Légendes de Dune, Paul le prophète – Brian Herbert & Kevin J. Anderson

Brian Herbert et Kevin J. Anderson continuent leur exploration de l’univers de Dune. L’idée générale est de compléter l’œuvre de Frank Herbert. Mais avant d’aborder ce nouveau livre, il serait intéressant de revenir sur ce que les deux auteurs ont écrit dans l’univers de Dune.

Une première trilogie a vu le jour et se situe juste avant les événements de Dune. Elle est bien écrite et nous explique comment les différents protagonistes (les Atréides, les Harkonnens et les Corrinos) en sont arrivés là. Sans atteindre le niveau de Frank Herbert, les deux auteurs ont fait une excellente trilogie (même si des grincheux disent le contraire). Ils ont commis une seconde trilogie concernant le jihad buthlérien se passant plusieurs milliers d’années plus tôt. Trop en rupture avec l’esprit de Dune, cette trilogie n’a pas eu la faveur du public. Une troisième trilogie a continué le cycle d’origine en commençant par La maison des mères, Les chasseurs de Dune, Le triomphe de Dune. On trouvera sur mon blog les chroniques correspondantes.

Récemment il y a eu La route de Dune, livre qui reprend la version originale de Dune, complétée par des nouvelles qui encadrent le roman. Livre pour amateur averti, pour inconditionnel, pour tous ceux qui veulent que Dune continue à travers des textes de Frank Herbert. On constate vite que la première mouture du roman est relativement petite et qu’elle raconte une histoire dénuée de mysticisme. Oui, c’est Dune, mais pas le bon !

J’en viens finalement à Paul le Prophète, que Pocket aurait dû appeler Paul de Dune. La première nouvelle commence un an après que l’empereur Shadam IV ait abdiqué. Cela ce situe entre Dune et Le Messie de Dune, une période de temps oubliée par Frank Herbert, pendant laquelle Paul Muad’Dib devenu empereur envoie ses Fremens aux quatre coins de l’empire pour imposer sa loi. C’est en fait le jihad fremen. On constate rapidement que les Fremens ne sont pas doués pour gouverner, mais plutôt pour détruire. Ce sont des fanatiques qui agissent pour le compte de Muad’Dib. Ils ne sont pas en nombre illimité et sont confrontés à la résistance de certaines maisons. De son côté, Paul a fait détruire le palais de l’empereur Shadam IV sur Kaitan, et a demandé de lui en construire un plus grand sur Arrakis.

Bien qu’ayant grandi sur Caladan, Paul se sent plus attaché à Arrakis qui deviendra la capitale impériale. Même en revenant sur Caladan, il n’aspire plus à y rester. On assiste donc à une période de la vie de Paul Muad’Dib pendant laquelle il est empereur et est en train de devenir un tyran avant de devenir un messie. On découvre en même temps que la princesse Irulan, son épouse et fille de l’empereur Shadam IV, a écrit un livre sur lui. Le succès de son livre plus, important que celui de la bible catholique orange, lui donne envie d’écrire une biographie complète de Paul. On peut considérer que cette biographie se retrouve dans les sept textes qui suivent. Ils se passent à des époques différentes de la vie de Paul, de 12 à 23 ans. Il sera intéressant de lire plus tard le livre consacré à Irulan. Je précise que trois livres vont suivre et concernent Jessica, Irulan et Leto.

Contrairement au livre d’origine qui dit que Paul n’a jamais quitté Caladan avant de s’installer sur Dune, on découvre qu’à l’âge de 12 ans, il est parti de Caladan en compagnie de son père Leto pour participer à une guerre entre familles. Des nouveaux faits, des nouvelles intrigues secondaires viennent se greffer sur le livre d’origine, sans le perturber.

