époque. Elle correspond aux années 50 et 60, un peu désuètes, qui reste profondément ancrées dans nos souvenirs ou notre imagination.

Ce roman est suffisamment bien écrit pour que le lecteur se laisse guider par l’intrigue et accepte tous les arguments historiques liés à cette star hors normes. Les détails que donne Philip Le Roy sont presque toujours issus de documents ou de livres. Il est difficile aux lecteurs de faire la distinction entre la réalité et la fiction, à tel point que la totalité du livre pourrait être prise pour des faits authentiques. Et là, l’auteur a parfaitement réussi son coup en nous faisant douter sur la véracité des faits. Marilyn a-t-elle vécu jusqu’à 90 ans à l’écart des médias ? Que ce soit vrai ou faux, importe peu. Je pense que les fans de Marilyn Monroe auraient aimé que ce soit le cas.

C’est le premier livre que je lis de Philip Le Roy. C’est une lacune que je devais combler après avoir rencontré l’auteur et son épouse il y a quelques années à Bruxelles. Je m’étais promis de le faire avec un livre qui n’est pas trop noir, et c’est effectivement le cas avec ce Marilyn X qui revient avec une des célébrités les plus importantes du vingtième siècle.

Croise-t-on vraiment Marilyn Monroe dans ce livre ? Eh bien oui ! Mais le lecteur devra attendre la fin du livre pour se rendre compte que l’actrice fait bien son apparition à notre époque. Un exercice de style bien orchestré par Philip Le Roy, qui mérite vraiment d’être un des meilleurs auteurs de polar du moment.

Un livre à conseiller évidemment, mais surtout un auteur à suivre de près.

Marilyn X, Philip Le Roy, édition Cherche Midi, 2016, 270 pages, illustration Mikaël Cunha

Marilyn X - Philip Le Roy

Time lapse

Et si votre voisin mourait et laissait dans sa maison une étrange machine qui prenait quotidiennement des photos de votre maison toutes les 24 heures ? Oui, mais 24 heures dans le futur, c’est-à-dire demain à 8 heures du soir. C’est sur cette idée originale qu’est basé Time lapse, un film qui tient de la science-fiction, mais qui bascule rapidement dans le thriller angoissant. Le film est un huis clos, ce qui renforce encore un peu plus cette angoisse. L’histoire se passe uniquement dans une maison et celle d’en face.

Film à petit budget dont l’intérêt est largement compensé par une bonne histoire. C’est le genre de film qui a parfaitement trouvé sa place au BIFFF en 2014, et qui est sorti en salle en 2016. Pas de grands acteurs ni réalisateur oscarisé. Simplement le développement d’une idée de science-fiction déjà exploitée sur le plan littéraire et déjà abordée au cinéma sous un autre angle.

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Trois amis colocataires vivent dans une petite maison. L’un d’entre eux est peintre et assure le rôle de concierge dans les environs. Sa petite amie est serveuse, tandis que le troisième est un parieur qui côtoie des personnes pas toujours fréquentables.

Ils découvrent que leur voisin d’en face n’a plus montré signe de vie depuis quelque temps. Le courrier s’accumule sur le pas de sa porte. Heureusement, ils ont la clé de la maison. Et ce qu’ils vont découvrir en y pénétrant, c’est une étrange machine qui prend des photos toutes les 24 heures. Des photos de leur propre maison, prises à travers une baie vitrée. Étrangement une photo montre une situation qui n’est pas encore arrivée. Ils retrouvent la dépouille du propriétaire enfermé dans la cave. Celui-ci est mort mystérieusement. Les trois amis vont découvrir que la photo générée chaque jour correspond bien à ce qui va se passer le lendemain à huit heures du soir.

L’idée de connaitre son avenir prend soudain une grande importance dans leur vie, surtout dans celle du parieur qui y voie un moyen de gagner beaucoup d’argent en récupérant le résultat des courses du lendemain.

Au cœur d’une histoire de paradoxe temporelle, les trois personnages vont être confrontés à un bookmaker peu scrupuleux, qui va les contraindre à travailler pour lui. Leurs vies en danger, ils n’ont plus qu’un moyen de s’en sortir, c’est de se débarrasser du bookmaker et de son garde du corps. Le film bascule alors vers du thriller. Et ça marche ! Cela reste une bonne série B, mais ça marche.

Chaque jour révèle une photo différente de l’avenir, photo parfois compromettante, parfois énigmatique. Le concepteur décédé de cet étrange appareil photo avait laissé quelques mots qui indiquaient que ne pas faire le lendemain ce que la photo montre, correspond à changer le cours du temps, avec les désagréments que cela peut occasionner. Reproduire l’événement revient à s’assurer que ce dernier arrivera bien.