Ce livre n’est pas à proprement parler un roman, mais plutôt une succession de nouvelles qui racontent des épisodes de la vie de Paul Muad’Dib. Bonne idée, mais jusqu’où iront les deux auteurs ? Ce livre est réservé aux inconditionnels de Dune. Il enrichit l’univers créé par Frank Herbert. Pour le lire dans de bonnes conditions, il faut avoir lu Dune et Le messie de Dune. Bon nombre de détails font aussi référence à la trilogie Avant Dune. Il est donc intéressant de l’avoir lu aussi. Livre à conseiller, mais uniquement si vous êtes un fan de Dune !

Légendes de Dune, T.1 Paul le prophète – Brian Herbert & Kevin J. Anderson, traduction de Patrick Dusoulier, Pocket, 702 pages, 2013

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House of steel : The honorverse companion – David Weber

Une fois n’est pas coutume, je vais parler d’un livre en anglais qui vient de sortir. Non pas parce que j’ai décidé de lire en anglais, mais simplement pour signaler aux amateurs de Honor Harrington que David Weber a écrit ce que tous attendent avec impatience, c’est-à-dire « The honorverse companion ». La sortie du livre coïncide avec les 20 ans d’existence du cycle Honor Harrington. Pour l’occasion, on a droit à une nouvelle édition de Mission Basilic (On Basilisk station), et le premier des compendiums sur l’univers de Honor Harrington.

Ce livre propose un court roman de 180 pages, « I will build my house of steel », qui se passe avant Honor Harrington et se focalise sur Roger Winton et Edward Janacek, sur l’impact que le jeune roi a eu sur le royaume de Manticore, sur sa politique et sa stratégie. Vu la somme d’informations qui existe sur l’Honorverse, c’est trois livres qui couvriront cet univers : House of steel, House of lies, House of Shadows. Le premier est axé sur Manticore et Grayson, le second devrait se focaliser sur Havre, l’empire Andermien, et Erewhon. On peut supposer que le troisième livre traitera de la ligue terrienne et de Mesa. Mais là, je m’avance un peu trop. Les deux autres livres dépendent du succès du premier livre. Donc, contentons-nous déjà de « House of steel », qui est une bonne nouvelle pour qui sait lire en anglais.

Si comme moi, vous avez acheté les deux fascicules « Jayne’s intelligent review » qui font référence à Manticore et à Haven, vous serez heureux de voir ce premier compendium compléter ceux-ci. Le livre est moins orienté jeu que les deux fascicules, mais il donne beaucoup plus de détails sur l’histoire de Manticore, sur l’astronomie, et surtout sur la flotte qu’à constituer le royaume de Manticore. C’est un vrai catalogue de vaisseaux, comme le sont aujourd’hui les « Jane’s » qui présentent les flottes de navires de toutes les nations.

On y trouve des explications sur les différents trous de vers gérés par Manticore, qui vont vers la confédération Silésienne, Basilic, l’étoile de Trévor, Beowulf, l’amas de Talbot, etc. La famille royale manticorienne est décrite avec des arbres généalogiques. Le gouvernement, le parlement, la politique choisie, le système judiciaire y sont décrits. Une description de tous les personnages principaux est reprise dans ce livre. Le cœur du livre, c’est évidemment la description de tous les types de vaisseaux qu’on rencontre dans le cycle Honor Harrington. Une seconde partie présente les mêmes informations, mais pour Grayson.

Ce livre est donc une bible, l’outil indispensable au lecteur pour mieux comprendre l’univers de Honor Harrington. Le premier d’une série qui devrait en contenir trois. Espérons que l’Atalante se lancera aussi dans l’aventure et traduira ce livre. En attendant, je conseille à tous de ne pas attendre et de déjà s’intéresser à ce premier Honorverse companion.

House of steel : The honorverse companion, David Weber, Baen books, 566 pages, 2013

House of steel

Flash Gordon intégrale 1934-1937 – Alex Raymond

Les éditions Soleil rééditent un classique de la science-fiction, mais aussi de la bande dessinée, Flash Gordon dessiné par Alex Raymond. Ce premier tome reprend les planches de 1934 à 1937. On peut supposer que les éditions Soleil nous sortiront l’intégrale, comme c’est le cas pour Tarzan ou Prince Valiant.