On le voit ici, les principaux protagonistes sont pris dans un piège temporel. Faut-il suivre la photo du lendemain pour que tout se réalise ? Ou faut-il ne pas tenir compte de cette photo ? Le réalisateur du film s’est davantage basé sur la première hypothèse, ce qui lui a permis une certaine liberté quant à la suite de l’histoire.

Personnellement, je pense que quoi que les personnages fassent, la photo du lendemain devra montrer ce qui va vraiment se passer. Donc, il n’y a pas d’obligation de suivre à la lettre la photo. Mais ça, c’est un autre débat qui sort du cadre de ce film. Reste donc, une histoire intéressante, bien développée, sans prétention, qui fera passer un bon moment aux amateurs de science-fiction et de thriller.

Je suis content de retrouver Danielle Panabaker dans ce film. Ce qui la sort de son personnage du docteur Caitlin Snow dans les séries de science-fiction Flash et Arrow. Dans ce film elle est davantage une victime, bien que…

J’ai vraiment bien aimé.

Time lapse réalisé par Bradley King, interprété par Danielle Panabaker, Matt O’Leary, George Finn, 2015, durée 1h44.

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Les vandales du vide – Jack Vance

Le Belial inaugure une nouvelle collection de livres consacrés aux pulps de science-fiction. Le premier roman Les vandales du vide est écrit par Jack Vance, et traduit par Pierre-Paul Durastanti. Pour ajouter une note vintage à celui-ci, la couverture est dessinée par Caza, un illustrateur habitué depuis des décennies à mettre en valeur des scènes des romans de Jack Vance et d’autres auteurs. On ne pouvait pas mieux rêver.

Ce roman de science-fiction date de 1950. C’est un inédit de Jack Vance, mais pas nécessairement une œuvre de jeunesse, car à 34 ans, Vance avait déjà écrit d’autres histoires. Il correspond très bien à la science-fiction de l’époque, que d’autres auteurs ont aussi mise en valeur. En lisant ce roman, je n’ai pas pu m’empêcher de faire le parallèle avec des livres d’Isaac Asimov, Robert Heinlein, Arthur C. Clarke, voire même Filip K. Dick. Les romans de cet âge d’or seraient aujourd’hui considérés comme de la lecture pour la jeunesse. Mais n’avons-nous pas tous été jeunes, et n’avons-nous pas tous gardé un regard d’adolescent sur ce genre d’histoire ?

Dans cette histoire, on suit le jeune Dick Murdock, qui quitte Vénus pour rejoindre son père, l’astronome en chef de l’observatoire situé sur la Lune. Pendant le voyage, le vaisseau qui assure la liaison croise un cimetière d’astronefs. Les épaves sont le résultat d’une bande de pirates qui s’attaquent à la circulation spatiale dans cette partie du système solaire. Un avenir où les humains colonisent petit à petit le système solaire, mais n’ont pas les moyens d’assurer une protection militaire suffisante à chaque convoi. La piraterie a donc fait son apparition et perturbe la colonisation et l’exploitation du système solaire.

En regagnant la Lune, Dick découvre qu’au sein de la base il y a une taupe qui communique aux pirates des informations sur les passages des vaisseaux. Ce qui leur permet d’arraisonner et détruire ces vaisseaux. En voulant en apprendre plus, Dick se met en danger. Son père échappe de peu à la mort et d’étranges accidents surviennent sur la Lune. Dick découvre qu’un homme aux yeux jaune, le Basilic, dirige les vandales et tente de le tuer. Finalement, une science-fiction épique, qui renoue avec

À travers ce livre, on reconnaît difficilement le style de Jack Vance. Le côté flamboyant et baroque est absent, probablement parce que l’histoire se passe dans l’espace et sur la Lune. On trouve ici un Jack Vance qui se fond dans le moule de la science-fiction des années 50. Une science-fiction un peu plus naïve plus axée sur l’aventure, où la technologie est présente, mais pas nécessairement expliquée. C’est ce qui fait d’ailleurs tout le charme de ce genre d’histoire.

On est habitué à mieux de la part de Jack Vance. Par exemple le cycle de Tschaï, la geste des princes-démons, le cycle de la perle verte, ou l’univers baroque de Cugel l’astucieux.

Dans le cas présent, c’est bel et bien un inédit de Jack Vance qui est proposé par le Bélial. Une raison de plus de découvrir ce texte à travers la traduction qu’a faite Pierre-Paul Durastanti.