Flash Gordon, c’est l’aventure à l’état pur, avec en toile de fond de la science-fiction et un univers qui va captiver le lecteur par son originalité. Le personnage est créé à une époque où Buck Rogers fait déjà le bonheur des lecteurs. On peut pratiquement dire que Flash Gordon est le concurrent direct de Buck Rogers. Créé à l’époque des pulps,

Flash Gordon, c’est un célèbre joueur de Polo diplômé de Yale, qui va croiser sur sa route Dale Arden, celle qui deviendra sa compagne. Ils vont se rencontrer sur un vol transcontinental, qui en plein vol va être endommagé par une comète. Dans cette première scène, Flash Gordon est déjà le héros qu’on espère voir au fil des pages. Lui et Dale Arden atterrissent dans la propriété du docteur Zarkov, un savant illuminé (pour ne pas dire fou) qui a construit une fusée pour se rendre sur la comète qui perturbe la Terre. Flash et Dale n’ont pas le choix, sous la menace d’une arme, ils doivent monter dans la fusée et accompagner Zarkov dans son périple vers Mongo. Le trio est formé et chaque personnage pourra se reposer sur les deux autres.

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Ici commence une aventure dans laquelle Alex Raymond se donne à cœur joie en nous présentant un monde qui mélange technologie et passé, où les personnages ont des empreintes fortes, en particulier l’empereur Ming et sa fille Aura, mais aussi Barin et Vultan. Les dangers sont permanents pour Flash tandis que Dale est l’objet de toutes les convoitises. Les personnages vont de Charybde en Scylla quasi en permanence. Une bande dessinée épique, qui à l’époque se distinguait des autres par son rythme, par ses scènes d’actions, et tout simplement par son imagination.

Flash Gordon a aussi inspiré beaucoup d’auteurs de romans ou de bandes dessinées. Le plus célèbre d’entre eux est certainement Edgar P. Jacobs qui a dessiné le rayon U (qui est presqu’une copie conforme de Flash Gordon), puis qui a créé les personnages de Blake et Mortimer, qui deviendront également une légende dans le domaine de la bande dessinée belge. George Lucas s’est aussi inspiré de Flash Gordon pour créer Star Wars.

Flash Gordon est né à une époque où Edgar Rice Burroughs avec ses cycles de Tarzan et John Carter/Mars/Barsoom transportait le lecteur vers d’autres continents ou d’autres planètes. C’est aussi l’époque où Hugo Gernsback crée Amazing stories, un magazine de science-fiction. Une époque foisonnante où les auteurs et dessinateurs ne manquaient pas d’imagination, où l’histoire et l’action prenaient le pas sur la vérité scientifique. Quelques années après la sortie de Flash Gordon, les comics feront leur apparition (Superman, Batman, Spectre, etc.). Le héros d’Alex Raymond est un modèle pour bon nombre d’auteurs qui s’en inspireront.

Cette réédition (qui n’est pas la première des éditions Soleil) est la bienvenue pour ceux qui ne trouvaient plus la dernière édition, si ce n’est à des prix prohibitifs, et pour ceux qui veulent découvrir une science-fiction épique qui ressort aujourd’hui avec des films comme John Carter.
Flash Gordon est une des bandes dessinées fondatrices de la science-fiction. À notre époque, cela peut paraître simpliste, mais cela reste une des références qui ont permis le développement du genre à travers les romans, les BD ou les films.

Les éditions Soleil proposent une belle version de l’œuvre d’Alex Raymond, dans un format presque carré. Intégrale qui nous explique la légende du personnage ainsi que l’héritage qu’il nous laisse. Des photos et des croquis appuient cette présentation et font de ce livre un vrai collector. Une BD qu’il faut avoir dans sa bibliothèque. Des héros comme Flash Gordon, on en fait plus, car le moule est cassé depuis longtemps !

Flash Gordon intégrale volume 1 – 1934-1937, Alex Raymond, Soleil âge d’or, 208 pages, 2013

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Robert A. Heinlein (1907-1988)

Il y a 25 ans, Robert A. Heinlein décédait…

Un des auteurs de science-fiction qui a le plus marqué par son empreinte le vingtième siècle, c’est Robert Heinlein. Il a non seulement écrit des textes importants, mais en plus il a inspiré certains projets technologiques américains. Robert A. Heinlein est né à Butler dans l’état du Missouri en 1907 et est décédé en 1988, c’est-à-dire il y a juste vingt-cinq ans. Étrange parcours que celui d’Heinlein, qui à peine sortit du lycée, entre à l’académie navale d’Annapolis et en sort lieutenant. Il quittera la marine, suite à une tuberculose. De retour dans la vie civile, il étudie la physique à l’université de Californie (UCLA). Pour vivre, il n’a pas d’autre choix que de trouver des boulots dont le salaire n’est pas assuré (propriétaire de mine, agent immobilier…). Il s’essaie à la politique, mais sans succès.

Astounding - Life line

En 1938, Heinlein participe à un concours de nouvelles de science-fiction organisé par le magazine Thrilling Wonder Stories. Il écrit la nouvelle « Ligne de vie » (Life line), mais se ravise en ne la soumettant pas pour le concours. C’est à John Wood Campbell qu’il s’adresse pour la faire publier. La nouvelle sera publiée en 1939 dans le magazine Astounding Science-fiction, et lui rapportera plus d’argent que le premier prix du concours. À partir de ce moment, Heinlein va devenir un auteur récurrent du magazine, au même titre qu’Isaac Asimov, E.E. doc Smith, Clifford D. Simak, L. Sprague de Camp ou Alfred E. Van Vogt. C’est l’âge d’or de la science-fiction.

À cette époque, on doit à Heinlein plusieurs nouvelles qui se raccrochent à son cycle « Histoire de futur ». Avec la Seconde Guerre mondiale, il se détourne de l’écriture et se focalise sur son job d’ingénieur dans la marine. Après la guerre, et un peu de militantisme, il revient à l’écriture.

En 1950, sort en film « Destination Lune », basé sur les idées d’Heinlein. Il participe à l’élaboration du film. C’est la période où on lui doit ses « juvéniles », des histoires de science-fiction adressées aux adolescents (La patrouille de l’espace, La planète rouge).

En 1951 vient « Marionnettes humaines », histoire qui montre une Terre infiltrée par des extraterrestres qui se présentent sous la forme de parasites qui se greffent dans le dos des humains. À partir de 1956, Heinlein va écrire plusieurs livres qui vont recevoir le prix le plus élevé en science-fiction, c’est-à-dire le prix Hugo. Il va le décrocher pour : Double étoiles (1956), Etoiles, garde-à-vous (1960), En terre étrangère (1962), Révolte sur la Lune (1967). Des livres qui ont vieilli, mais qui se lisent encore très bien si on tient compte du contexte de l’époque. Heinlein nous conte l’histoire d’un acteur qui joue la doublure d’un homme politique, puis l’engagement militaire de la Terre face à un ennemi extraterrestre. Avec En terre étrangère, il frappe un grand coup en nous donnant la vision de notre monde vue par un martien (qui est un descendant humain), et enfin dans Révolte sur la Lune, il nous montre comment une colonie lunaire se soustrait à la domination de la Terre. Quatre livres qui méritent amplement le prix Hugo.

Robert Heinlein

Heinlein a aussi écrit des perles, comme « Une porte sur l’été » qui parle d’amour contrarié par les affres du temps et le long sommeil en particulier. Un des personnages n’est autre que Petronius le chat. Heinlein est un grand conteur, probablement le plus grand qu’a connu la science-fiction. Un quart de siècle après son décès, il influence encore les nouvelles générations de lecteurs et d’auteurs. Que ce soit la NASA ou le gouvernement américain, sans le vouloir, Heinlein a influencé leur politique spatiale. Aujourd’hui, il nous laisse une œuvre très complète, mais qui n’a pas totalement été rééditée. Espérons que cette lacune sera comblée dans un futur proche, car Heinlein mérite d’encore être revisité par les nouveaux lecteurs.