Je suis curieux de voir quels seront les prochains titres publiés dans cette collection. Il y a certainement quelques perles qui nous ont échappés et qui méritent de revoir le jour ou d’être traduites. Une chose est certaine, c’est une bonne initiative de la part du Bélial. J’espère simplement que ces livres auront également un équivalent poche dans les années qui suivent leur première parution en français.

Le pulp est à la mode. D’autres collections ont décidé de ressortir des romans peu connus ou totalement ignoré du public. C’est par exemple le cas avec Michael Crichton chez Laffont (La dernière tombe, Agent trouble). L’aventure, le polar, l’action, le mystère reviennent à l’avant-plan à travers des œuvres parfois de jeunesse. Et la science-fiction est le genre idéal pour faire découvrir ou redécouvrir des histoires et des auteurs qui ont forgé ce genre littéraire.

À lire, avec un certain recul, et surtout avec un esprit très ouvert, car ce livre remet au centre l’aventure, l’action, le mystère et le danger qui ont bercé notre imagination. J’ai aimé, et je vais certainement suivre cette collection de près.

Un livre de Jack Vance qui fait passer un bon moment de lecture.

Les vandales du vide, Jack Vance, Le Belial, 2016, traduction Pierre-Paul Durastanti, Illustration de Caza

Les Vandales

Star Wars VII – Le réveil de la force

Avec un peu de recul, voici la chronique de Star Wars VII. J’ai préféré laisser passer un peu de temps avant de la proposer. D’abord pour ne pas être influencé par les millions de spectateurs qui ont vu le film à sa sortie. Ensuite parce que je suis davantage fan de Star Trek que de Star Wars. La sortie DVD était donc l’occasion de voir et revoir le film a tête reposer et donner un avis plus objectif sur ce septième opus. J’adore voir Han Solo, Luke Skywalker et la princesse Leia. Ils forment les mythes d’aujourd’hui, tout comme le fait le seigneur des anneaux et Game of thrones.

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Il y a des aberrations dans ce film, du genre étoile de la mort. Dans l’épisode IV, la première étoile de la mort est détruite. Puis dans l’épisode VI une nouvelle arme est en cours de construction, mais est déjà opérationnelle. Et là aussi elle est détruite. L’épisode VII montre une nouvelle étoile de la mort (star killer) encore plus grande, toujours capable de détruire une planète, alimentée par l’énergie d’une étoile. D’où ma réflexion : est-ce que le premier ordre est assez stupide pour s’inspirer de l’empire et toujours construire des engins de mort de plus en plus grands ? Et puis de se les faire détruire par les rebelles ? Il faut croire que oui, à moins que ce soit les lacunes des scénaristes qui n’ont rien trouvé de mieux que de reprendre les recettes des épisodes précédents. En fait, c’est bien cette dernière déduction qui est la bonne. Tout le film n’est qu’une succession de sujets développés dans les épisodes précédents. C’est du déjà vu !

Film amusant, intéressant, mais sur le plan scénaristique très insuffisant. C’est le gros défaut de J.J. Abrams qui avec le reboot de Star Trek a privilégié l’action, oubliant que cette série mise aussi sur la réflexion. Les vrais fans de la série (et des films avant le reboot) ne s’y trompent pas, c’est une ligne de temps différent.

Star Wars VII est visuellement une réussite. Les lieux, les personnages, les scènes d’action sont excellentes et ne dépayseront pas les fans du cycle. On n’en attendait pas moins de cette suite. Pendant les 2h10 que dure ce film, il n’y a pas de temps mort, pas de scènes inutiles. Le travail qui a été fait est excellent à tous niveaux. Cela peut paraitre contradictoire avec ce que j’écris plus haut. Mais non, car malgré ses défauts scénaristiques, le film capte l’attention du spectateur que je suis. Ce n’est pas difficile, je l’ai vu trois fois.

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Retrouver les personnages principaux de la trilogie précédente est rassurant et permet de faire le lien avec cette nouvelle trilogie. On dirait que Harrison Ford n’a jamais quitté son costume de Han Solo et a simplement vieilli. C’est plus difficile pour Carrie Fisher qui ne ressemble plus à ce qu’on pouvait attendre d’elle. Trop d’années d’absence sur le grand écran la rendent méconnaissable dans son rôle de Leia Organa. C’est moins le cas de Mark Hamill qui joue Luke Skywalker. S’il apparait seulement dans les dernières minutes du film, il ressemble curieusement à Alan Bates dans Gladiator. D’une certaine manière, un Jedi c’est un gladiateur des temps futurs.