La stratégie Ender – Orson Scott Card

Le premier tome du cycle Ender de Orson Scott Card nous est proposé dans une nouvelle traduction chez J’ai lu Millénaire. Le Livre qui date de 1985 et a raflé le Nebula la même année, puis le Hugo l’année suivante, avait précédemment édité par L’Atalante, puis par J’ai lu en format de poche. Cette réédition coïncide avec l’adaptation cinéma qui sort à la fin de cette année. Harrison Ford et Ben Kingsley font partie du casting. Il faut savoir que ce roman est dérivé d’une nouvelle d’Orson Scott Card qui date de 1977.

Ender Wiggin est un enfant de six ans qui est surdoué et méprisé par les autres. Seuls deux enfants par couple sont autorisés par l’Hégémon, et pourtant on a autorisé les parents à concevoir un troisième. Les deux ainés, pourtant à fort potentiel intellectuel, ont raté les examens d’entrée à l’école militaire, c’est donc sur Ender que tout repose au sein de la famille Wiggin.

L’Hégémon est face à un ennemi extraterrestre qui a l’apparence d’insectes, les Doryphores, qui a tenté d’éliminer l’humanité. Elle cherche à reproduire un être humain capable de contrer les Doryphores, comme cela a été le cas quatre-vingts ans plus tôt avec Mazer. Des enfants surdoués sont entrainés dans une école militaire pour devenir des stratèges et commander les forces militaires contre l’envahisseur extraterrestre.

On suit donc un enfant surdoué, Ender, qui va faire ses classes dans une station orbitale militaire, qui va être tancé par les autres enfants, et qui devra se surpasser pour devenir le grand stratège qu’on attend de lui. Un scénario qu’on a mainte fois rencontré (Harry Potter) où l’adversité va développer chez Ender des talents insoupçonnés de stratège. À travers des jeux où l’antigravité à son importance, ainsi que l’esprit d’équipe, Ender va évoluer et prendre l’ascendant sur les autres enfants. Et c’est encore à travers le jeu que la vraie bataille contre les Doryphores aura lieu. Très original.

Par moment, lors de la lecture, on a l’impression que les réflexions d’Ender ne collent pas toujours avec un enfant cet âge. Mais heureusement, on suit l’enfant au fil des année. C’est le seul reproche qu’on peut faire au livre. En dehors de cela, c’est excellent et le livre mérite les prix qui lui ont été décernés. À noter que le titre en anglais est « Ender’s game », qui fait référence au jeu auquel participe Ender, alors qu’en français le titre devient « La stratégie Ender » qui fait davantage référence à une notion militaire.

Le livre se suffit à lui-même et ne nécessite pas de lire la suite (qui se découpe en trois cycles distincts et représente quinze livres). Bien que j’aie lu le tome 2, La voix des morts, j’ai préféré en rester là, car celui-ci n’égale pas le premier tome et se focalise davantage sur la communication entre races. Donc, pour en garder une bonne image, je conseille aux lecteurs d’en rester à ce livre qui est vraiment excellent, et qu’Orson Scott Card considère comme un livre orphelin.

La stratégie Ender, Orson Scott Card, J’ai lu Nouveaux Millénaires, 380 pages, 2012, traduit par Sébastien Guillot.

La strategie Ender

Le Hobbit (un voyage inattendu)

Après Le seigneur des anneaux, Peter Jackson nous présente l’adaptation de Bilbo le Hobbit de J.R.R. Tolkien. Dix ans se sont écoulés entre la trilogie et ce qu’il faut qualifier de cycle. Et c’est bien ça le paradoxe. Bilbo était un simple livre, dont l’histoire se passait une soixantaine d’années avant le seigneur des anneaux. S’il s’agissait bien du voyage entrepris par Bilbon (qui a pris un "n" en plus pour rester cohérent par rapport à Frodon), Gandalf et les nains jusqu’à la montagne où dort Smaug le dragon, cette histoire était plutôt courte et linéaire. Son adaptation méritait un film, peut-être deux, mais pas davantage.