Ce premier opus correspond à une quête menée par Rey et Finn, pour retrouver Luke Skywalker. Lors de celle-ci Han Solo et Chewbacca font leur apparition ainsi que le Faucon Millénaire. La galaxie est immense, mais le hasard fait tout de même que ces deux nouveaux héros tombent sur ceux de la trilogie précédente. Finn déserte un peu trop vite des stormtroopers. Quant à Rey, on se demande comment elle arrive à vivre en cannibalisant les épaves des vaisseaux de l’empire qui se sont écrasés. Le personnage le plus inattendu, c’est BB-8, le droïde sphérique qui grâce à ses mimiques (mouvements de tête) exprime ses émotions. Amusant et originale. Par contre j’aimerais bien qu’on m’explique comment les humains arrivent à comprendre les sons produits par R2-D2 et BB-8.

Le personnage le plus ambigu c’est Kylo Ren qui derrière un costume et un masque noir ressemble vaguement à Darth Vador. On découvre que c’est le fils de Han Solo et de la princesse Leia, et qu’il a été l’élève de Luke Skywalker. À la solde du Premier Ordre fondé sur les ruines de l’empire, Kylo Ren tente de faire aussi bien que son grand-père. En fait, il perd à plusieurs reprises ses moyens en détruisant avec son sabre laser tout ce qui se trouve à proximité de lui. Difficile de croire qu’un être si instable est autorisé à commander. Il est perpétuellement partagé entre ses sentiments pour sa famille et son obéissance à Snoke le chef suprême. Le côté sombre de la force l’a complètement fait basculer du côté obscur.

Même dans la manière de se battre avec un sabre laser, il n’a pas la dextérité de Darth Vador (si on peut appeler cela de la dextérité). On pense qu’il doit être imbattable. Il n’en est rien. Rey avec un sabre laser fait aussi bien que lui alors qu’elle n’a même pas été formée à l’utilisation de la force. À propos de sabre laser, celui de Kylo Ren possède deux petits faisceaux laser perpendiculaires. Ce qui est une anomalie, car au moindre mouvement du poignet de son porteur, l’arme se retournerait contre celui-ci. Il devrait avoir l’avant-bras en charpie à chaque moulinet de sabre laser.

Star Wars 7

Han Solo qui est blessé par le sabre laser de Kylo Ren, puis qui tombe dans le puits. Est-ce que cela ne vous rappelle rien ? L’empire contre-attaque où Luke Skywalker tombe aussi dans un puits conique avant d’être aspiré dans un des conduits sous la cité. On ne voit pas la mort de Han Solo et on peut supposer qu’il est toujours vivant, mais blessé.

L’impression que j’ai de ce septième épisode, c’est que les scénaristes ont repris toutes les idées de la trilogie précédente (épisodes IV, V et VI) qu’ils ont mélangé le tout, et refait un nouveau scénario à partir de ce que Lucas avait déjà imaginé. Donc un sentiment mitigé de ma part concernant le scénario. Pour le reste, rien à redire, c’est un Star Wars pure et dure.

Pour faire cette chronique, j’ai plusieurs fois regardé le film, car je ne pouvais pas me contenter de mes premières impressions. C’est d’autant plus facile que je pouvais arrêter le DVD à n’importe quel moment et revoir une scène en particulier (ce qui n’est pas le cas de la salle de cinéma). Mais au final, je suis heureux que la science-fiction retrouve ses lettres de noblesse à travers des cycles comme Star Wars et Star Trek. Je signale qu’il y a d’autres cycles qui mériteraient d’être adaptés au cinéma. Dans l’ensemble un bon film avec un scénario sans surprise, et des moyens à la hauteur de ce qu’attendent les fans.

La mythologie Star Wars est de retour et ça nous a tous manqué. Espérons qu’il ne faut pas attendre trop longtemps pour voir la suite.

Star Wars VII – Le réveil de la force, réalisé par J.J. Abrams, 2016, 2h10 (DVD)

Star Wars 7 - Le reveil de la force

D’encre et de sang – Renaud et Gihef

D’encre et de sang, de Gihef et Renaud est une bande dessinée en deux tomes qui se passe à Bruxelles à la fin de la Seconde Guerre mondiale. Cette BD est éditée par Sandawe en crowdfunding. Le deuxième tome est sorti en février 2016.

Le hasard fait que j’étais en train d’écrire un court roman qui se passe en partie à la même époque à Bruxelles. J’avais fait des recherches sur l’occupation allemande à Bruxelles pendant les quelques jours qui précédaient la libération de la ville. Et Ô miracle, voilà que cette BD aborde en partie le sujet. Elle m’a aidé à visualiser les lieux et scènes de mon propre roman. Si j’ai grandi et j’habite Bruxelles, je ne sais pas toujours à quoi ressemblait la ville pendant la Seconde Guerre mondiale.