Ceux qui ont aimé le seigneur des anneaux vont naturellement aimer le Hobbit. D’abord parce que Peter Jackson revient sur des lieux et des personnages connus de la première trilogie, ensuite parce qu’il reste dans l’univers visuel qu’il avait créé. Ce nouveau film ne va pas perturber le spectateur. Au contraire, il va le conforter. Les scènes de bataille et de cascades sont par moment exagérées. Il y a une surenchère d’actions, là où on aimerait plus d’émotions, plus d’histoire. Et comme ces scènes se répètent à intervalle tout le long du film, elles en deviennent parfois lassantes.

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Le rôle de Bilbon revient à Martin Freeman, acteur anglais qu’on avait précédemment vu dans l’adaptions cinématographique du livre de science-fiction : Le guide du voyageur galactique (H2G2) de Douglas Adams, qu’on a aussi retrouvé dans Love actually, film aux multiples personnages qui recherchent l’amour. Et plus récemment dans la série Sherlock, sous l’identité du docteur Watson. Acteur qui a été choisi pour jouer le rôle de Bilbon Sacquet, et reprendre celui d’Ian Holmes dans le seigneur des anneaux. Le choix est inattendu, mais judicieux, car l’acteur entre bien dans la peau du personnage.

Et l’histoire ? Elle est conforme à l’idée générale du livre. Bilbon retranscrit ses souvenirs pour les léguer à Frodon. Il narre ce voyage inattendu qui s’est passé 60 ans plus tôt, qui lui a fait croiser la route de Gollum, du dragon Smaug, des nains et de Gandalf, mais surtout qui lui a permis de mettre la main sur l’anneau.

Au départ, Gandalf propose au hobbit de se joindre à lui pour faire un long voyage. Mais Bilbon n’est pas intéressé. Le mage qui se voit une fin de non-recevoir, décide de jouer un mauvais coup au hobbit en apposant sur sa porte un signe distinctif qui permettra à un groupe de nains de venir l’importuner. Bilbon voit donc arriver chez lui des nains qui se sont donné rendez-vous justement chez lui, sans qu’il ait droit au chapitre. S’en suit une joyeuse mise à sac de la maison du hobbit, qui se décide malgré lui à faire partie de ce groupe. Il sera le voleur.

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Commence un périple vers Erebor l’ancienne cité des nains, qui les fera rencontrer des trolls, qui les captureront. Puis ce sera la nouvelle d’un nouveau danger : un nécromancien. La troupe arrivera à Fondcombe chez les elfes, où on retrouve Elrond, mais aussi Galadriel et Saroumane. Cette partie du film a des airs de déjà vu avec la communauté de l’anneau. Ce qui est rassurant pour le spectateur.

Le groupe reprend la route, toujours accompagné de Gandalf et Bilbon. Le hobbit semble être le poids mort de ce groupe. Il n’est pas motivé par cette aventure et n’apporte rien aux autres. Mais pendant une nuit, alors que le groupe dort dans une grotte, Bilbon avait l’intention de partir. Il tombe dans un trou qui va l’amener à croiser le chemin de Gollum. Pendant ce temps, les nains sont capturés par des gobelins.

Gollum perd l’anneau, et Bilbon le récupère. En voulant chercher la sortie, et éviter d’être mangé par Gollum, le hobbit découvre que l’anneau peut le rendre invisible. Dehors, les nains et Gandalf sont confrontés à Azog le nécromancien et ses orques. Dans cette bataille entre le bien et le mal, Bilbon agit de manière héroïque en s’interposant entre Azog et Thorin le chef des nains. Cette bataille est interrompue par l’arrivée des aigles auxquels Gandalf a fait appel. Les nains voient soudain en Bilbon un allier plus qu’un poids mort.

Film très beau dans ses décors, dans ces personnages. Un peu trop long (2 h 46), où on a l’impression que le réalisateur allonge la sauce et répète les scènes. Ceux qui verront le film ne seront pas déçus, mais ils n’y trouveront pas l’originalité du seigneur des anneaux. Cela reste néanmoins un bon moment de cinéma.