J’ai découvert le premier tome grâce au site Sandawe, et je l’ai pratiquement lu d’une traite avant de devenir edinaute pour le second tome. Ma patience est récompensée avec la sortie de la seconde et dernière partie de l’histoire.

D'encre et de sang T1

C’était impossible de chroniquer le tome 2 sans faire référence au tome 1. J’ai donc décidé de chroniquer l’histoire complète.

Katja Schneider, jeune journaliste d’investigation autrichienne, arrive à Bruxelles en septembre 1944. Elle est recommandée par Berlin pour rejoindre l’équipe rédactionnelle du journal Le Soir. À l’époque, le journal servait de propagande à l’occupant allemand.

Depuis que son fiancé est emprisonné par les nazis en Autriche, Katja a rejoint la résistance. Elle découvre que son fiancé est peut-être vivant et prisonnier dans un camp. Pour le compte de la résistance belge, elle doit aussi retrouver Léon Degrelle, collaborateur et instigateur d’un mouvement d’extrême droite. La résistance veut éliminer l’homme avant que les forces de libération n’arrivent dans le pays.

Officiellement, Katja enquête sur une série de meurtres de jeunes femmes juives. Leurs corps sont mutilés et découpés. Ses investigations la mettent en danger, soit parce que ses questions sont trop ciblées sur Léon Degrelle, soit parce qu’elle éveille des jalousies au sein des Allemands. Découvrir le coupable des meurtres met sa vie en péril

Ambiance feutrée, intrigues multiples, très beaux dessins qui montrent le Bruxelles de l’époque, cette bande dessinée à nécessité pas mal de recherches historiques. Il faut ajouter à cela une héroïne plutôt jolie, qui n’a pas peur de se mettre dans l’embarras. C’est un thriller pendant la Seconde Guerre mondiale.

Les dessins de Renaud sont splendides tandis que le scénario de Gihef est travaillé et donne envie de lire cette bande dessinée jusqu’au bout. Vraiment une excellente BD.

Journal Le Soir

Très peu de BD abordent le problème de l’occupation en Belgique, et à Bruxelles en particulier. Il y a bien sûr D’encre et de sang en deux tomes, mais il y a aussi Ars Magna en trois tomes d’Alcante et Jovanovic. C’est une bonne chose, car on avait l’impression que l’occupation n’existait qu’en France, et que les pays voisins étaient épargnés par les Allemands. Il n’en est rien. Il faut savoir qu’à Bruxelles pendant la guerre, un millier de personnes a été tué par l’occupant. Il existe des témoignages de cette période triste de notre histoire.

Renaud et Gihef ont décidé d’aborder des thèmes sérieux comme l’assassinat de femmes juives, mais aussi comme la traque de Léon Degrelle. Ils reviennent sur la publication du faux soir (le soir volé) avec un dossier qui clôt le premier tome. On le voit, un long travail de recherche a été effectué pour cette bande dessinée. L’intrigue de départ cache d’autres fils conducteurs, qui mèneront Katja Schneider, la jeune journaliste, dans des méandres sombres de l’occupation à Bruxelles.

Je pense que cette BD ouvre une voie inexploitée par les scénaristes et dessinateurs de BD, et qu’elle vaut la peine d’être approfondie à travers d’autres faits historiques dans lesquels des personnages fictifs vont évoluer. J’espère que ce sera le cas. On peut remercier Sandawe d’avoir cru dans ce projet. Mais ce serait bien que les éditeurs traditionnels s’intéressent aussi au genre.

J’ai juste une remarque à faire concernant la page 17 du tome 2. À mon avis, il manque un phylactère qui fait référence à la scène d’introduction du premier tome, question d’expliquer aux lecteurs que les changements vestimentaires de Katja Schneider entre les pages 16, 17 et 18. En dehors de ce petit détail, la BD est excellente.

C’est une bonne BD, qui ne laisse pas indifférent le lecteur que je suis. J’ai un gout de trop peu, car j’aurais aimé trouver à la fin du tome 2 un second dossier sur les dernières heures de l’occupation à Bruxelles. Je sais, j’en demande un peu trop, mais c’est parce que j’ai vraiment apprécié cette bande dessinée.

D’encre et de sang, Renaud et Gihef, édition Sandawe, 48 pages (tome 1, 2014), 48 pages (tome 2, 2016)

 d'encre et de sang T2