Le Hobbit, 2012, réalisé par Peter Jackson, 166 minutes.

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Game of thrones (saison 2)

La saison deux du trône de fer est enfin disponible en coffret DVD (ou Blu-Ray). Cinq DVD comprenant deux épisodes et un bonus. Format identique à la saison un.

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Cette deuxième saison reprend l’histoire où elle s’était arrêtée. La guerre entre les Starks et les Lannisters bat son plein. Ned Stark n’est plus, et ce sont donc ses enfants et sa femme qu’on suit de près. A ce conflit, s’ajoute une guerre de succession entre héritiers du roi Barathéon. Chacun des quatre prétendants se voit assis sur le trône de fer. Ils ont bien du courage car ce trône n’a rien de confortable. Et il y a toujours Deneris qui suit sa quête et espère pouvoir trouver un bateau pour rejoindre Westeros. Elle aussi veut être assise sur ce même trône. Ce qui fait un peu trop de monde pour une seule place. Seuls les Starks ne veulent pas s’en emparer. Leur seul but est de faire tomber la maison Lannister, et ainsi briser sa tyrannie.

Si cette saison se laisse regarder facilement, le spectateur doit tout de même faire un effort de mémoire, car les différents protagonistes de ce conflit sont enfin connus.

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Si comme moi, vous avez dévoré la saison un, ne vous étonnez pas qu’il en sera de même avec la saison deux. On a droit à dix épisodes de cinquante minutes. Il m’est arrivé d’en regarder quatre en une fois, ce qui rend aussi la compréhension de l’histoire plus facile. On se souvient plus facilement d’un événement qu’on a vu dans les heures précédentes. Sur chaque DVD, on a droit à un bonus, qui est en somme une partie du making of de la série.

Games of throne reste la référence en matière de série TV de fantasy (et de roman). On a droit à une excellente histoire, des personnages bien campés, une interprétation parfaite, et un univers de fantasy qui est cohérent. Ici, pas de surenchère d’effets spéciaux, si ce n’est pour les paysages dans lesquels évoluent les personnages. Les bébés dragons sont bien présents, ainsi que les morts-vivants de l’autre côté du mur. On a aussi droit à des personnages qu’on aime ou déteste. Je pense que Tyrion Lannister fait l’unanimité en tant que personnage le plus intéressant. Par contre, Geoffrey est vraiment un sale de con de roi, qui reçoit régulièrement des baffes. Aria est la plus futée des Starks, et ce qui lui arrive est assez original. Deneris est la kalisee qu’on aimerait voir arriver à Port-Royal. Au début de la saison un, on a eu l’impression que c’était une blanche colombe, manipulée par son frère. En fait, il n’en est rien. Elle s’est forgée une personnalité intéressante à bien des égards. La sorcellerie fait un peu plus son apparition au côté de Stanis et de Deneris.

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Une deuxième saison à conseiller à ceux qui ont aimé la première, ou tout simplement à ceux qui aiment les livres de George R.R. Martin. Il n’y a pas à dire, le trône de fer est un grand cycle de fantasy. Une référence du genre. Le cycle n’a rien à voir avec le seigneur des anneaux de J.R.R. Tolkien, qui date d’une autre époque. Le cycle de Martin est plus sombre, mais plus contemporain dans le style d’écriture. Et la série télé respecte complètement celui-ci. Bien sûr, il existe des différences par rapport aux livres, mais l’esprit du cycle est respecté. Et George R.R. Martin est lui-même impliqué dans cette série à travers l’écriture de scénario.

Si vous n’avez pas encore vu le trône de fer, comblez vite cette lacune. Pour les autres, je vous invite à passer une dizaine d’heures à Westeros. Quand vous arriverez au bout de cette deuxième saison, vous n’aurez qu’une envie : voir la troisième saison qui vient à peine de démarrer sur la chaine HBO.

Game of thrones saison 2, 2013, coffret 5 DVD + bonus

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